‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 85 sur 221 · SCÈNE II. i6ç · texte numérisé non relu

SCÈNE II. i6ç

gagne à ces choses - là? Votre avocat a fait de belles phrases pour un méchant quartier de vigne. Le voilà maintenant au Parlement. Ses discours n'ont lias le sens commun. On dit que c'est de la grande politique^ moi je prétends qu'il n'en a point du tout, et vous verrez que la loi sera rejetée.

LE BARON

De quoi venez-vous me parler? Il s'agit ici de choses sérieuses et qui réclament toute votre attention.

S'il en est ainsi, vous n'avez qu'à dire. Parlez, monsieur, je vous écoute.

LE BARON

Il s'agit de notre ambassade. Avez-vous lu C2 que je vous ai mandé ?

De notre ambassade? oui, sans doute; je suis toujours aux ordres du roi.

LE BARON

Fort bien.

Sa Majesté connaît mon dévouement.

LE BARON

A merveille. Vous serez donc prêt...

En doutez-vous? mes ordres sont donnés. Germain, tout est-il préparé?

GERMAIN

Monsieur, je n'ai point reçu d'ordres-

Comment, coquin ! Et cette grande malle que ;e t'ai fait mettre au milieu de ma chambre ?

GERMAIN

Ah ! si monsieur veut chanter en route...

Chanter en route, impertinent !

Dame ! monsieur, voire musique est dedans, et la clef est dans votre poche.

Dans ma. .Ah ! parbleu ! c'est vrai. On me l'aura donnée sans doute avec mes gants et mon mouchoir. Ces gens-là ne font attention à rien.

GERMAIN

Je puis vous assurer, monsieur...

LE BARON

Laisse-nous, ne dis mot, et va tout préparer.

Germain sort.

Maintenant, Valberg, il faut que je vous quitte, pour retourner chez monsieur Duplessis prendre les lettres de la cour. Je n'ai que deux mots à vous dire : songez, mon neveu, que notre voyage n'est point une mission ordinaire, et que, selon l'habileté que vous y déploierez, votre avenir peut en dépendre.

Hélas ! je ne le sais que trop.

LE BARON

Il faut donc que vous me promettiez de tenter

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