‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 67 sur 72 · CONTENUS DANS CE VOLUBIE · texte numérisé non relu

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LE QUINZIÈME DDIANGHE APRÈS LA PENTEGOm

SOI U OAIRTI M LA KOIT»

SojR, Lorsque Jésus-Christ éMi pris A'ifOrer dans la viîkt on porkU M terre « mort, fus unJiqw d'une femme veuve, et cette femme étoit aecompagnie d'uicgm^ quanna de personnes de la vUle. Jésus l'ayant vue, U en fui toueM» et kùMt

pleurez point.

La leale image de la mort nous oontriite et nous effiraie, maii nooi derooi emM t^, 00 da moiof régler eette crainte.

Dmaioii. Rien de pliuftiaefte qnel'état de l'impie et dnlibertia qoicniotbfflqri paroeqa'il est tombé dans le désordre de l'infidélité ; première partie. Rleodepiu déplorable que l'état da mondain qai craint la mort, paroeqa'il estattadié <o Dooie: seconde partie. Rien de plos déraisomuMe qoo fêtât de tont homme, jsdif «ip»^' cnlier de tout hoonne chrétien qni craint la mort, parceqa'il ne fait, pnriiflsiDir contre cette crainte naturelle, nul nsage de sa religion : troisième partie. Be^i)^ aurons lieu de parler, en concluant, à ceux mêmes qni craignent la mort pir ims^ viTe appréhension dés jugements de Dieu. . > u

Prbmièbk pârtii. 'Rien de plus funeste que l'état de l'impie et du libertinqniff^ la mort, paroeqn'fl est tombé dans le désordre de l'infidéUté. Dès qu'il ne croit F de vie future, il en est plus attaché à la yie présente; et quoi qu'il en dise, eejoita^ un objet bien affreux pour lui que la mort considérée comme une entière datmw de lui-même. Le Juste l'enrisage aYCC consolation, la voyant suivie d'une biaih^ immortalité. ..

La condition de l'impie est d'autant plus malheureuse, que son infidélité, en ^ sant rejeter la créance d'une autre yie, n'exclut point de son esprit oette croew certitude qui lui reste malgré lui, s'il y a une autre yie, ou s'il n'y en a poiot-^ a beau faire, il n'a rien là-dessus qui lui paroisse certain, et il est forcé de cnuiP' qu'il fait profession de ne pas croire. Ainsi la mort ne se présente à ses yens qfK>| denxjmages bien terribles ; on oonune une ruine totale de son être, on connue passage à une damnation étemelle. Craignons la mort ; mais, selon la belle mis* de l'Apôtre, en hi craignant, soutenons-nous par l'espérance de ratenir. dvo»^ le saint homme Job : Je sais ^ue j'ai un Rédemptetar vivant dans ledel, ^^J!z. ^sciterai du sein de la terre. Disons avec David : Seigneur, la mort àlaqa^j| nous condamnez n'est point une Téritabie mort, ce n'est qu'une ombre ^j^!^ Armons-nous de cette pensée contre tontes les atteintes du libertinage et deii»^ dulité. ^

Deuxième pâbtib. Rien de plus déplorable que l'état du mondani qui ^^^^ parcequ'il est attaché au monde. Ce ne sont point précisément les riches ^^^. qni craignent plus la mort, mais les riches attachés à leurs richesses, ^^^^^ tachés à leurs grandeurs. Qu'il est triste en effçt à un homme qui ayoit ^" ^^ et sa félicité dans les biens temporels et dans les grandeurs humaines, de le w damné à les perdre ! C'est ainsi que le Saint-Esprit s'en est lui-même expliqa^''^ Sagesse. ' ^

L'état du mondain n'est pas seulement déplorable parcequ'étant attacl» >^ de cette vie il apfNf^hende la mort, mais parcequ'envisageant la mort, il > V^ ayengle pour s'attacher à des biens qni passent si vite, et que la n^ce68l^,:f ^ ne l'en détache pas. S'il deroH toujours ^iTre sur la terre, ou du moiosiuï"^

ANALYSES DES SERMONS. 66t

f iyre autant que les anciens patriarches, son attachement lui ponrroit être pins pardonnable; mais notre vie se ht)UTant bornée à un si petit nombre de jours, n*y a-t-il pas de la folle à compter sur le vain bonheur du monde, et à y vouloir mettre s(m repos ? C'est ce que nous devons sans cesse nous représenter à nous-mêmes, mais c'est à quoi nous ne pensons guère. Quel spectacle qu'un riche mondain aux prises arec la mort, et dont tputes les vues et tous les projets vont être renversés ! Quelles agitations et quels combats ! Mourons dès maintenant et de bonne heure en esprit, pour ne plus taot craindre de mourir en effet. ^

Taoïsiioii piiTiB. Rien de plus déraisonnable que Fétat de tout homme, je dis en particulier de tout homme chrétien, qui craint la mort, parcequ'il ne fait, pour s'affermir contre cette crainte naturelle, nul usage de sa religion. Les sages mêmes du pa« gauisme ont trouvé ou cru trouver dans leur philosophie de quoi s'affermir contre la crainte de la mort. H n'y aqu'à lire ce qu'ils en ont écrit. Or la religion que nous professons nous fournit encore des motift bien plus puissants pour nous adoucir la mort, ei nous la ftàre considérer d'un œil tranquille et assuré. Ces motift sont : f o la vie de Jésus- Christ mourant, i** l'attente du royaume de Dieu, 5° l'exemple des Saints et de tani de Justes, 4» les trésof^ infinis de grâces dont la mort peut être enrichie. Quelle impression peuvent faire toutes ces considérations ! Mais nous ne nous en servons pas.

Je ne crains pas la mort en elle-même, dira-t-on, mais je la crains à cause de ses suites, car je ne sais qu'elle sera jna destinée étemelle, dont elle doit décider. H fiint oouTenir qu'elle est en effet A craindre par-là; mais d'une erauite modérée, mais d'une crainte mêlée d'amour et de confiance. De sorte qu'il en est, selon la pensée de saint Augustin, de la mort comme de Dieu même. Dieuesttont à la fois terrible et aimable ; et tout terrible qu'il est, il doit encore être plus aimé que craint. Ainsi, quoique d'une part nous devions craindre la mort, nous devons de l'autre, dans les yuet de la foi, encore plus TaUner et la désirer. Sentiments de saint Paul, de David, de saint Jérôme. Ayonii toujours la mort devant les yeux, et occupons-nous volontiers de cette pensée, puisqu'il n'en est point de plus efficace, soit pour nous préserver du péché si nous 7 sommes exposés, ou pour nous en retirer si nous y sommes tombés.

LE SEIZIÈME DQIANCHE APRÈS LA PEm'ECOTE.

'BUE l'ambition.

SuiET. Il adressa efisttite aux conviés voie parabole, prenant garde comment Us cfcoi-

^soi«nt les premières places.

C'est ainsi que l'ambition nous porte toujours à rechercher les premiers rangs et à Toaloir partout dominer.

Division. L'ambition aveugle dans ses recfaerdies, première partie; présompiaense dans ses sentiments, deuxième partie; odieuse dans ses sidtes, troisième partie.

PuMiiBB piiTis. L'ambition aveugle dans ses recherches. Gomment cela? Parceqa'elle se propose dans les honneurs qu'elle recherche, |o un prétendu bonheur, et qa'eUe n'y trouve que des chagrins et des croix ; 2» une véritable grandeur^ et qu'elle n'y trouve qu'une grandeur vaine, et souvent même sa honte et son humiliation.

I . L'ambition se propose dans les honneurs qu'elle recherche un prétendu bonheur, et elle n'y trouve que des chagrins et des croix. Car pour parvenir à ce iàntôme de bonheur où atpire l'ambitieux, il faut prendre mille mesures, toutes également gênantes et fstigantes. Pour contenter une seule passion, qui est de s'élever, il faut devenir la proie de tontes les passions ; pour se pousser à cet état que l'on ambitionne, îi^'aut surmonter mille obstacles, et soutenir autant de combats qu'il y a de compétiteiM. Dans l'attente de cet état, il faut supportai^ des retardements oapables d'épuiser tootft. la patience d'un cœur, etc. Or voilà ce que Tambilion esche A l'ambitieux, et ce Q[^\ne reeonnolt que trop dans la suite.

2. L Sbition se propose dans les honneurs qB*elie rechorehe une véritable gran- ^^^^\i ^ °'7 trouve qu'une grandeur vaine, et souvent même sa honte et son hu- 0iiliAtion, ^^enr ^^atae en elle-même ; elle ne donoe eommanément et ne suppose

pul mérite rép] ; vaîop dans les moyens de l'acquérir, mille b^sseyse^; Tiioedansn durée, ^addi'ûr mortelle et passagère ; yatue ^^ns les reTcrs auxquels elle est sujette, çbut^s et décadences. Or ravêuglemenl de l'ambitieux est de ne faire à tout cela nnlle atteptiof^i

DELxikâiE PiDTiK. L'ambltioo présomptueuse dans tft sentiments. L'ambitieui préteitd à iqnt : (o i\ ^ ip|-o't floôp capable die tout; '2^ il sç crpit capable de tout, m f i^re aupf rfiTqnt éprouvé tol-foémp.

I . Il se croii capable dé tout. Deman(^z-lni s'il aura de ^^^\ remplir tous les de- ^rqira d'aue telle c||9rge> il yooi ^éppndra çfps bésUér comme ]ef deux eafaaisde Kébé^ée : ffous le pot(opn$. Ce qu*i) y a de plus étrange, c'est que ce sofit lessujeit jep plug incapables qni se tiennent plus assurés d'eux-mêmes , et qui fprmeatpioi jflntrtgqes poiir s ingérf'r dans les premiers emplois.

2^ Il se croit capable de topt sans s'être auparavant éprouvé soi-même. C'est asn qp il ait de quoi acbeter cette chargé, pour croire qu'il est en état de la posséder et de l'exercer, sqns avoir fait nul essai 46 son esprit, de ses talents « de sbaDalarel.Il lupire même k des dignités oont la première pondition, selon lé témoignage de taiiit ^anl, est d'être irrépréhensible. D'où saint Grégoire conclut «ju'i! faut dk)ap qu'il k jug^ en effet irrépréhensible et sans défaut. Suivons le grand principe de ia prodenoe chrétienne , qui est de pré&uf»er pep de soi , ou plutôt jde n en point présaoïerdii \pnU ' ' »

iTaoïsihiB PARTIS. L'ambition odieuse dans se| suites. H y f deuf ^es de grafldeifrs, les nues légitimes e^ naturelles, comme, par exemple, celle desroii;lesaotref îrrégulières, et, pour ainsi dire, artiOçi^Ues, comnâe cellp de tant d'amt^'iiei/^, f^và ne s'é)èven( que ^r brigues et par maçbipes. Nous aimops les premi^et, m les fintres nous sont iosqpporfàbles. Pour le mipnz cqi)[)pren4re. Il i^'y a qu'àtottadéjrer 1 anîbit|enx ep deux états.

i^ Dam la pôursnm dp la grandeqr, Ipr^u'il n'y est pas encore psirveno

2» Dans l'ufjacp ^e la gr<|ndeur, qiup^ upp ibis il est arfiVf^ ai; terme de se8elp^ rances. Quelle fierté, et queflè nauteiifl Êi c'est ici que nous devons observer Udi^ férenoe de ces deux espèces de grandeur que nous avons d'abord distinguées. La p^ ^eijrli^itime et naturelle, qui est celle des princes, et de ceux qui tirent de leur mis sàiice et die leur sang leur supériorité; eette grandeur, dis-Je, est commuoéiw* civile, affable, douce, modeste, bienfaisante, et c'est ce qui la fait respecter et l»^ poj^. ^»\B V^iire, qui n'a pour fopdeweqt et ppur appui qi^e riattustrie pt Tartilkc* est une grandeur farouche, brusque, inaccessible , méprisaqte, tyraonique, ({tp'eiK^ qui l||i f ftirels ftpiqç. RieûbeqrfÇfix \fs hni^Mei ; \U pospè^ept tgot à le jbis ctleca» 5}^ Qiep pt le cqeur des bopiipes.

8CB LB ÇABiCTÊRB DU CHRÉTIEN.

Sujet. Les pharisiens étant asseiMés, Jésus leur fit cette question : Quepensat^

duChrist?

M'ezamiqops point aujourd'hui ce que c'est qpe le Ghri9|; I4 H itons l'appr^!*^ ^ssex : mais vqyops ce que p'eat qpe le chrétien qui en doit être le fi4èle imitsteoT'

Divi^ip». Qq'e<t-ce qu'np chrétien ? Ufi homme par état.8#paré du monde ;|>^ «père partie ; qn boipme par état consacré à Dieu : deuxième partie. ,1

PBEMf^iiB PABTiE. Uu fiompyie par état séparé du monde. Deuy choses sppt esseo .' lement requises pour faire un chrétien : la grâce oq 1^ vocation i du côté de Dj'*' une fidèle correspondance à cette vocation o» ^ celte gr9ce, du côté de l'hop'^* ^ rime Pi l'^qtf e n'ont pqîDt de carnotère piqs marqué que cphii de la sépsH^ . monde. Voici doppcoroment nous devons r«isonner< La grâce delavocatio:^" \I immfie est ^p^ griicjB de séparaiipp. Ainsi mw i'a 9mi»é s^ù Aur^' *^

Jéras-Cbrist et saint Paal. Or la correspondance à une grâce doit être conforme |i cette grâce. Par^cobséqnent la correspondance à la grâce du christianisme doit être une correspondance de séparation, et voilà comment nons sommes chrétiens. De là s'ensniTcnt trois vérités. '

1« Il sufDt précisément d'être chrétien, ponr être obligé de vivre dans cet esprit de séparation du monde. Aussi , dès notre baptême , avons-nous renoncé au monde , et les Pères autrefois, pour détourner les flcfèles des tains dfTertissements du aiède et de son luxe ,*oé leur en apportoient point d'autre raison , sinon qu'ils étolehl, comme chrétiens, séparés du monde. Ne disons don^plu^, par U9e grossière erreur : Je suis du monde , et jB ne puis me dispenser de vlTre selon le monde. Mais renversons la proposition , et dirons : En qualité de chrétien , je ne suis pins du monde , et U ne m'esi plus permis de vitre selon le monde.

20 Plus un homme, dans le christianisme, se sépare du monde, plus il est chrétien ; et r1u8 il a de liaison avec le monde, je dis de Haîson hors de la n^ssité et de sa conditioD, moios il est chrétien : pourquoi PparoeqOe, selon la diflérence de ces deni ^tats, il participe plus on moins à celte grâce dé séparation qui fait le chréden. Chose ai avérée, que ceux qoi ont le plus aspiré à la perflection du cbristianiime se sont rellrés dans les doitres.

5^ Il est impossible qu'une orne chrétienne se converfIsMi et retourne véritablemenf à Bien, à moins qu'elle ne soit résolue de faire un certain divorce avec le monde qu'elle n'a pas encore lait; et il y a de la contradiction à vouloir être autant du monde et aussi engagé dans le monde qu'auparavant , et néanmoins à prétendre marcher dans la voie d'une pénitence jsinoère qui produise le aalut. C'est le monde qui vous â perdu, vous en oonvenes: il faut donc, pour vous sauver, que vous quittiez le monde? Je ne dis pss précisément le monde en général, niais surtout un certain monde particulier dont VOUS connoisaez le danger par rapport à vous. SI cette séparation vous est douloureuse, vous i'oflHrei à Dieu comme une satisfaction de vos attachements criminels. Si le iponde en parle, tous mépriserei ses discours. Tous voos ooouperes de pieu et des devoùrs de votre état.

Mais encore qu'est-ce que cette séparation du monde que demande le christianisme? S^Mii'^tioo inf Àieure , de l'esprit et'du cœur, et séparation même extérieure et corporelle. Sans la séparation intérieure de l'esprit et du cœur, l'eitërieure ne sert à rien ; mais aussi , sans la séparation extérieure , du moins à certeins temps , l'intérieure ne se peut bleu maintenir. Usage des retraites. Séparons-nous du monde avant que le monde se sépare de nous; séparons-nons-en tandis que cette séparation nous peut être méritoire devant Dieu ; séparons-nous-en afin que Dieu, dsns son jugement, ne nous sépare pas de ses élus. Nous trouverons dans la retraite des consolations plus pores et plus sensibles que tontes les fausses joies du siècle.

DEuxiiMB piBTiB. Un homme par état consacré à Dieu. Sur cela trois consid<^ratioDS : i® rexcellence de la consécration du chrétien: 1^ l'obligation indispensable dé sainteté que cette consécratfon Impose au chrétien ; 5^ la tache particulière qui se répand , en conséquence de cette consécration, sur tons lès péchés du chrétien. . I . L'excellence de te consécration du chrétien. C'est par l'onction du baptême que nous sommes consacrés à Dieu , mais consacrés en différentes manières que TÉcrif are et les Pères nous ont marquées. Consacrés comme rois, comme prêtres, comme temples de Dieu, comme enfants de Dieu, comme membres de Dieu.

2. L'obligation indispensable de sainteté que cette consécration impose an chrétien. Car il i^m soutenir tous ces caractères; et par où, si ce n'est par notre sainteté? C'est pour cela que l'Apôtre n'appeloit point autrement les premiers fidèles que du nom de Saints. C'est dans nous, selon le même apôtre, que doit être édifié le temple de Bien ; et comment ce temple de Dieu peut- il être édifié dans nous , sinon par la sainteté? Si les prêtres de l'ancienne loi dévoient être Saints, à combien plus forte raison deyons-nous travailler à le devenir, puisque nous offrons des victimes beauconp plus nobles, et TÂgnean même de Dieu ?

5. La tache particulière qui se répand, en conséquenee de cette consécration , sur tous les péchés du chrétien. Car tout péché dans un chrétien est une espèce de sacrilège, puisque c'est la profiination d'une chose consacrée à Dieu et unie à Dieu. Vérité

que ULiot Paul repréientoU si fortement aux premien èhrëUent. Kien néaomoios de plus ordioaire dans le chrUlianûme que le péché : la oorrnptiOD y eit géomle. Qa'aTOns-DOOs donc à craindre ? c'est que Dieu , qui noya le monde entier dut on déluge ani?ersel , pour punir les péi^és des hommes « ne laisse le flambeau de la foi s'éteindre parmi nous»

LE BIXrHUrnÈHE DDIAIHCHE APRÈS L4 PSNTilGOTE.

son LÀ BICBÔTB DÀII8 LB l'ÉCHB,

SiJJKT. Jésus xo^anX Uw foi, dit m poraly ttgue ; Mon (Us, prenez eonfianee, m p

chés vous sont remis.

C'est ce que Dieu dit encore au pécheur pénitent ; mais na des çaraotèreide Umjf pénitence , c'est la fermeté et la persévéranoe.

Division. Rechute dans le péché, marque d'une fausse pénitenoe à l'égard dapni, première partie; obstacle à la yraie pénitence dans l'avenur» demième partie. , PBinàBB piRTiB. Rechute dans le péché, marque d'une fausse pénitence kïépd du passé. 31 TOtre pénitence a été telle que tous hi supposer , c'esté-dire one nve pénitence, il faut que tous yoos soyez engagé à Dieu par une protestation nnoèrede ne plus retomber dans le péché qul'TOus ayoit atthré sa disgrâce. Cette proteitatiog ainoère a renfermé une volonté sincère. Or est-il croyable qu'un homme ait eo ooe volonté déterminée et absolue de renoncer à son péché, et qoiinuxMaktaaittprii, lâchement et sans résistance, il y retourne tout de nouveau? Une TolontéUeoréioh» est plus efficace. Ainsi raisoanoit saint Rernard , et avant lui Tertnllien.

A cela on peut opposer trois choses. Car premièrement ne peut-il pss arnwqne la volonté change? Il faut convenir que ce changement est po8si|>le; mais ilf^^^ même temps ajouter que quand les rechutes sont subites et fréquentes, il n'^tvà Traisemblance que ce soit par un tel changement. En Yoici la preuve : c'est qaedai tout le reste de notre conduite on ne Toit point de ces légèretés si surprenantes.

Secondement on dit : ^ous sommes foibles, et, malgré la sincérité denosrêMtiitions, la violence de nos passions nous entraîne.' Il est yrai que nos passions sootik puissants ennemis; mais si la promesse que noos avons faite à Dien de penéTà«| dans sa grâce a été véritable, elle a dû être plus forte que ces ennemis pràeadns,» aa propriété la plus essentielle étoit de les pouvoir surmonter. Or comment me pe(snaderai-je qu'elle a eu cette vertu , lorsqju'il ne m'en paroit rien? Jugez de ^mp vous-même. Vous sortez d'une maladie, et vous craignez une rechute : quenef^to vous point pour la prévenir? Or le propos que vous avez fait d'éviter la reàaûi^ le péché, doit être encore plus efficace que ce désir naturel de conserver votre yK' Oseriez^vous dire c[n'il l'a été? jËt ce qui doit être une dernière conviclioni cW ces mêmes passions auxquelles voas succombez, vous sauriez bien les vaincre «! résister, s'il s'agissoit de votre fortune et d'un intérêt temporel.

Mais enfin, dit-on en troisième lieu, nous avons gémi, nous avons formé des i^ grets et des repentirs, nous avons versé des larmes; et ne sont-cë pas là des a(^ pénitence? Faux principe. Ce sont-ld, h\ vous le voulez, des grâces, des ^^^^ nitence; mais ce n*en sont pas toujours les actes. Les Juifs croyoient en Jésos-G^ et paroissoient s'attacher à loi . voyant les mira(^es qu'il faisoit. Mais Jéans-Chn»; J^ marque saint Jean, ne se fioit pas pour cela à eux, parcequMl les connoissoitt^ pourra troubler bien des consciences; mais il est bon de les troubler, pour le* veiller de l'assoupissement où elles sont. ^

DEDXiàHB PARTIE. Rcchutc daus le péché, obstade à la vraie pénitence paf']'!'^ à l'avenir. Ce n'est pas un obstacle invincible; et quand saint Paul dit qn'il ^st i^r ÀJble que eeux qui ont été une fois éclairés des lumières du salut, et sont après retombés, se relèvent parla pénitence, nous ne devons entendre ce terme d lO'P' ble que d'une impossibilité morale ou d'une extrême difficulté. > f miel'

Quatre choses rendent la pénitence très difficile après la rechute. 1° ^^]^fi rechute éloigne Dien de nous. Exemple de Samson. Après que Dalila loi ^^^^^ chevelure, il se croyoit aussi fort qu'auparavant; mais il ne savoit pa'i ^^^

rÉcriture, que le Seigneur s'étott te\M de lui. 2° C'est que la rechute fortifie rinclinatiou que nous ayoos au mal ; la volonté se pervertit» et Tbabitude se forme. 5^ C'est que la rechute affoiblit en nous la vertu de la graoe. Les plus grandes vérités ne font pnsque plus d'impression sur Tesprit d'un pédieur. Il leaa.eent fois entendues, et autant de fois néanmoins il s'est replongé dans ses premières abominations. 4<* G'esft que la rechnte est d'elle-même et de sa nature essentiellement opposée à la graoe do la conversions car elle ijonte à la mahoe du péché lingratitude envers Dieu et la mépris : deux caractères que Dieu a le plus en horreur, et les plus capables de l'endurcir à notre égard , oouune nous nous sonunes endurds pour lui.

Gondnsion qui regarde deux sortes de personnes : 1» que ceux qui, depuis leur pénitence, se sont heureusement soutenus, prennent garde à eux et redoublent encore leur vigilance; i** que ceux qui sont retombés ne perdent pas toute espérance. i«eur conversion est diâkdle, mais elle n'est pas impossible : paroequ'eUe n*est pis impossible, il fout l'entreprendre; et parcequ'elle est difficile « il faut faire tous les eflbrts nécessaires.

LE Dn-TŒUYIÈME bnUNGHE APRES LA PENTECOTE.

801 L'irmaTÉ xubbubbdsi.

SuJBT* AlorsUroi dUàses offiders i JeUs-U dansles tiiUhres»pUdstimak^Uii: e*esi là qu'U y aura des pleuré et des grincements de dents.

Ce qu'il y a de plus intolérable dans les peines de renfer, c'est leur éternité.

Division. Voyons comment la foi doit nous confirmer dans la créance de réternité malheureuse : première partie; et comment la créance de réternité malheureuse « par le plus juste retour, doit nous exdter à la pratique des œuvres de la foi : deuxième partie*

PBEBuàai PABTii. Gomment la t(Â doit nous confirmer dans la créance de l'étemité malheureuse. P Efie corrige sur le sujet de cette éternité nos erreurs ; 2» elle perfectionne nos lumières.

f . lUle corrige nos erreurs. Trois erreurs faussement établies sur la bonté de Dieu, sur la justice de Dieu, et sur la toute-puissance de Dieu. Dieu est trop bon pour aifliger éternellement une ame pécheresse : première erreur. C'est parceque Dieu est bon» répond Tertullien, et souverainement bon, qu'il doit hair souverainement le mal et le punir de même. Mais sans s'arrêter à cette réponse, tenons-nous-en à la fol* La même Écriture, qui nous enseigne que Dieu esl souverainement bon, nous enseigne qu'il fera souffrir éternellement les âmes réprouvées. Elle ne petit errer ni dans l'un, ni dans l'autre. Doue une peine étemelle dans l'enfer peut s'accorder avec nae bonté souveraine dans Dieu. Dieu est trop juste pour venger dans des sièdes infinis ce qui s'est passé dans un instant : seconde erreur. On pourroit vous dire que , s'il n'y a pas entra l'éternité malheureuse et le péché une proportion de dorée, il y a une iMTOportion de malice d'une part, et de l'autre de satisfaction et de punition. On pourn^t encore vous faire observer que pour un crime d'un moment la justice humaine condamne à une prison, à un bannisiement perpétud , et même à la mort, qui est au6 espèce de peine étemelle. Mais revenons-en toujours à la foi : elle nous apprend deux choses sur lesquelles elle ne nous peut tromper; savoir : qoe Dieu est jo8te> et que ses vengeances n'ont point de terme. Par conséquent ces deux vérités ne se oonibatteBt point, et concourent parfaitement ensemble. Dieu n'est pas asses puissant ponr faire que la créature subsiste une éternité entière dans les souffrances et dans les tourments : troisième erreur. C'est la plus frivole, et la fol tout d'un coup la détruit par l'Idée qu'elle nous donne de la tonte-puissance de Dieu.

2. Elle perfectionne nos lumières; car nous ne msnquons pss de raisons pour justifier la conduite de Dieu touchant l'éternité malheureuse. La première est tirée de Ja TOlonté du pécheur, qui étoit, comme l'observent saint Jérôme et saint Augustin , de résister éternellement à Dieu, si Dieu l'eàt laissé vivre étemellement sur la terre. La seconde est prise, selon saint Thomas, de la nature du péché, qui , ne pouvant être réparé par noe ame réprouvée, doit subsister toujours et toujours avoir sa peine.

666 ANALYSES DES SERMOfi^

L9 trolsijbilMettenporeprtse de la oatnre do péchés qni offense oofi gnadenrinfink; d*où' saint Àngiistïn et tous les théologiens concloent qall mérite donc ane peine infinie. Et comme cette peine ne peat être infinie en elle-même et dans son essence, il jhnt qu'elle le soi( dans son éternité.- Telles sont sor l'éternité malhenreose les inm*ères et les productions de l'esprit de l'homme ; niais Toici comment la foi les perfectionne et les copflrme. C'est nn de ces secrets qni ne sont connus qn'iu aoiet humbles et aux yrais fidèles. Car si la f(^ donne à toutes ces connoissances une perfection et une force particulière, ce n'eit point en élevant nos esprits, mais eo les abaissant et en les soumettant è l'autorité de la parole de Dieu. C'est alors que, faisant le sscriflce de notre raison , nous pouTOos mieux raisonner que jamais. Gs grandes idées delà majesté de Dieu et de la malice de l'homme qni l'offense n'éiaiil plus afroiblies, ni par les préjugés de notre esprit, ni par les p^s^om de notre OHir, font sans obstacle toute leur impression sur nous , et Dieu les seconde encore para grâce et par ses communications intérieures. Les plus simples et les plus docOet oui la-dessns les vues les plus claires et les plus relevées. Telle a été la foi des Saioli.d de tant de Saints distingués par l'étendue de leur docfrine et lasobUté de leur génie.

DsuxiiaiK PARTiB. Gomment la créance de l'éternité malheureuse doit doos eidier à la pratique des œuvres de la fol. Pour peu qne nous pous aimions noosHDéfliesd'ai amour raisonnable et chrétien, il n'est rien que nous devions plus craindre ^oecetit éternité malhenreose, ni dont noua devions nous préserver avec pins de soin. Or nous ne pouvons l'éviter qne par la pratique des œuvres de la foi, c'est-ànliFepar l'innooeoce et la sainteté de notre vie. Par conséquent croire une étorvàUéepme, c'est un def plus puissants motifs pour nous remettre dans la règle ou luiuf inaiotenir, et pour nous portera ^ivre en chrétiens. Deux qualités particulières de ce motif : c'est 1** le plus universel , 2» le plus sensible.

f . Motif le plus universel. Il seroit à souhaiter qu'on ne s'adonnât à ses devoirs d aqx exercijces du chri^ianisme qqp par le pur motif de l'amour de Diea.M8iic( motif, après tout, n'est guère le propre que des justes et des parraits. An lieu qne tout, justes, lâches, pécheurs , sont touchés (de la crainte salutaire des redoutables jogt ments de Dieu et de ses châtiments éternels. Exemples de tant de mondains qui pv 11^ ont été convertis, et de Saints mêmes que cette pensée de l'éternité a soutenus doi là tentation.

2. Motif le plus seqsible. Car ce qui se fait sentir à nous sur la terre plus Tiremaii c'est la peine et même la seule idée que nous nous en formons. Or si cela est mii l'égard d'un mal passager, combien plus l'est-il à l'égard d'un mal éternel ?L'(i^ p\té, dira-t-on, est inconipréhénsible; et le moyen de craindre ce qu'on necoraprw pas? mais c'est justement' ce qn\ la rend plus terrible. Un mal si graod qu'il estt

concevable , vbiîà ce qui doit nous saisir de frayeur, et nous faire tout eotreprew" pour nous en garantir. Le désordî-e esé qu'on n'y pense point, et l'inîpîéîé même" Jusqu'à regarder avec mépris un hpmme qui s'occupe de cette pensée et qui en P^ toit touché. Mais , quoi qu'en ctise le monde libertin et impie, je la crains cette» h*eii8e éternité, je la crains souverainement; et plaise au ciel que je la craigneelw cemént!

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