SCÈNE IV
MATHILOE.
Et si je vous demandais cette bourse, m'enferiez- Yous le sacrifice?
CHATIONT.
Peut-être; à quoi vous servirait-elle?
MATBILDE.
Il n'importe ; je vous la demande.
CHAVIGNY
Ce n'est pas pour la porter, je suppose? Je veux savoir ce que vous en ferlez.
MATHILDE
C'est pour la porter.
CHAVIGNY
Quelle plaisanterie! Vous porteriez une bourse faite par madame de Blainville?
MATHILDE
Pourquoi non? Vous la portez bien.
CMAVIGNY.
La belle raison ! Je ne suis pas femme^
MATHILDE
Eh bien ! si je ne m'en sers pas, je la jetterai au feu.
CHAVIGNY
Ah ! ah î vous voilà donc enfin sincère. Eh bien ! très-sincèrement aussi^ je la garderai, si vous le permettez.
MATHILDE
Vous en êtes libre , assurément ; mais je vous avoue qu'il m'est cruel de penser que tout le monde sait qui vous l'a faite, et que vous allez la montrer partout
CHAVICNY.
La montrer ! Ne dirait-on pas que c'est un trophée!
MATHIL'DE.
Écoutez-moi, je vous en prie, et laissez-moi votre main dans les miennes.
Elle l'embrasse.
M'aimez-vous, Henri? Répondez.
CHAVIGNY
Je vous aime, et je vous écoute.
MATHIIDE.
Je vous jure que je ne suis pas Jalouse ; mais' si * vous me donnez cette bourse de bonne amitié, je vous remercierai de tout mon cœur. C'est un petit échange que je vous propose, et je crois, j'espère du moins, que vous ne trouverez pas que vous y perdez.
Voyons votre échange! qu'est-ce que c'est?
MATMILDE.
Je vais vous le dire, si vous y tenez ; mais si vous me donniez la bourse auparavant, sur parole, vous me rendriez bien heureuse.
CHAVIGNY
Je ne donne rien sur parole.
MATHILDE
Voyons, Henri, je vous en prie.
CHAVIGNY
Non.