SUR LE MYSTÈRE DE L' ASCENSION DE J. C
\aût aux désirs terrestres, 'i après que nous som- « mes incorporés à ce saint Pontife qui a pénétré « pour nous au dedans du voile , jusqu'à la partie « la plus secrète du Saint des saints ■ ? » J'avoue que Jésus excuse nos fautes, parce qu'il est notre pontife et notre avocat. Mais combien serait détestable notre ingratitude , si la bonté inestimable de notre Sauveur lâchait la bride à nos convoitises! Loin de nous une si honteuse pensée. Mais plutôt , renonçant aux désirs charnels , rendons-nous dignes de l'honneur que Jésus nous fait de traiter nos affaires auprès de son Père ; et vivons comme il est convenable à ceux pour lesquels le Fils de Dieu intercède. Considérons que par le sang de notre pontife nous sommes nousmêmes , comme dit saint Pierre , « les sacrifica- « teurs du Très-Haut , offrant des victimes spi- « rituelles, agréables par Jésus-Christ*; » et puisqu'il a plu à notre Sauveur de nous faire participants de son sacerdoce, soyons saints comme notre pontife est saint. Car si dans le Vieux Testament celui qui violait la dignité du Pontife , par quelque espèce d'irrévérence , était si rigoureusement châtié-; quel sera le supplice de ceux qui mépriseront l'autorité de ce grand Pontife auquel Dieu a dit : « Vous êtes mon Fils , « je vous ai engendré aujourd'hui ^ 1 » Par conséquent, mes sœurs , obéissons fidèle-
« Hebr. ix, 12.
» I. Petr. u , 5.
» P». Il, 7.
ment à notfe Pontife ; et après tant de grâces reçues , comprenons ce que dit saint Paul : qu'il sera horrible de tomber aux mains du Dieu vivant ' , lorsque sa bonté méprisée se sera tournée en fureur. Songeons que Jésus-Christ est notre médiateur et notre avocat, mais n'oublions pas qu'il est notre juge. C'est de quoi les anges nous avertissent quand ils parlent ainsi aux apôtres : « Hommes galiléens, que regardez- vous? ce Jésus « que vous avez vu monter dans le ciel, reviendra « un jour de la même sorte ^ » Joignons ensemble ces deux pensées : celui qui est monté pour intercéder, doit descendre à la fin pour juger ; et son jugement sera d'autant plus sévère , que sa miséricorde a été plus grande. Ne dédaignons donc pas la bonté de Dieu, qui nous attend à repentance depuis longtemps : dépouillons les convoitises charnelles, et nourrissons nos âmes de pensées célestes. Eh Dieu ! qu'y a-t-il pour nous sur la terre, puisque notre Pontife nous ouvre le ciel? Notre Avocat, notre Médiateur, notre Chef, notre Intercesseur est au ciel; notre joie , notre amour et notre espérance , notre héritage, notre pays, notre domicile est au ciel : notre couronne et le lieu de notre repos est au ciel, où Jésus-Christ notre avant-coureur, entré pour nous dans le Saint des saints avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne aux siècles des siècles Amen.
' Hehr. x,3l.
2 Act. I, II.