‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 172 sur 245 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Iarrive aussi quelquefois, notamment au chapitre xvr, que saint Jean reprend les choses de plus haut que dans les derniers chapitres précédents, pour faire mieux voir la liaison des causes préparatoires avec les effets, ainsi qu’il a été remarqué sur ce chapitre : mais après tout dans le fond, la suite de la prophétie est manifeste. Les sept sceaux sont engagés dans les sept trompettes ; les trois Væ qui lient les trompettes entre elles, les unissent aussi avec ce qui suit, où sont comprises les sept coupes avec la ruine de Rome. Tous les temps marqués dans la prophétie se touchent, et vont, pour ainsi dire , de proche en proche. C’est pourquoi saint Jean dit toujours que tout doit venir bientôt ; parce que, lorsqu'il écrivoit sa prophétie, tout ce qu’il devoit prédire dans un ordre si bien lié, alloit commencer. Ainsi en lisant cette prophétie, quand on en tient la clef, on croit lire une histoire. Cependant, à Dieu ne plaise qu'on s’imagine que par cette explication, quelque suivie qu’elle paroisse, on ait épuisé tout le sens d’un livre si profond. Nous ne doutons pas que lesprit de Dieu n’ait pu tracer dans une histoire admirable, une autre histoire encore plus surprenante, et dans une prédiction, une autre prédiction encore plus profonde ; mais j’en laisse l'explication à ceux qui verront venir de plus près le règne de Dieu, ou à ceux à qui Dieu fera la grâce d’en découvrir le mystère. Cependant l’humble chrétien adorera ce secret divin, et se soumettra par avance aux jugements de Dieu, quels qu’ils doivent être, et dans quelque ordre qu’il lui plaise de les développer : seulement il demeurera aisément persuadé qu’il y aura quelque chose qui n’est point encore entré dans le cœur de l'homme. Quoi qu’il en soit, il desirera en tremblant de voir arriver bientôt le règne parfait de Jésus Christ, et il vivra dans cette attente.

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