‹ Œuvres de BoufflersChapitre 50 sur 74 · LES MOEURS A LA MODE · texte numérisé non relu

LES MOEURS A LA MODE

Air : Bonsoir, la belle fille.

Le sexe enfin s* éclaire.

Il permet de changer; On peut être léger, Sans risquer de déplaire.

Les tendres feux

Sont ennuyeux

Quand ils sont trop fldéles.

La constance est de mauvais ton :

Nous n'avons plus de Céladon ; Et les dames trouvent fort bon

Que Ton change comme elles.

Il n*est si douce chaîne

Qui ne blesse à la fin :

Ce qui plaît au matin

Souvent le soir nous gêne.

Sans liberté La volupté

N'est bientôt qu'une peine.

Que parmi nous tout soit commun :

Plus de tyran, plus d'importnn; Et que chacune et que chacun

En aime une douzaine.

Air : Un troubadour béarnais.

Allons tous deux vivre ailleurs, Fuyons la cour et la ville ; Loin du bruit et des grandeurs Choisissons un humble asile :

Qu'importe notre séjour, Si nous y menons l'Amour?

Entre ces sauvages monts, Dans ce vallon . solitaire.

Tous deux nous habiterons Où tu vois celte chaumière :

Qu'importe notre séjour, Si nous y menons l'Amour ?

t74 BOUFFLERS.

Nous entendrons les concerts Des oiseaux du voisinage ; Et des sapins toujours verts Nous offriront leur ombrage :

Tout charme dans un séjour Où Ton est avec l'Amour.

Oublions, avec Paris, Luxe, élégance et dorure ; Si pour nous l'art a son prix.

Il ne vaut pas la nature ; Et rien ne vaut un séjour Où Ion est avec l'Amour.

Nos cœurs, dans des nœuds si doux, Béniront notre fortune ; Elle suffira pour nous, Puisqu'elle sera commune :

Rien ne manque en un séjour Où l'on est avec l'Amour.

Ceux qui d'abord nous plaindront De fuir vers ces lieux sauvages Peut-être eux-méme envieront Notre chaume et nos bocages; Ils envieront un séjour Où l'on est avec TAmour.

Ton bel âge sans mépris Voit approcher ma vieillesse, Et mes cheveux bientôt gris N'effrayent point ta tendresse; Non, jamais de ce séjour Nous ne verrons fuir l'Amour.

COUPLETS

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