DEUXIÈME PARTIE
Gomme Dieu est absolument et souverainement saint, parcequ'il est saint par lui-même, aussi l'Esprit de Dieu, par une propriété même personnelle , est-il appelé dans l'Écriture , non seulement l'Esprit saint, mais Esprit sanctificateur, c'est-à-dire source et principe de sainteté dans tous les sujets à qui il se communique. Ce n'est donc pas sans raison que le Sauveur du monde , sur le point de monter au ciel, et parlant du Saint-Esprit, qu'il devoit envoyer sur la terre, se servit d*une expression bien mystérieuse en apparence , quand il dit à ses disciples que ce divin Esprit leur tiendroit lieu d'un second baptême, et qu'au moment que ces promesses s'accompliroient en eux, ce qui devoit arriver peu de jours après, ils seroient baptisés par le Saint- Esprit : Vos autem baptixabimini Spiritu saneto, non post multos ho dks (Act., 1). Car l'effet propre du baptême est de purifier et de sanc- B. 5. 2S
3^ POPR LA FÈTP DE L4 f?ENTECIOTE.
tifier ; et le Sainr-Esprit ét^nt p^rticulièrepieal^ descendu poiir piirifier lc9 cœurs des honfm^s, quelque mystérieuse que paroisse cette exprèssjon, elle ne làissoU pa^ d'être, di^ns riateniion de Jësus-Cbrût > très patiifeUe. Hais ii est ii^ainfenant question d'en bien pénétrer le sens; et
Kuisque ce baptême du Sa^nt-Esprit j^ été généralement promis à tous is fidèles , ii s'agit, pour vous et pour moi, d'en reconnoitre Texcellence d'unç part, et de l'autre les obligatioiabs. Devn. points d'instrucitipn dont vous allez coipprendre la conséqiiepoe, et que je vous prie de n'oublier jamais.
U esf donp vrai q$ie le Saint-Esprit (descendant sur les apôtres foc comine un baptême folennel, dont chacun d'eux sentit l'impression salutaire ; et c'est ce qui a foit diyfi ^ jertullien que ces bienheureux disciple^ furent alors çomipe inondés de l'Esprit de Dieu : SpintuDH inuri4afo^ (T^tull.) ; parole epiphatiqne, mais qui dans le fond se réduit littéralement à la promesse du Sauveur : Foi aietem baptizalnimm Spmtt^ sancio; puisque dfips l'iisage des premiers siècles du ehristianisme oi^ baptisoit par immersipp , qui étoit une espèce d'inondation. Ôr qu'est-ce que d'être baptisé d|ins le Sain^*Esprit, sinon acquérir, en recevant |e Saint-Esprit, une pureté toute céleste et toute divine? Je sais, Chrétiens, que les apôtres, dès leur vocation à l'apostolat, ayoient été baptisés par f ési|S-Gbrist : et je sais que , pqr la vertu de ce pjTçnuer b^pt^^ne, il^ étoient déjà purs devant Dieu, selon le témoigqage de Jésus-Christ même ; Et vo$ mundi estis (Joan., 3). Mais aussi vous n'ignorez pas que ce premier baptême conféré aux apôtres avoit été le baptême de l'eau ; au lieu que le second, dont le Saint-Esprit, par son ineffable ^lission et par sa présence immédiate , leur imprima le caractère, fut, d'unefaçon toute particulière, le baptême du feu : différence que le saint Précurseur avoit annoncée , en parlant aux Juifs du Me§sie, et leur disant : Ipse vos baptizabit in Spiritu sancto^ et igni (Matth., 5) : C'est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et dans le fçu : différence qui se vérifia pleinement, lorsque le Saint-Esprit, en forme de langues de feu, se partagea et s'arrêta sur chacun des disciples : Et apparuerunt iUis dhpertitœ itngiUB tanquam igms, seditque supra singuloseorum (Act.y2). Pourquoi ce symbole du feu? Pour marquer, dit saint Chrysostome, que comme le feu a une vertu infiniment plus agissante, plus pénétrante et plus purififmte que l'eâu , aussi , par la venue du Saint-Esprit, les cœurs des hommes dévoient être purifiés d'une manière bien plus parfaite qu'ils ne l'^i voient été par le premier baptême de Jésus-Christ. En effet , après le baptême de Jésus^Christ , les apôtres , tout sanctifiés et tout régénérés qu'ils avoient été par ce sacrement , ne laissoient pas d'être encore très imparfaits. Selon le rapport que nous en fait l'Ilvangile, quoiquebaptisés par Jésus-Christ, ils étoiçnt encore ambitieux , intéressés, jaloux ; on voyoit encore parmi eux des dissensions, et ils toipboient dans deafoiblesses dont cette grâce, quoique
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sanetifiaBte , dn baptême du Fils de Dieu , ne les avoH pas entièreineiit préservés. Mais à peine ont-ils reçu le Saint-Esprit , qu'ils deviennent des hommes tom spirituels , des hommes détachés du monde , des hommes au-dessus de tout intérêt; des hommes, non seulement saints , mais d'une sainteté consommée ; des hommes pleins de Dieu et vides d'eux-mêmes; en un mot, des hommes parfiiiis et irrépréhensibles. Us nesontpbia, dit saint Ghrysostome, cet or delà terre» grossier et informe , tel que la terre le produit , mais cet or purifié et éprouvé , qui a passé par le feu : Igne examinatum , probaium terrœ , puryaium sejauptum {Ps. 11). Or te feu par où ils ont passé, c'est, ajottie saint PauH notre Dieu lui-même : non plus notre Dieu irrité, et fiiisant édater comme autrefois ie feu de sa colère sur les pécheurs, mais le Saii^Esprit répandant avec profusion ses dons et ses grâces, et consumant par le fen de son amour tout ce qu'il y a dans ses élus d'innpor et de terre^re : Deus enim'noster ignis conêumenê est ( Hebr. , iii). Youlez-vous savoir, Chrétiens , jusqu'à quel' degré de perfection et de pureté alla ce baptême de feu ? Ne vous scandalisez pas de ce que je vais dire , fwisqoe c'est une vérité des plus constantes de la Âm. Peut-être croyez- vous que ce baptême se termina , dans Jes apdtrès, à leur ôter certains restea de leurs premières attaches, ou au monde , ou à enx-mêmes : vous vous trompez ; j'ai quelque chose encore de plus important à vous déchfer : et quoi? le voici : car là perfection de ce baptême de feu alla jusque purifier leurs cœurs d*un certain genre (f attache qu'ils avoient eue et qu'ils conservoient pour JMsus-Christ. Oui , eeVLe attache trop humaine pour le Sauveur dn monde étoit dans la personne des apêtres un obstacle à la descente du Saint-Esprit ; et si Jésus-Christ , pour rompre cette attache , ne s'étoit séparé d'eux , jamais le Saint-Esprit ne leur eût été donné : Si enim non alnero, Paracletus non vemet ad vos (Joan., 16). Quelle mcompatibilité y avoit-ii entre l'un et l'autre , et pourquoi les apêtres ne pouvoient-ils pas recevoir le Saint-Esprit , pendant qu'ils étoient attachés à leur divin maître? Écoutez la réponse de saint Augustin^ et tirez-en vous-mêmes les conséquences : Parceque les apôtres , dit ce saint docteur, en s'attadiant à Jésus-Christ , ne renvisageoieot pas, comme ils dévoient, avec des yeax assez purs : parceque, dans Tamour qu'ils lui portoient , ils le considéroient trop selon rhumanité et selon la chair. Il est vrai , cette humanité étoit sainte, et cette chair étoit consacrée par son union infini avec le Verbe : mais parceque la grossièreté de leur esprit ne faisoit pas un assez juste discernement de ce mystère ; parcequ'en s'attachant à Jésus-Christ , ils ne s'élevoient pas assez au-dessus de rhonune : quoique ce fût l'Homme- Dieu, l'Esprit de Dieu, dont la sainteté surpasse infiniment tontes les idées que nous en avons , ne pouvoit , dans eei état d'imperfection, les honorer de sa furésence. Il falloit donc , poursuit saint Augustin , que les apAtrea perdissent Jésus-Christ de vue t pour pouvoir être
remplis da Saint-Esprit ; et il folloit que le Saint-Esprit , prenant, si j'ose ainsi parler, les intérêts de Jésus-Christ contre Jésus-Christ même , arrachât du cœur des apôtres les saitimeHts trop naturels qu'ils avoient pour ce Dieu-Homme. Voilà, dis-je, mes diers auditeurs, quelle a été , dans les apôtres, rexcellénce de ce baptême de feu , et d'où nous devons conclure quelles en doivent être les obligations par rapport à nous ; je veux dire , jusqu'à quel point le Saint- Esprit doit être pour nous un esprit de pureté et de sainteté.
Après cela faut-il s'étonner si Dieu , dès le commencement du monde , protesta , par un serment si solennel et si exprès , que jamais son Esprit ne demenreroit dans l'homme , tandis que l'homme seroit sujet à la chair? Non permanebit Spmius meus in homine, qtda earo est {Gènes. f 6). Faut-il s'étonner si dans l'horreur extrême que Dieu conçut de la corruption des hommes , se repentant d'avoir créé rhomme , il lui OU son Esprit , et lui fit sentir les effets de sa justice par ce déluge universel, qui fut comme l'expiation , mais l'expiation authentique, des dérèglements de la chair? Non, non , Chrétiens , il n'y a rien en cela qui me surprenne ; et supposé le prmçipe que je viens d'établir, Dieu , selon les lois ordinaires de sa sagesse , n'en pouvoit autrement user. Ce qui m'étonne , c'est qu'on se flatte encore de pouvoir, sans éloigner Dieu de nous , entretenir dans le monde certaines attaches : attaches funestes, sources inépuisables de tous les malheurs , de tous les égarements , de tous les ratétemants , de tous les excès et de tous les emportemmts des hommes ; attaches que l'on entretient , prétendant qu'elles sont innocentes , et qu'étant , comme on les suppose , autorisées par l'usage du monde , elles n'ont rien d'incompatible avec l'esprit de sainteté. Car c'est ainsi , mondains , que vous en jugez ; et voilà peut-être la plus dangereuse illusion dont vous ayez à vous parer. Mais vous avez beau vouloir vous tromper vous-mêmes, et chercher des excuses, cet Esprit de Dieu , dont la pénétration est à Tépreuve de tous vos artifices, ou ne demeurera jamais en vous, ou détruira dans vous toutes ces damnables attaches qui vous lient à la créature , et que votre amour-propre tâche de justifier. Si vous étiez de bonne foi, et si vous vouliez, au lieu d'en croire l'esprit du monde, cet esprit de séduction et d'erreur, vous en rapporter à Tesprit même de sainteté , dont vous devez être , comme chrétiens , les temples vivants ; par les vues qu'il vous donneroit , par les remords qu'il exciteroit dans vos cœurs , il vous feroit reconnoître l'impossibilité absolue de l'accorder jamais, lui qui est la pureté et la sainteté môme, avec ces sortes d'attaches, surtout avec celles que la diversité du sexe, jointe à la vivacité de l'âge et du tempérament , a rendues de tout temps si dangereuses et si pernicieuses. Comme esprit de sainteté , il vous convaincroit que ces attaches* ne sont ni ne peuvent être innocentes pour vous, puisque malgré vous-mêmes vous sentez bien qu'elles «mollissent votre cœur; puisque vous nte pouvez
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disconvenir qu'elles ne le partagent ; puisque vous n'éprouvez que trop qu'elles le dérèglent ; puisque vous savez qu'elles vous détournent , et même qu'elles vous dégoûtent de vos légitimes devoirs ; puisque du moment que ce sont des attaches , et des attachés du cœur connues pour telles , le monde même ne vous les pardonne pas ; puisqu'elles TOUS exposent à sa censure, qu'elles donnent lieu à la médisance, qu'elles servent de sujet à la raillerie ; puisque c'est au moins la matière laplus prochaine du péché ; je dis plus, puisque ce n'est communément rien autre chose qu'un d^uisement et un raffinement de sensualité. Voilà ce que l'Esprit saint vous feroit voir, ce qu'il vous feroit entendre, si vous lui prêtiez l'oreille, et que vous fussiez plus dociles à en suivre les secrets mouvements. Mais soit que vous l'écoutiez , ou que vous ne l'écoutiez pas, indépendamment de vous, Dieu en a prononcé l'arrêt, qu'il retireroit son Esprit de l'homme qui vit selon la chair. Or le principe de ces attaches, et ce qui les fait naître, n'est-ce pas la concupiscence de la chair? Je sais que vous leur donnez de beaux noms , et que, pour en étouffer tous les remords, vous les qualifiez sansr scrupule d'amitiés honnêtes. Mais l'esprit de sainteté , réclamant au' fond de vos consciences contre cette honnêteté prétendue, vous dit que ce sont des amitiés réprouvées de Dieu, qui , par un progrès insensible, mais infaillible, conduisent enfin de l'honnête apparent à l'impur et au criminel. Quoi donc ! Chrétiens , les apôtres n'ont pu* recevoir le Saint-Esprit , tandis qu'il leur restoit pour Jésus-Ghrist une attache un peu trop humaine; et vous vous croiriez disposés à le recevoir, en laissant former dans vos cœurs des passions vives et ardentes pour de mortelles créatures ; en concevant pour elles des sentiatents de tendresse, dont la suite immanquable est de n'avoir phis que dea^aécheresses pour Dieu ; en entretenant avec elles des liaisons dont la privauté pervertiroit un ange , s'il avoit des sens ; en vous engageant, par rapport à elles, dans des affaires et dans des intrignes qui font, à votre honte , la plus grande occupation de votre vie? Non, non, doit conclure aujourd'hui toute ame solidement chrétienne; non, divin Esprit, je le confesse, rien de tout cela ne peut subsister avec vous 9 et il y auroit mâne une monstrueuse contradiction dans l'alliance que j'en voudrois foire , ou que j'en croirois pouvoir faire avec la pureté des mœurs , et encore plus avec la pureté du cœur. Quand tout cela n'iroit pas jusqu'à détruire, par une offense griève, votre règne en moi , et qu'absolument une telle attache ne romproit pas encore le lien de la grâce habituelle qui m'unit à vous, le seul respect de votre adorable personne, 6 Esprit de mon Dieu , la seule idée que la foi me donne de votre délicatesse sur la préférence infinie qui vous est due, et sur l'amour sans partage que vous exigez comme Dieu ; la seule crainte de vous irriter et de provoquer votre jalousie ( car vous êtes le Dieu jaloux ) , devroit me faire renoncer à tout objet créé ; fàt-ce mon œil , il faudrait l'arracher, puis-
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que ce seroit un sujet de scfl^ndale pour moi , et un obsiâde i vos graoea les plus iotimes et à la participatioa de vos plus exquises fil-
veurs.
Or voilà f mes chers auditeurs , ce que j*ai appdé par rapport à pous les obligations du baptéiue intérieur du Saint-Esprit. Que devons-nous donc faire pour accomplir ces obUgatioos importantes^ et à quoi f dans la pratique , doit se réduire ce mystérieux baptême? Le voici. Pour répondre au dessein de Dieu » notre soin continuel doit être de corriger et de retrancher tout ce qu*il y a d'humain dans ma pensées, dans nos désirs , dans nos paroles et dans nos aeiions : car^ comme dîsoit saint Paul» après avoir reçu l'Esprit de Dieu, et nos actions et nos paroles , et nos désirs et nos pensées , ne doivent plua avoir pour tin, pour objet, pour règle, que ce qui est bon, que ce qui est louable, que ce qui est saint, que ce qui est ei^emplaire et édifiant : JPe cceterOf Fratre^, quascumque pudica^ quœcvmque saneta, quascwnqué bonœ famœ {Philip.^ % noue soin continuel doit être de mortifier par ^esprit les œuvres de la chair : Si spîr'uu faota camis wu>riifieaveruî$^ vwetU (jRonio 8)^ Or, par les œuvres de la chair, F Apôtre n'enteadoit pas seulement ces vices grossiers , ces monstres de péché , qu'il boms défendoit même de nommer ; mais il entendoit cent autres choses qui y conduisent^ et qui , piM* la fragilité de notre cœur, y servent de dis«<. position ; j^cu^on^ rechercha ^ discours licencieux , libertés impru* dente^^ regards immod^te^:, curiosités , lectures, oonversaticiDs , di* vertissemepts peu chrétiens , excès d'intempérance , vie molle et smianelle : il entendoi^ , filles du siècle , ces air» mondains et affectés , si contraires, à la puclejir et à la retenue de votre sexe; ces nudités «nU ficieuseSf et quelquefois si honteuses et si scandaleuses, dont le ciel rougit ; ce luxe qui inspire Vorgued , cet étalage de vanité , eette ido-' lâtri^ d^vos personnes, ce désir eflréné de plaire , que Tesprit oor^ rompu du Mionde ne compte pour rien ; maïs dont sans doute le Saint* Esprit, si vous l'avez reçu dans cette fête , vous fait voir le danger* et même le ctûme* Sans parler de Timpudicité, saint Paul eMendoît^ par les œuvr«s de la chair, tout ce qui est en général inoompatifole avec la saimeté de T Esprit de Dieu, surtout avec la charité : animosités , disseniious , querelles, inimitiés , haines , aversions , envies , colères , vengeances: Manifesta 9unt autem «fiera camù^ quœ suntimmiciHœ , rixœ , irœ, dissensiones , c&nmlaHones {Galau, â). Car si voue n'avieepas, mes Frères, ajoutoit-il, et puis-je ajouter moi^méœ après lui , si vous n'aviez pas renoncé à tous ces désordres , s'il roua restoit encore un fiel amer contre le prochain , si vous n'étiez pas réconciliés de bonne foi avec cet ennemi , si vous n'aviez pas étouffé dans vos cœurs tous les sentiments de vengeance ^ si' vous n'étiez pas tous réunis par une charité sincère et cordiale , quelque opinicfn qu'on sàl de vpus, ou que vous en ayez vous-mêmes, n'e&lril pas vraî que vous setiez encore chsirnels : JXmné earmUes estis (1; Cor. y 3)? Or, tan-
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dte îfoe t(MMf séreas charnels , âe prétendez pas recevoir le Sàint- Esprii.
Je ftie trompe , Chrétiens , yOtfs podvez y prétendre, et vous le deves. Car, iotit pécheurs qne votrs êtes , Dièii vous ^a promis ; et lé «ermeiit qu'il a faSt que son Esprit ne demeurera jama^ dans Thomme, tandis que l'homme sera esclave de h chaiir, n^empéchè pas h vérité ^e cet ailtrè oracle par où il &'est efigagfé à rëpaàdré son Esprit sài* tente chair : Effundam de Spititu meb super omntm earnem {AcL^ 9f; et c'est ce (fai doit èonsole^ les âmes ibibles et imparfaites. L'Espm de Dieu iie demeureira point en Hàm^ tandis que nous seront ch^rnelè; mais it se répandra ^r nous ; afin que nous cessioti^ d'être charnels i et voilà le miracle que ùoiis devoiasi M demander ; làiraclè plus fftstùd qoe ccloi de la cf^tion du mondée ou plutôt cfi^i, dans Tordre de laf grâK^è, est tme espèce de création plus miraculeuse que celle du monde. Hais il font pour cela , Seigneur, la toute-puissance de votref gracè» Quand vous créâtes le mondé , vous travaillez sur le néant, et ce néant ne Vous résisfoit ]^as ; ici c'est le néant du péché ; qui , tout néaAt qifil est, s'oppose à vous* et s'élève contre vous. Envoyeznous donc votre Esprit dans toute sa plénitude; et par-là , Seigneur; créez dans notrs des cœurs purs , des cœulrs chastes , des coeurs souttiis' àf votre h» : Cùt tnundum créa in me Deus {Psalm, SO) ; énvoyeznoùs cet esprit sanctificateur ; et par-là , renbuvefant nos cœurs , vous renouvellerez toute la face de la terre : Emitte Spîritum tuum^ et' èreabuntur, et rèàovabis fainem teri'cê ( Ps. 105). Quelfe force,, mon Dieu , et qnelzète'poïir votre gloire tiè nous inspirera-t-il pas? c'esf ce' (pie nous allons voir dans la dernière partie.
TBOISIÈMB PAaTlEé
Cest un caraétière qui ne peut convenir qu'au Saiùt-Esprit , et qui le distingue essentieflément comme Saint-Esprit, de posséder en soi l'être divin, sans pourvoir le communiquera nulle autre personne divine ; d'être produit par le Père et par le Fils , et de ne pouvoir éiie te principe dTaûcune autre semblable production ; en un mot; d^éll^é^ tout l!)ieu qu'il est, stérile dans Tadorable Trinité, parcequ*it est lé terme de la Trinité méiâe. Stérilité, disent les théologien^, qui, bien loin d'être défectueuse , marque et suppose en lui h plénitude de toute perfection. Mais autant que la foi nous représente le Sainl!-Esprit stérile dans lui-même, et par ra|(>port aux deux autres personnel dont il procède, autant nous lé fait-elle concevoir agissant, fécond et plein d'efficaoè et de Vertu , hors dé luî-méme, et dans les sujets à qui il fait part de ses dons. Ca^, selon l'Écriture, C'est le Saint-Esprit qui est en nous fe principe immédiat et substantiel de toutes les opérations de ta grâce : c'est par le Saint-Esprit que nous sommes régénérés dans' lé baptême, Ni$i qûis i^enàius tuent ex aquâ et Smritu sancto (loÀif.ySy; c'est pax^ lé SàU^-E^rit que Àous sommes récon*
dliés dans la pénitence: Accifnte Spiritum sanctum; quorum remue^' ritis peccata, remittuntureis ( Joan., 30); c'est par le Saint-Espril qae nous prions, ou plutôt , c'est lui-même qui prie en nous avec des gémissements ineffables : Ipse enim Sptritus postulat pro nobis gemitibus inenarrabilibm (JRom., 8) ; c'est par le Saint-Esprit que la charité est répandue dans nos cœurs : et conune » en qualité de Saint-Esprit , il est en lui-même la charité subsistante , par qui le Père et le Fils s'aiment d'un amour mutuel et étemel; aussi , disent les Pères, est-il , dans le fond de nos âmes , la charité radicale par où nous aimons Dieu, et d'où procèdent tous les saints désirs que nous formons pour Dieu : Chantas Dei diffusa est in cordibus nostris per Spiritum sanctum^ qui datus est nobis {Rom.f 5). Or si jamais cette propriété de l'Esprit de Dieu nous a été sensiblement révélée , c'est encore dans le glorieux mystère de ce jour, où nous voyons des hommes , j'entends les apôtres, auparavant foibles, lâches, timides, embrasés tout-à-coup, par la vertu de cet Esprit divin , d'un zèle fervent, d'un zèle (ne perdez pas, s'il vous plaît, ceci) qui les fait parler d*abord et se déclarer, d'un zèle qui les détermine à tout. entreprendre, d'un zèle qui les rend capables de tout souffrir pour le nom de Jésus-Christ : trois dispositions que le Saint-Esprit opère en eux par sa présence, et qui montrent bien qu'il est souverainement et par excellence l'esprit de force, ou, pour mieux dire, la force même. Encore un moment d'attention , et je finis..
A peine les apôtres ont-ils reçu le Saint-Esprit, qu'ils commencent à parler et à se déclarer : Repleti sunt Spiritu saneto^ et cœperunt loqui {Act., 2) ; voilà le premier effet de leur zèle». Mais pour qui se déclarent-ils, et pour qui parlent-ils? Pour Jésus-Christ, dont ils se considèrent désormais comme les ambassadeurs , comme les hérauts , comme les témoins fidèles. Honteux de n'avoir osé jusque-là lui rendre le témoignage qu'ils lui dévoient, confus de n'avoir pas eu le courage de prendre sa cause en main , et de soutenir ses intérêts; indignés contre eux-mêmes de l'avoir déshonoré par une désertion et une fuite pleine de foiblesse , et résolus de réparer ce scandale par la ferveur de leur confession et aux dépens de leur vie, que font-ils? Animés du nouvel esprit qui vient de descendre sur eux et de les fortifier, ils sortent du cénacle, où ils s'étoient tenus cachés ; ils paroissent dans les places publiques, ils entrent dans les synagogues, ils se produisent devant les tribunaux ; et là, au-dessus de tous les respects humains, ils protestent que cet homme crucifié, et mis, par l'injustice de Pilate , au rang des criminels , est le Messie : que ce Jésus de Nazareth est loin du Seigneur, et que Dieu a pris soin de le glorifier par des prodiges qui surpassent toute la vertu de l'homme; que ce Juste, livré à la mort , est le souverain auteur de la vie^ et qu*il l'a bien fait voir en se ressuscitant lui-même ; qu'ils en sont les témoins oculaires et irréprochables , et qu'ils ne peuvent plus résister à la force de l'Es-
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prit saint , qui s'est rendu maître de leur cœur, et qui parle par leur bouche. En vain prëtend*on leur imposer silence : Dieu nous commande, répondent-ils , de publier ce que nous avons vu et entendu ; or il est juste d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. En vainles venl^ on faire passer pour des insensés et pour des hommes pris de vin. Si c'est ivresse , reprend saint Pierre , d'accomplir les oracles des pro« phètes, pensez de nous ce qu'il vous plaira; mais au moins savez* vous ce que Joël a prédit» que Dieu, dans les derniers temps, répandra son esprit sur toute chair ? Or c'est ce que nous vérifions actuellement en confessant Jésus-Christ ; et bien loin de rougir de cette ivresse , nous nous en bisons une gloire. Qui s'explique de la sorte, '" Chrétiens? sont-ce des hommes pleins de zèle? Non , dit saint Chrysostome , cest le zèle même ; c'est le Saint-Esprit qui se sert de r<Mrgane des hommes , pour faire connoître Jésu&-Christ, pour justifie? la sainteté de Jésus-Christ , pour établir la foi de la divinité de Jésus- Christ , pour confirmer ses miracles , pour autoriser sa doctrine^ pour fonder son Église, et la religion qu'il a apportée au monde. Car c'est cet Esprit, disoit le Sauveur, qui me glorifiera par sa v&> nue : llle me clarificabit (Joan., 16). Ce n'est pas vous, ajoutoit-il à ses disciples, qui parlerez pour moi; votre témoignage, quoique vrai , n'auroit pas assez de poids : c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous et par vous ; Non enim vos estis qui loquimini, sed SjAritus Patris vestri qui loquitur in vobis (Matth., 10).
Non-seufement le Saint-Esprit fait parler les apôtres en apôtres , mais , par le plus grand miracle qui fut jamais, il leur fait entrepren* dre et exécuter des choses tellement au-dessus des forces humaines, qu'on est obligé de s'écrier : Digitus Dei est htc {Exod.^ 8). C'est le doigt de Dieu qui agit ici. Écoutez-moi. Ce sont de pauvres pécheurs, des hommes sans talent, sans crédit, sans nom, des hommes que l'on regarde comme le rebut du monde , Tanquam purgamenia hujus mundi (1. Cor.^ 3), mais qui, possédés de cet Esprit, se proposent de changer et de réformer le monde. Qu'ont-ils pour venir à bout d'un tel dessein? quels trésors possèdent-ils? par quels conseils agissent* ils? de quelles armes usent -«ils? point d'autres armes pour eux. que la force de votre Esprit, ô mon Dieu , par qui ils triomphent de tout. Non, Chrétiens, ce n'est ni par l'évidence des mystères qu'ils annoncent, puisque ce sont des mystères incompréhensibles ; ni par la douceur et le relâchement de la morale qu'ils prêchent , puisque c'est une morale qui combat tous les sens ; ni par les artifices et les charmes d'une éloquence étudiée, puisqu'ils n'ont jamais fait d'autre étude. que celle de leur profession. Cependant tout se soumet à eux, ou plutôt à la loi qu'ils publient , les savants et les ignorants, les peuples les plus polis et les nations les plus barbares, les princes et les sujets, les grands et les petits. Elle passe par leur ministère, cette loi nouvelle, au-delà des mers; elle pénètre jusque dans les lieux les plus inacces*
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sibles; elle s'établit dans les provinces , dans les royaumes » dans le^ empires ; et jamais ces fiamenx conquérants , que l'histoire profàiiè a tant vantés » dont elle a tant exalté les faits héroïques » dont elle a voulu éterniser les noms par dé si magnifiques éloges , avec toute lent puissance et tous leurs préparatifs , avec les plus florissantes armées, n ont pti porter, je ne dis pas plus loin , mais même aussi loin leurs conquêtes. Ce n'est pas que les apôtres n'aient eu bien des persécutions , bien des contradictions à sootenir t mais , par un dernier effet de la force du Saint-Esprit, ils sont k l'épreuve de tout, ils mépri* sent les tourments et la mort, ils se glorifient dans les fers, ils età^ Jurassent leurs croix ; souffrir et mourir pour Jésus-Christ , ce sont lears plus chères délices. Demêurons-en là , et n'etftrôns pdnt dan^ un détatt qui seroit infini. Voilà , mes chers audrtettrs , les excellentes et divines opérations de l'Esprit de Dieu, noiî seulement dans les preniiers disciples du Sauveur, mais dans toutes les shnes justes t et voilà paf où nous apprendrons si c'est cet espfit qui nom anime , el s'il nous a communiqué cette force dont les apôtres furent tout-à*cou|^ revêtus.
Car pour réduire tout ceci à quelque chose de pratique , ck^ire qu on a reçu l'Esprit de Dieu, et n'oser se déclarer pour Dieu, et se taire quand il faudroit parler, et demeurer oistf , quand il faudroft agir, et craindre de s'exposer ou de se commettre quand il faudroit se sacrifier ; croire qu*Ofï a reçu TEsprît de Dieu , et ne rien faire pour Dieu , et être languissant dans le sei^vîce de Dieu , et n'avoir nul zète pour les intérêts de Dieu, et ne rien entreprendre pour la gloire de Dieu ; croire qu'on a reçu TEsprit de Dieu, et ne se résoiïdre jamais à rien endurer pour iKeu , et trouver pour Dieu tout difficile et tout impossible, et ne vouloir p6ttr IM^u ni se mortifier, ni se vabicre, ni se contraindre, ce seroit une erreur grossière. Non, Chrétirâs, ne nous aveuglons pas jnsques à ce point. Le Saint-Esprit est essentieliementferveur et amour. Or l'amour, dit saint Grégoire pape, opère de grandes choses partout où 3 est; et s'il n'opère rien, ce n'est ptus amour : MagncL aperatur amor ubi est; $i magna nort opera^ tkr, amornon est(Gîis,G. ). Faisons-nous donc, autant qu'il nous convient, une sainte pratique de tout Ce que pratiquèrent les apôtres. Si nous avons reçu le don de Dieu et le Saint-Esprit comme eux, commençons à parler comme eux, à agir comme eux ; et quand la Providence l'ordonnera, soyons prêts à souffrir comme eux. En vrais disciples du Saruveur, pleins de son esprit, confessons hautement son nom, ^ rougissons point de son Évangile, réndons-lui dans le monde des témoignais dignes de notre foi ; exl!)liquons-nous dans les occasions; n'ayons point, quand il est question de la cause de Dieu, de lâches complaisances pour les hommes ; ne donnons point cet avantage à PimfAitéi qu'elle nous rende timides et mueis; rtiaiS coAfdndons-la pai^ tfne sainte) quoique modbste, libert^é. On dira que nous sommes im-
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prudents; on a bien tenu des apAtres d'autres discours et plus injurieux ; sans que leur sèle «i ait été refroidi. Ne nous contentons pas de par* kr ; travaiUoBS pour Dieu avec courage ; intéressons-nous daus tout ce qui regarde son culie, sa religion, sa loi, son Église. Dans l'éten^ due de notre pouvoir, à proportion de nos talents, formoné pour lui des desseins et des entreprises. Ne nous rebutons point des obstadeS qu'il y aura à surmonter : l'Esprit de Dieu nous donnera des forces, et il nous fera Vainci^e le lioDnde. Moub aUroas des contradictions à essuyer, il faudra livrer des combats, peut-élre nous en coûtera-t-il des persécutions : eh bienl nous nous ferons de tout cela, comméies apôtres, une consolation et un mérite. A quoi connoitra-t-on que nous avons reçu le Saint-Esprit, si ce n'est par notre constance à soutenir ces sortes d'éfHreuves?
Àdhue hqueuie Petro^ ceciUit Spiritus sanetus Étper ùmnes qui au^ lUebt»! verbum { Act., 10 ) : Gmmne Pierre parloit encore, rapporté saint Lue , le Saint-Esprit descendit sur tou^ ceint qui éaoutoient sa parole. Que ne puis«je, mes ohers auditeurs,' obtenir pour vtfus et pour moi le même miracle ! Faites, Seigneur, que ce que je dis ne soit pas un simple souhait ; donnez bénééietion à ma parole, on plofilk à la vôtre ; répandez sur toute oetie assemblée la pléoitude de vôtre Es*pric* Et VOUS) ô Esprit de mon Dieu , principe de tbutes les grâces, auiteur de toute sainteté, vouez nous éclairer et nous fortifier; vene^ sanctifiereette maison qui vous est dévouée^ et qui ne veut être gouver-^ née tpm par vous, paroeque tout zattê esprit que vous ne la maintien-^ Aroit pas é^ms VoMre qui y fègne^ «idans cette paffeilè cbaHté qbi y 9 toujottfi entretémi ta paix dé Diei». Vous noiis mettez id devant lés yeux ujOL exemple aussi éctaialit qu'édifiant, seul capable de nous cdu*^ vitecre du souverain empire que vous avez ^f les esprits' et sur les oœulrs : ttùe de^ plus grandes ireiçes du monde, sanctifiée pa^ la pratique de tonies les vertus» ehnétieunes^ qai, dans Mévdtlon de soff rang, a su conserver l'esprit d'une profonde humiflti^, d'tfnesoHdé piélé, d'dne sainte et exacte régniarhé ; une réifie qt^i a îmt iacrifiv^/ et qui s'est' sacrifiée eUé-méme pour sa religion ; oofe ^einê victime dJé sa foi, et iQtevsuadée de ta vérité catholique, jusqu^à lisi défendre aux dépensde trois royaumes; une reine d<mt les malheurs noûi ni ébr^inlli kovnstance; ni ralenti lezèle^ enfili, une reine qui sert aujourd'hui de sppctacle au moiide, aux anges et aux hommes; nfrais encore plo^ à Dieu q« t'éprouve ; voilà, drvia'Ësprit, ce que nous regardons comme QBchef*d'œûvredevotre grâce: et telle est SKissi, Madame, l'heureuse et glorieiise destinée de Votre Majesté. Dieu vèos a choisie pour être une preuve, mais une preuve illustre et mémorable de la toute-puisstticedesoft Esprit. Il vous a oboisie pour aWerdaififs votre peniomie tdute la perfection du christianisme avec totf té in grandiear du sièelèJ U vous a remplie de l'esprit de vémé, de Feéprit de sainteté, de l'eàM prit de force, nour foire de Vous un modèle d^ pk^.hérO¥({^ vertus;