‹ uvres de Bernard, ornées d'une gravure d'après PrudhonChapitre 35 sur 116 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

CASTOR, TÉLAÏRE.

TÉLAÏRE.

Le ciel est donc touché des plus tendres amours ! Au jour que je quittais votre voix me rappelle : Vous vivrez pour mètre fidèle, Et vous vivrez toujours.

CASTOR

Hélas!

TÉLAÏRE.

Mais pourquoi ces alarmes?

Vous m'aimez, je vous vois...

CASTOR

Télaïre, vivez.

TÉLAÏRE.

Qu'entends-je? quel discours!

CASTOR

Télaïre...

TÉLAÏRE.

Achevez.

Le plus beau de nos jours est-il fait pour des larmes? CASTOR.

A d'éternels adieux il faut nous préparer.

TÉLAÏRE.

Que dites vous? ô ciel !

CASTOR

Il faut nous séparer :

Je retourne aux rivages sombres.

TÉLAÏRE.

Castor! et vous m'abandonnez!

CASTOR

Mon frère et mes serments m'attendent chez les ombres.

TÉLAÏRE.

A vous pleurer encor mes yeux sont condamnés!

A peine je vous vois, à peine je respire,

Castor, et vous m'abandonnez !

CASTOR

L'instant fatal approche, il me presse, il expire... Que cet instant a d'horreurs et d'appas !

Page 1