partie ; et par la pureté de son corps, deuxième partie
PBBXiiBB Plana. Marie conçut le Verbe de Dieu par l'humilité de son eœur. C'est
- l'humilité, dit saint Augustin, qui, de la part de l'homme, doit être la première et
l'easentielle disposition aux communications de Dieu : si donc Dieu choisit Marie pour
sa mère, préférablement à toute autre femme, c'est qu'elle lui parut seule dans l'état
de cette humilité parfiiite qu'il demandoit.
£t en effet, remarque saint Bernard, un Dieu qui lui-même étoit sur le point de s'humilier jusqu'à l'excès en se revêtant de notre chair devoit avoir des complaisances inlinies pour rhumilité. Mais qu'y eut-il donc de si singulier dans rhum|lité de Marie? |o Ce fut une humilité jointe à la plénitude du mérite. On la sahie comme pleine de l^ace, Gratid plenaiei elle répond qu'elle est la servante du Seigneur : Ecce ancilla Domini* 2" Ce fht une humilité dans le comble de l'honneur.Un ange lui vient annon* cer qu'elle seiii mère de Dieu, Ecce concipies ; et elle ne se donne que le titre de servante de Dieu : Ecce ancilla Domini. Or voilà ce qui ravit le ciel ; voilà ce qui achève de déterminer le Verbe de Dieu à sortir du sein de son Père pour se renfermer dans Je sein de Marie. Tandis qu'elle s'humilie devant Dieu, le Fils de Dieu s'anéantit en elle : Exinanivit semetipsum,
pe là apprenons l'huroilité. Une mère de Dieu humble, un Dieu anéanti, quelles le«
çoni pour nooi ! Sam llioiDiaté fl n'y^ ni ebriittaiiisina, ni religion, pab^oê m* limmilitéil n'y aaroit pai même d'incaroatioa ni d'Homme-DIen. Il eil ?rai que rim* mil! lé est nne vertn atiei inoonnne à la coor ; maif c'est pour cela mèoM qu'il tet fy prêcher , afin de l'y faire coonoltre. Gepeodant, pent-on être humble et grand tout à la fois ? Eo pouvons-nous douter depuis que le Fils même de Dieu a pu devenir bnn- Ue en demeurant IMeu » et depuis que Marie a pu être la plus humble de toutes les créatures, en derenant la mère de Dieu P Ont , on peut être humble et être grandi et l'avantage même des grands est de trouver dans l'humilité de quoi s^aâfler condition, et de trouver dans leur condition de quoi rendre leur bumitité plna et pins précieuse devant Dieu.
Dtuxiftm PÀiTii. Marie conçut le Verbe de Dieu par la pureté de sou corpe el inr sa virginité. Le prophète avoit prédit que le Messie naltroit d'u|io vierge i «| Il étoH> dit saint Bernard, de hi dignité d'un Dieu, en se faisant honioie, 4'aToir non wèn vierge, puisque toute autre conception que celle-là eût obscure! l'éelat et In gMie dt sa divinité. Aussi, selon la belle réflexion du même saint Bernard, tout ee myMèrs n passe entre Dien, un ange et Marie, qui nous marquent autant de earaetèrneilifléraBti de la plus parfaite pureté. Que devons-nous conclure de là 7 que Dieu ^tniit ptr Wmême la purete essentielle, il faUoit et une pureté angélique« ef nne puireté viiginale^ pour concerter entre Dieu et l'homme cette ineffiible union *qui f'eel nwwwplii dans le Verbe fait duir.
Dieu même, dans ce mystère, donne la préfiôrençe à la pureté TÎrg&nalo, en eMfissant une mère vierge^ et hii députant un anige qui n'est auprès d'eUe «pb aon ambassadenr. Ne nous en étonnons pas, poursuit saint Bernard, piMaqoe la pvfvié deçatte vierge étoit d'un mérite qui l'élevoit au-dessus de celle des anges t ear Inc aaïas seul purspar nature et par un priviiége de béatitude et de gloirei mais Marie l'étoliparcItHili et par vertu. Et jusqu'à quel point l'étoit-eUe? 1^ jns^'à se troubler à la von 4'nnangB; effet de sa vigihince pour conserver le trésor de sa virginité : 2» jusqu'à être pr^ 4e renoncer à la maternite divine» plutôt que de cesser d'être vierge; e06| de sa cpnfitence pour ne pss perdre le trésor de sa virginité. Or c'est cela mêoif qui eogags Dieu à lui donner son esprit, iSpiri^us s<isictu$ supervefMin te ; et à venir îni^méaM dans elle pour s'y faire chair : Verbum caro factum est.
Après cette alliance merveilleuse qu'un Dieu a contractée avec notre chair, qed soin ne devona-nous pas avoir de maintenir nos corps dans une purete Inviolable, et pouvons-noos trouver étrange que saint Paul et les Pères aient témoigné une hormr spéciale pour llmpureté? Le mystère de l'incarnation donne à ce péché un caractère de malice tout particulier.
U« son L'AJiMoaGiif loit na hk visaoB.
ScJBT. Le Verbe s*eii fait chair, et il a demeuré parmi nous»
C'est le grand mystère que célèbre l'Église. Mystère de la bonlé et de la charite ds Dîça envers leà hommes; mystère qni, tout inçroyabte qa'il parolt, a été cm daai tout le qioade. (1 s'agit dans ce discours d'en donner une connoissance aaaai parfaite que nous pouvons ravoir.
Division. Trois alliances merveillenses. Alliance du Verbe avec ta chair par rapport à Jésus-Christ, qui devient Homme-Dieu, première partie : alliance da Verlie avec la chair par rapport à Marie, qui devient mère de Dieu, deuxième partie : alliifuoe du Verbe avec la chair par rapport à nous, qui devenons enfants de Dlmi* troisième partie.
pBEHiÈRE narii. AUiance du Verbe avec la chair par rapport à Jésua-Chriat» qni devient Homme-Dieu. Miracle que la foi nous révèle» et d'où IL s'ensuit que laotiaîr de l'homme, considérée dans la personne du Rédem|»teur, est vraiment la chair d'na Dieu, et qu'elle est entrée en possession de toute la gloire de Dieu. De là vient eaoora q^e dans Jésus- Christ, entre la chair et le Verbe, il n'y arien eu de diviaé, et que oe qui étoit vrai de l'un, par une communication d'attributs, l'est aussi de l'antre. Parceque la chair de Jéaua-Christ a éte passibtei noua disons que le Verbe de Dieo a sont-
fërt ; et parceqae le Verbe est égal à Dieu, nous ne craignoDs point de dire que la cbair de Jésus-Christ est assise à la droite de Diea.
Trois héi-ésies : 1» de ceux qui out combattu la divinité de Jésus Christ» S» de cfux qui n'ont pas foolu reconooitre rbumaoité do Jésus ChrisS 3*^ de ceux qut, reconnoissantU divioita et ThumaDité de Jésus -Christ, ont seulement nié l'union de Tune et de l'autre, teliequele Saint-Esprit i*a fait^ et telle qu'elle inbsistera toujours. Dogmes impies, que l'Église a frappés de ses aoatbèmes.
Il est donc Trai que le Verbe de Dieu s*est réellement Hait cbairi çt puisque U oh^ir de oe Verbe fait homme est la chair d'un Dieu, jugeons avec quel sujet saint Panl t prononcé un si terrible arrêt contre ceux qui là rec^dTent indignement dans la oom-^ munion. Quelle épreuve Marie fit-elle d'ellc-mèfflie ayant que de consentir à l'ii^çap* nation de ce Dieu-Homme dans son sein ? Faisons de no^ la même éprauve pou^ neoi disposer à la communion pascale.
DsuxiàHS PAiTiB. Alliance du Verbe a? ec la chair par rapport i Uàr\fi, qui devient mère de Dieu. Aisance que l'hérésiarque Nestbrios ne voulut pas rapoonoitre, re(î|« saut à Marie le titre de mère de Dieu. Mais on sait aveo quel làle rÊglise prit les in* térèts de cette vierge, et comment elle arrêta dans le concile d'Éphèsttqne |^ titre d« mère de Dieu seroit ua terme consacré contre l'hérésie nestorienne^ 9ùmm» celui d# con^ubstanlkl Tavoit été dans le concile de Nicée contre l'héréaie éri^onfu
Aiusi nous croyons que Marie est vériUiblement mère de Dieu ; et c'est sur cette um* ternité divine que sont fondés tous les honneurs que nous loi vendant» |lioai a^ f9À* sons pas une divinité; maisssns l'élever jusqu'à Dieu, est-il dn reste nn^ grapdfiir comparable k celle de cette mère de Dieu? Considérpns-h soui deux rwoiia* l'm à Dieu, l'autre aux hommes : 1^ Marie, mère de Dieu i c'est le premier rapport : 2^ Mf^ rie whre de Dieu, devenue par-là même la médiatrice et comme la mèi« deabonmaas; c'est le second. Or quelle gloire lui doit revenir de l'un et de l'autre?
1. Marie, mère de Dieu. La virginité et la maternité jointeaeosembl^» gnel prodigtl Un Dieu dépeodanL d'une vierge en qualité de Qls , quel honnenr pour cette vlefgeK
2. Marie, mère des hommes, puisque tous les hommes sont non senleaaent les finàre^ mais les membres de ce Dieu-Homme qu'elle a porté dans son sein. De là niéUiatrU» et protectrice des hommes. Adressons-nous dooc à elle avec conliaiioti ce ne sern pas en vain : mais nous eu recevrons ce que tant d'autres en ont regu.
TaoïsiànB Piaxu. Alliance du Verbe avec la chair par rapport à iioos, qui derenoQS enfants de Dieu. Car le Verbe di?in n'a pu ae revôdr do la chair de rhomme* sans contracter avec les hommes la plus étroite afHaité; et du monent qu'il nous » ainsi unis à lui, en sorte qi)e oous ne raisons avec Ini qu'un mémo corps, nous ponvoaa dire, dans un sens propre et réel, que nous som^ues eufautsde Dieu. Sur cela, voynaa i^ ce que nous devoos à Dieu, £° ce que nons nous defons à nousHBlêmea*
f . Ce que nous devous à Dieu comme eolanls de Dieu ; l'obéissance à ses ordres, nt le zèle pour sa gloire. Sans cela, que sert-il de l'appeler notre Père? Si cette obéis* sance et ce sèle nous doivent coûter, ils ont encore plus coûté à Jésus-Cturist.
2. Ce que nous nous devons à nous-mêmes comme enfants de Diei| : ne pas défé> nérer de cette glorieuse qualité par une conduite qui nonseii jende indignes.
I*' sua u rcBincATiON ob u visaos.
Sujet. Le temps de ia pwifienUê» de Marie Heni of cnmpii selon In loi de Màise, Us parièrent Venfani à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
Tont cela se fait selon la loi, et nous apprend comneat nons dCfons observer la loi de Dieu.
Division^ En ce que Marie obéit à la loi, nous tronfons la conAiiioa de notre orgueil qui s'élève contre la loi de Dieu, première partie : en ce que Marie surmonte toutes les difficultés de U loi, nons trouvons la eondannation de noire Ucbdé qui se décourage au moindre effort qu'il faut fati^ pour gardtf la àoàée Dien, denxlènn partie.
PaiHiàai PiBTii. £n ce que Marie obéit à U loi» nous tronroai ta cnafàska de mh Ire orgueil qu( s'élè?e contre la loi de Diea. Noos nous élevons contra wlta loi difiMi
i^pn ooe réfolte de cœor, 2* par un aTeoglemenft d'esprit : or robéitsanee de Marie confond aujourd'hui l'un et l'autre.
f . RéTOlte de cœur , lorsque nous disons comme l'ange rebeFe : Non seniam ; Je ne yeux point me soumettre. C'est surtout le péché des grands. Mais sont-ila plus grands que ne l'étoit la mère de Dieu ? Non seulement elle se soumet à la loi, mais elle y soumet son fila, c'est-à dire un Dieu. Belle leçon et pour les grands et pour les petits. Pourquoi un Dien-Ûomme sujet à la loi P pour tous foire entendre, grands du monde J'cÀHgation ob vous êtes de viYre dans un parfait assujettissement ans loia de Dieu. ObHgation spéciale pour trois raisons : \^ parceque plus tous êtes granda, plus fons êtes capables de rendre k Dieu l'hommage qui lui est dû en qualité de soureraiii législateur ; 2p parceque Dieu ne tous a distingués dans le monde que pour le glorifier de la sorte; 9» parceque Dieu, en tous plaçant au-dessus du commun des hommes, a prétendu tous proposer au moode comme des noodèles de l'obéissance que nous lui de- TOos. Je dis pins : pourquoi une mère de Dieu, et par son ministère on Homme-Dien, aoomis à la loi? Pour trois autres raisons qui tous regardent, tous que le Seigneur a réduits aux rangs des petits : iopour tous consoler de l'état oh tous êtes ; 2^ pour tous instruire de la manière dont tous deTCz obéir aux hommes pour Dieu, et à Dieu dan les hommes ; 5* pour confondre tos désobéissances à la loi de Dieu, lorsqae tous aTes tant de soumission aux lois des hommes. Il estTraique l'assujettissement oh noos tient la loi de Dieu, nousparoît gênant et humiliant : mais Jésus-Christ et Ifarie s'en Ibnt une gloire. Après cela laissons-nons entraîner à l'esprit du monde» ennemi de toute loi de Dieu !
ÀTCuglement d'esprit, quand nous cherchons des prétextes pour nous dédiarger àa fardeau de la loi de Dieu. Jésus-Christ et Marie s'y soumettent, quoiqu'ils ensnot un droit ineontestable de s'en dispenser : Dieu, dit saint Augustin, n'ayant pas Touhi que notre religion, dont Jésus et Marie jetoient alors les premiers fondements, oonunençik par une dispense. G'éftoit néanmoins une dispense légitime, et presque tontes les nôtres sont fausses et abusiTcs. Suis-je obligé à cela? dit-on; est^w un commandement absolu pour moi? Ce n'est point ainsi que le SauTcur du monde et sa sainte mère se sont retranchés sur l'obligatiott; et c'est une règle qui Ta à nous faire rioler les lois les plus indispensables. Mais ne nous y trompons pas, car Dieu en jugera tout antre ment que nous.
DnjxiftHBrAani. En ee que Marie smroonte toutes les difficultés de la loi, noos trouTons la condamnation de notre lâcheté qui se décourage, an moindre effort qu'il flmt faire pour garder la loi de Dieu. Nous nous figurons que cette loi exigertrop de nous, 4* porcequ'elle nous engage à nous dépouiller en mille occasions de ce que nous aTons de plus cher ; 2" parcequ'elle nous priTe de certaines joies et de certaines douceurs de la Tie à quoi nous sommes attachés ; 5* parcequ'elle nons ordonne en bien des rencontres de renoncer à un certain honneur mondain dont nons nous pignons. Mais à cela j'oppose trois leçons que nous ftât anjourd'hni Marie.
Première leçon : Marie n'a qu'un fils ; et pour se soumettre à la loi, elle se résout à le sacrifier. Ce que nous aTons de plus cher est-il comparable à ce Dieu-Homme?
faTeurs de Dieu. Entrons dans les mêmes sentiments, et rien ne nous contera.
Seconde leçon : Marie, pour garder la loi, sacrifie toutes les joies de son ame. Siméon Ini prédit qu'en conséquence de l'oblatiôn qu'elle fait de son fils pour être immolé sur la croix, elle sera percée d'un glaire de douleur; et déjà elle ressent tont ce qu'elle ressentira alors. DeTons-nous refuser après cela de sacrifier à la loi de Dieo des joies aussi Talnes que les nôtres, des joies que nous sacrifions tous les jomv an monde, et à quoi Fesprit de pénitCDce nons oMige de renoncer?
Troisième leçon : Marie, pour accomplir la lof, sacrifie jusqu'à son honneur, poîaqu'en se purifiant elle parolt de même condition qae les autres femmes. Or la loi de Dieu ne nous engagea rien de si humiliant; mais tons les jours néanmoins nous l*abandounens ponr un ftinx honneur, et pour contenter une folle ambition.
Compliment an roi.
ANALYSES DES SERMONS. m5
II* SOI LA PUBIVIGiTIOH Dl II TIUUSI.
Sum.Letemps de la purification de Marie étant accompli selon la loi de Moïse, ils portèrent l'enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur.
Deox myitères exprimés dans ces paroles, la purification de Marie, et la présentation de Jésos-Ghrist. Tirons-en les fruits de sainteté qu'ils peuvent produire dans nos
(oœnrs.
Division. Jésus-Christ dévoué et consacré à Dieu, nous apprend à connottre Bien : première partie. Jésus-Christ offert et immolé pour nous, nous apprend à nous connottre nous-mêmes : deuxième partie.
PBEHièBB piBTiB. Jésus-Christ dé? oué et consacré à Dieu, nous apprend à eonnoltre Dieu, 1» comme souverain Seigneur; 2° comme source de tous les biens; S^coomM vengeur du péché.
i . Gomme souverain Seigneur. Si Marie présente Jésus-Christ, c'est pour honorer la souveraloeté de Dieu, selon qn'ilétoit porté dans la loi : Consacrez-moi chaque premier-né : car toutes choses m'appartiennent. U falloit que la loi de grâce donnât à cette cérémonie toute sa perfection : comment ? en offrant à Dieu, dans la personne de Jésus-Christ, nn premier-né au-dessus de tous les autres ; c'est-à-dire, i^un premier-né qui représentAt tons les hommes dont il est le chef; 2» un premier-né égal à Dieu, et vrai Dieu. De là comprenons -quel est le souverain empire de Dieu, et de là même jugeons quel est le désordre de l'homme qui veut vivra à l'égard de Dieu dans nndépendame s indépendance qu'affectent surtout les grands; indépendance qui vient dans les uns d'un onhli général de leurs devoirs ; dans les autres, d'un excès d'a- . mour-propre; dans ceax-d, d'un esprit d'orgueil; dans ceux-là, d'un fonds de libertinage. Que nous prêche au coqtraire l'exemple de Jésus-Christ ? une dépendaooe entière de Dieu : tel est le premier fruit que nous devons retirer de cette soleonilé. Je ne suis pas à moi, mais à Dieu ; donc je ne dois vivre que pour Dieu : c'est dans cet esprit que tout chrétien a dà se présenter aujourd'hui devant les autels, pour faire à Dieu un sacrifice parfait de lui-même.
2. Comme source de tous les biens. Des Jmîi offroient à Dieu leurs premiers-nés en mémoire du bienfait signalé qu'Us avoientreça, lorsque Dieu, pour les délivrer de l'esclavage de Pharaon, avoit fait périr dans une seule npit tous les premiers-nés d'Egypte; et Jésua-Christ, qui étoit la fin et le consommateur de la loi, est aujourd'hui offert comme premier»né de tout le geore humain, en action de grâces des obligations infinies que nous avons à Dieu. De sorte que ce Sauveur des hommes est |o le modèle de notre reconnoissance envers Dieu; 2* le supplément de notre reconnoissance envers Dieu ; 5« la perfection de notre reconnoissance envers Dieu. Mais au lien de cette reooniiolssanee, quelle est notre ingratitude t nous méconnoissons les blenCûts de Dieu, et noua en abusons. Cependant nous lui en rendrons compte; et s'ils ne servent pas à notre sanctification, ils serviront à notre damnation.
5. Comme vengeur du péché. Jésus-Christ est offert à Dieu comme la victime du péché, et c'est id, aussi bien que dans sa circoncision , qu'il parolt sous* la forme de pécheur, ou qu'il se substitue eu la place des pécheurs : du reste, tette'^oblation de Jésus-Ûbrist ne nous dispense pas du devoir de la pénitence ; au contraire, elle doit nous y exciter en nous faisant voir combien Dieu hait le péché, et jusqu'à quel point il doit être ha! et puni par nous-mêmes : mai^ c'est ce que nous ne voulonspoint omprendre.
DBuxiànB pABTiB. Jésus-Christ offert et immolé pour nous, nous apprend à nous connottre nous-mêmes. Rien de plus nécessaire que cette couDoissance de nous-mêmes ; et en particulier, rien de plus utile que la connoissance de notre vraie grandeur. Or, ce mystère nous découvre 1» notre excellence, 2* notre dignité.
i . Nohre excellence, c'est-à-dire ce que nous valons dans l'estime de Dieu. Pouvonsnous l'ignorer en voyant Jésus-Christ livré pour nous? Voilà, homme, ce que votre ame et votre salot ont coûté à Dieu. Tellement qu'il y a de la proportion entre votre aalut et le sang d'un Dieu,- entre votre ame et la vie d'un Dieu, entre vous-même et la personne d'un Dieu. Gela supposé, quel est notre aveuglement, d'abandonner lo
Min de cette ame et de ce salut J Le Fils de Diea disoit aotrefois : Quel échange rhomme doanera-t il poor son ame? mais nous pouvons bien dire à présent : Pour quel échange Tboi^me ne donneroit-il paé son ame, et ne la donne-t-il pas tous les jours? Or c est ce prodigieoz tTeoglement que Jésas-Cbrist fst Tenu guérir.
2. Notre digoité, c'ett-à-dlre ce que nous sommes par la vocatioa et par la prédestioalion de Dieu; car» eu conséquence de cette rédemption que le Ssn?eur des hommes Tient de commencer en se présentant pour nous, nous appartenons spécialement à Qieu. Appartenir aoz hommes, c'est un esclavage qui obus humilie j mais appar- ^nir k Dieu, c'est un état de liberté qui nous relève ea nous dégageant de la servitude du monde et de l'enfer : deux conséquences que tiroit l'Apétre de ce principe : ^mpti êstis prdio magno : Vous avez été achetés à un grand prix. 1° Glorifiez dooe Dieu» et portez-le dans vos ^sorps en vous revêtant de la mortification de Jésus-Christ; 2» ne TOUS engagez donc plus dans la seryitude des hommes : senritude si pernideose pour le salut, et même si dure poui^ la vie présente. Appliquons-nous à nous-mêmes cette parole de TéTangile, de ce jour : 5anctum Domino rocaditur : car« selon le sent qn*elle exprime , nous sommes chacun le saint du Seigneur, c'est-à-dire que noos iommes totalement dévoués au Seigneur.
Compliment au roi.
III« SDl Li rCftIFICiTIOlV DB LÀ YIEBGK.
êëtwt. Le temp9 ée la purification de Marie étant aceompH seUm la loi de Moïse, ils portèrettt l^enfant à Jéruiolem, pour le présenter em Seifneur.
C'est aioai que noua deyona noua présenter nous-mêmes à Dieu.
Division. Jésus- Ciurist se présente à Dieu pour reconnoitre et pour honorer le domaine de Dien : domaine essentiel que nbos devons reconnoitre, comme Jésus-Christ, par une ainoèi*e oblation de nous-mêmes, première partie : domaine oniverael que noua devons recoanolire, comme Jésus-Christ, par une entière oblation de nousmêmes, deuxième partie : domaine éternel que nous devons recoimoître, conune Jéaua-Cbrist, par use prompte oblation de nous-mêmes, troisième partie.
PuBiiiaB PÀiTii. Domaine essentiel que nous devons reconnoitre, comme Jésus- Christ, par une sincère oblation de nous-mêmes. De tous les tributs qae noua devons ^ Dien comme an souverain Seigneur, celui par où noos distinguons Diea comme Diemê c'est çet^e oblation de nous-mêmes; car nous ne noos devons noua-mémes qu*è Diea : v,oilà l'important devoir que Jésus Christ noua enseigne dans ce mystère. Il Mit que le dofnaUie de Dieu son Père a été violé, et il en vient réparer la gloire : oomaent ? en s'offrent Ininnême. Mais que sert de nous offrir ainsi nous-mêmes» puisque ooiia appartenons déjja esseotieUement à Dieu en qualité deciréatures?.Il est Tral» nous appartenoua d'une façça à Dieu par la nécessité inséparab'e de notre être : mais comme il nous a faits libreS| nous'pouvona d'ailleurs ne lui pas appartenir par le cboix injuste et criminel de notre vukinté. Or il veut qu'en noos présentant noo&HiièiQes à lait BOjm Inr^ppartenionB volontairement, comme noua lui appartenons déjà néoessairenoent : voilà ee qui fait en quelque sorte la perfection de son domaine, ce qui Mt sa gtqUreetlanôtre.
Qu'e^-ee proprenMnt que noos^màmes , et qu'eatendons-nons par noua offrir nous-mêmes? C'est offrir notre coeur ,^ qui est comme notre premier-né. Blea vent l'avoir ; il en est jaloux, et il le mérite bien : serons-nous assez injustes pgur le lui refuser? Nous lui avons dit cent fois qne nons hii donnions ce conir ; mais par le péché nous le lui avons ravi : et pourquoi? pour une passion qui nous dominoit. Faiaooa- Itti le sacrifiée de cette passion, et il nous comblera de §eê grâces.
Yoas me direz : Mais cette passion est criminelle ; comment donc l'offrir à Dien? Voiet le miracle de la grâce ; cTest que ce qui noos rend criminels sert à noua sanci ifier par le sacrifice que nous en faisons. Ainsi, il faut, on que nons soyoûs saints pour nous oCTrv à Dien^ on qu'en noua offrant à Dieu nous devenions saints ; car nous le deve- 9K>aa ea effet, puisque s'offHr à Diea slnoèrenieot et de bonpe foi, c'est se aanctiller. Il n'en est pas ainsi à l'égard des grands : on peut ae donner à eox^et n'en èlre pas meilleur : à quel autre maître dois-je donc plutôt mè consacrer qu'à Dien?
Dratita mm. Domaiiie nnlverfel que nous devons raeonoottre» eomnid Mat- Cairitt, par une entière oblati<m de noos-mèoies : carie mérite delà reUgion, ditsaint AmbroiM, «1 de Mre à Diea Toblation de Boi-ménie dans une étendne proportionnée è celle da domaine de Dien. Jésus-Christ s'ofire à son Père sans ré8er?e« et jusqu'à t*ei^eer même & lut sacrifier tout son sang et sa tle. Et si nous tenions user de ré- •BTfe BTee IMen, e'est que nous île eonnoissons point encore asseï bien le domaine de Bien d'une part, et de l'autre la tyrannie du monde : le domaine de Dieu, de qui tout dépend ; la lyranale du monde, qui prétend qu'on lui sacrifie tout, et pour qui en effet nous n'épargnons rien.
Avons-nous jamais Men pénétré le scnis de ces paroles que Dieu dit.è Moïse, et sur quoi est fbndée la cérémonie de ce jour : Mea sunt omnia : Tout est à moi ? Tout est à IMen, parwqnMl est Païuteur de tout, parcequ'il est le conservateur de tout, parcequ'il dispose de tout : de là apprenons comment nous devons être à Dieu ; et toutefois com- ■ient 7 somBses-nous? nous occupons*nons de lui ? agissons-nous pour lui? nous sou* Bietions-noas à lui et à ses ordres ?
Vouloir retenir quelque chose et lereflBtte^ à Dieu, oTest n'aroir plus pour Dieu cet amour de préférence qui le met à la tête de tout; et ne le pas aimer de cet amour de IMTéféreace, c'est se rendre indigne de sa grâce : voilà ce qui arrête tanllile converdens. Un péèhenr voudrolt se donner à Dieu ; msis ce qui le retient, et ce qid fait évanoufar tous ses projets, ce n'est souvent qu'un seul point. Disons à Dieu ccmime lïarid: LœtHS oWiiW unirersa : C'est ayec joie. Seigneur, que je vous offrirai toutes choses : pourquoi ? Tu dominoris omnium : C'est que tontes choses tous appartien-
TaoïsiÉHi PAITIB. Domaine étemel que nous devons reconnoltre, comme Jésus- Ghrist.por une prompte i^hlalion de nous-mêmes. En conséquence de cette éternité de éomaine , il n*y a pas un moment oOi nous ne deyions être à Dieu, puisqu'il n'y a pas on moment où nous ne dépendions de Dieu. D'où saint Thomss conclut que l'homme, dès le premier instant qu'O connoft Dieu, est obligé de l'aimer et de s'élever vers loi ; et e'estea oetfens que saint Augustin disoit à Dieu : Beauté si ancienne, je vous ai mimée trop tard. C'est encore par cette règle qoe les prophètes ne demandolent p^s BMiBS à l'hoanne qu'une éternité de culte et d'adoration , c'est-à-dire un culte de toute la vie.
l4iut>Christ nous donne là-dessus un grand eiemple. Dès sa plus tendre enfance il te présente à son Père; mais nous, nous voulons être à Dieu : quand ? toujours pour l'aveoir, et jamais pour l'heure présente. Est-ce là honorer Dleo, on n'est-ce pasl'onirAfer ? Mais que Asra-t-il? il nous méprisera à son tour, etllnous privera de sa grâce; en sorte que nous ne reviendrons jamais à lui. Cela néanmoins ne doit pas désespérer ceux qui jusqu'à présent ont passé de longes années sans se donner à Dieu ; car n y en a eu, après tout,qul, malgré d'aussi longs retardements, ont été appelés et reçus de Dieu; mais aussi, comme 11 y en a plusieurs à qui Dieu n'a pas fait la même miséricorde, c'est ce qui'doit instruire et.saisir de ft*ayeur ceux qui, dans un âge moins avancé) sont en état de comacrer à Dien les prémices de leurs iannée^. Ne différons dompcst mais offrons-nous, comme Jésus-Christ, de bonne heure, et par Marie. • Compliment au roi.
l^ aoi L'AsacarnOR ni la visaoï.
Sujet, ilfaris a choisi la mtUlewre part, qui ne lai ssra point étée.
Ce mystère de l'assomption de Marie est par excellence le mystère de sa gloire; tnais si nous savons bien nous l'appliquer et en profiter, il n'est pas moins le mystère de notre espérance.
DmsiON. Noos donnons communément dans deux erreurs sur le sujet de la gWra de Marie : l'une regarde les moyens par où elle y est parvenue ; et l'autre» les arantagrs qui bous en doivent revenir. Or voyons^, pour notis garantir de la première erreur, quel a été le vrai principe de la béatitude de Marie, première partie : voyons, jxmr nous préserver de la seconde, quelle est la mesure du pouvoir de Maria» deaàèaw partie. Voilà de quoi exdter tout à la fois et régler notre espérance.
f PuMiBas PAETiB. Qoda été le vrai principe de la béatitude de Marie» c'eil-ànlire ponrqaoi Marie esi-elle aajourd'hiii glorifiée dans le ciel? eit^M» pareeqa'elle a été mère de Dieu ? Non ; maif , I ' parcequ'elle a été obéit saute et fidèle à Dlea ; 2» paroeqa'elle a été bnmUe devant Dieu.
f . Parcequ'elle a élé obéiiiante et fidèle à Bien. C'est ainsi qoele Samrear da monde s*en déclara, lorsque cette femme de rÉ?angile lai ayant dit , BUmltiewrtux le «ein qui vous a portai il loi fit cette réponse : Mo^ phAûi, heureux ceux qvA écoulent la parole de Dieu et qui la m«tt«nt en pratique! Par où il donnoit à entendre» reprend saint Angoatin, qne c'était l'obéissance et la fidélité de Marie qui faisait son bonbeur, et non pas la maternité dirine. Or ce qoi faisait alors le bonheur de Marie, c*ett ce qui a fiiit depuis sa gloire dans le ciel. Avoir été mère de Dieu, c'est m henheor qu'a reçu Marie ; mais avoir été fidèle à Dieu, c'est un mérite; et Dieo, dans sa mère môme» ne couronne que le mérite.
2. Parcequ'elle a été humble. C'est en ce sens que saint Ambroise prend œa paroles de Marie : Quia respexit humilitatem auciUœ suœ ; ecce enim ex hoc beotam me dir cent omnes generationes : Pacoeque le Seignenr a jeté les yeux sur la bassesse de sa aervaule, et qu'il a été touché de l'aveu qu'elle en faisoit; pour cela, et pour cela apécialement#elle sera béatifiée. Les anges, dit saint Bernard , voyant Marie noonler an ciel avec laot de pompe, eurent bien lieu de s'écrier commeles compagoas de réponse; Que^est istaf Qui est celle-ci?]mais on eût bien pu leur répondre ce que ce saint Paul disolt du Fils de Dieu : Quod autem ascendit, quid est» nisi quia et descendUf Elle est élefée, parcequ'elle s'est abaissée.
Voilà, encore une fois, ce que le Sauveur du monde a couronné dans Marie, aans considérer en aucune sorte qu'elle étoit sa mère : pourquoi? paroeçi'en la cQnnmnant , il n'agissoit ni en fils , ni en homme , mais en Dieu et en juge sourerain. Ainsi l'avoit-il déjà traitée par avance aux noces de Gana et en d'autres occasicMu. On peut dire néanmoins d'ailleurs que sa maternité a contribué à sa béatitude : comment? en ce qu'elle a en , comme mère de Dieu, de plus grandes grâces dont elle a rempli la mesure par sa fidélité; en ce que sa maternité a rehaussé le prix de son bnnrilité : mais toujours est-il vrai que la cause procbaine de la béatitude de Marie n'a point été sa maternité divine, et que c'a été seulement sa fidélité d'une part, et de l'aotra aon hnmUité.
Puissants motib, 1» pour exciter notre espérance : Marie ne parvient à la gloire que par le même chemin qui nous est ouvert à tous; 2" pour npns iospirer on saint mépris de tout ce qui s'appelle distinction et grandeur dans le monde; ce n'eak point par-là que nous mériterons la gloire du ciel ; 5o pour nous faire même peu compter sur certaines grâces , quoique d'un ordre surnaturel, à mdns qu'elles ne soient aonlenues par la sainteté de notre vie.
DankiÈBiE pàbtie. Quel est dans le ciel le pouvoir de Marie pour nous secourir? H est certain que nous pouvons saintement et ulilement invoquer la mère de Dieu; car on s'adressoit bien à elle lorsqu'elle étoit sur la terre, et l'on employoit bien sa médiation auprès de Jésus-Christ pour obtenir de lui des grâces : maintenant qu'elle estdans le ciel , pourquoi le poarroit-on moins? 1® Est-ce qu'elle ne voudrpit plus s'intéreaMr pour nous? mais dans le ciel sa charité est plus ardente que jamais; 2^ est-ee qu'elle ne peut plus nous secourir? mais dans l'état de sa gloire, seroit-elle moins puissante qu'elle ne l'étoit parmi nous, et dans ce lieu d'exil? 3o est-ce qu'elle ne coonoft plus nos besoins, et qu'elle n'entend plus nos prières ? mais les anges , à qui Dieu a confié nos personnes, nous entendent bien ; 4<* est-ce que l'asage de l'invoquer bleaae Fhonneur de Dieu? erreur pitoyable; car nous l'invoquons , non comme celle à qui il appartient de donner la grâce , mais coqime celle qoi peut nous l'obtenir. Noua pouYons donc invoquer Marie, et ce droit de recourir à elle est un des plus fermes appois de notre espérance. Nous avons dans cette vierge, i<* une afocate toute puissante aaprès de son Fils > qui est notre juge; et qaand nous l'appelons toute puissante, ce n'eat pas à dire qu'elle soit au-dessus de son Fils, mais qu'elle peut tout obtenir de lai, et par la prééminence de sa dignité, et par le mérite de sa personne; 2° une mère de miaéricorde pour les pécheurs/puisque c'est aux pécheurs mêmes qu'eUç^BSt en quelque manière redevable de toate sa gloire.
Voilà notre espérance : meis quel en eit l'aboB? cTeit qne «mu osons noos promeitre de la protedkm de Marie, !• des graeea chimëriqaes et impossiUes; 2» des gradés possibles, mais mlraculeoses; 5<* des grâces, s'il y en ayolt de telles, incapables de noua sanetifler, et beanoonp plna capables de noos perTertir ; 4* des graœs selon notre goût et les deiirs corrompus de notre cœur. Or ce n'est point pour cela qae la mère de , Dien est^tnissante. Espérons en elle , mais qœ notre espérance sût juste et réglée»
Prière à la Vierge.
n* pom LA wtn OB L'AssoMPTioïc, auR Li oiroriOR a la tibrob. Som. Jésus entra dans une bourgade, et une femme le reçut dans sa maison.
Cette fenune, selon le sens que l'Église donne à l'Évangile de ce jour, c'est Blarie qui reçut dans ses diastes entrailles le Fils de Dieu : et c'est dle-méine aussi qui est aojonrd'hui reçue par cet Honune-Dieu dans le s^onr de la gloire. N'entreprenons point d'expliquer aTCC quelle pompe elle entre dans le del ; mais voyons quelle doil être sur la terre.notre dévotion envers cette glorieuse mère.
Division. Trois devoirs en quoi consiste la dévotion à la Vierge : l'honorer , maia l'honorer jndieieusement; première partie : l'invoquer, mais l'invoquer efficacement; deuxième partie : l'imiter, et l'imiter religiensement ; troisième partie.
PaniÈaB pabtib. Honorer Marie, mais l'honorer judideniement. S'il peut y avoir parmi les personnes adonnées an service de la Vierge quelques dévots indiscrets , il fiittt aussi convenir qu'il peut y avoir parmi ceux qui censurent les dévots de la Vierge, desceniènrs indiscrets. Ils se sont plaints, i* qu'on rendoit des hommages à Marie comme à une divinité ; 2^ qu'on loi donnoit des titres d'honneur "qui ne loi apparienoient pas, surtout ceux de médiatrice et de réparatrice ; 5o qu'on lui attribuoit de nouveaux privilèges qui ne nous étoient révélés ni dans l'Écriture ni dans la tradition. Examinons ces piaintesi et de là même tirons des règles sûres pour honorer discrètement la reine du ciel.
I .On s'est plaint 90e ksdévots de Marie llionoroîent comme une divinité.Mais grâce à la Proridence, l'Eglise de Jésus-Christ n'avoit pas besoin de l'avis prétendu salutaire qu'on a touIu nous donner là -dessus; car ce n'est point à Marie que noos offrons , comme à Dieu, des sacrifices : nous l'honorons d'un culte inférieur à celui de Dieu , mais supérieur à tout autre que celui de Dieu , et c'est l'honorer judicieusement.
2. On s'est plaint que les dévots de Marie lui donnoient^des titres d'honneur qui ne loi appartenoient pas* surtout ceux de médiatrice et de réparatrice. Mais puisqu'elle est misre de Dieu, y a-t-il un titre d'honneur qui ne lui conrienne ? et, en particulier, saint Bernard ne l'appeUe-t-il pas expressément médiatrice et réparatrice, et ne témoigne-t-il pas que de son temps c'étoit ainsi que toute l'Église l'appeloit? Or c'est encore honorer judicieusement la Vierge, que de lui attribuer les qualités que tonte l'Église lui attribue. H n'y a qu'un médiateur de rédemption, qui est Jésus-iChrist; mais il y a d'autres médfateun d'intercession , et Marie, entre ceux-ci , ne doit-elle pas avoir la première place?
5. On s'est plaint du aèle que font parottra les dévots de Marie à défendra certains privilèges qu'ils reconnoissent en elle : privilèges de grace dans son immaculée conception, privilèges de ||[loiro dans sa triomphante assomption. Mais raisonnons toujours sur le même principe : de tous les privilèges qui, sans préjudicier aux droits de Dieu, servent à rahausser l'éclat de la maternité divhie, y en a-t-ti un seul que nous puissions raisonnablement lui contester? n'est-oe pas asseï que ce soient des privilèges reconnus par les plus savants hommes de l'Eglise, autorisés par la créaftce cx>nunone des fidèles, appuyés au moins sur les plus fortes conjectures et les- témoignages les plus solides? Or tels sont les privilèges que nous honorons dans Marie, et c'est par-là que noos les honoroos prudemment. Faut-il donc que le ministèra de la parole de Dieu soit aujourd'hui n^essahre pour maintenir le culte que nous rendons à la plus saintedes vierges? mais, malgré tooslesefrortsdel'hérésicle culte de Marîe a subeisté, et il subsistera.
aOB ANALYSES DES SERMONS.
DmitaB PUT». toTûoner Marie, maiifhiToqtHBr efflcaoeineat. Nons poofom io- Yoqaer Marie, puitqae l'Eglise a déflfli qae noua poaTons in?oqiier tes Saints » et qne d'ailledrs il est certain qoe cette mère de Dten a totite la miséricorde et toot le pontolr nécessaire pour nous aider de son secours ; c'est ainsi qne les Pères ont raisonné. Non sealement nons ponvons intoqner Mtfrie« mais nons le derons : poarqnoif pour DOns conformer A l'Église, ponr nons attirer la grâce, ponr nons procurer contre lei dangers dn monde une puissante protection , pour assnrer notre saint. Mais le peint est d'inroqner cette vierge efficacement, c'est-à-dire de telle sorte qu'elle puisse agréer nos prières, et que «oas m l'iATOquIofts pas en f aln i sur qnol il y adenx eitrémltéi à éviter, |o trop de confiance dans la protection de Marie ; 2* trop peu de oonfianoe dans cette même protection.
1 , Trop de couflance ; car nons lui faisons quelquefois des prières présomptueuses, et par-là injurieuses à Dieu , indignes de là mère de Dieu, et pernideoses pour oonsmêmes : or de telles prières ne peuvent être efficaces.
2. Trop pen de confiance. Il semble, à entendre parler les censeun du culte de li Vierge, qu'un pécheur, dans l'état de son péché, ne peut avoir recours à eOe, pare^ qu'il n'est pas actuellement contrit et pénitent, et parcequH n'a pas l'amoar de Dieu. Mais, sans être actuellement contrit et pénitent, ne peut-il pas demanda, par l'inlercession de Marie, la grâce de la pénitence? et , sans avoir actuellement Tamonr de Dieu, ne peut-il pas le désirer, et l'obtenir par Marie? Dans un siècle où nous voyooi tant d'âmes s'égarer et se pervertir, ne leur fermons pas les voies du retour et dû saint. Or une de ces voies les plus assurées, c'est une sincère conflanee eo Marie.
TaoïsiàHt pABTit. Imiter Marie : !• ce que nous dCToos imiter dans Marie ; 2" pour^ quoi nous le devons imiter.
t. Ce qne nous devons Imiter dans Marie , c'est sa sainteté : 1» la plënitnde de si sainteté; 2» la perfection de sa sainteté; S» la persévérance et la fermeté iarartablede sa sainteté.
2. Pourquoi nous la détoné Imiter : pour avoir part à la gloire dont elle prend sejonrd'hui possession ; c'est par le secours de cette vierge que nons pouvons imiter set exemples. Adressoas-nons à elle podr cela, dévouons-nous à elle eemme mnde dh rois , et faisons une profession publique de notre dévouement.
Prière à là Vierge.
!•■ POUa Li FtTS DB TOUS LES SAINTS*
Sujet. Dieu eH admirable dans ses Saints.
Admirable daHs lètir préJestlnation, dans leur vocation , dans tonte réeonomiede leur salut , dans leur béatitude et dans leur gloire. Mais n'en demenrona xms là ; w il 7 a des choses qui doivent encore plus nous toucher.
DttisioN. Dieu est admirable de bons avoir donné les Saints pour Interoesseurs d tMur patrons; première partie : admirable de nous avoir proposé les Saints ponrn» dèies et ponr eiemptes; deuxième part*e.
PSKHifcttË rARTle. Admirable de nous avoir donné les Salnts'pom' intereesseun d pour patrons i pourquoi? I* parceqn'en cela Dieu nons découvre visiblement In trésors de sa sagesse et de sa providence ; 2° parceqoe la gloire dés Saiata en est ialniment relevée ; 5* parceque nous 7 trouvons dé très grands atantages poor nolit salut.
1. Dieu, en nous donnant les Saints jfiour patrons, nous déeomre Tisiblemect la trésors de sa saffesse et de sa providence : car c'est ainsi qu'il établit le plus bel ordre et la subordination la plus parfaite qu'il puisse y avoir entre les hommes. Nous dépea* dons des Saints , et notre dépeddance noas est aimable , parceque nons sarons que la Saints s'intéressent en boire faveur. LeUr élévâttou, au lieu de les enfler, leur dooal des ioClinati(»ns bienfaisantes pour nous; et, an lieu d'eiciter notre jalousie» die nos Inspire une reconiioi»sance affectueuse pour eni. De plus , c'est ainsi que Dieni trouvé le moye» d'entretenir une sainte correspondance entre l'Eglise trlomptasd dans le ciel , l'Église militante sur la terre , et l'Église souffrante dans le porgatoir
2. La gloire des Saints en est inflelment relevée. En effet ^ Aous apprenons de 1 quel est le pouvoir des Saints : et s'ils sont si puissants pour les autres, quels trésQ
àe gloire ne poMèdent-Ui paê pour emc^mènieif quelle gloire d'être not mëdiateart •oprèi de Dieai et dei naédiateun àqoi Diea accordjB touit C'est par-là même eDoon qae Dieu nous engage à les honorer nous-mêmes : en sorte qu'ils ont tout à la fbis et tes boaneurs du ciel, et les honneors de la terre.
S. Nous y trou?ons de très grands avantages pour notre salut. Les Saints prient poar Dotis ; et comme leurs prières tont plus efficaces que les nôtre», elles contribuent dans un sens à notre salut plus que les nôtres : plus efficaces , dis<je, que les nôtres » soit par la dignité des Saints plus relevée, soit par leur charité plus épurée , soit par leur attention bi^ttcoDp plus constante et plus Oie; enfin, par leur ferveur beaucoup plas ardente : aussi combien de fois les hommes ont-ils éprouvé les salutaires effets de leur protection!
Mais comment répondons-nous à lenrs soins? Nous les déshonorons sur la teriis« nous violons les temples que l'Église a érigés sons leur nom, nous profanons leurs fêles. Aurons-nous après cela bonne grâce de reprocher aux hérétiques de notre siècle le mépris qu'ils ont fait du culte des Saints ? A cet abus qui regarde leur culte , nous en ajoutons un antre, qui est l'abus dé leur invocation. I^e parlons point de ces prières abominables qui feroient des Saints, s'ils les écontoient, les fauteurs de nos vices; ne parlons point de ces prières mondaines et intéressées qu'on fait aux Saints pour des biens temporels, sans jamais leur demander des biens spirituels. Le grand abus de Tinvocation des Saints dans les prières même en apparence les plus religieuses, c'est que nous voulons qu'ils demandent à Dieu pour nous ce que Dieu , selon les règles de sa sagesse, ne vent pas nous accorder/ et ce qu'il n'est pas à propos qu'il nous accorde. Nous les invoquons; et du reste, comptant stu* leur intercession, nous |)rétendons vivre sans vigilance , sans pénitence , sans gêne. Souvenons-nous que si les Saints sont puissants auprès de Dieu, ils ne le sont pas au préjudice de Dieu même, «t de ce que nous lui devons; et prenons garde qu'au lieu d'être nos protecteurs , ils ne deviennent nos témoins et nos juges.
Deuxiàmb rABTiB. Admirable de nous avoir proposé les Saints pour modèles et pour exemples; car cet exemple des Saints opère en nous trois merveilleux effets : P il nous persuadé la sainteté; 2» 11 nous adoucit la pratique de la sainteté; 5" il nous ôte tout prétexte par où nous pourrions nous défendre d'embrasser la sainteté. .
1. L'exemple des Saints nous persuade la sainteté : comment? En nous faisant comprendre d'une simple vue toute la perfection et tout le mérite de la sainteté : car qu'est-ce qu'un Saint? C'est une idée réelle, visible, palpable et substantielle de tonte la sainteté évangélique ; et Dieu , en nous le montrant , nous dit : Inspice, et fac secundùm exemplar : Regarde, et conforme-toi à ce modèle. Or il n'est pas possible de toir la sainteté , je dis la vraie sainteté , telle qu'elle a été dans les Saints, sans l'estimer : cette estime en fait naître l'amour et le deslr; et nous inspirer ces sentiments à l'égard de là sainteté, n'est-ce pas nous la persuader? L'exemple de Dieu n'étoit pas propre à faire sur nous le même effet, car, outre que Dieu est invisible, il n'est pas saint de la manière que nous devons Têtre; notre sainteté doit consister dans la pénitence,' dans la soumission , etc., et tout cela ne peut convenir à Dieu. Il falloit donc qu'il nous proposât des hommes comme nous, et de même nature que nous : or c'est ce qu'il a fait. C'est par de semblables exemples que l'illustre Mata'.hias confirma ses enfants dans le culte du Seigneur, et c'est dans le même dessein que l'Église a ordonné qu'on exposât à nos )eux les images des Saints.
2. L'exemple des Saints nous adoucit la pratique de la sainteté : car il nous apprend, io qu'il n'y a rien d'impossible dans la sainteté, puisqu'il n'y a rien que les Saints n'a*ent pu et au'iis n'aient sonlena ; £<> qu'il n'y a rien même de si difficile qui ne puisse nous devenir agréable , puisque les Sainis y ont trouvé et goûté Ici plus pures douceurs. Ces pensées réveillent notre courage , et le courage facilite tout.
5. L'exemple des Saints nous ôte tout prétexte par où nous pourrions nous défendre d'embrasser la sainteté. Détail de divers prétextes que l'exemple des Saints détruit : il5 ponvoient les alléguer aussi bien que nous. Qa'aurons^nous donc à répondre quand J>iea . dans son jugement dernier, nous demandera compte de l'affreuse différence qui paroitra entre leur vie et la nôtre ?
Compliment au roi.
II* POU LÀ rfert DK TOUS us flillITS.
Som, Le$ âisdplei de Jésus-Christ s' étant approchés de M, U se mit aies eti-
seiçner»
Que leur eueigiioit eedi?in maître? La sdence 'des Saints.
BiTifflON. Les SaiDti ont trooTé le secret d'accorder dans le monde leur oondition avec leur reUgion : première partie. Les Saints se sont servis de leur religion pour sanctifier leur condition : deuxième partie. Les Saints , par un heureux retour, ont profité de leur condition pour se rendre parfaits dans leur religion : troisième partie. Telle a été la science des Saints, et telle doit être la nôtre.
PamiBB PABTiB. Les Saints ont accordé dans le monde leur condition avec leur religion : |o ils n'ont point cherché la sainteté hors de leur condition ; 2® ils se sont aanctifiés jusque dans les conditions qui semblent les plus opposées à la sainteté; 5» par le moyen même de la pénitence , ils ont acquis la sainteté dans les conditions où Us s'étoient engagés sans avoir consulté Dieu, et où le seul mouTement de leurs passions les a?oit fait entrer.
1 . Us n'ont point cherché la sainteté hors de leur condition ; mais ils s'en sont teaas à la maxime de saint Paul, quand il disoit aux Corinthiens : Que chacun travaille à se sanctifier dans l'état et selon l'état où il se tronvoit lorsqu'il a embrassé la foi; car Toilà le sens de ce passage : VtMsquisque in qud vocatione vocatus est, in eâ permaneat apud Deum, Ainsi les Saints, sans se déranger et sans se déplacer, ont accordé la sainteté « les uns avec la grandeur, et les autres avec l'humiliation; les uns arec rppulence , et les antres avec la pauvreté, etc. Or ce qu'ils ont fait lorsqu'ils élâeat à ma place, pourquoi ne le ferois-je pas conune eux? n'y va-t-il paa de tout mon Intérêt?
2. ns se sont sanctifiés jusque dans les conditiods qui semblent les plus opposées à la sainteté : combien se sont sanctifiés an milieu de la cour? combien se sont sanctifiés dans la profession des armes? C'est donc une erreur de croire que ma oonditioD m'empêche d'être Saint : erreur qui ne sert qu'à nous décourager; au lieu que la pensée qu'on peut se sanctifier dans son état, donne de la confiance et anûne. C'est encore une autre erreur, de se persuada: qu'on serait plus à Dieu, et qu'on y poorroit i^ns être, dans une condition moins exposée; car celle où Dieu vous a appelé eil celle où il vous a préparé pins de grâces, et par conséquent la plus sûre pom: voui : Toilà ce qui a fixé les Saints.
3. Ss se sont sanctifiés, par le moyeu de la pénitence, dans les conditions mêmes oà ils s'étoient engagés sans avoir consulté Dieu , et on le seul mouvement de leurs passions les avoit fait entrer. Ne pouvant plus sortir de ces condilioos , ils ont cheidié dans leur religion une ressource à leur malheur; et c'a été de pleurer devant Diea, et de réparer, par une vie plus austère, plus exemplaire , plus régulière , le crime de leur imprudence : c'est ainsi que les Saints ont su accorder leur condition et lenr religion. Ce merveilleux accord leur a coûté; mais en peut-il trop coûter pour acquérir une science si salutaire ?
, Deuxièmb pabtie. Les Saints se sont servis de leur religion pour sanctifier leur condition. Ce que Salomon disoit de la sagesse en demandant à Dieu qu'elle travaillât toujours avec loi, les Saints l'ont pensé de la religion. Elle lenr a seryi, i^ pour éviter les désordres à quoi leur condition étoit sujette; 2» pour accomplir les devoin dont leur condition étoit chargée.
1. Us se sont servis de leur religion pour éviter les désordres à quoi lem* conditloo étoit sujette, n y a dans chaque coudilion certains désordres e88^ntiels que la religion seule peut corriger ; mais les Saints, en conformant leur condition à leur religicm, s'en sont préservés; sans cela la prospérité les eût éblonis, l'abondance les eût corrompus : mais parcequ'ils s'étoient fait de leur religion comme une armure divine pour se djéfendre de toutes les tentations, rien ne les a pu pervertir : et voilà ce que les païens mêmes ont révéré. Or puisque je professe la même religion, pourquoi n'en fais-je pas le mêmeussge?
2. Ils se sont servis de leur religion pour accomplir les devoirs dont lenr condition étoit chargée. D y a dans toutes les conditions certains devoirs pénibles ^t mortifîanti;
et laos la r^ligbn , les Saints auroient pris sèatoment de lenrs conditions ce qn*ll y aToit d'alile et de commode , et se seroient déchargés da reste; mais paroeqo'ils agis-* soient par principe de religion, ils ont satisfait ft toat; et en ysatisfidiant, leor religion leur a tout fait rapporter à Dien. Qoe tous êtes admirable dans vos Saints, ô mon Dieu V et que. la science de yos Saints est profonde et sublime 1
TaoïsitHE piaTiE. Les Saiuts, par un heureux retour, çnt profité de leur condition pour sç rendre parfaits dans lenr religion. Ds ont trouré dans leur condition, !• de puissants motifs ponr s'eidter à la pratique de leur religion ; 2» des moyens de glorifier Dieu et d'honorer leur religion ; 5' des croii dont ils ont fait la matière de leur pénitence, et des sacrifices qu'ils ont eu lé bonheur d'offrir à Dien dans l'esprit de lenr religion.
1 . Des motifs ponr s'exciter à la pratique de leur religion. Ce que leor condition les obligeoit à fiiire pour le monde ne sufBsoit-il pas pour lenr apprendre ce qu'ils dévoient faire ft plus forte raison pour Dien ?
2. Des moyens ponr glorifier Dien et pour honorer leur religion. Combien ont iàil pour Dieu de grandes choses, paroeqae leur condition les mettoit en état de les fàhne ? Si saint JLonis n'eût pas été roi , auroit-il porté tant de saintes lois? anroit-il bâti tant d'hôpitaux? Cependant, sans faire ce que saint Louis a bit, je trouverai toujours dans , la médiocrité de ma condition de quoi marquer à Dieu mon zèle et de quoi l'honorer.
5. Des croix dont ils ont fait la matière de leur pénitence , et des sacrifices qu'ils ont eu le bonheur d'offrir à Dieu dans l'esprit de leur religion. Par-là ils ont eu dans les conditions les plus relevées, et jusque dans les cours des princes, plus d'occasions de se sanctifier qu'on n'en a partout ailleurs. Soyons soumis et patients comme eux : c'est par la patience qu'on parvient à la même gloire qu'eux.
Compliment au roi.
FOCS LB JOOB Dl LA OOHHKXOaàTIOll DB8 HOSTS.
SuJiT. Je vQwsdk$ an vérité gue Vhtwre est ««nue» et e'et^ cett^ci, oii les morts eideh* érwd la voix du FUs de Dieu» et où ceux qui VentenârotU vivront.
Cette Yoix dn Fils de Dieu, c'est la voix de son sang, qui, dans le sacrifice de Pantel» a été aujourd'hui offert à Dien ponr les morts ; il s'est Mt entendre à ces âmes que la justice de Dien retient dans le pnrgatohre, et il lenr a annoncé l'Iieurense nouvelle de leur déllTrance.
Division. Ne pas secourir les âmes dn Purgatohre, parœqn'on n'est pas persuadé des peines qu'elles y souffirent , ni quHI y ait un purgatoire, c'est une conduite aussi déraisonnable qu'elle est pleine d'erreur : première partie. Être persuadé des peines qae souffrent les âmes du purgatoire, et ne pas travaillera les secourir, c'est une dureté aussi criminelle qu'elle est contraire à la piété et aux lois mêmes de l'humanité : deoxième partie. Être disposé à secourir les amês du purgatdre , et ne se servir pour cela que de moyens inefficaces, c'est nn désordre aussi commun qu'il est déplorable dans le christianisme : troirfème partie.
PasHiias PÀBTiB. Ne pM secourir les âmes dn purgatoire , parceqn'on n'est pas persaadé des peines qu'elles y souffrent , ni qu'A y ait un purgatoire , c'est une conduite aussi déraisonnable qu'elle est pleine d'erreur. Telle est néanmoins la condnile des hérétiques, et de ceux qui, par libertinage , entrent sur ce point dans lenrs senti- . ments : conduite où il est aisé de découvrir tnrfs grands défiuts.
f . Dans un donte de spéculation, ils se mettent an hasard de manquer à un des plus importants devoirs de là justice et de la charité dirétienne : car enfin les hérétiques, malgré eux , sont fbroés de reconnoltre que , conime ils n'ont point d'assurance qu'il y ait un purgatoire, aussi n'ont«ils point d'assurance qnll n'y en ait pas. Or dans un tel doute, conclure à ne point prier ponr les morts, est-ce une conduire sage ? Nous qui croyons le purgatoire , nous ne sommes pas pour cela certains que ceux d'entre les morts pour qui nous prions en particulier y soient actneilement; car ils peuvent être, on dans le ciel, ou dans l'enfer. Cepehdant nous prions toujours : pourquoi ? parceque, comme dit saint Augustin, il vaut mieux s'exposer à faire pour ces âmes des prières superfiues, que de se mettre en danger de ne pas faire pour elles des prières nécessaires. Ainsi devroient raisonner les hérétiques.
70â ANALYSES D£S SERMONS.
2. Ils ne prient pas poar lei morts, p.Tcequ'ils ne croient pas le pnrgstoire i tm toat an contraire, ils deyroient croire le pnrgatoire, parceqn'u est érideqtetiocooteitable qnM fitint prier pour les morts. Rien de pins solidement établi pir l'autorité de l'Eciiture, par celle des anciens conciles et des Pères , par tonte la traditioo, que la prière poar les morts. Or, s'il faut prier pour les noorts, il y a dooc on purgatoire. Mais pour ne Tonloir pas tirer cette conséquence , les hérétiques ment le priDcipe, et pour le nier, rejettent des livres de l'Ecriture très aqtheotiqnes jetas défèrçot ni au conciles, ni aux Pères, ni à la tradition.
5. De ce qui est incertain touchant le purgatoire , Us sç font ^ préjugé cootnie pnrgatoire même. Par exemple , ce qni les choqne , ce sont certaines peintures seoiibtes et affreuses qu'on nous en fait. Mais moi , si j'étois à leur place, je me ^ i moi-même : Jç oe sais poiot expressément ni où souffrent les âmes des mortiqv Dien pnrifie, ni ce qu'elles sou'frent, ni comment elles souffrent; mais sans eiuniocr tontes ces circonstances, qui ne sont point ee^enfiellesi 11 roç suffît de saToir qp'dia souffrent, qu'il est juste qu'elles souffrent, et que je ptiîi les soulager dans leorsioaffiances. Quel bonheur pour nous, fidèles catholiques , d'être les eofants d'ooe £{liK qni ne nous abandonne, ni pendant notre vie, ni après notre mortl
Dkoxièhb PiSTiB. Être persuadé des peines que souffrent les âmes du pqrg>lo<']>' et ne pas travailler à les secourir, c'est une dureté aussi crimioelle qu'elle ^coainin à la piété et aux lois mêmes de l'humanité; elle blesse trois intérêts diffëreati: {*'"■<' térèt de Dieu; 2^ l'intérêt de nos frères ; 5» notre propre intérêt.
f . L'intérêt de Dtea : car, délivrer nne ame du purgi^tolce , o^e^t procurer uniccroissemeot de gloire à Dieu; c'est autant giorifler pién qu'on le giori^ç parlict^i* version des infidèles; c'est le giorifler comme Jésus-Christ le gtoHQa lorsqu'il dHCfOdit dans les limbes ponr en tirer les amcs des anciens patriarches; c'est, pooràsi dire, tirer Dieu lui-même d'un état violent où il se trouve, obligé qu'il estdepoiv des âmes qui lui sont chères , et qu'il vôudroit rassembler dana son sein.
2. L'imérét de nos frères : ils souffrent, et ce sont noa proches, Dûsparali,sv amis.
9, Notre propre intérêt; autant d'amea que noqa déU^ro^s , nasonl |#antàeiin' tectenrs que nous avons dans le ciel. Mais si noqs abandwiipona ces ain«>« Di^F"' mettra que pous soyons nous-mêmea nn jour délaissés.
Tboisikhb partie. Etre disposé à secourir les âmes du purgatoire , et oe se fs^ pour cela que de moyens inefficaces, c'est on désordre aussi commun qu'il est di^ rable dans le chnsticin'sme. On ne laisse pas d'avoir pour lea morts qoelque ^i mais, r piété stérile et infructueuse ; 2» piété d'ostentation et de faste; 5« piété tosH païenne; 4o piété qui, quoique chrétienne, ne produit ^ue dea œuvres mortes et <ai mérite.
f . Piété stérile et infructueuse. Beaucoup do Utrmea et peu de prières : c'eili»^ sur d'autres qu'on se décharge absolument du soin de prier.
2. Piété d'ostentation et de faste. On ne pense qu'à l'extérieur des devoirs fiuièl)itf> aux cérémonies d'un deuil , etc.
' 5. Piété toute païenne. Elle n'a que la chaûp et le aang pour objet, sans agir ^ les vues, de la (bl.
'4- Piété qui, quoique chrétienne, ne produit que des œnvrea mortes et sans niénjÇ' On prie , mais sans être eu grâce avec Dien. Tout oe que noua faisons alors to»^* œuvres mortes pour nous-mêmes: Caut-il s'étonner qu'elles le soient encore plu P'"' les autres? Exceptons néanmoins de cette règle le aacrififie de la messe. Indulg^ pour les morts qu'on peut gagner par la communion, après s'ôtre porifié par Istf^ ment de la pénitence.
aooB i^'onviarnaa nu Jcaiii.
Sujet. K^tis vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu; car ^* nous dit lui-^éme dans l'Écriture :3e vous ai exaucé au temps /«toroWe. n? vous ai oidé au jour du saint. Or voici maintenant ce temps favnrMe , t(i^^^ jours de salut.
Ce temps favorable ponr nons, c'est 09 temps d'indolgenoe et do Jubilé.
ANALYSES BBS SKt^MONS. 703
DmsiOR» Ce qtte.È*eit que la gracÏQ da Jqbjlé : première pertie; Ce qnt eit néoeilaire poor aToir part à la grâce da Jubilé : deuxième partie ; ce que doit opérer dans ]|ous la grâce du Jubilé : troisième partie. ^
Pbehikbb part». Qu*est-ce que la grâce du Jubilfî? C'est proprement la remissiqp de la peine temporelle qui re^te à subir au p^cbeur après que son pécbé lui est pardonné. II. fisnt distinguer deui cbosen dans le pécbé , la coulpe et la peine. La couipe ne pevt être remise que par je sacrement de pénijenoe > ou par la contrition parfaite; mais, par nne grâce spéciale. Dieu remet la peine en lertu de Tindulgenoe et du
Jubilé.
En Tain les hérétiques prétendent que Dieq ne rf^et jamais I9 coulpe ou l'offense • sans remettre la peine; et que Jésus-Çbri^t ayan) Sijtiçfaitplejnement pour nous, toute aqtre satisfaction seroit inutile, et diminueroit mépge le i^érite du sacrifice de la croi|< car, l' il ne faut que l'exemple de Moïse et de Pavid pour ^ous copTaincre que pieu, en pardonnant même le péché, se réferve encore le droit de punir teisporellement le pécheur; 2° il est évident, par le témoignage de saint Paul, que nos satisfaclioDs doivent être jointes à celles de Jésus-Christ: AdimpUo ta qwB demni possiomim Chri^tt, ifi came med.
Tenons-nous-en donc toujours à la même proposition , que Dieu, par IMadulgenoe et le Jubilé, nous remet la peine temporelle qui étoit due à nos péchés, et dont l'exacte mesure n'eût pu sans cela être remplie que par nos satisfactions. Ainsi l'Église catholique l'a-t-elle entendu , expliquant cette promesse foite à saiut Pierre : TmA ce que vou$ délierez sur la terre sera délié dans U ciel, PouToir dont saint Panl et les évéques des premiers siècles ont usé; pouvoir par où les indulgences se sont établies rt perpétuées dans le monde chrétien. Il est vrai qu'il a pu se glisser sur cela des abus dans le christianisme : mais outre que l'Église les a corrigés , l'abus même dés indulgences est une preuve dm leur vérité et de leur sainteté; car, lelon Tertollien, on n'abuse que de ce qui est bon, et on ne profane que ce qui rst saiot.
Hais en quoi le Jubilé est-il différent de ces autres indulgences que nous appelons plénières? i» C'est une indulgence beaucoup pius solennelle; 2» c'est nne indulgence beaucoup plus privilégiée; 5o c'est une indulgence beaucoup plus sûre. Reoevons-Ia donc avec respect, avec reoonnoissance et action de grâces, et avec toute l'obéissance de la foL
DEDxiàMB PARTIS. QucIles dispositions sont nécessaires pour avoir part à riudulgeuce du Jubilé? I" Etre en état de grâce, voilà la disposition habituelle; 2** accomplir les œuvres prescrites par la buUe , voilà la disposition actuelle.
f . Etre en état de grâce : car l'iodulgence est une faveur qui ne s'accorde qu'aux Justes et aux amis de Dieu : d'où suivent trois conséquences : la première, qu'il faut donc renoncer à tout péché; la seconde , qu'il suffit donc d'avoir la conscience chargée d'un seul péché mortel pour être incapable de gagner 1 indulgence du Jubilé, et qu'il suffit même d'éhre coupable d'nn seul péché véniel qu'on ne déteste pas , pour ne la pouvoir gagner dans toute son étendue ; la troisième , qn'ii faut donc être vraiment contrit et pénitent. De là jngeoos combien il y en aura peu qui participeront A cette grâce du Jubilé.
De là même concluons encore qu'il n*est donc pas vrai que l'indulgence , et par oonséquent le Jubilé, anéantisse la pénitence , ainsi que les hérétiques nous l'ont reproché, ni que ce soit même un relâchement de la pénitence ; puisque le Jubilé suppHDse la pénitence et ce qu'il 7 a de plus difficile dans la pénitence, qui est Ja conversion du cœur : et puisque c'est au même temps le motif le plus engageant pour exciter les pécheurs à faire de dignes fruits de pi^nitence. C'est au contraire dans la doctrine des hérétiques que l'on découvre le relâchement visib'e et l'anéantissement de la pénitence : car n'est-ce pas Tanéantir que de la réduire à un simple acte de foi, et de la dépouiller, comme ont fiait les auteurs du schisme, de loutes les œuvres humiliantes , laborieuses et pénibles?
2. Accomplir les œuvres prescrites par la bulle , qui sont , i» la confession , 2» l'aumône, 50 le jeûne, 4» la visite des églises, 5' les prières ordonnées, 6° la communion. Admirons la bonté de notre Dieu, qui vent bien, * de telles conditions, se relâcher de tous ses droits.
TuMsifan riiTiB. Que doit opérer en noni la grâce da JobtlëP le renoaTeUemcnt întériear denos perfonoeixrenoaTeUeineDtqai nedoitoomisteriii en de tains projeter ni en del idées Yagnes , mais dans une réformation entière de nos mœnrs. Sans cela l»Jabilé n'est qn'nne pure cérémonie : et qne sera-ce eo effet antre chose pour tant de dirétiens ? on les Terra tels après le Jubilé qu'ils étoient auparavant.
Mais tons les temps ne sont- Us pas bons pour travailler à ce renonyellement de nous-mêmes? Oui ; mais le temps du Jubilé y est spécialement propre ; car t« le Jnbile est l'engagement le pins naturel à ce renouTellement de vie; 2» le Jubilé est le moyen le plus efficace de ce renouvellement de vie ; 5* le Jubilé est l'occasion la pins avantageuse ponr ce renouvellement de vie.
Travaillons donc ssns différer an parCsit renouvellement et an changement, intérieur de nos âmei; et qu'il ne nous arrive pas. comme ft l'infortunée Jérosalem, d'ajouter à nos antres désordres celui de ne pas oonnoltre le temps où Bien nous v2sî/e, et par-là de mettre le comble à notre réprobation.
Fin DBS ANALYSES DU TROISIlàia T0I.1fKS.
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