PREMIÈRE PARTIE, AITT. X
pris de trouver un auteur : plus poeticè quant humanè locutus est. Ceux-là honorent bien la nature, qui lui apprennent qu'elle peut parler de tout, et même de -théologie.
La dernière chose qu'on trouve , en faisant un ouvrage , est de savoir celle qu'il faut mettre la première (60).
Dans le discours, il ne faut point détourner
l'esprit d'une chose à une autre, si ce n'est pour
le délasser ; mais dans le temps où cela est à
propos, et non autrement ; car qui veut délasser
hors de propos , lasse. On se rebute et on quitte
tout là , tant il est difficile de rien obtenir de
l'homme que par le plaisir, qui est la mon-
noie pour laquelle nous donnons tout ce qu'on
▼eut (61)!
Quelle vanité que la peinture , qui attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on n'admire pas les originaux !
Un même sens change selon les paroles qui l'expriment. Les sens reçoif ent des paroles leur dignité, au lieu de la leur donner.
Ceux qui sont accoutumés à juger par le sen-
timent ne comprennent rien aux choses de
sonnement, car ils veulent d'abord pén<
d'une vue, et ne sont point accoutumés à c
cher les principes. Et les autres, au contn
qui sont accoutumés à raisonner par princi
ne comprennent rien aux choses de sentim
y cherchant des principes, et ne pouvant
d'une vue.
La vraie éloquence se moque de l'éloquei la vraie morale se moque de la morale ; c'e* dire , que la morale du jugement se moque c morale de l'esprit, qui est sans règle.
Toutes les fausses beautés que nous blârr
dans Cicéron ont des admirateurs en gi
nombre.
Se moquer de la philosophie , c'est vrain philosopher.
Il y a beaucoup de gens qui entenden
sermon de la même manière qu'ils en te ne
vêpres.
Les rivières sont *des chemins qui marct et qui portent où l'on veut aller.
Deux visages semblables , doat aucun ne