CLÉONE
L'hymen couronne votre sœur,
Pollux épouse Télaïre; Ce pompeux appareil annonce son bonheur.
Mais j'entends Phébé qui soupire.
PHÉBÉ
Mon cœur n'est point jaloux d'un sort si glorieux,
Une autre voix s'y fait entendre :
Ah ! que n'est-il ambitieux !
Peut-être seroit-il moins tendre.
Filles du dieu du jour, par queL présents divers
Le ciel marqua notre partage !
i3b CASTOR ET POLLUX.
Je reçus le pouvoir d'évoquer les enfers :
Que Télaïre obtint un plus doux avantage!
Elle commande aux cœurs, où mon art ne peut rien :
Un coup d'œil lui rend tout possible; Je ne fais qu'étonner ce qu'elle rend sensible : Que son pouvoir est au-dessus du mien' Que l'univers la trouve belle, Je le pardonne à ses appas; Mais que l'ingrat Castor m'abandonne pour elle, Voilà ce que mon cœur ne lui pardonne pas. CLÉONE.
L'hymen du roi, qui va rompre leur chaîne, Doit vous rendre l'espoir de fixer votre amant. PHÉBÉ.
Elle aura ses regrets, je n'aurai que la peine
D'espérer encor vainement.
Et si le roi cédoit aux larmes de son frère
L'objet qui cause son tourment...
Tu vois ce que je crains; apprends ce que j'espère :
Cléone, en ce moment fatal,
Pour venger ma flamme offensée,
Je leur garde un autre rival, Et je puis disposer des fureurs de Lincée. Son amour qu'on outrage est tout près d'éclater; Il veut de ce palais enlever Télaïre...