XLVII. La première, mal expliquée par les protestants
La première, parce qu’ils entendent saint Paul du démembrement de l'empire romain sous Alarie, et dans toute l'étendue du cinquième siècle : or il n’a paru dans tout ce temps ni prodiges, ni signes trompeurs, ni rien enfin d’extraordinaire dans la papauté, pas même en allégorie. Les miracles qui se faisoient au tombeau des saints martyrs, ne tendoient qu'à glorifier le Dieu des martyrs, à confirmer l'Évangile, pour lequel ils étoient morts, à confondre un Julien l'Apostat et les infidèles endurcis, et à convertir les autres. Ceux qui les ont rapportés, c'est-à-dire, tous les | saints Pères et tous les historiens, n’ont pas été na trompeurs, mais des saints, et la lumière de leur siecle. Les papes n’y ont pas eu plus de part que tout le reste des évêques en Orient et en Occident, et par tout le monde. On n’a jamais produit aucun passage, pour faire voir que les papes aient rien fait de particulier sur cela ; et on ne songe pas seulement à en produire. On n’a non plus osé imaginer que les papes qui furent alors, ni plusieurs siècles après, aient songé à s'élever au dessus de Dieu, ni à se faire rendre les honneurs divins dans son temple : on n’a, dis-je, osé imaginer que saint Léon, ni saint Simplice, ni saint Gélase, ni saint Hormisdas,
ni saint Grégoire, ni les autres, aient rien fait d’approchant, pas même, je le répète, en allégorie; car on demeure d’accord, même dans la réformation prétendue, que ces papes étoient de grands saints, ou tout au moins des gens de bien : on se moque donc, lorsqu'on ose dire que l’homme de péché parut alors.