Pour manger la chair des rois. Ézéch. xxx1x
49. Et je vis la bête... C’est une récapitulation et répétition abrégée de ce qui a été représenté au long dans les visions précédentes.
20. Ces deux furent jetés. C'est après la vengeance sur la terre, le supplice éternel de l’autre vie. Remarquez iei l’effet le plus terrible du dernier Væ, où par des malheurs extrêmes on est précipité dans l'enfer. Remarquez encore qu'il n'y a ici que la bête et le faux prophète qui y soient jetés : le dragon qui les animoit, n’y est jeté qu’au chapitre xx. 9, dont nous dirons alors la raison.
21. Tués par l'épée qui sortoit de la bouche, comme il a été dit ci-dessus, 1. 46.
Objections des protestants contre l'interprétation précédente,
Nous avons, avec la grâce de Dieu, conduit les prédictions de saint Jean, depuis les temps de Trajan et d’Adrien, jusqu’à la destruction de Rome, qui étoit comme le terme de sa prophétie. Que si les protestants doutent encore que ce ne soit à ce grand événement qu’elle se termine, j’ai encore à leur opposer ce raisonnement tiré de leurs propres principes : car ils sont tous demeurés d'accord que le démembrement del’empire romain étoit marqué dans les dix rois du chapitre xvix : donc la ruine de Rome, qui suit incontinent après dans le chapitre xXvII1, est la ruine qui accompagne ce démembrement, c’està-dire, la ruine causée par Alaric; autrement il n’y aura plus ni suite, ni enchaînement dans la prophétie; et pour en faire le commentaire, il n’y aura qu'à jeter en l’air tout ce qu'on voudra. Par conséquent il faut croire que saint Jean a eu en vue cet événement, et les protestants ne l'ont pu nier sans se démentir eux-mêmes. Mais parce qu'ils prétendent avoir des raisons pour montrer que cette prise de Rome par Alaric et les Goths ne répond pas suffisamment à ce que dit saint Jean de la chute de cette ville, les voici en peu de mots,
comme on les trouve ramassées par ordre de tous les auteurs protestants dans la Synopse d'Angleterre .
4. Objection. La chute dont parle saint Jean, est une chute dernière et irréparable.
Réponse. Au contraire, nous avons fait voir que C’est une chute semblable à celle de Babylone, qui resta encore longtemps avec gloire. Voyez chapitre xvr11. Y. 2.
2. Objection. Saint Jean dénonce sa perte à une Rome idolâtre et prostituée, et non pas à une Rome devenue chré-. tienne.
Réponses. Nous avons fait voir comment Rome étoit encore la prostituée, Hist. abr. n.13,14, et sur le chapitre xvir. Y. 6. Il faut aussi se souvenir que, pendant même que les empereurs étoient chrétiens, l’idolâtrie dominoit dans le sénat, et qu'on y regardoit la religion chrétienne comme la dévotion particulière des princes, mais l'idolàtrie comme la religion de l'empire, ibid.
Je passe ici la troisième et la cinquième objection, que je mettrai à la fin comme les plus fortes, et que je détruirai, s’il plaît à Dieu, avec la dernière évidence.
Mais, dit-on pour quatrième raison, les saints sont avertis de sortir de Babylone. Il est vrai; mais visiblement cet ordre du ciel ne signifie autre chose, sinon que Rome étoit une ville encore pleine d’impiété, et qu’elle alloit être saccagée ; de sorte qu'il en falloit sortir, pour éviter les malheurs qui accompagnent le sac d’une ville; et s’il y a quelque chose de plus à entendre dans cet ordre venu du ciel, nous l'avons suffisamment expliqué sur le ÿ. 4 du chap. xvrir.
Pour sixième raison, on objecte que cette chute de Rome est une des plaies envoyées à la bête.
Réponse. Qui en doute ? La question est de savoir ce que signifie cette bête : nous avons vu que c’est l’idolâtrie dans Rome maîtresse du monde; et pour la connoître, tant dans sa première vigueur que depuis qu’elle est ressuscitée, il n'y a qu’à voir ce qui en est dit sur les chapitres x111 et xvII. Que si l’on veut que ce soit ici la victoire de Jésus-Christ sur l’Antechrist, je réponds qu'il y a plusieurs Antechrists,
* In C. xvrir, Apoc. v. 16. p. 1960.