‹ Œuvres de BoufflersChapitre 51 sur 74 · HENRI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

HENRI DE PRUSSE

Air : da Vaudeville de Tom-Joncs.

Le bon François, moine par excellence,

Depuis longtemps est bien déchu ; Mais il est moine, et veut en conséquence

Regagner plus qu*il n*a perdu, tf La foi, dit- il, cesse d*étre efficace

Depuis que Thomme ouvre les yeux :

Remplaçons la foi par la grâce

Les choses n'en iront que mieux.

a Ne Yois-je pas dans ces lieux une belle

Qu'un sage adore sous mon nom?

Dieu me la montre, il faut me servir d'elle ;

Tout moyen pour mon ordre est bon.

Céleste objet des plus flatteurs hommages.

Soyez propice à mes desseins ;

Lorsque l'on peut tant sur les sages,

Ne pourrait- on rien sur les saints?

(( Vous savez comme à la terre asservie

J'imposai mes trés-humbles lois ; Mon pouvoir tombe, et François vous confie

Ses intérêts avec ses droits :

Pour ces temps-ci ma régie est trop austère ;

Les cœurs sont durs, soyons plus doux ;

L'art de régner, c'est l'art de plaire,

Françoise, et c'est affaire à vous.

ff Le monde aveugle, en son erreur profonde,

Prend mes enfants pour des cafards; En bon chemin vous remettrez le monde,

En l'éclairant de vos regards; Un mot de tous fera tomber les armes,

Et du sophiste et du moqueur;

L'esprit, i Taspect de vos charmes,

Passe dans le parti du cœur.

« Sous mon vieux froc, il faut, quoi que Von fasse.

Que le bon sens reste étouffé ; Votre coiffure a bien meilleure grâce ;

Aussi de vous tout est coiffé.

Montrer Françoise est une sainte ruse

Pour forcer à d'éternels vœux;

De mon cordon la trame s'use,

Tout, jusqu'au temps, serre vos nœuds.

(( Mais quand mon cœur à cet espoir se livre,

Le premier point reste en oubli; Il faut songer que tout moine doit vivre, * Et surtoiit vivre aux frais d'autrui :

Nous vivions tous du beau droit de la quête ;

Ce droit aussi nous est ôté ;

Exercez le droit de conquête,

Amour fait plus que charité.

« A nos besoins c'est Dieu même qui veille ; En vous voyant, oui, je le vois ;

Pour opérer chez nous une merveille.

D'une merveille il a fait choix :

Voilà mes vœux, le ciel les trouve étranges; Et Françoise y fait des jaloux :

Mais si je vous préfère aux anges.

C'est qu'ils ont moins d'esprit que vous. »

Am : Des fraises, des fraises.

Aimez-vous les vérités ?

Je vous dirai les vôtres :

C'est que vous nous rebutez, Et que vous nous dégoûtez Des autres, des autres, des autres.

Air : Des fraises, des fraises.

L'on croit qu'il m'en coûte cher, Mais, sans dépense aucune. Ma maison a fort bon air, Et partout il y fait clair De lune, de lune, de lune.

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