SCR L'ALLIANCE
plis Ê^.en faveur des*ci!*oix et des souffrances de cette vie, de^ preuves Hjue les mondains ne détruiront .jamais? Or où ia-t-on une pIttB abondante cooamuDication de ces biens spiritueb et de ces dons eélestesy que datas lajreligtoii? Dans le monde il y a des croix, mais elles sont bieu diftereates de celles que vous trouverez dans la vie religieiise; car, oMnme dit saint Bernard, toute croix n'est pas la croix de Msus-Ghrist, toute pauvreté n'est pas la pauvreté de Jésus-Christ , toute mortificatioan'est pas k liprtification de Jésus-Cbrist. On souffre dans le monde ; on est humilié , martiM dans le monde : mais souvent il p'y a rien de tout cela qui porte le caractère de la croix du Sauveur : (A>urqvi? parceqn'il n'y a rien en tout cela pour la justice et pour Dieu. C'est dans l'état religieux que les croix sont salutaires , qu'elles sont vivilanîes, qu'elles produisent la sainteté , parcequ'elles sont marquées du sceau dia. Jésus^Chriat. Les croix dn monde sont des crbix d'esdaves, qui accablent ceux qui les portent : mais les votifs vons porteront autant que vous les porterez. Youi paveis déjà bien épfqpvé» nni cbèreSœnr/et vofbs w rendez un témoignage bien authentique, par la profession de^ros vœux. Le passé vous répond de l'avenir, et vous verrez si la société des crdSx de votre^dorable époux n'attiré pas nécessairement après soi celle de ses ^insolations. Nous en faut-il un antre garant que saint Paul? Scientes.f quod ricut Êocn paâsionum esiis, sic eritis e$ consolaitords (â. Cor. , -t ) : Sachez, mes Frères , disoit ce grand apAtre, et soye2 Inrtement persuadés que vous aurez part aux consolations de Jésus*Christ , selon que vous aurez eu part à ses souffrances. A qui'parloit-il ? à des chrétiens dfj^ la primitiv^ÉgUse, c'est-à-dire i des hommes parfaits, qui faisoient^ïors dans le christianisme , par une loi commnnfn ce que font maintenant les religieux par une obligation particulière. De sorte», i|a«Bère Sœur, qu'au moment ou vons allez ratifier votre aAKance avec Dieu , vous vous trouverez pourvue de tous ses trésors ,. de ses grâces, de ses bénédictions,. de sa paix et de ses douceurs intérieures, et qu'il vous dira par avance ce qu'il doit vous dire en vous recevant un jour dans son royaume : Entrez dans la joie de v<^è;S^gneur : Intra ingaudium Domtm lui (M ATTH., 25).
Chrétiens qui m'écoutez , et qui êtes témoins de cette cérémonie , voilà «in modèle que Dieu vous met aujoi^'hui devant les yeux. Si vous avez l'esprit et le zèle de votre religion , voilà l'objet d'une émulation sainte que Dieu vous propose, et dont ffvûns demandera compte un jour. L'exemple de cette jeune vierge qui quitte le monde , sa fidélité à suivm la vocation de Dieu , la ferveur avec laquelle eHe va faire le sacrifice de sa personne, la constance inébranlable de son aine dans l'action la plus héroïque et la plus importante de la vie, sa jom dans le mépris qu'elle fait de tous les avantages du siècle; voilà ce qui confondra vos lâchetés, voilàceqai condamnera vos attachements criminels aux biens de la- terre, voilà ce qui réfut^a tous les prétex-*
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tes que vous pourriez alléguer pour justifier vos délicatesses et votre impénitence , voilà ce que Dieu vous représentera tiiou plutôf; ce qu'il vous opposera dans le jugement dernier , pour vous dliliger à prononcer vous-mêmes Tarrétde votre condamnation. Vous trouvez lout difficile dans l'accomplissement des préceptes et. de la loi de Dieu ; et cette jeune vierge , ayant trouvé le joug des préeeptes et de la lot de Dieu trop lé^er pour elle, y ajoute tout ce qu il y a de plus/igoureu et de plus sévère dans les conseils évaqgéliques. Vous ne pouvez vous résoudre à rompre les comnierces dangereux où le monde vous engage; et elle a la force et le courage de se séparer du monde p«ur jasijfisf Vous disputez les années entières pour renoncer i ^es choses que votre seule raison vous dit être criminelles ; et e^e rçnonoe sans délibérer aux choses même hi plus innocentes » les' plus'légitimes et les plus permises , dont elle veut bien se priver pouf Jésut^CIrisc.^ous ne vous surmontez en rien, et elle triompha d*^Ile-méme en tout. Vous ne donnez rien i Dieu, ft elle se sacrÛe elle-même. En faudiral-il davantage pour conclure conire\oBs ? * ^
Ah ! Chrétiens , permettez-moi de faire ici une réflfexion r die çst iînportante pour l'éc^fiçation de Vos âmes , et vous conviendrez avesmoi dé la vérité qu'elle contient. iToij^ faites quelqii^is des comparaisons de votre état avec Fétat religienx^^et, par de vains 1»ai-' sonnements qn^ ll^sprit du siècle vous jpggère selon les vues différentes, pour ne pas dire selon les caprices avfc lesqucfls vous en jugez, tantôt vous désespérez de votre état , tantôt vous en présumez avec excès^ tantôt vous égjilez la profession simple du christiamsnie à la profesimn religieuse, tantôt vous concevez la vie religieuse comçie impraticabhe et au-dessus des foraeS* deja nature ; tantôt vous dites qu'il est iîffpbss|ble d^e se sauver dans le monde, et tantôt vous prétendez qu'i(^y a autant et peut-être plus de ^lide veHu dans le mond4 que dans la^religidA. Ainû , prenant toujooiîi les choses dans Tune ou dans l'autre Wes deiîx extrémités , vous ne tenez jamais ce juste milieu en qu0i»€onsisté votre perfection, et vous i# remplissez jamais la mesure de cette grâce ^ui do|( faire la sainteté de votre état. Si cette émulatioS d'état procédbit d'un esprit sincère, d'un esprit humble , d'un esprit fervent et qui cherche Dieu , elle «j^^duiroit des fruits de christianisme qui parotiroient dans la conduire de votre vie; et c'est ce que vouloit le grand Apôtre , quand il recommaniioit aux premiers fiâifes d^^ptrer toujours à ce qu'il y a de plus excellent dans les dons de Dieu : .Xmulamni autèm charismata meliora (1. Cor,^ 13)* Hais parceque cette émulation ne procède bien souvent que d'un esprit vain, que d'un esprit de contention, que d'un esprit d'amour-propre pour tout ce qui nous touque, et de chagrin ou d'aliénation pour tout ce qui n'a pas de rapport a nous, de là vient qu'elle se réduit àdes paroles et à des contestations^ inutiles, qui, bien loin de vous édifier, corrompent dans vous le vrai zèle de votre santification.
S0D $UR L' ALLIANCE, etc.
Qaoi qu'il en soit , Chrétiens , il ne s'agit pas ici de mesarer ni de comparer les avsftitages de nos états. De quelque manière que Dieu ait disposé les choses, et votre état et l'état religieux sont les ouvrages dé sa providence , et il a eu dans Tun et dans l'autre ses desseins. Il a 9i}sdté l'état religieux pour conserver dans son Église l'esprit et Tidëe de ce premier christianisme que le paganisme même a admiré; et k teut. que le vôtre subsiste comme un moyen de salut proportionné i ][otre fittblesié. Quelque différence qu'il y ait entre Tun et l'autre , (team vérités sept certaines : la première, pour vous consolei^, et la seconde pour vous Alice trembler. Car ce qui doit vous consoler, c'est que vont pouvez être dans votre état aussi parfaits que les religieux : oui , vous pouvez étf)p pauvres d'affection » aii milieu même de l'abondànèe et des richesses; vofis pouvez être chastes et continents, parmi 1» corrùptton'clû sièejç oii vous vivez; vous pouvez être fidèles et soumis à ht loi de Dieu , malgré le l^ertinage qui vous environne. Ndh §jenfement vous le pouvez , toais, ce qui doit vous faire trembler» c'est que vous ^ êtes indispepsablement obUgés. Ah! Chrétiens ^ traiy)lez«y comme à l'affaire essentielle de votre vie. C'est de quoi ]• vous cc^jure ; car Dieu p'a^onné du zèle pour votre saHit, et je puis vous dire, aussi bien qu'à cette ame religieuse , cç que saint Paul disait aux Corinthiens": jEmular enim voi Dei œrm/Uatione. Despondi entm vos uni viro virginem êostarà exbïbere Chnsto (2» Cûr., ii) : Je sms dans moi un zèle de Dieu pour vous ; et^ animé de ce zèle , je voudrois vous présenter tous à J^us-Christ comme une vierge pure et sans tache , digne de ses grâces en cette vie, et d^ sa H^ire dans rétèrnité bienheureuse » où non^ conduise » etc.
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