SUR L'OBÉISSANCE RELIGIEUSE. BSS
roracleet la menace daSainuEsprit, malheurà quiconqaefaitnégUgeindooent rœuvretlu Seigneur : Maledictus qui facit opus Dei negligenter ^JereMm 48). Quel est donc le vrai dbéissant 7 dit saint Bernand. Gelai qai ne balance jan^ais , qui neréphque jamais, qui ne demeure jamais» qui ne oonnoit point de lendemain , quand il peut, satii^faire dans le jour présent ; qui n'attend pas même qu'on lui commande , mais prévient le oommandement aussitôt qu'il Ta entrevu, et court au- «devant ; enfin , qui , par une vigilance continuelle , et transporté •d'une. sainte ardeur, a toujours les yeux ouverts pour considérer, toujours les oreilles attentives pour .écouter, toujours les pieds levés pour marcher , toujours les mains préparées pour travailler au gré des supérieurs qui le gouvernent , et qui peuvent disposer de lui comme il leur platt. Qu^e faut-il pour lui faire tout quitter, et pour rappeler ? Le son de la ck)che, et le premier son, rien davantage. Ce son de la cloche, c'est pour lui h voix de Dieu : l'a-t-il eutendue, il y répond dans le moment , et il la suit , Ut audivit , mrgit eild , et jvemt ( JoAN., 4i ) : ce son de la cloche, c'est le signal qui lui annonce :Ia venue de ce grand mattre auprès de qui il doit se ranger; il part •dans l'instant , et lui va rendre ses devoirs : Hoc stgnum thagni RegU est , eamus ( Offic, Epiph. ). Obéit-on autrement dans le monde , et •surtout obéit-on autrement dans les cours des princes? qu^ils aient prononcé une parole , cela suffit, on use de touUB la diligence possible, et l'on s'en fait un mérite ; on s'empresse , on se précipite , on vole. Or ne seroit-if pas bien honteux pour nous , mes chères Sœurs» de servir notre Dieu avec moins de. zèle? ne ^eroit-ce pas le désho« norer lui-même?. et comment pourroit-il agréer une obéissanccque les mattres de la terre ne compteroient pour rien, et dont souvent ils >se iiendroient offensés ?
Obéissance universelle et sans bornes, c'est*à-dire obéissance qui -s'étende à tout, soit grandes, soit petites choses., sojt faciles, soit difficiles, soit commodes, soit Ineommodes, soit. praticables, et soit en quelque manière impraticables. Car ie même motif de la vôloaXé de Dieu intimée et déclarée par Torgane du-sii^périeiu*, cette utômerat-. son se trouve partout; aussi bien, seloii la belle .réflexîijp d'un des;> plus savants et des plus'sbiitts directeurs des amBs religieuses, aussi bien lorsqu'il fatt repojser, que lorsqu'il faut velUer ; aussi bien, lors-; qu'il faut parler, que lorsqu'il' faut se taire ; aussi bien lorsqu'il faut; oesser , que lorsqu'il fisut commencer ; aussi.bien lorsqu'il. faut (joindre quelque relâche et se récréer , que. lorsq v*îl ^ question de subir, «me péniience et de se mortifier. Tout cela, di^^jo/ marqué dii niéme: sceau, est également du ressort de ^obéissance ; et vouloir y faire le. ffloindreTetii andiement , vouloir user sur. tout cela de restrictiotts^ d'exceptions, d'inierprétaiiûns,.c*est enti*epreRdre sur les droits de JDfieu,.. c'est a'atlirer. sa hame et s'exposer à ses châtiments , ainsi £|u*il s'en .^t expjiqiié Itii^méme » quand M nous défend de ri^n d^rà^
S&i SUR LQB£l8SAfICK REUGIfiUSS.
bcr dn saœriBee qai loi doit Aire otfen tout entier et stti tismt : CMta Ae^Mt ropmëm m ^(UoeaiMo ( Isai., 61 )« llbU <se«qtte jera* trinche n'est rien en ei¥et. Non > â vous le Toules, ce ii'e^t rien , à k rJUfarder en lai-mteie et dans sa substance ; nuiia ^ dès qiis vous k Ofinsidérerez eomme fusant partie de ki loi qui voup est imposée» oonme enfemé dans la règle que Dieu kous a tracée » comaie nuK tière et sujet de l'obéissance que vous avez vosée , oa rien vous deviendra respectable et sacré, et voua vous efforoerea de mériter ïiiogû et la récompense de ee bea serviteiir de rÉvangiie, à quik matti^e dira : Pareeqae vous avez été fidèle dana lea plus Isgèrei occasions , et que yous n'àvea pas négligé an seul point de tout ee qié vous étoit marqué , entreiE dans la joie da Seigneur : Qim tuperptuea; fwU fide&ê, intra in ginukwn Damm lui (Miirrn.» 35). liais oeite suite de menues observanoes, qui se succèdent perpétueUem^Btlesi unes aui autres , est bieu gênante et d'un§ sujétion bien importonev 11 est vrai , et c'est justement en cela qu'est le mérite^: voilà le joug. Prenea chaque article en particulier» vous n'y trouverais nulle peioe; il n'y a que cet assemblage, que cette toialité qui coûte; et aulaot que vous diminuerez de ce poids , autant devea-vous perdre du prix de votre obéissance. Mais ce qu'on exigcde moi m'est insupportable, je ne le puis soutenir. Hé I mes chères Soeurs , nous secmues^aoss donués à Dieu pour ne rien soufirir, pour ne noua faire nulle vio< lence , pour ne voir en aucune rencontre nos îuclinations oombattoes et contredites? avons^nous pronais une obétssapôe dont nous n'eus-' sions jamais à sentir h( pesanteuc, et qui ne demandât de aens nst effort ? Quelques difficultés que nous ayons k vaincre daos l'obéisaance religieuse , y en a-^t-il qiii égalent celles qu'on surmonte tons les jours dans l'obéissance militaire? Quoi ! pour une couronne eerrup* tible , pour une gloire mondaine , des gens obétasent jusqu'à reffusion de leur sang» jusqu'au péril de leur vie! que leur exemple tu «m»os BOUS instruise , et souvenons-nous à qui nous devpns obéir el pourquoi BOUS devons obéir ; que e'est à Dieu que noua devons œtte sounûssioai que le fnuit de cette soun^ission doit être uoe oouronné immorlelle: du momen^pe nous aurons compris ces deux vérités » il n'y aura ptns rien qui nous arrête ; car c'est ainsi que tout devient possible à rhoimme obéisaaBtVJBc iUi tfuidemut eorrufiiibilerd cor^nam aed' pkmt , noi mlem ine&r¥uptam ( 1 . Cor.^ 9 )•
OtiR^isaanoe indépendante' «de toute oonsidération buffl^Metsaos aeeeption de per^iBe. U m'explique : ki supérieurs qiii neuf isoadaiaeat peuveur être considérés en. deux manières, ou oanuEDe hùffof^ ou comme stpérienrs. En iant qu^hommes , ils peuvent avoir des qualités toutes différentes : Pun paît être pins prudent, et ydatre moins éclairé ; l'un plus insinuant, et l'autre moipa affable ; l'au plus sainte et l'autre moins pariait; Mais en ta&t que supérieurs, il^ (^ loua le même pouvoir et la même autorité, paroeqii'it» ooonpaat tM
SUR L'OBÉISSANCE RfiUGIEUSE. mt
la méoie phoe , qai est celle de Dieu. De ià je puis bien , a ae les en* visager que par lears qualités pepsonaelies, et lea comparant comme hoffiines , estimer l'un plus que Ta vire ; mais er n'est point là ce qne je dois avoir en vue quand il s'agfit de. leur obéir r je ne dois me les proposer alora que comme sapérieurs , ja ne dois avoir égard qn'à leur antof ité ; et puisque cette autorité est ea tous la même , je leur tlois par conséquent à tous le même respect et \\ même Obéissance. hègUe ad'mirabîe que nous donne le grand Ap<kre : obéisses à voa maîtres ; mais prenez gardé comment vous leur obéirez :' car, en.i^ur obâssant , vous ne devez pas les regiarder comme des hommes , et votre principale attention doit être» au contraire, de neebeidKr pas à leuf plaire , ni à leur obéir comme à des hommes , mais comme à Dieu , le souverain Sei{>neur que vous reconnoiràez dans eu«, et qu'ila Vous représentent : Non iicuthormMus placenta^ sed ut DomiHoser'' metueà {Ephes. , 6) . Suivant ce principe, à quels maîtres ie diristianisme cous oblige-t-il de rendre obéissance? Soîiveqt à des maîtres vicieux, impies, libertins; à des maîtres durs, crijels, impitoyables; à des maîtres sans probité, sans équité, sans lumières , sans talents : fussent-ils mille fois encore plus déréglés et plus imparfaits, saint Paui veut qu'avec l'œil de la foi no^s découvrions dans leurs personnes Jésna- Cbrist même, et que dans leurs personnes, quels qu'ils paissent être» nous obéissions à Jésus-Christ même. Voilà, si nous sommes ehréUens, notre devoir : Domino Christo êervke {Côloss.^ 5 ). Si dQue, à plus forte raison , je suis rdigieux , que m'importera qui j'obéis, et en quel «xaiqenai-]e droit là-dessus d'entrer? n'est-ce pas asfeez pour mot 4|u'un supérieur, qu'une supérieure ait parlé ; et que Pfts'ta-t^ii autte «hose que d'exécuter l'ordre qoe.|'m reçu, comme étant l'ordre du Seigneur ? Domino servientei, {Rom. , iS).
Telle doit être , nies très chères Sœurs, cette 4)béi86ance d'etéeu** tion ; teUe a éf é rôbéissanoe du divin Èpovx que vous avez choisi. H ne s'est pas contenté de vous feire des leQona sur une deq' vertus les plus nécessaires dans toutes les soâétés , il a voulu vous en ddanei^ rexemple, et, pour renverser tous les prétextes delà nature indocHe et ennemie de la gêne, pour lever tous les obstacles qu'dHe formeroit et qui pourroient étonner votre foiblesse, il a voulu, par son exemple» vous exciter et vous fortiRer. Car , sans autre motif, il doit me surara ici de vous mettre devant les yeux cet exemple d'un Homme*Diéu ; tout Dieu qu'il étoit; SI a obéi : et quél^ont été Tes caractères de cette ofiéissance de niion Sauveur? voilàcéqne jie me demande à moi-même, ou pour m'instruire et m'édillér , on ^hr me confondre et me cou» dàmûer : reprénôiis , et snivez-thoi.
' Obéis$aii({e la plus proimpte, Dès le moment de son incarnation, Il s'est fait pnta loi inviolable - d'açcom{iiff la volonté de son Père t loi ^rite pour lui à la tête du Nvre , c'çst-è-dife loi qu'il à observée €^ à laquelle ft s'est souérb cKs le premier ifi^nt de sa viomortcMe; sa
Sm SUR LOBÉlëSANGË RELIGIEUSE.
révélant de noire chair poHr obéir à la volonté de son Père , se chargeant de toutes no^ infirmités pour obéir à la volonté de son Père, s» faisant la victime de notre salut pour dbéir à la volonté de son Père : car c'est ainsi qu'U s'en est expliqué par son prophète : Incapite iiàrt Ècnplum eêt de me ut (acerem, Deus, voluntatem iuarn (P$sdm. 38). Obéissance la plus universelle et la plus complète. Comme il étoit venu , non pour déi ruire la loi, mais pour rétabiir » avec quelle exactitude ne Tart-il pas gardéef en a-t-il omis une lettre? Iota unum non jfrœtmbH à lege (Matth., 5). Hais encore quelle éloit à son égard cette loi qu!ii à remplie dans toute son étendue? à quoi Teogageoit-eUe , et jusqu'à quel point s'est-il fait obéissant? Ah! mes chères iSœurs, plaignoisnou9 delà rigueur de nos observances, et prévalons-novs de dispenser imaginaires et prétendues» lorsque nous voyops notre Dieu obéir jonques à prendre la forme d'un esdave, obéir jusqu'à la mort de h croix:: Foetus obediens toque. ad mortem, mortem autem crucis (PhiUp,^ 2)*. Enfin, obéissance sans jiistinction des personnes» et sans attention ài leurs bonnes ou à leurs mauvaises qualités » à leurs perfections ou à knrs déiiiitSy à leurs vertus ou àjeurs vices. Il s'est soumis à Marie toute sainte» et il s'est soumis àHérode» le plus impie et le plus barbare des hommes; il s'est .soumis ^Joseph» simple artisan, mais du reste plein de religion et de mérites ; il s'^est soumis à Auguste, empertur de Rome, mais idolâtre et païen ; que di$-je? n a-t;il*pas obéi aiix juges qui le condamnoient ^ aux soldats qui loutrageoient, aux bourreaux qui le crùcifioient? Quel ibodèle jpôur nous, mes chères Sœurs! étudions-le, méditons-le souvent, et, par une ntile comparaison , appreilons ce que nous devons faire ^ et humilions-nous de se l'avoir pas encore assez fait jusqu'à présent.
Grâce à la Providence, qui veille spécialement sur cette maison^ je sais que la règle y est en vigueur, et quel'obéissance s'y maintient. Je.sais qu'il ne s'y trouve point de ces âmes inflexibles qu'on ne peut plier, et qui n'ont de l'état religieux que la clôture et que l'habit. Je le sa^, et vous ne pouvez trop bénir le ciel de- n'avoir point au milieu de vous do ces scandales qui causent tant de désordres dans les corn* munaut^; esprits intraitables, que des supérieurs soni quelquefois obligés d'abandonner à eux-mêmes , parcequ'ils ne peuvent rien oV tenir d'eux, ni les réduire à rien. Non, mes chères Sœurs, vous n'avez point de tels objets devant les yeux > et , si je lose dire , vous n êtes point infectées de cette contagion* Mais apirès tout , daps les maisons ihémes où se conserve toujours un certain fonds de régulariiei.L'obéissance, en ouille occasion^ éren 9i)lle;sujets particuliers, ne laisse pas de recevoir bien des atteintes. On ebéit, mais lejttement : de tout œ qu'on fait et qu'on doit faire» on ne faix rien dans le teniijps précis» oo ne fait rien qu à l'extréoiité , on np fait rien que lorsqu'il n'y a pliu à recaler ni à remettre. Une fitle est |a dernière à tout ; et si Ton vouk>i( K CQAfocwer à ses heures^, Il foudroit chaJNP^r toiîte la (fisciplioe
SDR. L'OfiÉlfiSANCE HëUGIEUSE. ttffiT
îllse » «I ea fornler une Beuvelle : ettcen ne s y readroit^le pas piiM as8i4ue et pllis diligente; et c'etf assez qa'ane dicme soil dé la règle et du devoir de l'obéi^Bce rpeur qu'elle y apporte des relar- «déments infinis, et qu'elle difGàre tonjoura à s'en aoqnkter. On obéit^ asàs imparfaitement; on ne fait qn'à demi ce qui est preaerit. On veut bien s'assujettir à telle et à telle pratique « nuûs on néftlige cette autre, |Mirceqn elle pareit trop légère, et qu'elle n'est bonne, dit-on, ^e pour dee comniençantes et piÈ^ur des novicâi. On veut bien accepter îel et tel emploi, où Ton n'est pasTdestiné; et cet autre où l'obëissattce nous, destine ,*c'est justement celui dont on s^excuse, par ceqn'on prëtend qu'il est trop pénible et. trop fatif^ant : parecqu'on se persuade que la jBanté y seia intéres.sëe} et qu'on n*eq pourra soutenir le travail ; parcèqii'on se figura, chacun selon son idée, mille causes de reftas qu'on est éloquent à exagérer et à faire voir. De là tant d'aUées e» de venues, tant de reinonirancea'à une supérieure, qui se voit «niSn comme obligée de* se rendrct €lt de cédera Timportunité délies longues et ennuyeuses représentations^ On obât, mais pourquoi ? C'est qu'on estime cette supérieure, c*^st qu'on lui est plns^élroitément autiebée,c'Àt qu'on lui trouve*un air et des maàières qui la font goûter davantage, et qui plaisant; c'est qu'dle a des dispositions* natnjpelles, une habileté, une sagesse, -des talents qui préviennent en sa laveur, et qui lui attirent la CQnfianee. Une autre n'e$t pas ^pourvue fJes BBémes dons , et Ton ne .découvre dans elle qu'un mérite très borné; on k mépri&e intériefijremçnt, et èe mépris €|e la personne porte au mépris de ses ordres : comme si e'éloit aux perMnnes qu'on doit obéir, et non pas à Dieu d^s les personnel^, de quelques vertus qu'elles soient douées, ou quelques défonts qu'on y puisse remarqiier. Obéissons, mes chères Sœurs, maii obéissons religieusement, c'està-dire obéissons pour Dieu et en vue de Dieu. Dès que vous aurez cette vue'de Dieu, il vous sera inOifféroii d'obéir à.celle;'Ci où.a cellelà ; et dé méiûe qu'eii matière de foi nous ne devons être précisément^ ni à Pierre, ni à Pauil, mais à Jéàus-Ghrist, aip^i, en matière d'obiiis- Sfince, vous.nç ferea^ niul discernement xks supérieures; vons les écouterez toutes avec la néme docilité; Vousexécutepetcé qu'elles vous ordonneront avec la méoîe exactitude; et, sans vous contenter de Fok béissw^ d'aciîpn , vous y sjouieriez l'obéissance de volonté, dont, j'ai à vous eùtretenir dans la seconde partie.