‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 86 sur 221 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

sur vous-même un effort salutaire, de vaincre ces petites distractions, ces faiblesses d'esprit parfois si fâcheuses, afin de conduire sagement les choses.

Oh ! pour cela, je vous le promets.

LE BARON

Sérieusement ?

Très-sérieusement.

LE BARON

Allez donc achever de donner vos ordres. Il est six heures moins vingt minutes ; je vais chez monsieur Duplessis ; ce n'est pas loin ; je serai de retour pour le dîner. Allons, vous me promettez donc de suivre en tout point mes conseils ? Vous savez ce que c'est que ces messieurs de la cour !

Oh ! ne vous mettez pas en peine. Je sais comment il faut s'y prendre vis-à-vis d'eux. Je me ferai écrire partout. Il faut que je sache seulement le nom de votre rapporteur, et j'irai mof-même.

LE BARON

Je n^ai point de rapporteur ; que voulez-vous donc dire?

Si vous n'avez pas de rapporteur, il n'est pas temps de solliciter vos juges.

LE BARON

Mes juges! A propos de quoi?

LE AARQ^UIS.

Pour votre procès.

LE BARON

Mais je n'ai point de procès.

Comment! vous ne m'avez pas dit de voir ces messieurs de la cour ?

LE BARON

Je vous parle de la cour de Saxe.

Ah ! oui, c'est pour notre ambassade. — Je suis un peu préoccupé; c'est la comtesse qui a un procès, et je me suis chargé de le suivre. C'est une femme charmante !

LE BARON

Oui, oui, nous savons que vous êtes coififé d'elle, et que le voisinage est cause que vous vous enterrez dans votre château. Mais il ne faut pas que cette inclination traverse nos plans, s'il vous plaît.

Ne craignez rien, allez, soyez en paix. Quand je n'y songe pas, voyez-vous, je parais, comme cela, un peu insouciant ; mais quand je me mêle de choses graves, personne n'est plus attentif que moi.

A la bonne heure.

Allez chez monsieur Duplessis, soyez en paix, je me charge du reste.

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