LA FILLE ET LE CHEVAL
Dans un sentier passe un cheval Chargé d'un sac et d'une fille ;
* Le chevalier de Boufllers arait fait six vers sur les rimes de ce conte. < On le défia d'en faire trente de la même manière : il l'acheva n en quQfVLnte'qwUre , et composa ce badioage piquant , où Ton ne «r sent ni la gène ni la contrainte des bouts-rimés. » [Mémoiree wreti de la république des lettres^ par Bachaumont, à la date du 50 ayrili785).
J'observe, en passant, le cheval.
Je jette un coup d'œil sur la fille ;
Voilà, dis-je, un fort beau cheval ;
Qu'elle esl bien faite, cette fille !
Mon geste fait peur au cheval.
L'équilibre manque à la fille ;
Le sac glisse en bas du cheval,
Et sa chute entraîne la fille.
J'étais alors prés du cheval;
Le sac tombant avec la fille,
Me renverse auprès du cheval,
Et sur moi se trouve la fille,
Non assise, comme à cheval
Se tient d'ordinaire une fille,
Maïs comme un garçon à cheval.
En me trémoussant sous la fille,
Je la jette sous le cheval,
La tête en bas. La pauvre fille !
Craignant coup de pied de cheval,
Bien moins pour moi que pour la fille.
Je saisis le mors du cheval.
Et soudain je tire la fille
D'entre les jambes du cheval ;
Ce qui fit plaisir à la fille.
Il faudrait être un grand cheval,
Un ours, pour laisser une fille
A la merci de son cheval.
Je voulais remonter la fille ;
Preste, voilà que le cheval
S'enfuit et laisse là la fille.
Elle courUaprés le cheval,
El moi je cours après la fille.
Il paraît que votre cheval
Esl bien fringant pour une fille.
Mais, lui dis-je, au lieu d'un cheval,
Ayez un âne, belle fille ;
S4i BOUFPLERS.
n TOUS cooTÎept mieux qu'im cheval.
C'est la inooUire d*uDe fille.
Outre les dangers qa*â cheTal Oo coart en qnalité de fille.
On risque, en tombant de cheval , De montrer par où Ton est fille.