A MADAME LA PRINCESSE DE RATZIVILLE
Sun DX CHAnil\NT JABWS ANGLAIS Qu'eLLE APPELAIT L*ARCADIE.
Séjour chéri d'HélèDc, où son riant génie De la Divinité remplit si bien remploi, Où le marbre et les fleurs se rangent sous sa loi. Où la nature à Tart par le goût est unie ;
Où, si j*cn puis juger par moi, Tout mortel au dehors voit régner Tharmonie,
El la sent au dedans de soi.
Quand les beaux yeux d*Hélène échauffent cette terre,
La rose a plus d*éclat, Toiseau de plus doux chants;
Tout rit, tout s*embellit, tout apprend d'elle à plaire;
Moi-même j'y retrouve à la fois deux printemps:
Celui de la nature et celui de mes ans.
Que le temps destructeur porte ailleurs ses ravages ;
L'on ne craint rien ici de Tarrière-saison,
Et sur les pas d'Hélène on foule, en ces bocages.
Les plantes qui jadis rajeunirent Ëson.
* Le prince Henri, qui avait pris le nom de comte d'Oek, assistait à une représentation de l'opéra de Ccutor^ à Genève. Il avait à côté de lai le jeune comte de Sabran, ftgé de quatre ans, dont-Boufflers épousa depuis la mère, et il s'amusait beaucoup de la curiosité avec laquelle l'enfant suivait le spectacle, a Qu'est-ce que Cattor et PolltuB ? lui demanda-t-il. — Ce sont deux frères jumeaux. ^ Et qu'appelle-t-on des jumeaux? — ^^Gc sont, des enfants sortis du même asaî. — D'un œuf? et vous-même, êles-vous sorti d'un œuf?... » Tandis que Tenfant demeurait étonné et ne savait que répondre, BoufUers lui souflDa ce joli impromptu.
Ainsi TOUS faites laire, ô nymphe d*Ârcadie, Un rayon de bonheur sûr le soir de ma vie ; Chez vous, loin des horreurs de ce siècle pervers, Mon âme rajeunie en doux pensers abonde ; Chez vous Tesprit se sent libre comme les airs, Chez vous le cœur se sent aussi pur que votre onde; Auprès de vous on croit, dans ces murs toujours verts,
Avoir enfin changé de monde, Et voir réchantillon d'un meilleur univers.