SERMON POUR LE VINGTIÈME DMANCHE APRÈS
LA PENTECOTE.
SUn LE ZÈLB POUR L^HOItNEUR DB LA RELIGION.
Credidii ipse, tl domu^ eju* iota. .
Il crot en Jésus-Cbrist , et toute sa maisoD criit comme lui. Sàuit jEâN, cbap. iy.
C'est d'un père de iamille que FÉvangile immjs produit aujourd'hui l'exemple-Touché du miracle que le Sauveur du monde venoit d'opérer eu sa faveur, et ayant embrassé la loi de cet Homme^Dieu, il la fAi encore embrasser a ses doiiiestiques, et ne croit pas pouvoir mieux employer son pouvoir qu'à lui soumettre toute sa mais<^ :' Credidkt ipse, et domus ejus tota. Ce n'est pas qu'il use de violence, ni que d'une autorité absolue il entraine des esprits rebelles, et arrache d'eux, pour ainsi parler, une foi contrainte et forcée. En matière de religion tout doit être libre et pleinement volontaire, et Dieu réprouveroit un culte où le cœur n'auroit point de part. Si donc cette heureuse famille s'attache désormais à Jésus-Christ et en suit fidèlement la doctrine, c'est qu'elle y est engagée par l'exemple de son chef, c'est q u'olie y Cdt animée par ses s Jges remontrances, c'est que le témoignage de ce nouveau chrétien est une instructioa pour elle qui l'éclairé, qui la convainc, et que de l'honueur qu'il rend à la foi, elle apprend ellemême à riionorer. Car ce fut là sans doute, mes chers auditeurs » lit
SUR I£ 2ÊLB, l:fc. \a
ff9iùd ffivwMB H ailériewe doÉtDieo se B^vit, tandî» qu il «gfah sifÂt iEtérieMrement dabs lésâmes» ei qu'il y répaodoit les rayons <fe sa lumière. Si ce nu^Ure n'eût pas cru» ou si» dissimniant sa foi, il n'eût pas eu l'assurance de s'en dédarer* tant de sujets soomis à son obéis» sanoe et témoins de sn conduite seroient demearës dams les ténèbres de l'infidélité : mais parœqu'il ne se contenta pas de croire » et qu'il paria selon sa créance» qu'il s'expliqua hautement» qu'il confessa Jésus-Christ de bouche et par c&uvres» sa conversion seule fut le principe de toutes les autres conversions : CredidU ipiCy adomm» qus UM. Or voilà le zèle que je voudrois allumer dans vos cœm^. Vmlà» Chrétiens» par ou je voudrois corriger mille scandales que nous causons à Botire religpkint et qui la déshonorait. Je vais vous fidre comprendre ma pensée; mais pour vous la bien développer J'ai besoin de Tassislanoa du Saint-Eqprit,; et je la demande par l'intercession de Marie : dison&-lui» A»e.
Nous avons tous une obligation indispensable, et naturelle d'honorer notre religion, comme nous en avons une d'honorer notre Dieu. Ces deux obligations sont fondées sur le même principe» et l'une est une suite nécessaire de l'autre. Dieu et la religion» dit saint Thomas , ne se peuvent séparer. Car Dieu est la fin dernière que nous cherchons» et la religion est le moyen qui nous lie à cette fin. Comme il est donc impossiUe d'aimer la fin sans aimer le moyen » aussi est-il impossible d'honorer Dieu sans honorer la religion. Voilà le plus noble zèle que nous puissions jamais concevoir» et celui de tous auquel nous sommes le plus étroitement engagés. C'est le plus excellent et le plus noble, parceque foire honneur à la religion» c'est le faire à Dieu même. Or quel avantage pour une créature» qu'elle soit capable de foire honneur à son Dieu ! C'est celui auquel nous sommes le plus étroitement engagés» parceque le premier de tous les devoirs» comme les païens mêmes l'ont reconnu, regarde la Divinité et la religion. L'amour de la patrie» la foi conjugale» la piéié des enfonls envers leurs pères» le lien des amitiés les plus intimes» tout cela est fort» et ce sontde grandes obligations : mais tout cela doit céder à l'obligation doat je parle ; et plutôt que d'y nuinquer» il faut être prêt de renoncer à tout le reste*
Qu'est-ce que notre religion ? C'est un précieux héritage que noua avons reçu de nos ancêtres , comme ils l'avoient eux-mêmes reçu de Dieu. C'est à nous de le conserver et de le maintenir avec honneup. Moïse, Josué elles autres conducteurs du peuple de Dieu» peuvoient tout sur lui quand ils Fintéressoient par cette ooasidératmn. Allons » disoient-ils» généreux Israélites » c'est pour le Dieu d'Abraham qu'il hat combattre ; c'est le Dieu d'Isaac et de Jacob qui vous commoinde de marcher ; c'est le Dieu de vos pères qui nous envoie pomr vous té^ moigner combien il se tient offensé de vos superstitions. A cette parole du Dieu de leurs pères» ils se sentoient cfmus» ils obéissutait sans ré-
9« SVR IMtÈVBy ÈëtL
jflfyfie/4$ biMept kmn idoteft, kû wmén ^MièlMM lIMMtèÉt $» pîêd, eiae prësentoieiit à l'eimeini. Quoi donc 1 deinaiMie «BdM ObrfnMtfim^yeBV^cB queDieu était pour eux quelque tiMe éë ftHê^ f^rcch quA «voit ëlëleDieu d'Abnaham; ou queleaf fM^km éfokplaé «ainte» purtcsqn'elle avok éos ôelle de leûre piree? !left, repcnid ee $aiot dQGteur ; mais•c^pelldant cette vue du Mtu de leurs pè»es rémlloit en euîL les ptns purs eeptimeuts de l^M M* 8e r^rdunt iKmipie Icfl silooesaem d'Abraham , d'Iàâac M de Jàeob , ib «voient Jbeote d'avoir dégée^é de lenr piété, et oe Md nottflear inspi-' j^oit le 3àle de eaa gpaiidt patriardhea , |e tettdiéelè rtledela vraie feUffana
Je ne mit» Gfarétieie, ai un Molae ^ id un Jesàd, f)êer prétendre le méine autorité aur tous s malt J'en ai une sMve éh tertd de non «ni* niilère, qui ne m'autorise pas meiea é vous ^vlè^ de-hi paift de Bien; et c'est 'par un mouvement particulier de son esprit qtileje "Vtens VOnsf solliciter pour les intérêts de votre religion et de la mienne , me promettant au reste bien plus de^voes, que jamais Hoitete A'6Ut âroH aattendfeda peuple juif. Car c^écoit un peupler grossie^ etiiicfédnle, un peuple insei|si)ileauxbieoiiuts dé Diea, en peuple léger et inconstant : et moi j'espère trouver en votts un peuple docile, qui sera touché des scandales dont la rdîgion de Jésus-Gbrist est déshonorée » et qui conspirera avtc moi pour les retrancher da royaume de Ken et de sotf Èfi^àe : Et coiHgent de regnoqus omnia scanéala {TÊkrrn.j 19). A ne s'agît ici que des scandales qui attaquent sf)écràlément h religion , et voici le dessein de ce disconps. Je suppose dent qifaTHés èssettilclles dont je vous ai déjà entretenus, et que nous recopnoissons , comme chrétiens, dans notre religion ; savoir , la vérité et la sainteté. La Vé^ rite de sa doctrine , et la sainteté de SS' morale. W <j[e U je tire deux oenaëquenees qei vent partager ce discours. Mbire religion est vraie; donc ne«s'deve«s tous l'honorer par h professièn de notre foi : c'est la première partie/ Noire religion est sainte; d6nc nous devons tous l'honorer par la pureté de noà me^irrs : c'est fa seconde partie. Voifà eè se rédiiit «e sèle dont j'ai entrepris de vbiis entretenir, et ce qui fie donnera lieU' de eombatfre bien des désordres,, que nous ne pouvons assez dé^er dans le christianlsnie. Donnee-mol votre ^ttSBlion.