LE DIMANCHE DE LA QUINQUAGÉSIME
8UH U SanDiLI DE LA CHOIX IT DBS BUMILUTIONS DE JBSCS-CHEIfiT.
SojBT. Jiifus prit avec lui ses douze apôtres , et leur dit : Voici que nous allons à 0rusaUm, et tout ce que les propkttes ont éarU du FUs de VHomme <'iu;comp<ira. Cor il sera livré aux Gentils, moqué, fngellé, couvert de crachats. Et après qu'<m Vaura flageUé, on le mettra àmort. Mais Us t^fres n'entendirent rien à tout c^ et c*étoU une chose cadUe pour eux,
Lef apôtres n'y enlendlrent rkn; et cette eroix^ ces hamiliatioiis d'im^Diea Sanf enr» d'est ce qui rebute et ce qui scandalise, jusques au milieu du christianisine, tant de libertins.
Division. Dieu offensé par le scandale de l'homme touchant les humiliationi et li croix de Jésos-Gbrist, première partie. L'homme perdu par ce même scandale da homiliations et de la croix de Jé<us-Ghrist , deuxième partie.
PbuiUb piETiB. Dieu offensé par le scandale de l'homme touchant les hnmilistiooi et la croix de Jésus-Christ. Ce icandale blesse directement la grandeur, la bonté, la sagesse de Dieu.
1 . Ce scandale blesse la grandeur de Dieu. Car c'est attaquer Dieu dans la soureraineté de son être , que de prétendre, en quoi que ce loit ; censurer sa coodnîte et sa providence. Mais, disoit Thérériarque Marcion : Si ]e me scandalise des humiliations et des souffiimoes d'un Homme-Dieu, c'est pour l'intérêt même et l'honnenr de Dleo, dont je ne puis supporter que la majesté soit ainsi avilie. Zèle trompeur et faux , lai répondoit Tertullieo. C'est à vous , sans raisonner, de reconnoltre YOtre Dieu dans tous les états où il a voulu se faire YOir. Car dans tous les états il est également Dieu.
2. Ce scandale blesse la bonté de Dieu. Nous nous rebutons des mystères d'un Dieu humilié et crucifié, c'est-à-dire que nous nous rebutons et nous scandalisons de cela même où Dieu nous a fait paroitre plus sensiblement son amour.
|S. Ce' scandale fait outrage à la sagesse de Dieu. Le mystère de la croix , selon les prétendus esprits forts dn siècle, est une folie; mais c'est le plus excellent ouyrage ds la sagesse divine. Car rien n'étoit plus convenable à l'ofOce de Sauveur, que renoit exercer le Fils de Dieu. H devoit satisfaire è Dieu : or la satisfaction d'une offense porte avec spi l'homiliation et la peine. U devoit nous engager uous-méaieB à la pénitence, et pouvoit-il mieux nous y engager que par son exemple? Mais cette pénileDcs ne nous plait pas, et voilà pourquoi nous nous révoltons contre des mystères qui noos en font voir la nécessité.
DsiixiinB PÀBTiB. L'homme perdu par ce scandale des humiliations et de la croix de Jésus-Christ: pourquoi? parceque ce scandale est essentiellement opposé à la profession de foi que doit faire tout homme chrétien ; parceque ce scandale est nu obstacte continuel à tous les devoirs et à toutes les pratiques de la religion d'un rlirétien; et parceque ce ficandale est le principe général, mais immanquable, de tous les désordres particuliers de la vie d'un chrétien.
i. Ce scandale est essentiellemeat opposé à la profession de foi que doit Mm tont homme chrétien. Car il doit croire le mystère de la croix ^ et faire une profession peblique de celte foi en Jésus Christ humilié et crucifié. Et psr la croix du SauTeor il se faut pas seulement entendre celte croix extérieure où il est mort, mais la ermr intérieure dont il fut afflige dans son anie. Si notre profession de foi est pleine et entièfe. nous devons, comme saint Paul, |aife gloire de participer à cette croix inlérieiii« par les souffrances de la vie : mais c'est de quoi nous avons le plus d'horreur.
2. Ce scandale est nn obstacle cootijauet à tous les devoirs et à tontes les pmliqoa de la religion d'un chrétien. Tontes les pratiques de la vie chrétienne tendent à U hnine de soi-même, au crucifiement de la chair, à l'anéantissement de l'orgoeil , an retranchement des plaisirs , an reDonoement à l'intérêt. Or voilà ce qui ce troove combattu par le scandale des humiliations et de la croix du Fils de Dieu.
5. Ce scandale est le principe général de tous les désordres particuliers de la Tie d'un chrétim, S'il y a des détiens ipt^r^sés, c'est qu'il y a des chrétiens acaxadalisé
de la paufreté de Jémi-Cbrist; s'il y a dei chrétiens ambitieux, c'est qu'il y a des ebrétiens scaudatisés des abaissements de Jésus-Cbrist. Ainsi des antres. Heureux donc celui pour qui l'auteur de son salut n'est point un snjet de scandale f Un scandale en attire un nuire : si nous nous scandalisons de notre Bien , il se scandalisera de nous. Prière à Dieu.