LE DEUXIÈME DIMANCHE APRÈS PAQUES
sua LB SOIN DIS DOMB8TIQUB8.
SoJBT. Jésus dit aux pharisiens : Je suis le bon pasteur.
Les maîtres sont comme les pasteurs de leurs familles, et en particulier de leurs domesiiqnes, à la sanctification desquels ils doivent trayaiÛer.
Division. Trois grands intérêts imposent aux maîtres une loi étroite et inviolable de s'employer an salut de leurs domestiques , savoir : l'intérêt des domestiques mêmes , première partie; l'intérêt de Dieu, deuxième partie; rintérêt des maîtres, troisième partie.
PaiMiicaB PÀRTiB. L'intérêt des domestiques. Un maître est constitué de Dieu pour gouverner ses domestiques. Or tout gouvernement , même temporel, n'est établi sur la terre que pour conduire les bommes à leur dernière fin , qui est le salut. Loi commune aux rois et à toutes les puissances ordonnées de Dieu. Si donc un bomme ayant sous soi des domestiques ne les regardoitque par rapport à soi-même, et que du reste Il ne fût point en peine de la manière dont ils se conduisent, dès-là il seroit dans une disposition crimioelle. Le pouvoir d'un maître n'est qu'une émanation du pouvoir de Dieu. Par coiiséquent un maître doit user à peu près de son pouvoir, comme Dieu use du sien. Or Dieu n'use de son pouvoir que pour notre sanctification et pour notre salut. De là cette belle leçon de saint Paul : Obéissez à vos tnaitres ; car Us sont char' (fésde veiller sur vous, comme devant rendre compte de vos am€s.
Ainsi un maître, pour la sanctification de ses domestiques, leur doit surtout trois choses : l'instruction, l'exemple, et une cbaritable correistion. Mais combien de maitres en sont au contraire les corrupteurs, 1^ par les engagements et les occasions de péché où ils les jettent, en. les reddant complices de leurs désordres ; 2<* par les exemples pernicieux qu'ils leur donnent ; 5® par une ignorance criminelle de leurs déportemeoti et de leur conduite; 4o par une indulgence molle et une làcbe tolérance qui les autorise dans leurs vices?
Dbuxikhb pâetib. L'intérêt de Dieu. Toute puissance vient de Dieu , et ne doit êlos employée que pour Dieu. Or qu'est-ce que de l'employer pour Dieu, si ce n'est de l'employer à faire servir et glorifier DieuP Mais quelle est sur cela l'injustice des maîtres? C'est qu'ils n'emploient leur pouvoir qu'à se faire servir eux-mêmes. Désordre que saint Augustin reprochoit si éloquemment aux magistrats de Rome , qui souffroient que leurs poètes jouassent publiquement les dienx, et qid leur déféndoient, tous de grièves peines, d'attaquer la réputation d'un citoyen romain. Désordre que saint Bernard déploroit aussi très-amèrement , et qui allumolt tout son zèle.
Zèle qui a été de tout temps le caractère des serviteurs de Dieu et des vrais cbré' tiens. Exemple des premiers fidèles, de ce maître dont Jésus-Christ avojt guéri leHIs, du grand Constantin et de saint Louis. D'où leur venott le zèle qu'Us faisoieiit voir à tenir dans l'ordre et dans la règle ceux qui leur étoient sonmisPde l'esprit de religion et de fi)i dont ils étoient animés. Et ceci servira à nous faire entendre cette parole de l'Apdtre, qoe quiconque ne s'applique pas à former ses domestiques et à les élever dans la crainte de Dieu, doit être regardé comme un homme qui a renoncé la fui, et pire même qu'un infidèle. Car il n'a pas une des marques les plusordinaires du christianisme, et il montre moins de zèle pour le vrai Dieu que les païens mêmes pour leurs fausses divinités. Et il ne faut point dire que dans une maison on a bien de la peine à réduire des esprits difficiles, et portés au libertinage. Quand vous parlerez de Dieu à des domestiques, et que vous leur en parlerez avec tme charité soutenue de l'autorité, ils vous écouteront.
TaoïsiàMB piiTiB. L'iatérêt des maîtres. Dans l'obligation que Dieu leur a imposée
d« nlUor iur la conduite de 1cm domettiqaet» Ht frooTenl dein anniagie : l'un qiiritiiel, Tantre teaipord. ÀYantage ffiritnel : eetle obligation est un puissant oonlre* poida pour réprimer l'orgoeil qa'ioipire l'autorité. Car, teloa la remarque de saint Aognslin , de saint Grégoire et de saint Bernard, les maîtres deyienDent ainsi ooaime les serîiumrs de leurs senriteurs mêmes. ÀTantage temporel : les maîtres , en réglant les mœurs de leurs domestiques , établissent la subordination , la paix , la concorde, la •ùreté dans leurs maisons , et n*est*ee pas ae qui en fait le bonheur P Mais où ?oit-oa de cfs maisons P et pourquoi y en a-t-il si peu? c'est qu'il y a peu de maîtrea q^i travaillent à entretenir parmi leurs domestiquée le culte de Dieu et la piété. Eiemple de la femme forte.
LE TROISIËME BBfANGHE APRÈS PAQUES.
sua us DiTiaTissEaunTs du mondb.
StJjKT. Je tous le d\s en vérité : Vota pleurerez , vous serez dans VafflicHon , et le
monde se r^/otiira.
Quel partage ! les Justes dans rafflfctkHij et le monde dans la joie* Hais ce qui doit flonsoler les Justes, e'est que leur tristesse se tournera en joie ; et ce qdi dmt Mre trembler les mondains . c'est que leurs fausses jiries et leurs Tains diyertisRmenta n'aboutiront qu'à un malheur étemel.
{? Division. La plupart des diyertissements du monde sont condamnÉbles, parceqa'ils sont presque tous , ou impurs et défendus dans leur nature , première ptftte; on excessifs dans leur étendue, deuxième partie; ou scandaleux dans leurs eMs, troisième partie.
Paankas riariB. DîTertissements impurs^et défendus dans leur nature. Comédies, bals, romans. Il ne fendroit d'abord qu'un raisonnement pour nous engager à nous intenfitie ces sortes de plaisirs : c'est que ce sont au moins desdirertissémenta suspects, et que l'on ne doit pas pour si peu de chose risquer son salut.
Mais il y a plus : ce sont des divertissements criminels et expressément défendus. f o Comédies et bals. Nous ayons sur cela les plus sévères ordonnanoes de l'Église et ISB plus rigoureuses décisions des Pères , et de tous les Pères , dans tous les temps , et pour tontes personnes. Ces témoignages ne doirent-ils pas l'emporter snr cehii de quelques mondains sans étude et sans autorité ? Et ne sait-on pas d'alllenra oombiea nas spectacle^ et ces assemblées profanes font naître d'idées et de senlinaenla impurs P
2. Roanfans. Rien de plus propre à dessécher la piété et à corrompre nu ooeor, que ces livres empestés. L'expérience le montre bien , et la confeteion de ceux qui les ont lus en est une preuve sensible. A quoi tendent ces histohm romanesques? à mspirer l'amour. Mais, dit-on , il ne s'agit en plusieurs que d'un amour honnête ; erreur. Appélez-Tous amonr honnête, celui qui possède un homme et qui renchanfe, jusqu'à lé rendre idolâtre de la créature aux dépens du créateur? Mais ces livres apprennent le pioqde. Est-il donc si nécessaire de savoir le monde , qu'on doive pour cela exposer l'innocence de son ame, et la perdre? Avis aux pères et aux mèrea qui, aoos prétexte de former leurs enfants, leur permettent des lectures et lea mènent à des assemblées et à des spectacles où leurs cœurs, déjà trop sensibles, achèvent de se perrertir.
PsuxiènB PABTiB. Divertissements excessifs dans leur étendue : surtout le jeo. Trob excès : excès dans le temps qu'on emploie au jeu ; excès dans la dépenae qu'on y fait; excès dans l'attachement et l'ardeur avec laquelle on s'y porte.
1 . Excès dans le temps qu'on y emploie. Combien d'horames et de fonmies y passent presque toute la vie ? Ce jeu n'est pas absolument criminel en loi^méiiie, ^il est pris modérément et pour une récréation honnête et passagère ; mais ce qui en ftit le crime, cTest la continuité.
2. Excès dans la dépense qu'on y fait. Dépense qui empêche de payer des dettes, de satisfaire des domestiques, de pourvoir stux brsoins d'une maison, d'élever des enfbnfs, d'assister les pauvres. Mais après tout, dit-on, la dépense dé mon jeu est aases modique et très commune. Elle peut être modique en sol, et considérable par rapport à
VOUS et à votre état. On abonne grâce à se plaindre du. malheor des Umj^, lorsqu'on, ne re^noho^en de son jeu, ou qu'on n'en retranche pas assez \ A quoi se portent une femme, un jeiine hoinme,.poor avoir de quoi y- fournir?
5. Ezoès dans l'urdeuravec laquelle on s'y altacbe. De là les dépits, les chagrins,. les emportenents, les Uasphèmei. Ce n'est pas qu'on n'affecte eommunément au-dchors un air serein j mais sous œs dehors tranquille?, quels troubles dans l'ame !
TaoïsJki f àaiiB. Diferlissements scandaleux dans leurs effets. Jésus-Christ veut, que noua arrtchions notre œil et que nous coupions notre main, si ce sont pour nous des sujets de scandale. A. comWen plus forte raison devons-nous nous priver des di- ▼eriissements qui, to«t bonnèles qu'ils sont en.eux-mémes, nous denenuent des occasions de péebé. Or il y en a de oeWe sorte ; par exemple, la promenade. Rien de plus îndifféieot en foi ni de plus inaooent que la promenade ; mais combien néanmoms y en a-t-il de suspeclesi combien d'ouvertement mauvaises?
Scandale d'autant plos à craindre qu'on en voit moins le danger. M^is nous savons ce qo»en ont pensé les Pères de l'Église, et oo qu'iU ont là-dessus recommandé, surtout aux jeunes personnes. Combien d'hommes et de femmes, s'ils vouloient parler de bonne foi, reconnoitroieui que ee sont cerlaines promenades qui les ont perdu» ?
Mais faut-a se passer de tout divertissement? Deux réponses : i» Tout diverijssement qui a l'un de ces trois caraclèrea quo j'ai marqués, vous devez ravoir en horwuri 2» il y a des dif erlissemenls honnêtes, sans excès et sans danger : voilà ceux qui voussontaccordés. Réjonisses-vous.ditl'Apôlre, mais réjouissez^vous dans le Seigneur.