‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 76 sur 245 · EXPLICATION DU CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

EXPLICATION DU CHAPITRE VII

Que la dernière désolation qui devoit tomber sur les Juifs est différée, jusqu’à ce que le nombre des élus qui en devoient être tirés, fût accompli : le nombre des autres martyrs innombrable et infini : mystere du nombre de douze.

4. Après cela... C’est une chose ordinaire dans l’Apocalypse, comme dans les autres prophéties, de montrer premièrement les choses en général et plus confusément comme de loin, pour ensuite les déclarer par ordre et dans un plus grand détail, comme si on les avoit sous les yeux. C'est pour

1 Lavé leurs robes, et qui ont blanchi leurs robes. — 2 Zxnvacer mr” adrous, habitera sur eux ; ou les couvrira comme un pavillon, comme une tente,

162 L'APOCALYP3SE,

cela que saint Jean, après nous avoir fait voir la vengeance divine en confusion à la fin du chapitre précédent, va com— mencer à entrer dans le détail. La première chose qu’il explique, c’est la raison du délai dont il est parlé au chapitre vi. #. 11. On avoit répondu aux ames qui demandoient la ven geance de leur sang, qu’elles attendissent que le nombre des élus fût accompli. Dieu maintenant va faire connoître qu'une grande partie de ses élus, dont le nombre devoit être accompli, étoient parmi les Juifs, et en devoient être tirés.

Je vis quatre anges. qui retenoient les quatre vents. Les vents lâchés signifient l'agitation des choses humaines. J'ai vu quatre vents qui combattoient sur une grande mer. Dan. vuir. 2. C'étoit à dire, j'ai vu une grande agitation. Par une raison contraire, Dieu retient les vents, quand il tient les choses en état. Pour les empêcher de souffler. Les anges qui avoient le pouvoir de retenir les vents, avoient aussi le pouvoir de les lâcher, comme il paroît par la suite.

Pour les empêcher de souffler sur laterre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre. Ces paroles sont très-remarquables pour entendre le chapitre suivant, avec lequel elles ont un rapport manifeste, comme on va voir.

2. Jevisencoreunautreange…. quiportoit le signe du Dieu vivant ! pour l'appliquer à ses élus comme la suite Fexplique.

Et il cria aux anges. Ce cri des anges les uns aux autres, lorsqu'ils portent les ordres de Dieu, montre l’ardeur qu’ils ont à les faire entendre, comme un messager envoyé en diligence, déclare ses ordres dès qu’il peut faire entendre sa voix en criant.

Aux anges qui avoient le pouvoir de nuire à la terre et à la mer. Voilà encore ici la terre et la mer; et ce n’est pas . en vain que je le remarque.

3. Ne nuisez point à la terre, ni à la mer, ni aux arbres: car l'heure de lâcher les vents pour les affliger, n’est pas encore venue, ainsi qu’on vient de le voir, Y. 4. Le Saint- Esprit marque ici manifestement le rapport de ce chapitre avec le suivant, où l’on verra Y. 7, au son de la première trompette, une grêle de feu tombée sur la terre, qui en bräle les arbres; et au Y. 8, Une montagne brülante

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