Rendez-lui comme elle vous a rendu. Claudius IT tailla
en pièces trois cent vingt mille Goths, et coula à fond deux
mille de leurs vaisseaux. Toutes les provinces furent remplies d'esclaves de cette nation, Trebell. Pol. in Claud., et du temps même de la prise de Rome, après la défaite de Radegaise, le nombre des esclaves goths fut infini: On les vendoit comme des bêtes, et on en avoit, dit Orose, des troupeaux entiers pour un écu. Oros. vir. 37. Ainsi c’est avec raison qu'on dit aux Goths : Faites à Rome, comme elle vous a fait; outre qu’il les faut ici regarder comme les vengeurs de l'injure commune de toutes les nations.
7. Elle dit en son cœur : Je suis reine. C’est ec qu’Isaïe faisoit dire à Babylone : Je dominerai éternellement : il n'y a que moi sur la terre, et je ne saurai jamais ce que c'est qu'affliction. Is. xzvir. 7, 8. Rome vantoit à son exemple l'éternité de son empire; et un des blasphèmes que les saints Pères lui reprochent, étoit de s’être appelée la ville éternélle! : titre qu'on trouve encore dans une inscription qui fut faite six ou sept ans avant sa prise, à l’occasion de ses murailles rebâties”*.
S. Elle sera brûlée par le feu : sous Alaric même, cidessus, xvir. 16. ÿ
9. Les rois de la terre. pleureront sur elle: la chuted’une si grande ville, qu’on regardoit comme la maitresse de l'univers, étonnera tout le genre humain. .
Qui se sont corrompus avec elle, pleureront. Tout ce qui restoit de rois alliés de Rome et de grands qui avoient pris part ou à ses idolâtries, ou à son ambition et à son luxe, s’affligera de sa perte.
10. Malheur, malheur! Væ! Le voilà, ce troisième et dernier Væ, que nous attendions depuis si longtemps, et depuis le ÿ. 44 du ch. xr. Il retentit encore ci-dessous, . 46. Væ, Væœ! Malheur, malheur! Hélas, hélas ! la grande ville de Babylone ! Et encore au verset 19, Væ, Væ! Malheur, malheur ! Ne le cherchons plus ce terrible Væ, le voilà, sans qu’il soit besoin de nous le faire remarquer. Un cri si perçant et si souvent répété se fait assez remarquer lui-même.
13. D'esclaves et d'ames d'hommes. Le Gr. souéruv, qui veut dire, corps : ce que la Vulgate a très-bien rendu par le
1 Hier. Ep. 1, ad Ale. qe -xr. — 2 Ap. Bar, T. V. an. 403.