EXPLIGATION DU CHAPITRE XVI
Les calamités de l'empire de Valérien. Les rois d'Orient vainqueurs, et les batailles funestes des empereurs romains. La chute de Rome proposée e Co ONE de ce chapitre : son rapport avec le chapitre1x depuis
4. Et j'entendis une grande voix. Saint Jean, après avoir proposé comme en gros la chute de Rome, la va expliquer plus en détail, et sous des images plus claires : c'est ce qui paroîtra bientôt dans les chapitres xvir et xvitr. Pour commencer ici à en expliquer les causes, il reprend les choses de plus haut, et revient au commencement du second Væ dont il a parlé chapitre 1x. 44. Mais ici il nous en apprend des particularités remarquables, et nous montre mieux le rapport qu’il a avec la chute de Rome. Une grande voix qui sortit du temple : la voix qui sort ici du temple, sans qu’il y paroisse aucun ministère des anges, est de celles qui marquent un ordre venu plus immédiatement de Dieu même, selon la remarque du chap. 1. #. 40. On en entendra une semblable, . 17, et il faudra bien prendre garde à ce qu’elle dira. Une grande voix qui sortit du temple, et qui dit aux sept anges. Rémarquez ici soigneusement-que l’ordre vient en même temps à tous les sept anges; de sorte qu’il faut entendre qu’ils versèrent leurs coupes ensemble, à peu près dans le même temps, et comme coup sur coup. Lorsque l’Agneau ouvre les sceaux, on les lui voit ouvrir successivement; et à chacune des quatre premières ouvertures, un des animaux avertit saint Jean de regarder, vi. 1, 3, 5, 7. On ne voit pas moins clairement dans les trompettes, que les sept anges en sonnent l’un après l’autre : les trois 7æ qui sont réservés pour les trois dernières trompettes, viennent avec une manifeste succession, virr. 43, 1x. 12, x1. 14, et un ange jure expressément qu’au temps de la septième trompette, le mystère de Dieu s’accompliroit, x. 7. La succession nous est donc très-distinetement marquée dans tous ces endroits. On ne voit rien de semblable dans ce chapitre xv1, ni à l’effusion des sept coupes : au contraire, on n’entend qu’une seule voix pour les sept anges; l’ordre part en même temps pour tous : et le Saint-Esprit, qui veut qu'on apporte
une attention extrême dans la contemplation de ses mystères, nous avertit par là que ces sept plaies regardent un certain temps fort court, où Dieu devoit faire sentir tous ces fléaux à Ja fois. Cet état effroyable où tous les maux se rassemblent, est l'empire de Gallien, incontinent après que l'empereur Valérien eut été.pris par le fier Sapor, roi de Perse; car c’est alors que. Dieu, irrité des violences qu’on faisoit souffrir à son Église depuis plus de deux cents:ans, marqua sa juste colère. par deux effets merveilleux : l’un; en faisant fondre ensemble sur l'empire romain tout ce qu'on peut endurer de calamités, sans périr tout à fait; l’autre; en les envoyant incontinent après la persécution, et-en changeant tout à coup l’état le-plus heureux du monde au plus triste et au plus insupportable, comme la suite.le fera pafoitre.
2, Le premier ange partit. L'ordre venu de Dieu ne regardoit pas plus ce premier ange que les autres,;:comme ona vu, Y.1. Comme doncil partit en même temps que l’ordre vint, il faut entendre que les six autres en firent autant, et allèrent tous verser leurs phioles ou leurs coupes, l’un d’un côté, l'autre d’un autre, suivant que la justice divine les avoit distribués : de sorte que si saint Jean nous les peint l’un après l'autre, ce n’est qu’à cause qu’on ne peut pas tout dire à la fois.
D'une plaie maligne et dangereuse. Les interprètes entendent ici le charbon et la tumeur de la peste; et c'est aussi ce qui arriva du temps de Valérien, comme on:va voir:
Et les hommes qui avoient le caractère de la bête, et.ceux qui adoroïent son image. Nous avons déjà parlé de ce caractère de l’idolâtrie romaine, qui consistoit à adorer les empereurs-et leurs images; et nous en avons vu la pratique, dès les’ premiers empereurs romains, et en particulier sous Le règne. de Valérien, xt. 12.
Les hommes qui avoient le caractère de la bête, et ceux qui adoroient:son image, furent frappés. Pourquoi ceux-ci en particulier ? Est-ce que les chrétiens furent exempts de cette plaie? Une admirable lettre, où saint Denis d'Alexandrie, auteur du temps, nous représente cette peste, nous va expliquer