‹ Œuvres de Blaise PascalChapitre 58 sur 143 · PREMIÈRE PARTIE, ART. VI. Il · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, ART. VI. Il

autre , qui sont des choses qui n'appartiennent

qu'aux corps , etc.

Au lieu de recevoir les idées des choses en

nous , nous teignons des qualités de notre être

composé toutes les choses simples que nous con-

tem pions*

Qui ne croiroit, à nous voir composer toutes

choses d'esprit et de corps , que ce mélange-là

nous seroit bien compréhensible ? C'est néanmoins la chose que Ton comprend le moins. L'homme est à lui-même le plus prodigieux objet de la nature ; car il ne peut concevoir ce que c'est que corps, et encore moins ce que c'est qu'esprit, et moins qu'aucune chose comment un corps peut être uni avec un esprit. C'est. là le comble de ses difficultés , et cependant c'est son propre être : Modus quo corporibus adhœret spiritus comprehendi ab hominibus non potest ; et hoc tamen komo est.

L'homme n'est donc qu'un sujet plein d'erreurs, ineffaçables sans la grâce. Rien ne lui montre la vérité : tout l'abuse. Les deux principes de vérité , la raison et les sens , outre qu'ils manquent souvent de sincérité, s'abusent réciproquement l'un l'autre. Les sens abusent la raison par de fausses apparences ; et cette même piperie qu'ils lui apportent , ils la reçoivent d'elle à leur tour : elle s'en revanche. Les paslions de l'âme troublent les sens, et leur, font

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