‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 25 sur 72 · JOAN · texte numérisé non relu

JOAN

S'iln'e&t pas été plus ferme que nous, il eût bientôt démenti par up indigne ûience ce qq'il veucit d'affirmer par une juste confession. Car telle e£it tous les jours notre conduite. Le libertinage, tout mal fondé qu'il est, s'en tient néanmoins opiniâtrement à ses prindpes, et souvent les p^euye^les plus claires et les plus évidentes ne l'en peuvent détacher ; mois nous, en mille rencontres, quoique établis sur la parole de Dieu, nous cédons aux moindres difficultés et laissons triompher l'impiété. Ce n'est pas qn'on ne se déclare d'abord, et qu'on ne soutienne le parti de la religion; mais le libertin n'a qu à poursuivre, n aqu'às'é* lever, n'a qu'à s'expliquer d'un certain top, etavec cet ascendant que son aiidace lui inspire dès qu'il ne sent qu'une foible résistance , c'est as< sez pour décoacer|er tant de cbrétieos et pour les faire honteusement rouler. On ne veut pas contester, dit*on, ni tourner l'entreti^ dans une disputes mais pourquoi dpne conte^teraH-on jamais, et sur quoi jamais disput^ra-t-on ? Que daus ces derniers siècles de TÉglise, oç^mme dai^s les.pre^niers, la saiue doctrine se trouve combattue, selon l'expression de saint Paul , par des doctrioes étrangères et non* veiles, Ddatinis variis el peregrink {Hebr.^ 13); que des esprits inquiets et présomptueux débitent leurs opinions particulières et tra* Yaillent aies répandre; qu'à force d'intrigues et de menées secrètes » iU se faeseni un parti , et que ce parti commence à paroitre, à lever In tète f à parler et à dogmatiser» en faut-il davantage pour entraîner le» uns» ou du moins pour troubler les autres? Le seul caractère de BMveaiftté, qui par lui-même devroit donner nn légitime soupçon, puisqu'il est direotement opposé à cet esprit foe et ii^muable que la religion demande, cet attrait seul ne suffit-il pas pour engager des millions d'ianaes légères et ilteercaipesquî se laissent séduire, et à qui, en matière de foi comme en toute autre chose, le cbangen^ent plait? Jnconsinnee plus ordinaire au3$( personnes du s^e, qvi, moins capables dé raisonner, et voulant néanviiotna raisonner Sur tout^ sont beaucoup plus faciles à enduire dans l'erreur. Au lieu de suU vre la raison^ qu'elles ne ymnt pas etqti'ellea.croicyit voir, elles suivent mille fmoi préjugés où les wretiennent l'eKempie, la vanité ^ l'esprit de singalarité,^ y hypocrisie et la £aux édat àeh piété. Ce qu'il y a de plus étrasige, c'est que cette l^[èreté qui leur est si propre et sî eosuHune pour sortir de la bonne voie et pour se départir 4e la vraie créance,' dès qu'elles ont. une fois franchi le pas, et qu^eUes se sont préoœnpées , ou, pour mieux cfire, inlatnées de (eertaines pi éventions» se tottÉtoe, par un renversement bien déplorable^ dans l'obstination la plttsiilflexible, pour persister dans leur égaremenl etfKutr n'en re^ venir firesipieîamais. Un kfmvi^iismMUymié^mm^^^

et dont les paroles sont pour elles autant d'oracles ^ prévaudra dans leur estime à toutes lej pojssaoces de rj^lise 6t & toutes ses décisions. On ne va pas toujours jusque là , je le sais ; mais sans aller jusqu'à cet excès, on se trouble au moins, et l'on n'a qu'une foi chancelante. Parcequ*on entend parler diversement, parce, qu'on vmt les esprits divisés, et que celui-là , selon la prédiction du Sauveur du monde , soutient que le Christ est d'i^i côté, tandis que cdai-ci prétend au contraire quil.est de l'autre, on, demeure dans une dangereuse perplexité, sans règle et sans consistance. Car à quoi s'en tenir? dit-on. A quçh mo^ cher auditeur? à la foi de Jésus-Cbri$t. Hais où est la foi dorlésus^^ Christ? Là où lest Jésus-Christ même. Mais ou est-il? Là où est soo Église. Mais où est enfin cette Église de Jésus* Christ? Là où est de-; puis saint Pierre , vicaire de Jésus-Christ, par la plus invariable et 1% plus incontestable tradition , le siège apostolique et la chaire de Jésus- Christ. Au milieu des tempêtes et des orages , c'est sur œtle pierre fondamentale que vous devez vous réfugier , c'est à cette chaire que vous devez vous attacher, c'est dans cette Église que vous dev^z chercher la vérité dont elle est la ferme colonne , et c'est sur cette colonne que vous devez vous appuyer: Vous aurez des combats à soutenir : iea martyrs en ont bien soutenu d'autres , et en sont sortis victorieux. Leof plus rudes attaques ue serviront qu'à éprouver la constance de votre foi, et qu'à l'affermir. Celte constance de votre foi en augmentera la BMrîte; et, selon tovte l'étendue de son mérite, elle sera glorifiée el couronnée dans l'éternité bienheureuse , que je vous souhaite , etc.

FUI D£S nOMINICALES. .

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