‹ uvres de Bernard, ornées d'une gravure d'après PrudhonChapitre 88 sur 116 · SUR LES POÉSIES DE CATULLE ET DE TIBULLE · texte numérisé non relu

SUR LES POÉSIES DE CATULLE ET DE TIBULLE

Beaux noms consacrés à l'amour, Que le même autel vous rassemble; Muses, chantez-les tour-à-tour, Grâces, couronnez-les ensemble.

L'ardent Catulle, dans ses jeux, Met plus d'ardeur et de saillie; Tibulle, aux pieds de sa Délie, Soupire de plus tendres feux.

Plus libre, et d'humeur plus légère, Tour-à-tour caustique et badin, Catulle, une flèche à la main, Grave les portraits de Cythère.

L'autre, du plus sensible amant Nous peint l'ivresse et le martyre :

ODES. 32g

C'est la muse du sentiment , Et son cœur fait parler sa lyre.

Si Catulle chante l'oiseau Que pleure la beauté qu'il aime, Pour la consoler d'un moineau, Il en a la vertu lui-même.

Au beau feu qui les animoit Égalons l'ardeur qui nous brûle :

Aimons comme Tibulle aimoit, Et jouissons comme Catulle.

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