‹ uvres de Bernard, ornées d'une gravure d'après PrudhonChapitre 55 sur 116 · URANIE, LINUS · texte numérisé non relu

URANIE, LINUS

URANIE

Suivez, chantez le dieu qui paroît vous charmer, Je ne lui serai plus contraire.

Quand mon cœur brûle de vous plaire, Puis-je vous défendre d'aimer?

LINUS

Ah! déesse, le puis-je croire?

Non, non, ce seroit en un jour Trop d'ambition pour ma gloire, Trop de triomphe pour l'Amour.

Amusons-nous de la tendresse, Qu'elle soit un jeu pour nos cœurs; Gardons-nous, gardons-nous sans cesse Du piège des folles ardeurs.

URANIE

Vous me lancez mes propres armes, Quand je les mets aux pieds de mon vainqueur.

LINUS

Eh bien! connoissez donc mon cœnr.

Gomme vous de l'amour j'éprouve tous les charmes, Dans ces lieux, loin de vous, je venois soupirer... J'adore...

URANIE

Ah! de quel trait m'allez-vous déchirer?

LINUS

J'adore une Sirène, et je suis aimé d'elle. Parthénope...

URANIE

Quel nom ! quelle honte mortelle !

LINUS

Apollon lui-même en ce jour Va couronner notre espérance.

(Un prélude annonce l'arrivée d'Apollon.) Mais ce brillant concert annonce ici sa cour, Et je vois le dieu qui s'avance.

2o8 LA LYRE

URANIE

Comment éviter sa présence?

(Le Parnasse s'éclaire: Apollon descend d'un côté de la montagne, suivi des Muses. Terpsichore arrive ensuite, suivie de ses élèves. Les Faunes et les Dryades qui ont formé le premier divertissement accourent à ce spectacle.)

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