‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 93 sur 245 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

des persécuteurs, tant à cause que la justice divine les fera bientôt retomber sur eux, qu'à cause que c’est en soi-même le plus grand de tous les maux, de persécuter la vérité.

Je ne dois pas omettre ici, que presque tous les interprètes anciens et modernes, et les protestants comme les autres, entendent ici les hérétiques. Mais les protestants, toujours entêtés de leurs prétendues erreurs papistiques, ne trouveront pas mauvais que nous leur en fassions voir de plus réelles, et tout ensemble de plus dignes d’être reprises par saint Jean, puisque ce sont les mêmes qu'il avoit d’abord étouffées.

Le premier malheur a passé. 1 commence par Théodote de Byzance, environ l'an 196 de notre Seigneur, sous l'empire

.de Sévère, et se continue dans ce règne-là et dans les règnes suivants, par les melchisédéciens, par Praxéas, par Noétus, par Artémon, par Sabellius et par Paul de Samosate, en la personne duquel l’hérésie judaique fut condamnée de ia manière la plus solennelle qu’on eût jamais pratiquée dans l'Eglise cathoïique, puisqu'elle le fut par ce fameux concile d’Antioche, et pour parler avec un des Pères du concile de Nicée, par Le concile et le jugement de tous les évêques du monde ‘. Le mal se reposa pour lors : ce fut dans les environs de l’an 260 et 270, et à peu près dans le même temps, que commence le second Væ que nous allons voir. |

43. Et le sixième ange. et j'entendis une voix quisortoit des quatre coins de l'autel d'or, C’est ici une de ces voix qui marquent quelque ordre important plus spécialement venu de Dieu, ainsi qu’il a été dit sur le Y. 40 du chapitre 1, et on en va voir la conséquence.

44. Déliez les quatre cnges qui sont liés sur le grand fleuve d'Euphrate. Saint Jean suit exactement l’ordre des temps. Les Perses, qui avoient succédé aux Parthes, jusqu'ici n’avoient point passé l'Euphrate impunément, et ils avoient toujours été glorieusement repoussés par les Romains, qui avoient même poussé leurs conquêtes au delà de ce fleuve. Ce fut sur la fin du second Væ, et pendant que Paul de Samosate troubloit l'Église, que ces peuples si souvent vaincus passèrent l Euphrate et inondèrent l'empire. Cet endroit mé-

« Epist. Alex. Episc. Alex. ad Alex. CP. Conc. Nit,

ritoit bien d’être marqué comme venu spécialement de Dieu ; car c’est un des plus importants secrets de cette prophétie, parce que c’est dans le malheur de Valérien qu’on voit commencer la décadence de l'empire romain, par les raisons remarquées dans l'Histoire abrégée, n. 9, 40.

Déliez les anges... 11 n’est pas besoin d’avertir quece qui lie les anges, ce sont les ordres suprêmes de Dieu. Ces anges liés, soit bons ou mauvais, sont ceux qui avoient en main ces bornes fatales entre la puissance romaine et le fier empire des Perses, que Dieu sembloit jusqu'alors avoir renfermé dans les bornes de l'Euphrate. C’étoit aussi sur l'Euphrate qu’étoient établies les légions qui gardoient l'empire de ce côté-là, comme tout le monde sait.

45. Les... anges qui étoient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l’année. Ils n’attendoient que le signal. Le temps marqué si particulièrement par le prophète, fait voir combien précisément Dieu décide des moments.

La troisième partie des hommes : c’est la façon de parler ordinaire de ce livre, pour montrer que ce n’est pas une entière extermination.

46. Et le nombre... de la cavalerie... deux cents millions. L'armée des Perses consistoit en cavalerie, et le nombre en étoit prodigieux. C’est en gros ce que veulent dire les deux cents millions; et ce seroit une erreur grossière de s'imaginer ici des nombres précis.

A7. Des cuirasses de feu, d'hyacinthe et de soufre. Hyacinthe, c’est la couleur violette, et celle du fer poli. Le feu du soufre approche de cette couleur; et lorsque la lumière du soleil bat dessus, on croit voir des escadrons enflammés '. Les Perses étoient armés de fer, de piedencap, eux et leurs chevaux.

Les têtes des chevaux, comme des têtes de lions. Cette redoutable cavalerie.marchoit au combat avec l’ardeur et la force des lions.

De leur bouche il sortoit du feu. On voit ici des chevaux ardents et courageux qui semblent jeter le feu par les narines.

" Hist, Aug. in Alex. Sev. Edit. Salm. p.133. Heliod. Hist. Æthiop.

> l'Ivuir.

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