XII. Deux raisons de douter. La première
Deux choses pourtant semblent s'opposer à ce dessein. La 1 Gen, Chron. 5. Sæc. an 415.
première, c'est que les saints Pères ont poussé leur vue plus loin. Plusieurs ont cru voir dans la bête de l'Apocalypse, ce grand Antechrist, dont les autres antechrists ne devoient être qu'une foible image, et qu'ils ont tous attendu dans les dernières approches du jugement universel. Les deux témoins du chap. x1, ont paru à plusieurs de ces saints hommes Énoch et Élie, qui devoient venir consoler l'Église dans sa dernière persécution. [l semble donc qu'il n'est pas permis de donner un autre sens à ces deux té- “moins et à la bête, ni de chercher une autre histoire, où ces mystères de l'Apocalypse soient accomplis.
XIII. Résolutions du premier doute. Sentiment des docteurs anciens
et modernes.
Mais les moindres novices de la théologie savent la résolution de ce premier doute. Car s’il falloit tout réserver à la fin du monde et au temps de l’Antechrist, auroit-on permis à tant de savants hommes du siècle passé, à Jean Annius de Viterbe, à Jean Hanténius de Malines, ànos docteurs Josse Clitou, Génébrard et Feuardent, qui loue et qui suit ces graves auteurs, de reconnoître la bête et l'Antechrist dans Mahomet, et autre chose qu'Enoch et Élie dans les deux témoins de saint Jean? Auroit-on permis à Nicolas de Lyra * de trouver ces deux témoins dans le pape saint Silvère, et dans Mennas, patriarche de Constantinople, et le reste du chapitre x1 de l'Apocalypse, dans la persécution que souffrit l'Église sous Justinien et sa femme Théodore, lorsqu'ils voulurent y établir l'eutychianisme ? Le savant jésuite Louis d’Alcasar *, qui à fait un grand commentaire sur l'Apocalypse, où Grotius a pris beaucoup de ses idées, la fait voir parfaitement accomplie jusqu'au xx° chapitre, et y trouve les deux témoins, sans parler d'Élie ni d'Énoch. Quand on lui chjecte les Pères et l'autorité de quelques docteurs, qui font trop hardiment des traditions constantes et des articles de foi des conjectures de quelques Pères, il répond queles autres docteurs n’y consentent pas ; que les Pères ont varié sur tous ces sujets, ou sur la plupart ; qu'iln'y a donc point de tradition constante et uniforme en beaucoup de points, où des docteurs même catholiques ont prétendu en trouver ; en un mot, que c'est ici une affaire, non de dogme ni d’autorité, mais de conjecture : et tout cela est fondé sur la règle du. concile de Trente *, qui n’établit ni la tradition constante, ni l'inviolable autorité des saints Pères pour l'intelligence de l'Écriture,
1 Annot. im Iren.l. v. c. 30. p. 486, et seqq. — ? Gloss. ord. in
<ap. x1. Apoc, p. 1565. — 3 Lud. ab. Alec. Comm. in Apoc, de arg. -àpoc. nolat, 7, 19, 20, et in cap. xr. 5. not. vi.— 4 Sess, 1.
que dans leur consentement unanime, et dans les matières de la foi et des mœurs.
XIV. Qu'il ne faut pas prendre pour dogmes certains les conjectures et les opinions des saints Pères sur la fin du monde,
En effet, si on vouloit nous donner pour règle tout ce que les Pères ont conjecturé sur l'Apocalypse et sur l'Antechrist, les uns d'une façon, et les autres de l'autre, il faudroit en faire un démon incarné avec quelques-uns, et avec saint Hippolyte lui-même, aussi bien qu'avec l'auteur qui porte son nom '; il faudroit avec ce dernier auleur, qui ne laisse pas d'être ancien, quoiqu'il ne soit pas saint Hippolyte, faire venir à la fin des siècles l'apôtre saint Jean en la compagnie d'Énoch et d'Élie?, il faudroit, avec d'autres auteurs, y faire aussi venir Moïse, sous prétexte que le caractère en est mieux marqué dans le chap. x1 de l'Apocalypse que celui d'Énoch* ; et ce qui est bien plus considérable, il faudroit faire venir, après l’Antechrist, le règne de Jésus-Christ durant mille ans sur la terre, comme plusieurs anciens docteurs l'ont pensé.
XV4 Qu'il peut ÿ avoir plusieurs sens dans l’Écriture, et en particulier dans l’Apocalypse.
À cela il faut ajouter ce que dit le même Alcasar avec tous les théologiens, qu'une interprétation même littérale de l'Apocalypse, ou des autres prophéties, peut très-bien compatir avec les autres. De sorte que, sans entrer en inquiétude des autorités qu'on oppose, la réponse à tous ces passages, c'est premièrement qu'il faut savoir distinguer les conjectures des Pères d'avec leurs dogmes, et leurs sentiments particuliers d’avec leur consentement unanime ; c'est qu'après qu'on aura trouvé, dans leur consentement universel, ce qui doit passer pour constant, et ce qu'ils auront donné pour dogme certain, on pourra le tenir pour tel par la seule autorité de la tradition, sans qu'il soit toujours nécessaire de le trouver dans saint Jean ; c’est qu'enfin, ce qu'on verra clairement qu'il y faudra trouver, ne laissera pas d'y être caché en figure, sous un sens déjà accompli, et sous des événements déja passés.
Qui ne sait que la fécondité infinie de l'Écriture n’est pas toujours épuisée par un seul sens ? Ignore-t-on que Jésus-Christ et son Église sont prophélisés dans des endroits, où il est clair que Salomon, qu'Ézéchias, que Cyrus, que Zorobabel, que tant d'au-
1 Hipp. Guid. 1660. p. 12. Ed. Fabr. de Antich. x1v. p. 9, et seq. — 2 Jhid. Ed. Fabr, in App. p. 43, et seq. — 3 Apoc. xt. 6,
tres sont entendus à la lettre? C'est une vérité qui n’est contestée, ni par les catholiques, ni par les protestants. Qui ne voit donc qu'il est très-possible de trouver un sens très-suivi et très-littéral de l’Apocalypse parfaitement accompli dans le sac de Rome sous Alaric, sans préjudice de tout autre sens, qu'on trouvera devoir s'accomplir à la fin des siècles ? Ce n'est pas dans ce double sens que je trouve la difficulté. S'il y en a dans l'Apocalypse à recon+ noître Énoch et Élie dans les deux témoins, et l’Antechrist dans la bête qui les doit faire mourir‘, c’est par d’autres raisons où je ne puis entrer ici, sans prévenir à contre-temps les difficultés que j'aurai à expliquer dans le commentaire : ceux qui s'en pourront déméler, après les avoir vues en leur lieu, pourront aussi reconnoître , s'ils veulent, et l’Antechrist dans la bête, et les deux témoins dans Élie et dans Énoch. Ce sens ne préjudicie en aucune sorte à celui que je propose touchant Rome; et même indépen+ damment des passages de Apocalypse, il est certain qu'il faut reconnoître un dernier et un grand Antechrist aux approches du dernier jour. La tradition en est constante ; et j'espère en démontrer la vérité par le passage célèbre de la deuxième aux Thessaloniciens. La venue d'Énoch et d'Élie n'est guère moins célèbre parmi les Pères. Ces deux saints n’ont pas été transportés pour rien du milieu des hommes si extraordinairement en corps et en ame; leur course ne paroît pas achevée, et on doit croire que Dieu. les réserve à quelque grand ouvrage. La tradition des Juifs, aussi bien que celle des chrétiens, les fait revenir à la fin des siècles. Cette tradition, à l'égard d'Énoch, s'est conservée dans l'Ecclé: siastique ? : que si la leçon du Grec n'est pas si claire, élle est suppléée en cet endroit, comme en beaucoup d’autres, par celle dé la Vulgate, dont nul homme de bon sens, fût-il protestant, ne mépriserà jamais l'autorité; d'autant plus que ce ne sont pas seulement les Pères Latins qui établissent le retour d'Énoch, les Grecs y sont aussi exprès ?. Pour Élie, il nous est promis en termes formels par Malachie dans les approches du grand et du redoutable jour de Dieu ‘, qui paroît être le jugement. L'Ecclésiastique semble aussi l'entendre ainsi *; e6 si notre Seigneur a attribué ce passage de Malachie à saint Jean Baptiste en deux endroits de son Évangile, c'est sans exclusion de l’autre sens : puisqu'il à même daigné l'insinuer par ces paroles : Et si vous voulez le prendre ainsi, c'est lui qui est Élie qui doit menir*;
t Apoc. x1. 7. — 2 Eccli. xriv. 46. — 3 And. Cæsar. et Areth. in
cap. xr. Apoc. ete. — 4 Mal. 1v. 5. — $ Éccli. xzvitr. 10, — 6 Matth. Fo En
ou il semble avoir voulu laisser à entendre qu'il y avoit beaucoup de mystère dans ce passage, et qu'il avoit encore un autre sens, sur lequel il ne vouloit pas s'expliquer davantage alors. Il dit en un autre endroit : 1! est vrai qu'Élie doût venir mais je vous dis qu Elie est déjà venu, et ils ne l'ont pas connu, où saint Chrysostome demande comment il est vrai qu'il doive venir, et ensemble qu’il soit venu ?. Ce qu'il n'accorde qu'en disant qu'il devoit venir deux fois; la première, sous la figure de saint Jean Baptiste, et la seconde, en personne, vers le temps du dernier jour : et ik fonde la comparaison entre Élie et saint Jean Baptiste dans ces deux endroits de l'Évangile, sur ce qu’ils sont tous deux précurseurs, l'un du premier, et l’autre du dernier avénement *. Saint Jérôme rapporte ce sens comme étant de quelques-uns“, ce qui sembleroit insinuer qu'il n'étoit pas universel. Mais enfin, il faut être plus que téméraire pour improuver la tradition de la venue d'Énoch et Élie à la fin des siècles, puisqu'elle à été reconnue de tous, ou de presque tous les Pères, et que même saint Augustin a dit en particulier de celle d'Élie, qu'elle étoit très-célèbre dans les discours et dans les cœurs des fidèles*. Savoir si cette arrivée d'Énoch et d'Élie est comprise au chapitre x1 de l'Apocalypse, ou si c'est seulement ici de ces sens qu’une rencontre vraisemblable fait aceommoder à certains sujets, la chose n'est importante, ni aussi également assurée; ou si l’on veut qu'elle le soit, ce sera toujours sans préjudicier aux autres sens que les docteurs orthodoxes auront proposés, et à celui que je propose à leur exemple. Il faut bien avoir recours à ces doubles sens au sujet de Malachie, si l'on y veut reconnoître à la fin des siècles un autre accomplissement de la venue d'Élie, que celui que Jésus-Christ a marqué comme déjà fait. Sur un si grand exemple nous pouvons bien, s’il est nécessaire, avec le secours de la tradition, et sans préjudicier à un dernier accomplissement de l'Apocalypse à la fin des siècles, en reconnoître un déjà fait, qui ne laissera pas d'être littéral et très-véritable. Au reste, je ne prétends point entrer ici dans le détail de ce sens futur : autant.-qu'il me paroît qu'il est possible, autant je le regarde comme impénétrable, du moins à mes foibles lumières. L'avenir se tourne presque toujours bien autrement que nous ne pensons, et les choses mêmes que Dieu en a révélées arrivent en des manières que nous n’aurions jamais prévues. Qu'on ne me demande donc rien sur cet avenir. Pour ce qui est
1 Matth. xvrr. 11, 42. — 2 Hom. 5. in Matth. nunc Hom. 57. — 3 Ibid. et in 2. ad Thess, Hom, 4. — 4 Comm. in Matih. cap. x1. — 5 De Civ. xx. 29.
de ce sens prochain et immédiat que je regarde comme accompli, on ne peut douter qu'il ne soit utile de le rechercher. Tout ce qu'on peut découvrir dans la profondeur de l'Écriture porte toujours une sensible consolation, et ce grand événement du châtiment des persécuteurs, qui se devoit commencer par les Juifs et se pousser jusqu'à la chute de l'idolâtrie romaine, étant un des plus grands spectacles de la justice de Dieu, est aussi un des plus dignes sujets qu'on puisse donner à la prédiction de saint Jean et à la méditation des fidèles.
XVI. Résolution du second doute : Question, s’il est nécessaire que les prophéties soient entendues lorsqu’elles s’accomplissent..
Mais il s'élève ici un second doute; c'est que ce sens ne se trouve pas entièrement expliqué dans les saints Pères ; c'est que la plus grande partie de ceux qui ont vu tomber Rome ne témoignent pas y avoir vu l’accomplissement de l'Apocalypse; c’est qu'il semble que ce soit amuser le monde, que de commencer à voir si tard ce qu'on n’a pas vu pendant que nous prétendons qu'il s’accomplissoit. t
Ce doute peut tomber dans l'esprit de deux sortes de personnes; ie veux dire qu'il peut tomber dans l'esprit des protestants et dans l'esprit des catholiques.
Pour ce qui regarde les protestants, on leur peut fermer la bouche en un mot; car ils veulent que l’Antechrist ait paru, et que Rome ait. commencé d'en être le siége dans le temps qu'elle est tombée avec son empire. Après s'être longtemps tourmentés à fixer le temps de cette chute et de la naissance de l’Antechrist, à la fin ils semblent venir à l'imagination de Joseph Méde, qui ne pouvant reculer la chute de Rome au delà du milieu du cinquième siècle, s'est senti obligé par là à donner à l’Antechrist la même époque. C'est donc dans saint Léon qu'il a commencé : c’est là le secret que Joseph Méde a découvert; c’est celui qu’on soutient en Hollande avec une confiance qui étonne l'univers; c'est ce qui tient en attente tout un peuple crédule, qu'il faut toujours. amuser de quelque espérance. Mais sans encore parler de l'absurdité de cette étrange pensée, qui ose mettre le commencement de l’Antechrist dans un homme aussi saint et aussi respecté de tout le monde chrétien que saint Léon, je me contente maintenant de demander qui dans ce temps a connu, qui a senti cet accomplissement de la prophétie de saint Jean ? Quelqu'un s'est-il aperçu que l’Antechrist naquit en saint Léon, et qu'il continuât à se former dans saint Gélase et dans saint Grégoire, ou enfin dans les autres.
temps où les protestants le font paroître ? Il ne faut donc pas donner pour principe que l'accomplissement des prophéties doive être aperçu quand il arrive.
XVII. Quelques vérités expliquées sur les nouvelles interprétations qu'on peut donner aux prophéties.
C'est en effet un principe qu'aucun théologien , ni protestant , ni catholique, n'a jamais posé; et pour expliquer par les règles aux catholiques ce qu'il faut croire sur l'interprétation des prophéties, j'avance trois vérités.
La première, qu'il y a des prophéties qui regardent le fondement de la religion ; comme celle de la venue du Messie, de la dispersion des Juifs, et de la conversion des Gentils. Le sens de ces prophéties ne peut pas avoir été inconnu aux Pères, puisque ce seroit avoir ignoré un dogme de la religion, et encore un dogme essentiel et fondamental. Ainsi il est manifeste, à l'égard de ces prophéties , que le sens en peut bien être éclairci et perfectionné par la suite des temps; mais que le fond s’en doit trouver dans les écrits des saints Pères.
Une seconde vérité n’est pas moins constante; c’est qu'il y a des prophéties qui né regardent pas le dogme, mais l'édification ; ni la substance de la religion , mais ses accessoires. On ne dira pas, par exemple, que tout ce qui est prédit dans les prophéties sur Ninive, sur Tyr, sur Babylone, sur Nabuehodonosor, sur Cyrus, sur Alexandre, sur Antiochus, sur les Perses, sur les Grecs, sur les Romains , soit de l'essence de la religion. L’explication de ces prophéties dépend de l'histoire, et autant de la lecture des auteurs profanes, que de celle des saints livres. Sur ces sujets, il est permis d'aller, pour ainsi parler, à la découverte : personne n’en doute ; et quand on dira que les Pères, ou ne s’y sont pas appliqués, ou n’ont pas tout vu, ou qu'on peut même aller plus loin qu'ils n’ont fait, en cela on marquera d'autant moins au respect qui leur est dû, qu'il faudra encore avouer de bonne foi que ce petit progrès que nous pouvons faire dans ces pieuses éruditions, est dû aux lumières qu'ils nous ont données.
De là résulte une troisième vérité, que s’il arrive aux orthodoxes, en interprétant les prophéties de ce dernier genre, de dire des choses nouvelles, il ne faut pas s’imaginer pour cela qu'on puisse se donner la même liberté dans les dogmes : car c’est à l’égard des dogmes, que l'Église a toujours suivi cette règle invariable de ne rien dire-de nouveau, et de ne s'écarter jamais du chemin battu.
XVIII. Secrète dispensation du Saint-Esprit dans l’intelligence, aussi bien que dans la première inspiration des prophéties.
Après avoir posé ces fondements, et avoir mis à couvert la règle de la foi contre toutes les nouveautés, j'ose avancer une chose sur ces prophéties : que loin qu'il soit du dessein de Dieu qu'elles soient toujours parfaitément entendues dans le temps qu'elles s'accomplissent, au contraire, il est quelquefois de son dessein qu’elles ne le soient pas alors. Et afin de m'expliquer à fond sur cette matière , le même esprit qui préside à l'inspiration des prophètes, préside aussi à leur interprétation : Dieu les inspire quand il veut ; ét il en donne aussi, quand il veut, l'intelligence : les personnes même en qui s’accomplissent les prophéties , bien plus, celles qui en font l’accomplissement et l'exécution, n’en entendent pas toujours le mystère, ni l'œuvre de Dieu en elles, et servent, sans ÿ penser, à ses desseins.
Lorsque Jésus envoya querir par ses disciples l'âne sur lequel il devoit entrer dans Jérusalem !, lorsqu'ils le délièrent, lorsqu'ils l'amenèrent, et qu'ils montèrent leur maître sur cet animal, après avoir étendu leurs habits dessus ; lorsqu'ils le suivirent en triomphe, et crièrent avec tout le peuple et avec les enfants cet admirable Hosanna, qui réjouit tous les cœurs fidèles quand on le répète; ils accomplissoient plusieurs prophéties, et entre autres, celle de David et celle de Zacharie. En entendoient-ils le mystère ? Nullement, dit l'Évangéliste. Et ce ne fut pas seulement le peuple qui ne songea pas à ces prophéties : Les disciples de Jésus euxmémes, dit saint Jean ?, ne connurent point tout cela : mais quand Jésus fut glorifié, alors ils se ressouvinrent que ces choses éloient écrites de lui, et qu'ils lui avoient fait toutes ces choses. Est-ce que la prophétie étoit obscure? Non, il n’y avoit rien de plus exprès que cette prédiction de Zacharie : © fille de Sion, ton Roi va entrer dans tes murailles, monté sur un âne 5. Mais peut-être que les disciplès ne l'avoient pas lue? Ce n’est pas ce que dit saint Jean; car écoutez encore une fois ce qu'il vient de dire : Après que Jésus fut glorifié, ils se ressouvinrent que ces choses avoient été- écrites de lui ‘. Remarquez, ils se ressouvinrent : il ne dit pas qu'ils l’apprirent de nouveau; de sorte que visiblement la prophétie leur étoit connue. Quoi donc? Is n'y pensoient pas : Dieu n'avoit pas encore ouvert leurs yeux pour l'entendre, ni excité leur attention pour s'y appliquer : ils l'accomplissoient cependant ; car Dieu se servoit de leur ignorance, ou
1 Malh. xxr.9.— 2 Joan. xtr. 16.— 3 Zach. rx. 9,— 4 Joan. xrr. 16.
de leur inapplication, pour faire voir que son esprit, qui a inspiré les prophéties, en conduit l'exécution, et n’a besoin ni de Ja science, ni de l'attention, ni enfin en aucune sorte du concert des hommes, pour mener les prédictions à leur fin.