‹ uvres de Bossuet (volume 2)Chapitre 134 sur 164 · DE LA JOIE DU CHRETIEN · texte numérisé non relu

DE LA JOIE DU CHRETIEN

est la source de la joie; ou plutôt n'appelons pas joie. Joie, transport, ravissement, vient de delioi*s; à Dieu point : disons qu'il est bienheureux; mais afin que nous le fussions , il nous a envoyé la joie comme l'acte le plus parfait d'un amour heureux et jouissant. Dans les anges, [joie toute spirituelle : ] ils ne sont pas demeurés dans la vérité ; la joie les a quittés. Dans le paradis terrestre, objets agréables ; la joie avec l'innocence. Pourquoi donc nous demeure-t-il des joies sensibles ? Recourez à l'origine : elles étaient avec l'innocence ; Dieu nous les laisse pourtant , afin que nous entendions que ce ne sont pas les meilleures : comme peine ; car il est juste, ô Seigneur, que toute âme déréglée soit punie par son propre dérèglement : [celle] qui se réjouit hors de vous, [est] punie, déçue, tourmentée par sa propre joie ; quand elle s'engage dans le péché , déception ; quand elle échappe , tourment par le souvenir.

Jésus-Christ ressuscité ramène les vraies joies; mais il les joint avec l'innocence , avec la rémission des péchés : Resurrexit pt'opter justificationem nostram ' : « Il est ressuscité pour notre «justification. » Quod si Chrisius non resurrexit, vana est Jides vestra ; adhuc enimestis in peccatis vestris^ : «■ Que si Jésus-Christ n'est « point ressuscité, votre foi est donc vaine ; vous « êtes encore engagés dans vos péchés. » S'il n'est pas ressuscité , Dieu n'a pas agréé son sacrifice , il l'a laissé dans le tombeau mort comme les autres ; mort comme les autres pécheurs , et non pas comme Sauveur, et non pas comme « libre " entre les morts ^. » Goûtons donc la joie de la rémission des péchés. Benedic, anima mea, Domino^ : « Mon âme , bénis le Seigneur. » Le passage d'Isaie : Mémento horum, Jacob et Israël, quoniam servus meus es tu :formavi te; servus meus es tu, Israël, ne obliviscaris mei^ : « Souvenez- vous de ceci , Jacob , et vous Israël , « qui êtes mon serviteur : je vous ai créé ; Israël, « vous êtes mon serviteur, ne m'oubliez point. « Delevi utnubeminiquitates tuas, et quasi nebulam peccata tua : revertere ad me, quoniam redemi te^ : >< J'ai effacé vos iniquités comme n une nuée qui passe , et vos péchés comme un '< nuage : revenez à moi, parce que je vous ai ra- " cheté. » Laudate, cœli, quoniam misericordiamfecit Dominus : jubilate extrema terrœ ; resonate, montes, laudationem, saltus et omne lignum ejus, quoniam redemit Dominus Jacob

• Rom. IV, -25.

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