‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 27 sur 245 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

esprits de Dieu envoyés par toute la terre, Y. G : et plus expressément les sept anges qui sont devant Dieu, vrir. 2.

En faveur de la première interprétation, on dit qu’il est mal aisé d'entendre que sept anges soient les sept cornes, c'est-à-dire, la force ; et Les sept yeux, c’est-à-dire, la lumière de l'agneau : au lieu qu’en parlant du Saint-Esprit par rapport à ses sept dons, tout semble mieux convenir ; et on entend très-bien que ces sept esprits, c’est-à-dire, ces sept dons, sont envoyés par l'agneau dans toute la terre, parce que c’est par Jésus-Christ que les dons du Saint-Esprit sont répandus.

Il y a pourtant ici un grand inconvénient. Car outre que c’est sans exemple qu’on personnifie en cette sorte les dons de Dieu, en saluant de leur part comme d’une personne distincte, les fidèles et les Églises, on voit encore que ces sept esprits sont mis ici devant le trône de Dieu, 1v. 4, et qu'ils sont comme sept lampes brülantes devant le trône de Dieu, 1V. 5. Or il convient au Saint-Esprit d’être dans le trône, et non pas devant le trône, comme un simple ornement du temple de Dieu. Et on pourroit dire que les sept anges sont les cornes et les yeux de l'agneau, au même sens que les magistrats principaux sont les yeux du prince, et les instruments de sa puissance; ce qui même convient à des anges plutôt qu’au Saint-Esprit, égal au Fils.

On a pu voir dans la réflexion après la préface, ce que saint Jean nous a enseigné de la grande part qu'ont les anges à notre salut : c’est ce qui lui a donné lieu de nous saluer en leur nom, et de nous souhaiter de si grands biens de leur part, Voyez encore sur ces sept esprits, chapitre 117. 4.

Ceux qui ne trouvent pas bon qu’on mette les anges avec Dieu et avec Jésus-Christ, ont oublié ce passage de saint Paul : Je vous conjure devant Dieu, devant Jésus-Christ et les saints anges. I. Tim. v.21.

Que si l'on met Jésus-Christ après, ce peut être en le regardant selon sa nature humaine, par laquelle il est mis un peu plus bas que les anges , selon le Ps. var. et selon saint Paul, Héb. 11. 7, 9; et néanmoins en le relevant aussitôt après par des éloges dignes de lui. Mais il y a outre cela

dans cet endroit de l’'Apocalypse, une raison particulière de mettre Jésus-Christ le dernier, pour mieux continuer le discours.

6. Et nous a faits le royaume et les sacrificateurs de Dieu : Selon ce que dit saint Pierre, Vous êtes le sacerdoce royal. I. Pier. 11. 9. Et encore : Vous êtes le saint sacerdoce pour offrir à Dieu des sacrifices spirituels agréables par Jésus-Christ, Ibid. 5. C'est ce que saint Jean répète souvent. Apocal. v. 10. xx. 6. Le Gr. Nous a faits rois et sacrificateurs : c'est le même sens, car nous sommes le royaume de Dieu, parce qu’il règne sur nous : et par là nous régnons non-seulement sur nous-mêmes, mais encore sur toutes les créatures que nous faisons servir à notre salut. Et comme saint Pierre entend que nous sommes sacrificateurs, lorsqu'il nous appelle sacerdoce; ainsi quand saint Jean dit que nous sommes le règne ou le royaume de Dieu, ilentend aussi par là qu’il nous fait rois.

1..Et ceux qui l'ont percé , selon ce qui est dit par le Prophète : Is verront celui qu'ils ont percé. Zach. xmr. 10. Ce passage de Zacharie est rapporté par saint Jean dans son Évangile. Jean. xix. 37. Ceci regarde son second avénement.

Amen : Manière d'assurer parmi les Hébreux très-commune dans l'Évangile et dans la bouche du Fils de Dieu.

8. Je suis l’Alpha et l’'Oméga, le commencement et la fin, celui par qui tout commence, celui à qui tout se termine, que nul ne précède, à qui nul ne succède : ce qui est encore répété. Apocal. xxr. 6. xx11. 13. L’Alpha et l'Oméga sont la première et la dernière lettre de l'alphabet grec, comme tout le monde sait.

9. Moi Jean votre frère, qui ai part à la tribulation…. Le martyre de saint Jean, lorsqu'il fut jeté dans une chaudière d'huile bouillante, n’est ignoré de personne, et on en trouve l’histoire dans Tertullien et dans les autres Pères'. J'ai été en l'ile nommée Patmos : incontinent après qu'il eut été jeté dans l’huile bouillante, comme le même Tertullien et les autres l'ont raconté. Saint Irénée marque distinctement le

: De Præsc. 86. Iren. v. 30.

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