uvres de Bossuet
Quoique Bossuet eût prêché très -souvent à Metz, à Paris , à la cour et daus son diocèse , avec une réputation extraordinaire , on n'avait de lui qu'un petit nombre de discours, savoir : le Sermon sur l'uniié de l'Église, prêché à l'ouverture de l'assemblée du clergé en 1681 , et imprimé à Paris en 1682 ; le Sermon pour la profession de madam£ de la FaiZière, imprimé sans son aveu en 1691 , et six Oraisons funèbres , imprimées séparément in-4° , à l'époque même où elles furent prononcées , et recueillies depuis , par son ordre , en un volume in- 1 2. Il ne fit pas entrer daus ce recueil Y Oraison funèbre de Nicolas Cornet, grand maître de Navarre. Elle fut donnée au public en 1698, in-S", à Amsterdam, par les soins des héritiers de M. Ctornet. Mais l'abbé Ledieu nous apprend que Bossuet , après l'avoir lue , dit qu'il n'y reconnaissait pas son ouvrage. Nous ne parlons pas d'un sermon prêché à l'ouverture d'une mission , et imprimé dans un recueil de Lettres et Opuscules de Bossuet, Paris, 1748, 2 vol. in-12. Les autres discours de l'évêque de Meaux étaient restés incoimus entre les mains de ses héritiers , qui ignoraient eux-mêmes la valeur du trésor qu'ils possédaient dans d'immenses portefeuilles presque oubliés. On ne saurait avoir trop de reconnaissance pour le service qu'ont rendu à la religion et à la Uttérature française D. Déforis, et D. Coniac , son collaborareur, en consacrant des années entières à déchiffrer, comparer, mettre en ordre et pubUer, avec des soins et une exactitude bien pénible , un nombre presque infini de feuilles volantes , chargées de ratures , de renvois , de corrections de toute espèce. Le premier fruit de leur travail parut en 1772 , en trois volumes in-4'' , qui forment les tomes iv, v et vi de la dernière édition. Ils donnèrent en 1788 deux nouveaux volumes, qui sont les tomes vu et viii ; celui-ci renferme les Oraisons funèbres. Quelques personnes zélées pour la gloire de Bossuet , et spécialement M. de Montholon , doyen et grand vicaire de Metz , ayant commimiqué trop tard aux éditeurs un certain nombre de panégyriques de Bossuet , dont elles avaient les originaux, on en forma la seconde partie du tome vu.
Nous avons distribué tous ces discours de la manière qui nous a paru la plus naturelle et la plus commode pour les lecteurs.
Les éditeurs bénédictins avaient cru devoir porter l'exactitude jusqu'à mettre au bas des pages les tours de phrases et les mots diffiérents que Bossuet avait indiqués dans son manuscrit , comme pouvant servir à exprimer sa pensée. Nous avons supprimé la plupart de ces variantes, quî étaient sans intérêt. Mais nous avons conservé toutes celles qu'un lecteur judicieux aurait pu regretter.
BOSSUET. — T. u.
Nous avouerons, en finissant, que la plupart des sermons de Bossuet sont restés imparfaits. Plusieurs même ne présentent que des plans ou des fragments , que l'orateur rempUssait en chaire, sans le secours de l'écriture, après avoir médité son sujet. Mais quoique Bossuet n'y ait pas mis la dernière main , et qu'il parût avoir dédaigné lui-môme ces productions de son génie , on ne peut s'eifipêcher de reconnaître qu'on y trouve des desseins supérieurement conçus, des aperçus nouveaux, des traits d'une éloquence admirable; et s'il nous était permis d'employer les expressions d'un poète , nous dirions que ces sermons, tels qu'ils soal,étincellent pourtant de sublimes beautés.
ORAISON FUNEBRE
HENRIETTE-MARIE DE FRANCE