‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 9 sur 221 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MATHILOE.

Et si je vous demandais cette bourse, m'enferiez- Yous le sacrifice?

CHATIONT.

Peut-être; à quoi vous servirait-elle?

MATBILDE.

Il n'importe ; je vous la demande.

CHAVIGNY

Ce n'est pas pour la porter, je suppose? Je veux savoir ce que vous en ferlez.

MATHILDE

C'est pour la porter.

CHAVIGNY

Quelle plaisanterie! Vous porteriez une bourse faite par madame de Blainville?

MATHILDE

Pourquoi non? Vous la portez bien.

CMAVIGNY.

La belle raison ! Je ne suis pas femme^

MATHILDE

Eh bien ! si je ne m'en sers pas, je la jetterai au feu.

CHAVIGNY

Ah ! ah î vous voilà donc enfin sincère. Eh bien ! très-sincèrement aussi^ je la garderai, si vous le permettez.

MATHILDE

Vous en êtes libre , assurément ; mais je vous avoue qu'il m'est cruel de penser que tout le monde sait qui vous l'a faite, et que vous allez la montrer partout

CHAVICNY.

La montrer ! Ne dirait-on pas que c'est un trophée!

MATHIL'DE.

Écoutez-moi, je vous en prie, et laissez-moi votre main dans les miennes.

Elle l'embrasse.

M'aimez-vous, Henri? Répondez.

CHAVIGNY

Je vous aime, et je vous écoute.

MATHIIDE.

Je vous jure que je ne suis pas Jalouse ; mais' si * vous me donnez cette bourse de bonne amitié, je vous remercierai de tout mon cœur. C'est un petit échange que je vous propose, et je crois, j'espère du moins, que vous ne trouverez pas que vous y perdez.

Voyons votre échange! qu'est-ce que c'est?

MATMILDE.

Je vais vous le dire, si vous y tenez ; mais si vous me donniez la bourse auparavant, sur parole, vous me rendriez bien heureuse.

CHAVIGNY

Je ne donne rien sur parole.

MATHILDE

Voyons, Henri, je vous en prie.

CHAVIGNY

Non.

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