ACTE II, SCÈNE VIII. Ijj
LISETTE
De grâce excusez-moi; je me sens si confuse... Ce cœur voudrait s'ouvrir, mais...
Mais il s'y refuse ?
LISETTE
Non, madame, hésiter quand vous parlez ainsi, C'est trop souffrir pour moi ; cette bague... est à lui. Elle se met â genoux,
•LA MARÉCHALE
Mon fils? Je le savais. — Levez-vous donc, ma chère. Vous avez, en tout cas, mieux fait que de vous taire. Mais que prétendez-vous?
LISETTE, je levant.
Rien au monde.
LA MARÉCHALE
Et pourquoi.
Puisque votre secret s'échappe devant moi, Cette sorte d'audace avec cette impudence?
LISETTE
On parle comme on peut, on agit comme on pense.
LA MARÉCHALE
Pensez-vous que le duc soit pour vous un amant, El qu'on puisse, à son gré, trahir impunément? Vous croyez- vous assez pour être une maîtresse?... Ma question vous choque, et votre orgueil s'en blesse?
LISETTE
Je viens de m'incliner, madame, devant vous.
Mon orgueil tout entier est encore à genoux.
Il peut, sans murmurer, souffrir qu'on m'humilie,
IJ4. tOUISON.
Mais non pas qu'on m'outrage ou qu'on me calomnie : On ne doit m'accuser d'aucune trahison.