Chap. zur, 18, —2 Ibid. xttr. 16. — 31bid, xrrr
550 ABRÈÉGÉ
lieu le nom de Dioclétien, ce n’est pas l'effet d’une rencontre fortuite, mais une chose qui devoit être, et qui étoit entrée nécessairement dans le dessein de notre apôtre : par où aussi les protestants, qui ne veulent jamais rien voir que de con- : fus et de vague, se trouveront confondus.
XIV. Le caractère de Maximien Herculius, premier collègue de Dioclétien, aussi bien marqué que celui de Dioclétien même.
Le premier collègue de Dioclétien, et le second empereur, qui étoit Maximien Herculius, ne nous a pas été moins bien désigné, puisqu'on lui a donné le caractère qui lui étoit le plus propre, c’est-à-dire, celui de venir deux fois : et c’est avec raison que ce prince a été appelé la bête, selon cette mystique signification, ce titre lui convenant plus particulièrement qu'aux cinq autres empereurs sous qui la persécution s’est exercée, parce que, dans le caractère que saint Jean Jui avoit donné, non-seulement il étoit une des sept têtes, c’est-à-dire, un de ces sept princes, mais encore le corps de la bête, comme on a vu :.
XV. La bête de saint Jean étoit une chose qui devoit venir après lui.
Nous avons déjà observé que cette bête mystique étoit marquée par saint Jean, non pas comme étant déjà de son temps, mais comme devant dans la suite s'élever de l'abime * ; ce qui maintenant s’entendra mieux, et sur quoi il sera utile d'appuyer un peu. Car, encore que l'empire ro— main idolâtre et persécuteur, fût déjà au monde lorsque saint Jean écrivoit son Apocalypse, dans l’application particulière qu’il faisoit de la bête à la persécution de Dioclétien, elle n’étoit pas encore. Les sept têtes, c’est-à-dire, les sept empereurs, et tout le reste que saint Jean nous y a marqué avec une désignation particulière, étoient encore à venir; et même la persécution, quoique déjà commencée quelques années auparavant sous Néron et sous Domitien, étoit encore future dans sa plus longue durée, et dans ses plus grandes fureurs; ce qui donne lieu à saint Jean de nous parler de la bête, comme devant encore s'élever. TI la voit sortir de l’abime : il assiste à sa naissance, ct ne la fait pa-
* Chap. xtr1, 46, 17.— 2 Ibid, xvrr, — 3 Ibid, xr, xrir. 4. xt, 8.
à DE L APOCALYPSE. 551
roître au monde que pour donner la mort aux saints '; ce qu'on ne peut trop observer, parce qu’outre que ces caractères particuliers sont la vraie clef de la prophétie, c’est aussi un des passages qui doit porter un coup mortel au système des protestants ?, qui n’ont rien voulu voir de particulier, parce que leurs fausses idés du pape antechrist ne subsistent que dans la confusion.
XVI. Ce que la bête devoit faire, et ce qui lui devoit arriver très-bien marqué par saint Jean.
Après avoir observé le fond et les caractères de la bête, tels que saint Jean nous les a donnés; il faut voir encore ce qu’elle fera, et ce qui lui doit arriver. Ce qu’elle fera, c’est de tourmenter l'Eglise; et ce qui lui doit arriver, c’est, après divers châtiments, de périr à la fin, à cause de son idolàtrie, et du sang qu’elle avoit répandu : c’est ce que saint Jean nous a déclaré par des marques aussi sensibles que toutes les autres que nous avons vues.
XVII. La persécution comment décrite au chap. x1 de l’Apocalypse.
La persécution en général est exercée par la bête, lorsqu’elle donne la mort aux saints, et qu’elle tient dans l’oppression la sainte cité, qui est l'Église, avec toutes les circonstances qu’on en a marquées *. Mais au milieu de ces caractères généraux, saint Jean a toujours mêlé les caractères particuliers de la persécution de Dioclétien, à laquelle le Saint-Esprit l’avoit davantage attaché. C’est pourquoi, dans le chapitre x1, on voit les Gentils se flatter de la pensée d’avoir éteint le christianisme *, comme on en flatta Dioclétien : on voit dans ce même temps le christianisme élevé au comble de la gloire *, comme il arriva au milieu de cette sanglante persécution, par les ordres de Constantin et par ses
victoires.