‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 8 sur 221 · CHAVIGNY, MATHILDE · texte numérisé non relu

CHAVIGNY, MATHILDE

CHAVIGNY

Quel cerveau fêlé que cette femme! Vous cljoisissez bien vos amies !

MATHILDE

C'est vous qui avez voulu qu'elle montât.

CHAVIGNY

Je parierais que vous croyez que c'est madame de Blainville qui a fait ma bourse.

MATHILDE

Non,- puisque vous me dites le contraire.

Je suis sûr que vous le croyez.

MATHILDE

Et pourquoi enêtes-vdus sûr?

CHAVIGNY

Parce que je connais votre caractère : madame de Léry est votre* oracle; c'est une idée qui n'a pas le sens commun.

MATHILDE

Voilà un beau compliment que je ne mérite guère.

CHAVIGNY

Oh ! mon Dieu, si ; et j'aimerais tout autant vous voir franche là-dessus que dissimulée.

l8 UN CAPRICE.

MATHIIQE

Mais si je ne le croîs pas, je ne puis feindre de le croire pour vous paraître sincère.

CHAVIGKT.

Je vous dis que vous le croyez ; c'est écrit sur votre visage.

MATHILOE.

S'il faut le dire pour vous satisfaire, eh bien ! j'y consens : je le crois.

CHAVIGNT.

Vous le croyez? et quand cela serait vrai, quel mal y aurait-îl ?

MATHILDE

Aucun, et par cette raison je ne vois pas pourquoi VOUS le nieriez.

CMAVIONT.

Je ne le nie pas; c'est elle qui Pa^aite.

Il se lève.

Bonsoir! je reviendrai peut-être tout à l'heure prendre le thé avec votre amie.

MATHILDE

Henri, ne me quittez pas ainsi !

CMAVICNT.

Qu'appelez-vous ainsi? Sommes-nous fâchés? Je ne vois là rien que de très-simple : on me fait une bourse, et je la porte; vous demandez qui, et je vous le dis. Rien ne ressemble moins à une querelle.

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