‹ Œuvres de BoufflersChapitre 43 sur 74 · LE PHILOSOPHE · texte numérisé non relu

LE PHILOSOPHE

Douce raison !

Triste poison !

LA FEMME

Charmant poison !

Triste raison !

LE PHaOSOPHE.

Point de poison, A la raison Il faut bien qu'on se rende.

LA FEMME

Point de raison, C'est du poison, Monsieur, qu'on vous demande.

GDANSONS.

COUPLETS

Mademoiselle de B***, poar qui ils ont été faits, conservait la fraîcheur

de son teint avec des blancs d'oeufs.

Air : ma tendre musette!

Gens de Paris, vous êtes Saas esprit, sans attraits ; Jamais sur vos toilettes Vous n*avez mis d*œufs frais :

Voyez mademoiselle Qui ne manqua jamais Doter, pour être belle, La vie à six poulets.

Tous les jours ses gros charmes Sont armés d*un couteau ; Le poulailler en larmes La prend pour son bourreau :

La fille, d'un air ferme, Met les œufs en éclats ; Elle y trouve le germe De cent nouveaux appas.

D'une action si dure, La poule en vain se plaint ; Le coq en vain murmure Du besoin de son teint ; Plus fraîche que l'aurore, La vierge s'embellit ; La poule gronde encore, Mais le coq applaudit.

BOOFFLERS.

LE FILS NATUBEL*.

Air : Dans cette aimable solitude.

toi qui n*eus jamais dû naître, Gage trop cher d*an fol amour, Puisses-tu ne jamais connaitre L*erreur qui te donna le jour I

Que ton enfance

Goûte en silence Le bonheur qui pour elle est fait;

Et que Tenvie,

Toute la vie.

Ignore ou taise son secret.

La nature, an nom de ta mère, Va t^offrir ses premiers bienfaits; Un air pur, un lait salutaire, De doux fruits, un ombrage frais.

Que ton enfance, etc.

Renonce au rang, à Topulence, L'honneur t*en fait la dure loi ; Ne crains pourtant pas Tindigence, L*amour Técartera de toi.

Que ton enfance, etc.

* a Les femm£s de la cour sont infiniment au-dessus des scrupules des bourgeoises, et craignent moins d'annoncer leurs faiblesses : c'est sans doute ce qui a autorisé M. le chevalier de Boufflers à divulguer la chanson suivante. Elle est adressée au fils naturel qu'il a eu de madame la comtesse de Gr..., né à Saint-Domingue.» [Mémoire* 99cr$t9 de la République du lettres^ 51 décembre 1781.)

Souvent une main inconnue T'offrira quelque don nouveau :

En secret une mère émue Viendra pleurer sur ton berceau.

Connais ta mère ;

L*honneur sévère Lui défend de se découvrir :

Mais par tendresse,

Mais par faiblesse, Une mère aime à se trabir.

D'un air plus touchant et plus tendre, Peut-être un jour tu la verras Tour à tour dans ses bras te prendre Et te remettre entre mes bras.

Connais ta mère, etc.

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