SUR LA SAINTE ENFANCE DE NOTRE-SEIGNEUR
siliarius : Conseiller , qui « renverse tous les rai- « sonnements humains, et tout ce qui s'élève avec « hauteur contre la science de Dieu : » Consilia destruentes ; etoinnemaltitudinem extollentem se adversùs scientiam Dei '. Deusfortis : « Dieu « Fort, " qui soutient nos faiblesses par les siennes ; « car ce qui paraît en Dieu faiblesse est « plus « fort que la force de tous les hommes : » Quod infirmum est Dei, fortius est hominibus^. Pater Juturi sœcnli : « le Père du siècle futur : » tout réservé au temps à venir : rien au présent. Princeps pacis : « Le prince de la paix. » Pacem relinquo^ : « Je vous laisse la paix : » Pax huic domui : « Que la paix soit dans cette maison : » /?evcrteturnd vos ^ : « Votre paix reviendra à vous : » Pacem ei qui longé est, et quipropè * : « La paix '< à ceux qui sont éloignés comme à ceux qui se « trouvent proche : » « La paix qui surpasse toutes « pensées , qui garde les cœurs et les esprits en « Jésus-Christ : » Pax Dei quœ exsuperat omneni sensum , custodiat corda vestra et intelligentias in Christo Jesu ^.
La chair a été ennoblie , et non la divinité dégradée. Dieu relève ce qu'il prend , et ne perd pas ce qu'il communique.
Le grand pape saint Léon 7 nous enseigne que les œuvres qu'un Dieu Sauveur a accomplies pour notre salut , ne sont pas seulement des grâces , mais des secours ; que tout ce qui nous rachète, nous parle ; enfin , que tous les mystères sont des exemples : si bien que le chrétien doit imiter tout ce qu'il croit.
Apparuit gratta Dei : < La grâce de Dieu nous « a paru. » Dans tous les mystères que Dieu accomplit pour notre salut , il y a toujours trois choses à considérer. Tous les mystères contentent nos désirs par quelque don , dirigent nos mœurs par quelque exemple , excitent notre espérance par quelque promesse ( car tout ce qui s'accomplit dans le temps , a son rapport à la vie future). Si bien qu'il faut toujours y considérer la grâce qu'ils nous apportent , les instructions qu'ils nous donnent , la gloire qu'ils nous proposent. L'apôtre n'a rien omis , et conduit successivement les fidèles par tous ces degrés. Apparuit gratia Dei Salvaioris nostri omnibus hominibus * : « La grâce de '< Dieu notre Sauveur a paru à tous les hommes : » là il nous propose la grâce que Jésus naissant nous apporte. Erudiens nos 9 : <■■ Elle nous a appris : » là il nous découvre les vertus que Jésus naissant
• II. Cor. X , 4 , 5.
' I. Cor. 1 , 26.
s Jean, xrv, 27.
* MaUh.\, 12, 13.
» Is.lMll, 19.
6 Phitipp. IV, 7.
' Serm. XX rv, in yntivit. Dom. t. 1, p. 160.
» Tit. n, 11. — » Jbtd. 12.
nous enseigne. Expectantes beatam spem '; « étant toujours dans l'attente de la béatitude que '< nous espérons : « là il nous fait voir le grand et admirable spectacle que Jésus naissant nous fait attendre.
Après avoir expliqué ce J3?eî<se»î(?«^... Que si le monde nous appelle à ses spectacles , nous attendons un autre spectacle , Jésus-Christ nous fait attendre un retour. Il est venu pour semer, il viendra pour recueillir ; [il est venu ] pour confier le talent, [il viendra] pour en exiger le profit : [il est venu] pour détruire la fausse gloire , [ il viendra ] pour établir la véritable.
Nostrœ cœnœ, nostrœ nuptiœ nundum simt^.
'< Nos jeux , nos fêtes , nos banquets ne sont pas « encore prêts. « Laissez-moi achever le temps de mon deuil. La vie chrétienne , la vie pénitente [est un] deuil spirituel : [nous sommes] consacrés à la mort par le saint baptême. [ Le pécheur ] déplore la mort , non de son époux ni de son père , mais de son âme , la perte de son innocence. État de l'Eglise , est un état de viduité et de désolation : [elle a] perdu en son époux plus de la moitié d'elle-même.
FRAGMENT
SUR LES MYSTÈRES