‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 71 sur 72 · POUR LE LUNDI DE PAQUES · texte numérisé non relu

POUR LE LUNDI DE PAQUES

il« SDR U BBSUfiaEGTION DE jiSUS-CHBIST.

9DJKT. Tondis qa*îU ïenfretmoiêni et qv^it» ralconn^ent efun/élê * Jisitê sejoi^nii à etuc, et inéireha dtèc tux ; mùis Us m)OPM un voile' sur to« ysu^iiotiriie le poê connoftre.

Ces diseiplesi dont il est parlé dans i'ËTaagile , manquoient de foi en Jésns-Clurist et d'amour pour Jésns-Ciwist. Or b'est pour leur inspirer l'un et l'autre qu'il les rend témoins de sa résurrection. ^■

Division. RésurreoUon de Jésus^Cbrist, motif puissant pour croire sa divinité:, première partie. Résurrection de Jésus-Christ , engagement indispensable à aimer sa sainte humanité : deuxième partie.

{La première poriie de ce sermon est la même que celle du sermon précédent,)

Dfiuxiàiui p^niK. Résurreciion de Jésus-Christ , engagement indispensable à aimer sft sainte humanité s pourquoi? i» parceque c'est pour nous qu'il est ressuscité; 2" parceque, dans le triomphe même de sa résurrection , il a voulu conserver les marques les plus authentiques et les caractères les plus Tisibles de son amour pour nom» safoir» Ipa cicatrices des blessures qu'il aToit reçues dans sa passion; 5° parcequ'en ressuscitant glorieux, il a élevé son humanité à un état de perfection où nous ne pottYons nou^déféodre de l'aimer» msis d'un amour pur et tout spirituel.

f . C'est pour nous que Jésua-Christ est ressuscité : aiosi nous renseigne l'Apôtre : Resvrrexilpropterjustificationeinnostram, En effet, il n'est ressuscité qu'afindenous reasuBOiter aye^ luii et de ressusciter lui-même dans nous. Dieu donc , dans sa résurreciion » noua le d<uwe une seconde fois comme il cous le donna dans sa naissance en qualité de sauf euTi ^n qualité de pasteur, en qualité de docteur et de maître : en qualité de sauYeur« puisque, dans sa résurrection, U mit le sceau à tout ce qu'il aToit fait et à tout ce qu'il a Yoit souffert pour notre salut; en qualité de pasteur, puisque son premier soin , après sa résurrection, fut de ramasser son troupeau , que l'iofidélité ayoit dissipé; en qualité de docteur et de mallro, puisque tout le temps qu'il demeura •nr la terre depuis qu'il fut ressuscité , il l'employa à instruire ses disciples. Or que doit nous inspirer tout eelaP un sèle ardent et un amour tendre pour cet Homme- IHea.

2. Dans sa résurrection, Jésus- Christ a youIu conserver les marques les plus antheiitiqttes et les caractères les plus visibles de son amour pour nous,, savoir, les cicatrice* des blessures qn'il avoit reçues dans sa pas&ion : par où il nous fait entendre que* dans le séjour mèoïe de sa gloire^ il ne veut point nous oublier, mais qu'il veut noua aervird'avoeat auprès de son PèrcPtous ne devons donc jamais l'ooblier nous-mêmes.

5. Jésu8*Christ, en ressusoitant glorieux, a élevé son humanité à un état de perfectioii enà SAOB ne poovons nous défendre do Paioier, mais d'un amoi|r pur et tout spiritfteL h Va rendue impassible et immortelle ; il l'a revêtue de toute la splendeur q ue répand sur elle sa divinité.

Concluons avec saint Paul : Que celui qui n'aime pas le Seigneur Jésus soit andihèniel Aimons-le, non pas toujours d'un amour sensible, mais d'un amour solide. Or est-oe l'aimer de la lorte» que de vivre comme nous vivons ?

684 ANALYSES DES fiEHMOM &

8UB L'iwnigioii os itet-cuiif •

SujBT. ^h$ qu*il eut parlé de la sorte f U fut élevé à'kwr vue vers le (iel.

Jénif-Cbriflt, dans «m asoenfioii* nous fait connoltra à qndle gloironous soumet ' appelés, et la lue de cette gloire doit exciter foute notre ferrenr.

Division. Ponr arriyer à la même gloire que Jésns-Christ> il fiiat la mériter connue Jésus Christ, première partie : pour la mériter oonmie Jésos-Ghriit, il fout souffrir comme Jésus-Christ, deuiième partie.

PiBHiiBB piBTiB. Pou* Brrif er à la même gloire que Jésus-Christ, il faut la mériter; car il n'y est paryenu lui-même que par la voie du mérite. Ainsi, 1" on n'obtiectcelie gloire qu'en la méritant, 2*^ mais aussi est-on sûr de ne la mériter jamais saBsriilitenir.

f . On ne l'a point qu'on ne la mérite, on ne l'a que parcequ'on la mérite, étais l'a qu'autant qu'on la mérite. On ne l'a point, dis-]e, qu'on ne la mérite :t(lat Tordre de Dieu; et c'est un article de notre foi. Faosae doctrine de Galfio,(|iît Yonlu combattre ce point. On ne l'a que parcequ'on la mérite; teUemeDtqi'eile est le partage du mérite seul, à l'exclusion de tout antre titre. La raison est qae,«ii- Tant les décrets de la Providence, cette gloire ne doit être donnée aux bomiQeiqiK selon les lois d'une justice rigoureuse. Il n'en est pas ainsi des récompenses do moriie. Enfin, jon ne l'a qu'autant qu'on la mérite. Si l'un est plus récompensé daotie' del quei'autre, ce n'est que parcequ'il a acquis plus de mérite que l'antre. 11 en n tout autrement dans le monde. On voit tous les jours des mérites méàloenifeiBpof' ter sur des mérites éclatants.

2. D'ailleurs aussi est-on sûr de ne mériter jamais la gloire du del waJ^- On mérite souvent les récompenses du monde sans les avoir : outre Ienérite,il^ des patrons ; on est exposé à l'envie, à l'intrigue, à la cabale, aux caprices et >u F jngés d'on maître. Mais rien de tout cela avec Dieu. Quoi que je fasse, si Ceitpoar lui que je le fais, il m'en tiendra compte. Quel est donc notre avenglemeotdeoeBff nue vie si inutile ? Enfants des hommes. Jusqu'à guondl aitnere vcows l« ««j^ chercherez'vous le m£nsonge? Vous êtes si ardents ponr deaUena périsnMes,]aiqii quand négligerez-vous des biens éternels?

DsuxiinE PABnE. Pour mériter la même gloire que Jésna-Gbrist, ilfsvtiowv comme Jésus-Christ : 1® on ne va à la gloire du del que par les souffiftnoes , 2»oiv toutes sortes de souffrances ne conduisent pas à cette gloire. ^

f. On ne va à la gloire du del que par les souffrimces : Jésus-Christ n'y est p autrement arrivé; car U a fallu que le Christ souffHt , et qu'U entrât mnsi da«» gloire. Or s'il l'a fallu pour le Christ, ne le fant-U pas pour nous ? C'est pourquoi >» Saints se glorifloient et se félidtoient eux-mêmes de leurs soefflranees : et c'eiieeB même qui leur a donné, sur le sujet des prospérités tempordles, des sentioeDB^ contradictoirement opposés à la cupidité et à l'amour-propre. Enfin, c'est daos^ ▼ne que le Fils de Dieu a prononcé ces anathèmes : Malheur à vous, riche* ^iw«J à vous qui goûtez les douceurs de la vie î et qu'au contraire il a dit : Bienhewwï^ pauvres ! bienheureux ceux qui pleurent! Cependant on veut avou* en ce n*^"*rj tes ses aises ; et l'on écarte, autant qu'il est possible, tout ce qui fiiit de la peioeet^ mortifie.

2. Toutes sortes de souffrances ne conduisent pas à la gloire du del. Il ùxAtp^ soient des souffrances pour la justice et pour Dieu, des souffrances sanctifiées par tre soumission à la volonté de Dieu. Sans cela c'est souffrir comme les ^^"^^'!.j aller à la perdition et à la mori, par où les Justes et les vrais chrétiens vont virn^ à la vie. Car les souffrances, selon l'usage qu'on en fait, mènent ^ ^'^ ^ ^ \^ Que ne souffre-t-on pas tous les jours ponr le monde? maia on ne vent rien soipj pour Dieu. Ayons sans cesse, pour noos animer, Jéias-Chriat devant les ^90, gloire dpnt il va prendre possession.

ANALYSES DES SEfiMoNS. 688

roui u pin DB II mnodffgé

SujR. Ils lurent tous remplis du SaM-EsprU.

U eit important de coimolfare qad eit cet Esprit que le Fils de Diea nous a promis comme aux apôtres, et quels effets il doit opérer en nous.

DiTisiON. Esprit de vérité qui nous éclaire» promit partie; esprit de sainteté qui nous purifie» deuxième partie ; esprit de force qui nous anime, troisième partie.

a B PART». Esprit de vérité qui nous éclaire. PouToir r enseigner sans exception toute vérité, 2» l'enseigner sans distinction à tontes sortes de sujets, 5» l'enseigner en toutes manières, c'est ce qui n'appartient qu'à l'esprit de Dieu.

f . Il n'appartient qu'an Saint-Esprit de nous enseigner toute vérité : car il y 'à des vérités que la chair et le sang ne révèlent point, des vérités qui semblent choquer la raison humaine, des vérités gênantes, humiliantes, mortifiantes. Si donc un homme en eit persuadé, ce ne peut être que l'effet d'un esprit supérieur qni agit en loi; et cet esprit supérieur, c'est l'esprit de Dieu.

2. n n'appartient qu'au Saint-Esprit d'enseigner tonte vérité à toutes sortes de sojets. Donnes au plus habile docteur certains esprits grossiers à instruire : avec toutes ses lumières, il ne les éclairera pas. Mais quand resprit de Dieu s'en rend le maître, comme c'est lui qui les a formés; il les élève à tout ce qu'il veut.

5. n n'appartient qu'au Saint-Esprit d'enseigner toute vérité en toutes manières; c'est-à-dire dans un instant, sans qu'il en coûte ni étude, ni travail, et jusqu'à déterminer les hommes à mourir pour la défense des vérités qui leur ont été révélées.

Or voilà ce que fait le Saint-Esprit dans les apôtres. H leur enseigne les vérités les plus dures en apparence, et les plus contraires aux sens et à la nature. H les leur enseigne sans nulle disposition de leur part, puisque c'étoient des hommes à qui Jésus- Christ lui-même avoit reproché leur aveuglement, et leur lenteur à comprendre et à croire. Il les leur enieigné dans un moment, et jusqu'à les résoudre à souffrir le martyre. On a vu dans la suite ces mêmes effets dn Saint-Esprit en des millions de fidèles. Mais qu'a (bit le démon? il a opposé à cet esprit de vérité l'esprit du monde, qui est un esprit de mensonge; et c'est cet esprit du monde qui conduit, tout. Car à nous voir agir, pent-on dire que ce soit l'esprit de Dieu qui nous dirige, et que nous soyons bien convaincus des vérités qu'il est venu nous apprendre?

DiuxiàMB PARTIE. Esprit dc sainteté qui nous purifie. C'est pour cela que le Fils de Dieu en parloit à ses disciples comme d'un baptême : Vos autem àaptisa6imini Spi^ ritu Sancto, Voyons, 1<* l'excellence, 2^ les obligations de ce baptême.

f . Excellence de ce baptême. Ce fiit comme un baptême de feu ; et ce baptême de feu alla jusqu'à purifier ies cœurs des apôtres d'un certain genre d'attache qu'ils aToient eu, et qu'ils conservoient pour Jésus-Christ même. Car s'attadiant à Jésus- Christ, dit saint Augustin, ils nel'enTisageoient point encore avec des yeux assez purs, et ils le considéroient trop selon l'humanité et selon la chair. Voilà pourquoi le Sauveur du monde l^ur disoit: Si Je ne m'en vais» l'Esprit consolateur ne viendra point dans vous. Jugeons delà ce que nous devons penser, non seulement de ces attaches grossières qni portent évidemment le crime avec elles; mais de bien d'autres attaches innocentes, à ce qu'il parolt, honnêtes et même saintes, mais dont Fesprit de Dieu nous feroit voir le danger si nous voulions nous rendre altenlifs à sa voix.

2. Obligation de ce baptême. C'est de retrancher tout ce qu'il y a d'humain dans DOS pensées, dans nos désirs, dans nos paroles et dans nos actions. Voilà le miracle que nous devons demander an Saint-Esprit, et c'est pour nous purifier de la sorte qu'il se répandra sur nous.

TsoTsiàMB PARTIS. Esprit de force qui nous anime. Nous en avons un exemple bien sensible dsns les apôtres. L'esprit de force dont ils soat rem{dis leur inspire un zèle 1° qui les ftiit parler hautement et se déclarer, 2» qui les encourage à tout entreprendra, 5^ qui les r«nd capables de tout souffrir pour le nom de Jésus-Christ.

I . Zèle qni les fait psrler hantement et se déclarer. Ils s'étaient tenus renfermés

«TB JUULYiœS DES ARMONS.

uuÊgtéiOê Au iKiMùii de DlMi : Hërode mnâ éteindre le nom dfi btoteni rtiidisraél qui Tient de naître ; et par les mesmres qall prend , il contribue , an eootraire, à le ftife «ooBOltre darantage. Gombiett de fois l'impie a-t-il m de la sorte , par m ■agjtii tfapoilttcm ée la Providence, retomber «or lui soh iœfiiété même? RebonçÊÊà dans pottr Janiait à la safeaie dn monde , qnl ett une sagesse réproatée, et sui- TOns la sainte sagesse de l'ÉTangile , pour aller à Dieu et pour le trouyer.

1^ StR LÀ PASSTOlf DB jésUS-CHBIST.

peftMft ta paUrimt el qui pUm'ôientéEt iésuê se Ummant vers elUs, il lear dit : Ftlfet 4e J^maalenif nepleurempakU sm-m&i; mai$plèwreM sut wus-^mêmei et m m

AM lie« de planrer Jëtw-Ghrlat , plenrona ce qai a ftit plearer Jéin8-Christ:(f«l ainsi qne nons sanetifierons aujourd'hui nos larmes , et qne nous acmÈ les reodrm

Oinaioa. Passion de Jësoi-GhriflÉ oansëe jpsr le péàbé , prenière partie; tmm- Ma par le pdcbé, denlème fiarlie; readoe teotile par le péèbé^ troMème parité. ToÛà ce iqûi mérite toutes nos lannea.

FiiBBiftaB#ABVic, PasakOD de lésus-Obrist causée parie péohé : ear cette paniooat la péattoBoe pqMtqoe du pédié, et nom detoos M «ensldérar lësns-ChiittooDgKni mim pénUaat. Or la pénlleDoe renferme deui oboses, la contrition et la nXMoa, Ainsi nous allons Yolr, i« JésusnChrist dam le jardin , contrit d ressentant taQ(el'^ meHume dn péebé ; 8° Jésns-Qlirisk au Calvaire, dplrattl cl portant eor m «r^ toute la palM du péolié.

f . Jésos-Glirist dans le jardin , contrit et ressantant toute i'amcrtmne do péehé. C'est là q«rtl iTatlrlsto, qu'H est saisi de fra jenr, qn'H est accablé d'ennui, qn'il pteore: pourquoi? ponr les péchés de tous les hommes y dont son Père Pa chargé, selon la parole du prophète. Est-ce ainsi que nous pleurons nous-mêmes nos péchés? doui Ils envitageons avec des sentiments tout contraires; ou, si nous en concevoiis quelque dMcm*, ce uTest qu'une oontrifion languissante, une contrition sDperBcieUe.aoe eoniritlon iaBaginaire, qui now rend encore phis coopaMes défaut Dieo.

8. lésOs-Chriat au Caimire , expirant et portant sur son corps toute la peine A péohé« Gela nous étMine; mais notre erreur est de con^dé^er Jésns-Gbrist, parceqnil est en sol Infintraent saint et le Saint des saints : et nons ne prenons pas garde qu'il ne parut an GaWaire qne comme la Tictime du péché, et qu'en cet état ilifl àvclt peint ide supplice qui ne hii têt âù. Aussi est-ce dans celte vue que le Père éternel prononce contre lui un arrêt de mort. Car, dit saint Pierre , c'est par no ordiv ctprès de Dieu qif il a été Kirré.et les JUfiSi n'ont ^qne les exécuteurs dé la senteDoe portée dans te elel. Dieu ne se contenté pas de le frapper; il semble Tonloir le réprouver en fe dëtaiasant. Ce détaîsaemeQt est en quelque sorte la peine du dam , qn'i) falioit que Jésus-Gbrist éprouTât pour nous tous, comme dit saint Paul. Voilà ce ^pe le péché a coûté à nu Dieu ; mab n'est-ce pas le plus déplorable reoTenemeoli qne Dûfus, pécheurs, mus nous éparçirîotts, tandis qne le leste fint une si sévère fé- ■îtenee?

Dsuxiin MaTR. Passion de Jésns-Ghrist renoutelée par le péché. Que royo»- BBOs dans cette passion? \o un Dieu trahi et abandonné par de lâches disciples; 2*00 Dteu mortellement persécuté par des pontifes et des prêtres hypocrites; 5' un Di« raillé et moqué dans le palais d'Hérode par des cotirtfsans impies; 4» un Dien mis» parallèle avec Bàrabhas, et à qui Barabbas est préféré par un peuple aveugle et inconstant; 5» un Dteu exposé aux insultes, et traité de roi chimérique par une troupe de llMix «toratèurs; 6» un Dieu cmdflé par d'impitoyables bourreaux. Orroili» qui se renouveMe tous les joers dans le chrislianisme.

1. Un Dieu trahi et abandonné par de lâches disciples. Combien dé cbrétieoi Fabandonncnt de la sorte ?

& M MttflMMrteUemaotpciiéotttépardef potiUfesetdes prtArcé hypoefito* ^

ANALYSES HSS SSIUIONS. 679

foit^n pas encore de maaYais prêtres qui le pertécutent par une ^ie ^ndalfWMe? eDBâmii de Jésns-Cbrift encore plus dnigereia, lorsqu'ils se courreorduToUe de rhypocrisie. '' *

5. Un Dien raillé et moqaé dans le palais d'Hérode par des courtisan» in:v>ie9- Coiiinent est-il traité dans les cours des princes^ et même des princes chrétiens? com-. ment sa doctrine, ses maximes et la vertu y sont-elles regardées ?

4. Un Dieu mis en parallèle ayeû Barabbas , et à qui Barabbas est préféré par on peuple aveugle et inconstant. Combien de fois lui avons-nous préféré nous-mêmes une passion honteuse et un plaisir criminel?

5. Un Dien exposé aux insultes et traité de roi chimérique par une troiçe de faux adorateurs. N'allons-nous pas l'insulter jusqu'à ses autels» en présence de ton facre^ ment et dans la célébration des divins mystères ?

d. Un Dieu crodfié par d'impitoyables bourreaux. Ne le omcifions-noui pas. par nos péchés?

TaoïsiiME piBTiB. Passion de Jésus-Christ rendue inutile par le péché. C'esC seioi^ la pensée d'Arnould de Chartres, de quoi il se plaignit sur la croix, en disant à son Père : Mon Dieu > pourquoi m'avez-vous délaissée H fut touché de la plus vive doiiv leur à la vue de tant de i^prouvés pour qui ses souffrances ne seroient de nul effet.

Encore si le péché nous rendoit sa passion seulement inutile t mais an moment qu'elle nous devient inutile, elle nous est préjudiciable; car c'est un titre de condamnation contre nous. Que faisons- nous donc quand nous consentons à un péché contre lequel notre conscience réclame ? Sans y penser et sans le vouloir expressément» noua prononçons contre nous le même arrêt de mort que les JulCs prononcèrent contre eux-mêmes devant Pilate , lorsqu'ils lui dirent : Que son sang retombe sur nousl Entrons dans le sentiflMnt de saint Bernard : Jnme, noi» super me; Ah I Seigneur, que ▼Dtre sang tombe dans mol pour me sanctifier, et non sur mol pour me réprouvcrl

11° SCB Li PASSION DE JBSUS-CHBIST.

SujR. C'est niijotrrd'htii le jugement du monde ; c'est maintenant que le prince du monde va être chassé} et quand on m'aura élevé de la terre , f attirerai tout à moi. Ce qu'il disoU pour marquer de quel genre de mort il devait m^ntrir.

Le jugement da monde , dans la passion de Jésus-Christ « c'est le mystère que noua ayons à considérer.

Division, Jésua-Chritt jugé par le monde : première partie. Le monde jugé par Jésus-Christ : deuxième partie.

PsBMàsB pitfn. Jésna-Gbrist jugé par le monde H« an tribonal de Gafphe , qui fut le tribunal de la passion ; îf^ an tribunal d'Hérode , qui ftat le tribunal du lihertiaage ; 5« an tribunal de Pilate, qui fut le tribunal de la politique.

1 . Au tribunal' de Ca!|Ae , qui fut le tribunal de la passion : pourquoi f i^ pferoaqn^ ce fut la passion seule qui prédda à ce premier jugement , ear ce lurent les ennemie de Jésus-Christ, les pontifes, les scribes, les pharisiens, qui, contre toutes les loitf de l'équité, se déclarèrent alors ses juges; 2° parceque, dans ce premier jugement, on n'observa point d'autres procédures que celles que la passion suggéra; savoir : la violeiioe, Timpoiture, la calomnie; 5« paroeque la passion seule exécuta ee jugement si inique. A peine le grand-prêtre a-t-il prononcé que Jésus-Christ cet digne de mort, que ses juges mêmes se mettent à l'insulter et à l'outrager. Ils font plus : ils persuadent aa peuple de demander à Pilate qu'il délivre Barabbas, plntôt que Jésus-Christ. Tel est encore tous les jours le jugement du monde , jugement de paisiOn.

2. Au tribunal d'Hérode , qui fat le tribunal du libertinage; OSR* ce M là que Jésus-Christ fut méprisé» comme il Test encore présentement de tant dimpies. Qaatré caractères de l'impiété, t» Curiosité : Hérode , homme sans religion , ayant entendu parler des miracles de Jésus-Christ , voulut lui en ?oir ftlire quelqf^nn. 2° Ignorance i Jésns-Gbrist, ssns fsire anonn des miracles qu'Hérode attendoit, en fait d'antres qui sont des miracles d'humilité, de patienes , de douceur », msis Hérode ne les eonnott point. 50 Mépris des choses de Dieu : Hérode ne troutant point dans Jéfus-Chfist de quoi ooatenter sa corléiité , Il le aiéi^. Ao.fi$f^ vtOim i Hérode» pur dérision ,

DBDuftn viim. La gloire de rÉglise, c'est d'avoir reça et de ponéto le eorpi de Jéiiu-Ghrist dans le Mereinent de Tantel. Car c'est par-là» f <> qu'elle est honorée de la présence réelle d'an Dieu, 2^ qu'elle est honorée de ses entreUeni et de sa familiarité la pins intime , 5^ qu'elle est même honorée de l'union la plus parfaite avec M, puisque ce Dieu-Homme, par le moyen de son sacrement, s'unit aux fidèles, qai loot les membres de l'Eglise , et Tient demeurer en eux: tellement qne, dans la pensée dei pères, l'EucbarisUe est pour nous conune une extension du mystère derincamatioB; 4^ qu'elle est enfin nourrie de son corps et de son sang adorable.

De font ceci nous devons remporter deux sentiments: \o de respect et de ^énératioii pour l'Église, 2» de zèle pour l'innocence et la pureté de nos corps. Respect et Téoération pour l'Eglise; carpouvons-nons l'honorer assez après que Jésus-Christ l'a tant honorée? Cependant, c'est nous-mêmes tous les jours qui la déshonorons. Zèle pour l'innocence et la pureté de nos corps, puisqn'en vertu de la conunonioD, ils derânent les sanctuaires Tivants et les membres de Jésus-Christ mêaie. Qaelie iodignité donc et quelle horreur, de les profimer par des excès honteux !

sua Li CONCKPTIOlf DB LA TIBBGE.

Sujet. Jacoh fui père de Joseph, l'époux de Marie, de laqueUe est ni Jèsmifti'n

appelle Christ.

Voilà le plus bel éloge de Marie ; voilÀ ce qui rend sa conception, non-senlementî glorieuse, mais si sainte. L'Église prétend honorer aojoord'hui la grâce qnila sanctifla dès le moment qu'elle fût conçue, et c'est de là que nous devons tirer detolida instructions pour nous.

Division. Marie, par le privilège desaconception.pleûiement victorieuse da^U, nous Ait connottre, par une règle toute contraire, l'état malheureux où noos a réduits le péché, (Mremière partie. Marie, sanctifiée par la grâce de sa conception, n» fait connoltre Thenreux état où nous sommes élevés par la graoe de notre baptèise, deuxième partie. Marie, fidèle à la grâce de sa conception, nous &it connoltre, pv son exemple, l'obligation indispensable que nous avons de ménager et de consenerli grâce en vertu de laquelle nous sommes tout ce que nous sommes , troisième piHi(<

PBBHifeBB viBTiB. Marie, par le privilège de sa conception, pleinement victoriene du péché, nous fait connoltre, par une règle toute contraire, l'état malhenreuin nous a réduits le pécbé. Tous les autres avantages que pouvoit avoir Marie dam s oonoeption n'eussent rien été aux yeax de Dieu sans la grâce, et Dieu à ce moDot ne la considéra» ni ne l'estima que parcequ'elle lui parut dès-lors revêtne delà grao* De là comprenons, r quel est le fond de notre misère, d'avoir été conçus hors de li grâce; 2» quels en sont les effets, puisque par-là nous nous trouvons malhenreD» ment sujets à tous les désordres que traîne après soi le péché d'origine.

lieu de la déplorer, nous nous aveuglons tous les jours jusqu'à nous en féliciter eli nous en glorifier 5 4° l'abus de noh^ misère, c'est que nous en tirons même ayantagt, jusqu'à nous en servir comme d'une excuse dans nos péchés, et jusqu'à nons enpi^ valoir contre Dieu; 5» la malignité de notre misère, c'est que le péché où Bonsa^oa été conçus, infecte dans nous tout ce qui vient de Dieu et tout ce que nons aTOOsreço de Dieu ; 6° l'abomination de notre misère, c'est que, non contents d'être enfants* colère par nature, nous le sommes et nous voulons bien l'être par notre cholx;'î'f»bomination de désolation dans notre misère, c'est qu'outre le pécbé de nos prefflifl» parents, qui est retombé sur nous, nous suscitons encore tous les jours dans le cbristianisme de nouveaux péchés originels, pires que celui-là, et d'aoe* conséquence pom nous plus pernicieuse.

Deuxième partie. Marie, sanctifiée par la grâce de sa conception, nous fait connoitre l'henreux état où nous nous sommes élevés par la grâce de notre baptême. Cell« grâce que reçut Marie dans sa conception, r sanctifia sa personne, 2* releva le mérite de toutes les actions de sa vie. Grâce qui sanctifia la personne de Marie, et q»

par^là méilie la disposa à être la mère de Diea, en la rendant digde de Bien; grâce qui releya le mérite de toutes les actions de Marie, poiaqne la mère de IMea, dans tout le ooors de sa vie» n'a pas fait une seule action quiir'ait tiré son prix et sa yaleur de cette première grâce.

Ainsi, par proportion, la grâce de notre baptême 1« sancUie nos personnes, 2» répind sur nos actions uo mérite qui les rend dignes de la vie éternelle que nousdcTons posséder en Bien. EUe sanctifie nos personnes, en nous élevant jusqu'à la dignité d'en- Amts de Dieu. Quel ayantage t yoilà le titre qui fiiit notre véritable grandeur. £lle ré* paod sur nos actions un mérite qui les rend. dignes de la yie éternelle : car, en yerta de cette grâce , nous devenons les héritiers de^Dien et les cohéritiers de Jésus-Christ; et toutes nos bonnes œuvres, consacrées par cette grâce, nous donnent un droit certain à la gloire céleste.

TBOisiftHB PÀRTii. Marie, fidèle à la grâce de sa conception, noua Ait eonnottre, par son exemple, l'obligation hidispensable que nous ayons de ménager et de conserver la grâce paroft nous sonames tout ce que nous sommes. <<> Marie, quoique exempte de toute faiblesse et confirmée en grâce dans sa conception, n'a paa laissé de fuir le mondeet la corruption du monde; 2^ Marie, quoique conçue avec tous les privilèges de l'innooeDoe, n'a pm laissé de vivre dans l'austérité et dans les rigueurs de la pénitence; 80 Marie, quoique rempile du Saint-Esprit dès l'instant de son origine, n'a pas laissé de travailler; et sans mettre jamais de bornes & sa sainteté, elle a toujoura été croissant en vertus et en mérites.

f . Marie a ftd le monde, quoique le monde n'eût rien pour elle de dangereux ; et nous, pour qui il est si contagieux, nous le recherdions, et nous prétendons que Dieu» pomr nous y soutenir malgré notre foiblesse, fiasse des miracles.

2, Marie a vécu dans la pénitence, quoiqu'elle eût été conçue avec tous les privilèges de l'innocence ; et nous, pécheurs, nous voulons goûter tontes les douceurs de la Tie.

5. Marie, quoique pourvue d'un^ grâce surabondante, s'est néanmoins toujours appliquée à croître en vertus et en mérites; et nous, en qui la grâce laisse toujours un sf grand vide, quelque peu de bien que nous fiisiions, nous nous en tenons là. Gompliinent an roi.

!•' SDK l'uikorgution m la viaaeB.

SOJBT. Alors Marine dit à fange : Je suis la servante du Seipiew ; qu'il me soil fait

selon votre parole.

C'est en conséquence de oetteréponse et de ce consentement de Marie, que le Fils de Dieu descendit de sa jotioire, et s'incarna dans les ehastes entrailles de celte yierge.

Diyisieif . Marie conçut le Verbe de Dieu^ et par rhumilité de son cœur, première

Page 1