STANCES DE VOLTAIRE
8Um LA PIÈGE UTlTULfE LE ŒUR.
Certaine dame honnête, et savante, et profonde,
Apnt la le Traité du Cœur, Disait, en se pâmant : « Que j*aime cet auteur ! Ah ! je Tois bien qu*il a le plus grand cœur du monde.
Dd mon heureux printemps j'ai tu passer la fleur,
Le cœur pourtant me parle encore.
Du nom de Petit-Cœur quand mon amant m'honore.
Je sens qu'il me fait trop d'honneur. »
Hélas ! faibles humains, quels destins sont les nôtres ! Qu'on a mal placé les grandeurs !
Qu'on serait heureux si les cœurs Etaient faits les uns pour les autres !
Illustre chcTalier, vous chantez tos combats,
Vos victoires et votre empire ; Et dans vos vers heureux, comme vous pleins d*appas,
C'est votre cœur qui vous inspire.
Quand Lisette vous dit : Rodrigue, as-tu du cœur? Sur l'heure elle l'éprouve, et dit avec franchise :
Il eut encor plus de valeur
Quand il était homme d*église.