SUR LE RENOUVELLEMENT DES VŒUX
que vous» je n'aspire qu'à vous » je né soupire qu'après vous ; et si je souhaitois quelque chose hors de vous» ce n'est que pour avoir dans ce renouvellement de mes vœux une nouvelle offrande à vous présenter, et pour vous donna* une preuve plus coiivaincante et plus éciataote que je ne veux rien quç yous.
IV. 11 n'est pas besoin , mes cl^èfes Sœurs , que vous présentiez rien à Dieu de nouveau^ C*ést assez que vous renouveliez dignement le sacrifice que vous lui avez déjà fait : or- pouyez-yous éire mieux disposées que vous ne l'êtes à ce saint renouvellement? Dernière pensée par où je finis , et qui doit être pour vous d'une grande consolatioifi. Car si vous venez ici renouveler votre prepiîer.dévoùemept à DiéUy c'est après vous y être préparées par la retraite, où vous vous êtes éprouvées. vousHnémes, où Dieu vous a parlé au cœur,' où il vous a fait connottre ce qull voulpit de vous, où- vous avez pris avec lui toutes les mesures pour entrer dans une vie encore plus religieuse et plus exemplaire^ Je ne vous dirai donc point ce que Samuel disoit aux Israélites , quand ii les exhortôit à se mettre en état d'obéir au Seigneur, et de ne servir que lui seul : Prœparate corVa vestra Bo' mino, et serviteiili soli (1. Reg,^ 7\; car il n'y en a pas une de vous qui nesoitdéja dans cette préparation, et qui ne puisse s écrier comme David: Paràtum cor meum , Dcus ; paratum cor meum {Psalm. SQ), Mon cœur est prêt, Seigneur; mon cœur est pfêt. Voilà à .quoi vous vous êtes appliquées dans les exercices dé la solitude. Mais je diç plus : Si vous vçnez ici renouveler Votre premier dévouement à Dieu , c'est après vous être purifiée^par une i:e vue générale de toutes \os actions et de toute votre conduite, par'uoe confession exacte, par une déclaration sincère et douloureuse des plus légères fautes qui ent pu échapper à votre fragilité ; et cela dans lé dessein que vous avez eu de ne vous offrir à Jésus-Christ que comme des "hosties piires et sans lâche. Je ne vous dirai donc point ce que Dieu, datis le Lévitique, disoit à son peuple: Sancûficamini, etestote sancti {Levit.^W) : Sanctifie2-vous , ne spiiffrez rien dans vos âmes qui en puisse pétrir la pureté. Car je voiis trouve déjà toutes sanctifiées , et c'est à quoi vous avez pourvu par l'amertume de vos regrets, par Tabondance de vos larmes, par les austérités de la pénitelnce'.
J'ajoute encore, mes chères *Sœur$ , que si vous renouvelez ici votre premier dévouement à Dieu , ce n'est point en secret, mais dans ane cérémonie publique, et aussi solennelle qu'elle le peut .être parmi tous; mais à la fet^ des autels dn Dteu vivant, mais au milieu du plus redoutable mystère de notre religion. Or toutes ces crrconsiances cmt je ne sais quoi d'auguste et de vënéfablé qui doit encore plus animer votre foi , recueillir vosj esprits, toucher. vos cœurs. Dans tous les aut^ jbvrs de l'année , vous pouvez saintement et utilement renouveler vos vœux à pieu, et par-là. vous renouveler vous-mêmes ; 'car la nâaximedu grand Apôtre est universelle, et n'a point de temps
SâO SUR L'OBÉISSANCE RELIGIEUSE.
limité: Henovamini spiritu mentU vesirœ (Ephes.^A). Mats aujourv d'huî, c'est ie temps fovorable et privilégié; c'est le jour spécialement destiné à cherc)ier Iq Seigneur et à le trouver : Ecee nunç tempus acceptabilej ecce num dits salutis (2. Cor,^ 6). Vous voilà toutes assemblées et toutes réunies. L'exemple de i'une^ soutient rantfe^ le zèle de l'une se communique à Taiitre, là prière de l'une seconde la prière ^de l'autre : de tous les cœurs^ il ne s'en fait qu'une; et que ne peut point auprès de Dieu ce concours unanime d\me communauté jsi nombt*Quse et si religieuse ?
Approchez donc, mes chèreS' Sœurs, approchez du trône delà grâce de votre Dieu : Adeamus ergo ad ifironuin gratta {Hebir.y 4). Car voici \e trône de sa grâce : c'est l'adorable Eucharistie, où luimême , auteur de la grâce , et grâce substantielle et incarnée , réside personnellement. Appfochez-en avec toute la confiance et tout Tamour
3ui conviennent à ses chastes épouses ^ puisqu'il n*est ici que pour se onner à vous, après que vous aurez renouvelé le sacrifice et Thonh» ma^e qu'il v.^ recevoir de vous. Approchez , et vous serez éclairées , et vous serez de plus en plus sanctifiées.' Ce Dieu de gloire vous rem* plii a de s^:s lumières , et ce Saint des saints vous fera part de sa sainteté. Approchez, mais ne venez pas les mains vides : V&veieet red(Hu Deo veatro, omnes qui in circuiiu ejus affertu munera (Psa/nt* 7S). Offrez-hii tos vœux, vous toutes-qui êtes autour de lui, et qui envi« Tonnez sqn sancljuaive pour y apporter vos présents. Il n'en vent point d'autres que vous-mêmes. Présentez*vou6 à lui dans le même esprit que Marie , la reine des vieirges, lorsqu'elle fif à Dieu la pretnière ôblation de sa peï^onne. C'est votre mère : s(dressez-yous i celte mère s! miséricordieuse et si teûdrè.Demapdez-lui' qu'elle vous présenté ette-m.ême, comme ses enfants et une des plus chères portions de son troupeau. Refusera- i- elle de s^employer en votre fiiyeur? et p^r combien de titres est-etfe. engagée ^ vous accorder isa médiation? Son nojnque vous portez, ce nom qui vous honore et que vous honorez, l'importance du sujet pourquoi vous la réclamerez,' tout l'intéressera à vous écouter. Elle agira, elle parlera pour vous; et, selon le terme de TÉvangiie, elle vous confessera hautement devant son Fils, i i^s trésors du <del vous i>eront ouvçrts , et toute cette maison sera comblée des plus abondantes bénédictioiis. Ainsi soit-il.
EXHORTATION
C'étoit une rèj^lé générale que prescrîvpit TApôtre ^ tous les MMês, d'obéir aux puissances, et de se soumettre sans distinction à tôhtè per«
SUR LOBlUSSANGli; AEUGiËUSli* m
scttte établie de Dieu pour la oonduile et le gouvernemenlMujiieiide*
Mata oeite règle oommufie eat pour noua » mes dièrea $ôNm i m ^
Ycir par lieulier à Tëgard de oea aupérieara doai bous r^eemipiifiMl
l'aulorilé légitime, et à qui noua npva aoBiuun «mijettia |»p an iifp%
MtbeDliqoe et aetennel. De tous lea Vœiix qui ppiiaeBgtgent à la mU*i
' gio« » c*e9t aaaa doute le plua parfait ; et il eu est ^ es quelque nwiîèi^,^
4m robâssance par rapport à la pauvreté el à la ehaatcié reHgieim,
Qoepune il eu eat, aelon aaint Pad , delà oharitë par ran^rt à la foi
nt à reapéranoa. La charité eat aû^leiiua de caa deu< vertua, if$oif
qu'ellea la préoèdeat ; Major «tiiam Aomm mi cAortloa (L.Con.» iS) )
et malgré toua lea avauuges de oette pauvreté ëvaogdliqu» que lé
Fila de Dieu a béatifiée , malgré toutea lea prérogativea de «^
ehaateté qui reud rhoouue semblable aux aageB , il faut ooBvaBÎrqiie
l'obéitaaoee est une vertu souveraine i el qu'elle tient daaa l'ealime'de'
Dieu le premier rang. Il est doue d'une coÉsà|tteiicé infinie que ^ow
apppenîex à la pratiquer; et, pour vous traeer en trois nota mit lar
plan de cet entretien , je m'arrête à Tobserva^n de saint Bernard;
car il y a , remarque cet incomparable mattrede laaaîntelé minis<«
tique et réguUàre, troia degrés, ou, pour parler pli^joatei ^oi*'
espèoes d'obéissance : robéissanoe de raôtioa , rebéissaSc^de la fO«
kmté, et robéissance du jugement. .Obéissance de Taetion / qui nt>us*
Cait exécuter ce qui noua «st ordonné ; obéissaflce, de la velevtéV^
qui noua fait conformer notre- volonté à ce ^ui noiis eat ordcàHié ;
obéiasanoa dii.Jugement , qui nous fait approuver ce qui lioua est or*.
donné. Trois sortes d'obéissance eu le religieux saerifie lo«t à lu lbia«
h Dieu s^ea œuvres , soncœur , son esprit. Par f obéitoance de Paetieu^
il lui aacrifie ses œuvres ; parj'obébsânoe delà voloiité , il luIsacrMe
aon eœur; et par robéissance^u jugoment< il lui jaeriie aea esprit i
Voîili 9 mea dières Sœurs, ce que Dieu aittëad'de lîoos , et à quel je
vieua aujourd'hui vous eihorier.
raBKIÈRE PARTIB.
De tous leâ d^réa d'obéissanoe , le premier et tout ensemUe le dernier e^t ce que j'appelle^ après ^int Bernard , Febéissinoe de l'action. C'est le premier degrés puisque c'qit pâr4è que li^ religieuit doit commencer, jet qu'il ne peut être obéissant et soumis , s*il n'4K<t> oomplit, autant qa'il lui est possible et aekm qu'îMui est pOta^riè^fa*dre de son supérieur. Maia# da.ns un aut(e sens, c'est le deajakk* degrés je veux dire le moiiia parfait , puisque cette action , œue miëouciou'* psure et simple n est eùcore-propremem que le eorpa defatehiiauffe» et qu'il y a, comme uoua.l'eiLptiqueMDa flimà la suite, mv.uippît qui* doit ranimer el la mifier.
Que» qtt'il en suit , meachèrea Soeurs , ceti» pwmifere ebéisntuiaiast ' abaûiunieul néeuMuire ei duuè oUigatiou indiapeiKaUe :. eeuÉaM»! calft ? Voua yeniesriea^ ea uie.asmblfv aa«n< Ciar. je aaia faie»^ éa^ie
â»2 SUR L'OBÉISSANCE RELIGIEUSE.
ooiiTfeiifi âvee ^ou8, qu'antécëdemHient à l'état que vous, avez «m- Imssë^ ce» r^les , ces obiervances , ces volootés d'antrai à qooi vous 4M lolaiteB^ 'n'ëtoieM point des devoirs pour vous. Je sais de plus, et je miOBiiois à votre gloire , on plutôt à la gloire de Dieu qui vous a infidrées et appelées^ qlie si v^us vovs êtes assujetties à ce jong de fdbéistaiice reUgieme, c'est de vousonémes et avec une pleine 11beshié Mais anssi vous n*igoorez pas qu'en conséquence du choix que ▼ousavee fiût, qu'an conséquence du vœu que vousi avez prononcé, ce qm vous étôit libre vous est devenu d'une nécessité rigoureuse; que Vous atez renoncé à tout droit sur vos persopnes^ et sur votre godduite{.qiis vous l'avez cédé* déposé aitre les mains des ministres de l'ËgKse , qui , soieonellement et à la face des autels , au nom de Dieu d m nom de la religion , ont reçu votre sacrifice. D'où il s'ensuit goe véHsU'étes plus à vous » mais au saint ordre oii vous vous étesidé-^ mondes, Non esliêvMri (1. Cor., 6); que vous êtes liées par votre proiifesaiœi encore pins particulièrement et plus étroitement que ne i-jeat le iteste des chrétiens par les promesses du baptême, Projm pnpfe^wne tenaru (BEaiif.y; en un oiot, que vous êtes dépendantes: or dép^ndff^ c'est, selon la plus claire notion et la plus évidente, être Xwm. é'oDéjr; et qu'est-ce qu'obéir, si ce n'est pas faire ce qui est légiiimement ordonné ? Donc^ obéissance- de l'action , obéissaDoe SI essentielle qu'il y va du saliit, qu'il y va d'une éternelle damnation» de que je dis « mf& chères Sœurs^ et ces expressions dont je me aeps y quelque fortes qu'elles soient , ne vous étonneront point dans la préparation de eeéur où vous vous trouvez , et dans la disposition où jçjie pujsdouter que vous ne vous soyez toujours maintenues , d'eiédUerè la lettre tout ce qui vous'estprejsj^it, <dtde vous y conformer par Ja pratiqa^ ia plus exacte et la pl^s fidèle.
.Mais vous alieaplusloin /et vous voulez savoirquelles sontles qualités de cette obéissance , qui consiste précîsemenit à pratiquer et à faire. Car est-ce assez d'agir? Je prétends que ce doit être une obéissance prompte et sans retardement', universelle et sans bornes, indépendante de toute çon^dération humaine , et sans acception de personne. Àppliquiez-vou3 à toutes ces circonstances^ Il n'y en a pa^une qui ne jren^rme une leçoi^ particulière, et qui ne soit comprise dans le point que je traite.
^ ObéissaiEiiee prompte et sans retardement.: pourquoi? Parcequet dès que iMain parle, ou parjui^^méme., ou{>ar la bouche de ses mi' nîiHiss qu'il a coostttoés en sa place, il n'y appoint à délibérer ni i^ dîffiéver s imiie lentenr adovs ne loi peut être qv'injurieuse , et il est (isf hffKenret de la graàMteurdu maître qui ordonne, d'être obéi sur Vheure , et de ne pas voir dans raccompitssemept de ses volontés le moindre délai. Et^oAc^et, Jiésiter d^obétr, tardera obéir, reniettNiè obw ». c'est fiiire.f oeuvre é» Dieu avec négl^nce ,. c'est aes'en aof iakter 4pie par unaaspèan de vioianGe et de coniraÎDle : .or, suivait