‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 12 sur 99 · SERMON POUR LA FÊTE DE SAINTE GENEVIÈVE · texte numérisé non relu

SERMON POUR LA FÊTE DE SAINTE GENEVIÈVE

Infirma mt^i eUffU DeUs, ut coufundat foriia; et ignobiUamwidi ei càntemfflihiHa flegUDeusy et ea quœ non sunt, ut ea quœ sunt destruereU

Din a choisi ce qu'il y aycit de plos foible dans le monde , pour confondre les forts ; et il a prit ce qa*II y ayoit de moins noble et de plus méprisable; môme les- choses qui ne sont pohit, pour détraire celles qui sont. Première Épitre aux Corinthiens, chap. i. ^

Tel est^ Chrétiens, l'ordre de la divine Providence, et c'est ainsi que notre Dieu prend pUisir à faire éclater sa grandeur souveraine et sa tonte puissante vertu. Si, pour opérer de grandes .choses., il ne choisi&soit que de grands sujets , on pourroit attribuer ses merveilleux ouvrages où à la sagesse, ou à l'opulence, ou au pouvoir et à la force des ministres qii'il y auroit employés; mais, dit TApÔire des Gentils, afin que nul homme n'ait de quoi s enfler d'une fausse gloijre devant le Seigneur, ce ne sont communément ni les sages selon la chair, ni

M POUR' LA PÉTE DE SAINTE teENÉ^VE.

les ribbesy ni les puissants, ni les nobles, qall Mi servir à rexëctitkm de ses desseins; il prend, au contrâii*e, ee <^n'il y a de plus petite pour Confondre toutes les puissances humaines ; et, suivant Tèlpression de r Apôtre , il 11(1 diek^her jusque dans le néant ceux qu'il vent élever an-desstift de tontes les ^andebrs de là terre : Infihna mandk elegit Beu8^ ut ctfhfunddt fortiai et î^noH^u -mundi et eonfemptîbilta elegit Dent, et en (faœ non sunt, ut eà tfû'œ sïint de^frueret. Pensçe bien humiliante pour fefs Ms , et bleu 'con^ta'nte ponr fès autres : bien humiliante poar voM, grands du îAtelel tout cet éclat ^ui vous environne, cette autorité, cette élévation, cette pompe, qui voqs distinguent i nos yeiix , Cé n'est pofait là ce qui atnre sur vous 4^ yeux de Dieu ; que <fis-je? c'est même, selon les règles ordinaires de sa conduite , ce qa*ii rejette, qu&nd il veut tifiéM% par le ministère des hommes , ses plus étonnantes merveilles; mais au tnéme tettips pensée bien consolante ponr vous, |[>auvres, pour vous, que votre condition a placés aux derniers rangs , pour vous , que l'obscurité de votre origine , que la foiblesse de vos lumières rend, ce semble, incapables de tout. Pveueas confiance : pins vdtis êtes méprisables dans r<^inf6n du mondé, plus Dieu aimei vous glorifier, et à se glorifier lui-iùén|e eta vous : Infirma inandi elegit Detts. En voici , mesehers auditeurs^ unl)el e^temple : c'est celui de l'fliustreet sàtate patronne dont nous solennisons la fête, et dont j'ai à faire lepanégyriqtie.QA'étoit-ce,selonlemond^, que Geneviève? Une fille simple, et dépourvue de'<loiltes les lumières* de la «cience , une fille foible et sans pouvoir, une berbère réduite, ou par sa naissance, ou par la chute de sa famille, au plus bas %at. Mais en trois mots, qui comprennent trois gt^nds miracles et qui vont partager d'abord ce discours, je vous ferai voir la simplféité de Geneviève ph» éclairée que toute la sagesse du monde, c'est la première {partie; la foiblesse de Geneviève plus puissante que toute la force du monde , c'est la seconde partie ; et, si je puis parler de la sorte, la bassesse de Geneviève plus honorée que toute la grandeur du monde, c'est la troisième partie. Quel fonds, Chrétiens, de réflexions et de morale! Ménageons tout le temps nécessaires pour le creuser et pour en tirer d'utiles et de salutaires leçons, après que nous aurons demandé le secours du ciel f air l'intercession de Marie. Ave Maria.

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