SUR LA CONDITION DES GRANDS
Pour entrer dans la véritable connoissance de votre condition (*), considérez-la dans cette image.
Un homme fut jeté par la tempête dans une île inconnue, dont les habitants é toi eut en peine de trouver leur roi , qui s'étoit perdu : et comme il avoit, par hasard, beaucoup de ressemblance de corps et de visage avec ce roi, il fut pris pour lui , et reconnu en cette qualité par tout ce peuple. D'abord il ne savoit quel parti prendre; mais il se résolut enfin de se prêter à sa bonne fortune. Il reçut donc tous les respects qu'on voulut lui rendre, et il se laissa traiter de roi.
Mais, comme il ne pouvoit oublier sa coudi-
ez) Pascal adresse la parole à M. Arthus Gouffier, duc [
de Roannez , duc et pair de France. Après avoir été gou- l
verneur du Poitou, il se retira à la maison de l'institution 't
des pères de l'Oratoire. Il eut la plus grande part aux soins = que les amis de Pascal prirent, en 1668, de recueillir et mettre au jour ses Pensées.
Tout cet article est tiré du livre : De Y éducation d'un Prince, par Chanteresne (Nicole). Les pensées sont de Pascal; la rédaction est de Nicole. (Note de l'Éditeur»)