SERMON POUR LA FÊTE DE PAQUES
TixUUtus est propter éUlieta nostrat et resurrexU propter justificationem nostram. '^ 11 a été Ufré pour nos péchés, et il est ressuscité pour notre Justification. Jux Romains,
Clï. IV.
SiRE ,
C'est sur ce témoignage de saint Paul oue s'est fondé soint Bernard quand il a dit que la résurrection dû Fils de Dieu, qui est proprement le mystère de sa gloire, avoit été au même temps la consommation de sa charité envers les hommes^ Il n'en fout point d'autre preuve que les paroles de mon texte, puisqu'elles nous font connoîtreque c'est pour notre intérêt, pour notre salut, pour noire justification, que ce Sauveur adoraljle est entré en possession de sa vie glorieuse, et qu'il est ressuscité : Et rcsurrecàt propterjustificatio- ^^ nostram. À en juger selon nos vues, on croiroit d'abord que les
iU SUR LA RÉSURRECTION DE JÉSUS-CHRIST.
choses dévoient être aa moins partagées ; et que Jësas-Christ ayant achevé sur la croix Fouvrage de notre rédemption, il ne devoit plus penser qu'à sa propre grandeur, c'est-à-dire qu'étant mort pour nous, il devoit ne ressusciter que pour luî-méœe. Mais non. Chrétiens, son amour pour nous n'a pu consentir à ce partage. C'est un Dieu , dit saint Bernard, mais un Dieu sauveur, qui veut nous appartenir entièrement ,^et dont la gloire et la béatitude ont dû par conséquent se rapporter à nous, aussi bien que ses humiliations et ses souffirances : Totus in ustii nostros experuus (Bern.). Tandis que ses humiliations nous ont été utiles et nécessaires, il s'est humilié et anéanti ; tandis que pour nous racheter il a fallu qu'il souffrit, il s'est livré aux tourments et à la mort. Dû moment que Tordre de Dieu exige que son humanité soit glorifiée, il veut que nous profitions de sa gloire même ; car s'il ressuscite, poursuit le même saint Bernard, c'est pour établir notre foi , pour affermir notre espérance, pour ranimer notre charité; c'est pour ressusciter lui-même en nous, et pour nous rendre capables de ressusciter spirituellement avec lui : en un mot, comme il est mort pour nos péchés, il ressuscite pour notre justification : Et resurrexit propter justificationem nostram. Voilà le mystère que nous célébrons, et dont l^Église universelle fait aujourd'hui le sujet de sa joie : mystère auguste et vénérable , sur lequel roule non seulement toute la religion chrétienne, parcequ'U est le fondement de notre foi , mais toute la piété chrétienne, parcéqu'il doit être la règle de nos mœurs. C'est ce que j'entreprends de vous montrer, après que nous aurons imploré le secours de la Mère de Dieu , et que nous l'aurons félicitée de la résurrection de son Fils. Regina cœli.
Pour entrer d'abord dans mon sujet, je présuppose ici , Chrétiens, ce que la foi nous enseigne, et ce que nous devons regarder comme un point essentiel de notre religion ; savoir, que Jésus-Christ en mourant nous a parfaitement justifiés, et que, pour nous remettre en grâce avec Dieu, rien n'a manqué au mérite de sa mort. Mais, outre ce mérite, il nous falloit, dit saint Chrysostome, un exemplaire et un modèle sur qui nous pussions nous former et que nous eussions sans cesse devant les yeux, pour travailler nous-mêmes à l'accomplissement de ce grand ouvrage de notre justification, ou, si vous voulez, de notre conversion, à laquelle, selon l'ordre de Dieu, nous devions coopérer ; et c*est à quoi le Sauveur du monde a divinement pourvu par sa résurrection glorieuse.
Vous le savez , Chrétiens, et vous ne pouvez 1,'ignorer, puisque c'est un article de la foi même que vous professez : le péché du premier homme fut une présomption téméraire qui le porta jusqu'à s'élever au-dessus de lui-même, jusqu'à vouloir se mesurer avec Dieu, être éclairé comme Dieu, ressembler à Dieu : Eritis sicut dn ( Genes.^ 3 ). Mais vous savez aussi la sage conduite que Dieu a tenue à l'égard de
SUE Là BiSORKBCnon OB lÉSD^CnUST. 14»
rfaonne, lorsque, par on $ÊCMiÀm snrpreBmt'dtt myontofcf^ 9 loi a ordonné po«r reikiède oe qui unoMoit a^oir été la Mmedë wa mal, et qu'il l'a obligé i sesaaolifiei^'pac ee qui Vvnk TeaU v crinind r
je veux dire , lorsque ee Diea .de gtoire V 8^^^ s'est mis lui-Diénie daas des étais oii non seoleàieiit il est permis à rhomme de vt^aloir ressemblée à.son BieiL, nuds ok eofi plas gvsnsd déscirdre est 4e Qele vouloir pas, et en tttèt de nehn^reseemMer pas> Or quel état surtout FÉcritafe juins msrqne^eUe eh 4e F3s de INen ait prétendu que nous dussions lui être semblables, et où ce ne fftt plus un crime^ mats un mârhe et nti devoir, de nous conformer à lui? Téut de sa résurrection*
Carc'ést pourceh, dkexpi:essémeptlegrandapAÛne,4pi'il.eitressn^ citéd'entre les i^orts, afin que, sanctifiés par s(mI exemple, nous preomof nue nouvelle vie: Ut^quomodà Ckmius mfr^tà inortittt,tta €imo$Mi novitate viice ambùlemtu (/lom^.ti). An reste, mes Frères, aJQUlesaia| Chrysostome, ces pai;^j^s.q^ sofit pas une simple iipstruetion de VApA* tre, mais un oracle du Saini-Èspr^t, qui nous nslèveelqui nou^faitcom^prendre lé dessein.de Dieu : d'où, il s'ensuit cpie non seplemeat la rér sorrectioii du ^auyeiiyr a eu fl'^lefmémf9 UHMffs les.qualités reqiûsea pour nous seryn* de modèle ids^. nptpe eoiivarsion, mais que Dieu a prétendu nous la prop^f. CQ^ijiqe. un nmdàe,. et que c'est particulièrement dans celte vue^qp'ila vf^plu que JéspHChrist raasasdtftt : Ui àu&màdà Christuf iurrexitljifiikjf^nai ambukmus. Ce qui. faisoitdire. à Teriullien que les pécheurs cQnver.tis. et réconciliés pîyr lagmee sont des'abr^és et comme des copies de la réaurrection de Jéuis-Chriat : Appendices rêftirrecitonu:(X^xiJLL.). Car c'est ai|isî qu'il les apper loit : pourquoi? parceque tout pécheur quî;Se.coAferd(et qui change de vie doit exprin^er en soi-inémepar une parfiiite^mitation les caractère^ e^.l^ traits qui conviennent à i'humiUté de Jésus-Christ dans rétat^de sa r^urrection. Voici donc .quels ont été* ces caractères; et, par la comparaison que nous en allons faire; reconnoissons aujour* d'hni ce que nous devons être devant Dieu : Surrepcit JDemtnns verè^ et apparuit Smani ( Luc. , S4 ) : Le Seigneur est vrmment ressuscité^ disoient deux disciples du Sauveur parlant de leur msdtre ; et il s'est fiût voir à Pierre. Voilà les deux r^les que nous devons suivre, et en quoi consiste cette conformité qu'il doit y avoir entre Jésus-Christ et nous. Il est vraiment ressuscité, pour nous donner Vidée d'une conversion véritable ; et il a paru ressuscité , pour nous donner Tidét d'une conversion exemplaire. Il est vraiment ressuscité, afin que noiia nous convertissions véritablement et solidement, c'est la première partie : et il a paru ressuscité, afin que , si nous sommes convertis, nous k paroissiens, pour la gloire de notre Dieu , librement et gépéreosement , c'est la seconde partie. L'un sans l'autre, dit saint Augustin» est défectueux : car paroltre converti et ne l'être pas , c'est impoatnre et hypocrisiç; et ne le paroltre pas, ou plutôt craindre de le B. 2. 40
tif smi ^ftlu-BB8iRIlilc^I0I: «ns fÉsis-affîtiKri
pa(^dMM'0'6rtdxBblMf& ei ?Mpeethiftniiia> il ftwt dpfi5 i*M%^ M poroUre : Svn^stà ai a}iyMiiik&i'l/éirp eo «éprit ëi m ^f^iê^pk^Hm ctavcrtioQi d» mmm îipq se MCftkmtaè d«f a«t Btott» éù/hèxif \)^h. Li pm^tf^ vffA xme ittoivtiiierté^ eÉ^sotK^ifée cett^coi^ei*lildft iUt cii^ éQiiev«loikt'Évângîfev «omnifl use iMrîère qui luise iiéVaHÇ lèS' lù^i^ Im»!^ jgi!4;qMriai r£iiiioi».».Serai-jt( aste^h^iin^aity QM^éffeiH^'y^ônf ycMp Uén pevsiiada^o» deliii importantes obligMèfli^'c^é^'raWtii loîCkpdHhgèéaeètdiscoiïrBiiceiiuiienttxiiis. ^^ . .^
î » ♦ • •. r': » • . »iwi;;':. :'î !'}•>;•.?! '•'- ■ '
C'est saint Paul cjuî l'a dit, et je n'ai rien ritohià pVéfë^ dajnsia |iH5âifti^ëlM*(^^dâllliëfl{€^'rtf ^k^am;' ipï€ d'ët^fîi* dij t)rmçipé de të^m. dom ^ né BéttS^ éët p^ |)èffiWrs'â6J'dûftftéjr f lé^us-Oirisi e£»t Vi*àMièïi^^ê8S!ldoM, er isâlr eé n^Ië^Dièit Téti^^^é nous 'sôyoDS yv4: itient éônrvèvtfè'i Mài^ J^jdtHè /(^niilhe' b'éultètfâtWelIe'd'é œ prim f$^,4ueaMi9^Gt#ût'»près ^i^'\ài^i]f\6M^^ j&^^ plus vécu en
t»l ^dif^ nôtté^cfiPtfiiMS i^clt^ «:éh*^r$ian 'nôtis' hë^ yis'mi plus ,^
%(Mrféiilié»aâ MénB&miÉJf*»^âl«bfi*sé tWuVetot'Iél^^^^^ pbTT^ grâce 1^ itfMttiMe^ <iBCè>en(y^tit «t^^6lHlèïiièèt èétfVè>,lt?: 1)ttiii' pénéëeslfuxqueli (4 Jë^rëdfriâf-oes'adfiMrafbfe^ p^WI^ Wi^lëi>H>^eWx Éo^àiôs; (lonjt'je
MM ei^ftao^b^liajbtMrMiÉT^ %n'4hMèih:THi (fuorrtoM^firréxU amofimsL
*rtrtîs i êiiséwèlka^ Jëèus-ôb/isfc' fikfU ^ïli^plêdïe\povlvmnrîv âii
tdtflë>]^ais8&nfë; iK)tis^^y6rt^*ïttès''dii ii^ «efat'teysusdtéé, pour mèntéi- cette Vlè bôdvèllê qul'é^'lWeï'^HM VérlftkBle cowvefàton. Appdiquei-vbW , CKi'éttens, et if^ per^e;ç riec tfttAé- instt'aciiori si ri^cessàîre/iSth-r^^if J!>d/n?%i 0erè" (tcc;^^^^, t| j^ûigkiétii* e^t Vr2«nent ressuscité: prîijcfcèy eliiibj^è une fôi^^, auquâl tôift et Aiol ftoUs devons^ ftotis altachei* d abord, iiôui» nous former -une ju^te'idëë diEl la* conversion dtf pi^chëtfr. Ne vous éionnez pifk ^ luéà ekeps' auditeurs , que' lèsus^Chrîst , selon le rafjpoW àé^ éysOigelii^, tes-, s'Intéressât tant à' prouver, et à prouver par lui-niême,. àa'fë- -siirectîoîi. Les apôirés ' éf oient saisis de frayeur' en"^ie' voyant^ f^arcfeqtfî^s croyoient voir un esprit : Ùofiturbatt et conierriit exi^ iifnâbûiit se sfmtum tidere (Ibid.) ; et il ne pouvoil souffrir quM^ demeurassent dans celte încertîiude' et dans' ce trouble. Non, feuç dhioitHI pour les rassurer, ce n'est point un esprit, c'est m6î-iT)émé, ilegard«z mes pieds et mes mains , louchez mes pîaîés, et vous ap- {ireUdr^^ que je ne «uis point un fantCnC; mais un côrpi soFiJe et i^ëel* Pourquoi, demande saint Chrysosiomei ce soin si exact dç teui< fat r« eonnoître la vërité de sa résurrecdon? Àh f me§ Fiires, répond ce saint docteur, c'est qu'outre les autres raisons qu'il avoit d'en
mt-im^ MM^ biMi.lfeir» 4tii.|ioni.él4itKttl-fa>t« Utp9té& ktYà^ l«r f ift>«i«4e l«^|M)e; «Mwqeil«!kiLridân4i«e4«MaseJl^à Ut^ïlk ik U ^ à «ï^ifi^fl iqiMflMM rëtUMciù». spMtftflHa âé 009 «nes^ J»n« .»• IwHWHW cwertis , vtfuftiw |uttioM «ien motos na^eénaà
W»|iiwr««!wpfir«««4is«ple« q»'il a'«ta)it pa» MMemént ressuscite P»*WW»»»«B».B>«i»!eir*8i«i{ todlaaiqinxeMei^Mirrecitioii vé/ifehte
L'«im^n^ ïfibréiÈwi»y' ftt^Hvin-fliMSilMiiato péiétrt là coi-
9f ffNrP««a,fai«|8gKtenuardMMMile anraqsiaiM ipmgfiwrrBS, nàrtfont tT?** .W»*?»»l<»/lifr4'«fté«ew et kr atMqiie, saw en sfvofr «IriWflft «:fPj)Mnle^ Gmv .{MnoettaiHaiw d^ fctfc' W aile fïlfcxfon t<fftM(lnWftl4(Àq«Ua4iii»M0Qi<MM lea CorinAiW
^iMmeMPM%jMm»«triM«ânwAftte (V. 45)! VôfèP, fties SipMlBipt» ^MoW » iM(nn{>«i)tnMqei«frX|tflsi]e^iis éédaré : Nous »WI8c*w»« topsé^lt iUijdç»sièae<^ ihals ni»» iH» sérOns pas tous ctewAl» il iWpWt fi«hiàtieiiiiifaifeaiiMiiilra^é<ttiôiqne l« réorou-
MW»<0lt»«'4tMNJM|ti»atf^sAHmëx>MMnie,l«»^(4is des éJos ià (MliiW4efBtfW9è<a«gep> glerièiwdc'MsiiiiaQhrfift; déférence teriMt :«vr„AqAe^tawÉMt t'Apôtrc, |KmrdMkB«P Mt fitjèles aée
^M AMni«u%figetaei4idc)(MeiK-]iM|i.q«it^eterHMe qu^' «MMfeétt»iCfltf4imfpna»dMii!éprain««iielcd«^^ ,
4t fii«^%»l«Mli(-u(i)iilMr«tq|ai^iMWf«iê«Pé pluis iflt*Jêirre, n'en «st oas ^
vmtBibM» ab pédfev> et. ^i/ 8nis.«fUM(iii«s K Ife des siécfes s</ t»iiM«iijdand}iinidtai»l«ii!iii<Mtfatiiii« «èlfliirtwyflteretftes disi'osf:' immé^tbtmiài^fkâuMtA.^qMMom'iimémifé li résiirteciron
d*#ftlé-4ïWrt^fÉMi» jB»»8* ffcnawawoWtotoWpi'oUv^ debîèiihèul mmaia^^taiJirm}c^m<mim)ésiA9tma,p»nnt>^htce qiiî lui est prafinbdq«M<bpàNMnis«è»»ièes:'Ekr«icivant ra<feraBte sacreiheùV imStan^f- ^éimafom,!tbn9 pwiH.tfiiniv^immtf^i&iiiiStés' malS pMiétretféKfrMflidiièi (|ii^inn»!ayo«s,(ou«^4M»éâ(îuVeMs-, et qti^ •••««•#cp"**>l»'WBsp"isriopéw«ïégal«rtièii( ncWSVendfe ce téitioiffttjHe^dtmtiiTMât^^ iaoatr ne ^sokmfi«s piM te* «MKitis hommes^ V«làteMd9ttèrc):inK9Jiè reâ««risl< ih^iMère qj»? }éf ^«j annonce, rf smlxpiBlsctan^^bitainidDit a^itiamimn-: OtftHif*> mliah rèturae-
•liCunmiomtedehoiifleilbi^ «k jPUMqu'ilriëlntj^eiice ttjaffieureiKe ■*wkf(M^à9e^nea(iak>fÈte; .4Nàiâ>m'«ft ^«li^imii' Mes I4 cdnidsion. tb rf^^mah^ «Viul'qttbèènipfeM>a«8el<d6pâi-ei> »f \r6t> tons reproi
148 SUR Là RÉSIllUnSCTHlOf 1» VÊStJt^SBB^^
chert 68t que dtnstsette solennité de Pftqnes, abusant de la ]^âBttenoe« qui» seton les Pères, est le sacrement de la résurrection des pédieura, nous mentions souvent Au<Saint-Esprit» nous imposions afu monde, et nous noua trotopions nous-mêmes. Oui , mes Frères , jusque dans le tribunal de la pâftitenoe nous mentons au Saînt«>£sprity en «îétestant de bouche ce que nous aimons de cœur ; en disait que nous reilonçons au monde, et ne renonçant jamais à ce qui entretient dans nous Tamour du inonde ; en donnant k Dieu des paroles ^ q«e mus «e coûdpH tons pas de garder» et que nous ne sommes pas en effet Vk^ déterminés à tenir, ayant avec Dieu moins de bonne fol que nous n'en ayons avec un homme, et même avec le dernier des hommes. Ndns imfK>sons au mopde par je ne sais^quelie'fidélité^ à nous acquitter dans ce saint temps du devoir pnbUcr de la Teligioo , par Féclat de quelques bonnes œuvres passagères , par «ne ostentation de lèle sur dès points où, sans être meillewoon en peut avoir ; pan* quelques réformes 'dont nous nous paronset à quoi nous nous bornons ,' tandBs que^nons-ne travaillons pas à vi^ncre nos habiindes crimittdles, et à moi^ffier les passions qui nons dominent. Mpns/ndus^^l|rompMS ntfns-métnes^, en confondant les inspirations et lesgraoesde conversion avecla conlrersion même; &k nousBgurant que numsiKimmes changés^ pameque nous sommes touchés du désir de Tétre; et, sâns-qu'il nous en ait coûté le moindre combat^ en nous flattant d'amr t^imsiorté degran^ des victoires ; et parcequ'en feit de pénitence tont cela n'ear qpi'ilinsion et que mensonge» à tonloela TÉvangile oppose^aojoord'bui'Oecte seule règle : Surreaitvai, II* est vraiment resrâêoîté ; eii par cette règle, nous donne à juger, combien nous sommes éloignés des voie» de Dieu, puisque entre noM viodiDuvelle et la, vie f^oneuse de Jésus- Christ, il y a que Qppo#tion«u8flîtmcAstrQBuaeiqne eëilerqui se trouve entre Tapparent et le:réel« entre le vide et le eaiide^ entre/le faoes et le vrai. Ah ! mes cberii aiidib&urs, amibien de fontâmes de eotivenieii , ou» poi^r user, du terme de saint Bernard y icoiibièft de obimèreB de conversion ne pourroisje pas vous prodnire^ieî^s'il.m^étbit^painis d*entrer dans le secret des cœurs rét de veus'^.eBuééconm^ lê^ftMidf Combien de conversioas purement hualaines, combieiideffolitiqttes» combien d'intëresséesy'CQmbieB de forcées, conibîend'uispirées par un autre esprit qup. celui quinousdeit conduire* quand il s'agit de ra« tourner à Dieu 4 oQ9^rsioos,4i vouavonks» fiedndes en beaux setoti«> ments, mais stérilç^.en effotS:;'misigBÎ6qoè8 en parolesyipais payables dans la pratique ; capables d'éblouir, mais ind^pahMVdeieaictifier, Combien de conscîenqes se sont présentées devant:!^ anteb comme des sépulcres blanchis» et. sous cette sttrfaoe^troappeQBeieaiekanteB-» core la pourriture et la corruption! Sontœ là les copies mailles d» cet Homme-Dieu, .q^i renatt du sein de l^onost, pour étre^ comme dit saint Paul, l'aîné d'entre {dasiéufa.fipèves ; Vtniif$$ primogemtnfim multis frq,tribw (Aem*, 8), NcNh.aMm» Chv^étânai ce n'est paint^pàr^^ià
son UL RÉSURRECTION DE JÉSUS<:iBUST. 149 qa*OB a le bonheur et la gloire de loi ressembler; il faut qnelqaè ebose de plus , et sans une conversion véritable on n*y peut préten* dre. Or, qu'est-ce qu'une véritable conversion? Comprenez ceci, s'il vous (date; c'est-à-dire une conversion de coeur et sans déguisement» me conversion surnaturelle, dont Dieu soit le principe, l'objet et la fia. Que ne m'est-il permis de développer ces deux articles importants dans toute leur étendue !
Conversion sincère et sans déguisement; car, dit saint Bernard, pourquoi nous contrefaire devant Dieu, qui, nous ayant laits ce que nous sommes, voit mieux que nous-mêmes ce qui est en nous et ce qui n'y est pas? et pourquoi feindre devant lea hommes, dont l'estime ne nous justifiwa jamais, et dont l'erreur sur ce point fera même un jour notre confusion? N'esta» pas pour cela que saint Paul, rq>ré* sentaiit aux chrétiens, omime autant d'obligations, les cons^ences qu'ils dévoient tirer Sde ce mystère, en revenoit toujours à cette loi que Jésus-Christ, notre agneau pascal, avoit été immolé pour nous; et que nous devions célébrer cette ffite, non avec le vieux levain, avec oe levain de dissimulation et de malice dont peut-être nos cœurs jusqnee à présent avoient été infectés. Non in fermmto veieri^ neque m fennento maUiiœ et nequiHœ, mais dans un esprit de sincérité et de vérité, s€d m axymis rineerkans et veritaiis (l. Cor., S) : pourquoi? parceque le Seigneur même avoit dit que cette sincérité de conversion ét<Ht la condition essentielle oui devoit nous donner avec Jésus-Cbrist ressuscité une sainte ressemblance.
£n dfet) ce qui nous perd devant Dieu, et ce qui nous empêche de ressusciter en esprit, conmie Jésus^Christ ressuscita selon la chair, c'est communément un levain de péché que nous fomentons dans nous» et dont nous ne travaillons pas à nous défeire. le m'explique. On ae réconcilie avec son frère et l'on pardonne à son ennemi , mais il Kste néanmoins toujours un levain d'aigreur et de chagrin qui diffère pra de FaninM^sité et de la haine; on rompt une atuiche crimii^le, mais on ne la rompt pas tellement qu'on ne s'en réserve, pour ainsi dire, certams droits à quoi l'on prétoid que la loi de Dieu n'oblige pas en rigueur de renoncer, certains commerces que Thonnêteté et la bienséance semblent autoriser, certaines libertés que l'on s'accorde, en se flattant qu'on n'ira pas plus loin : voilà ce que saint Paul appelle le levain du péché, neque in fermenta maliike et neqmtiœ. Chr il faut, mes Frères, ajoutoit TApôtre, vous purifier de ce levain si vous voidez célébrer la nouvelle pàque. Il faut vous souvenir qM^ oonsuneun peu de levain, quand il est corrompu, suffit pour gftter tonte la Inasse, aussi ce qui reste d'une passion mal éteinte, tpmiqQe amortie en :q^renoe , peut détruire et anéantir toy t le mérite de notre comerwm : Exfmrgate vêtus fertnenium^ m dti$ nova camperriofJBM.).
OHmmm sarnatunUe et dans la vue de Dieu : car me neuveat
m 9tmiJi Ris^RECTioN DE iÉ$ts-dtik»ir;
tous Ie4 reipeciB tmHiàûia et tomes les considërâtioiis da tÉofib^ (fiMtt il s'agit de nova faire revivre à Dieu , et de repradinre es im^ tèUt de nouveau Teippii de laigrace» aprds que nous ravoto p^rdU t Ofi noi^ dû que le désordre oii bous vivons peut être uti d)8taele à nK^tré IbriunQ» qqe oette aitadie noua rend méprisables» que ce soauMlé çoHs rend iDdieux , et aiir cela prédsémeBt nous nous eonrigeotis ; on nous iiait entendre que la piéié pourroic servir à notre étabUèserinctot , et popr cela neua nous râbruiens. Qu'est-ce qu'une telle conversion, eût elle d'ailieors tout Téclat de la plus exacte et de la plus ttnciftre l'ëgularit^? On s'élo^ae du monde par un dépit secret, par îMptitsfiimce d'y i:éiis8ir, pa^ désespoir de parvenir à certain^ rangs que Taipl^tiott. y <^rche ; on se détache de cette personne» parcequ'én e^ est déffoâté^ parcequ'on en a découvert la perfidie et ritifidëlité; dtt cesse de péoher» parcëqueroceasion du péché noos^ quitte, ei non pas p^rceque nous tipiittons l'occasion du péché : tout cela , embt'es' de CQnvfPaion. fi iàiit qu'un principe surnaturel nous âniîM; éôfi^it^ ^usvChri^ ressuscita par une vertu divine; il faut que spr le modèle de Jésus-Ghrist, qui, dans sa résurrectimi, selon le beau oiot dé saint Aiigustin» parut entièrement Dieu : in reiufreetime tôîns SfeuM (AufiusT.)» parcequ'ea vertu de ce mystère l'humanité fot tout ab* sorbfée.daiis la divinité; aussi dans notre conversion il n'y àil rien qui ^rei^senie 1- homme, rien tfut tienne de Fimperfectiott de iliommel, rien qui.partietjbeà la oorruption de l'homme; que l'intérêt n'y entré point, que la prudence de la chair ne s'en méfê prâit, et que sîla eréaturè eo es|L l'occasion, le créateur en soit le motif . Ainsi te pratiqubil i'Ap^tre,. quand il disoit : Loin de moi cette fausse justice que je pourrois tjrouvep dans moi, et qui seroit de moi^ parceque Dieu, dès^lot^y n'en seroh pas l'objet ni le principe. Il ne me sufiKc pas mômë d^avtoHr cette justice imparfiaiie qui vient de la loi; mais il me Csot cieKè qui vient de Dieu par la foi, celte qui me fait connolre JésosiChrist et k .v^rtu desaréaurrection, afin que Je parvienne, s'il estpobsiftie, à ceUe résurcedion bienfieureuse qui distingue les vivants^favec les m^nts, t'est-à-dite les pécheurs justifiés d'avec cem qtri ne le dont im : Ot^iaweniar in iUo non habem meam juiHtaam aincBiêd^ tégè est , 9e4 aUmk tpuB ex fide m Christi Jetû : aà'eognotcBndxm iiinmî tP vt^mumreutarrto&orm ^u& , A quomodà œcurram ûd resnrrecâôneth tpm m ex moriui», AiiiST, api es l'Ap6treî en ont usé tous les vrais péûiteats^n se conveitissant à Dieu. Ils ont fermé lés yeux à tout lé reste, ilstn'oat consulté ni la chair ni le saoç, Hs ont fotdéie moiide aux pieds^ ib se sont élevés au-dessu&d'eun^méniesret piftfqi^?pàH)equ'ils cicrchoient , dk saint Paul, unerésarvectiim plus s^dé et ptus a^OBtagease quenelle qui lious est figurée da^s la conveni^n fffîMttÉém dernkmdaina f Iftàietmem mfemréàt YBâérrêëOmem (Bktf. ,'^ 1) . Car, encore une fois, il y a maintenant une diversi#'dé fcOflVtMMMftifc, ommpài^JtaliDdefrsiiclBsilyahiapmediMBnMdu^^ et
NMuseilevàk vie, Ih '^mt^pom res8usd(6t à leilr eondatanalioii* er à fa amrt c £r |iKMlNfeiife'f|f ^a fsèé^unî, in i^i^irfeéUokèm'vli(ëi^ fuàverA mata egfi^M, ni£raurifiè&à(m€mjuéliM (JôAii.t 5)f de méfÉto ^twÊrfÉt dMipéoheiirs 66iii^d«i tHbutHil de làfëiriteftHié, ie^ qh^ vM*^ Ses paria fvmB ei it^ûoneUt^ a^o Dieu; les àuCrêë par Fâbas du s^ cffèmmi, eÊMPe ^w endurriê ^fî$.te|}ë6hë et phiB eonimis dé Dieb. Heurtm» èoBchir teSàib^Esprh tftfîis 1* Apocalypse , heureux et saint quiocNîqiM aura part à ta premièl*e résiirrecUôA ! Il parte de ta rësûf «^ rectioD^es JMlêâ i Beàùaèt Miétiufifni^ab^i péHem inrèikfteeAimé prèiiA (Apûe.^ 30) 1 Jcr diè , par'lii même t^Té* : lleùf^^ et Mitit (tui^^ cuiM^a«9 part à la firemlère ednversiôo.lbefureui et saht celuF qui, re$sM0iGMt aveè Jës«Sf4%pi8t, clouta itiaximéde rAp6(ré;ii*eiJ-' viaa^ dans ad eobVèraien qtté^tes iôboéés'dta etel, détourné sa vjè^ dé loua les oijfetsde la {erre, ne cherche poîtit 1è»pfDst)éirité.s; tfëlèi^* au-dessus des adversités^ est (y)iitelit de posséder Uf^n , et s'aUàch'e'è Sî^ pour Dieu même! Or (fest cette ejémrersron; Ghi^etiens^ que Kea vo«s demande aujourd'hui', et dent li véuft propose le làMNfHo dans la personne de son Fils.
C^ttd^int ft^en demeurons pas la : Jài dit q^ le SauTCur dii" monde, après éire sorti dn tombeau; -n'aVôit plus ^u entommemot^ tel, Biais en bomme céleste et ^ei^^ttS6ité; et'què 6>st tme loi poiir^ noua de mener après notre ronif^rèibtl'un^ vie ndtiv^e, n confoniie à rbeureux état où sont élevés' p^irlafgt^aeê iles*hommés vraimert' coB^ert^ : Vt tfuoniodù êurrexrt à moiHûts, Ha tt nck in notMaiè vtUie ambukmus ^:fiam., S). Mais enquoieoDSÎ^te èeifè n<itiveHevi<f? Retour*' noQsà notre modèle. Le voici. JësusiChrl^,*én qualité d*liomme, étolf composé d'an corps et d'une amè, mais s<!^€6rp9, au «lomenC quil resy susdta^ par «h merveilleux ebàD{>emé»f ; (fe mai érM et de terrest^ qu'il éioit dans sa substance, de^nt un <K)rps to^ spirituel dans 6e«i^ qa|iité8;.etsOff ame, en vertu de toméèie résufrectiôn, se trotfvs^^T par an autre prodige, parfaitement â^tilàrëe dii monde, qtiMqu^ellë' f&\ aicoreau milieu da BK>nde : defrx traàâ de reësenitianeë que ^ MisdQInrisc ras^seilë doit n6us huprirner p^r ftfre èw nd#s è^ iNétitflf^ veUeoient, qui est là preuve aécessaire mais ffiftllHîfclè d^ ttcJïl* eMy versiw. Il avoit un corps, et ce corps, re^éïn de gloire, sèfrAWl-éirë' de la natare et de la condition des esprits; véri(é si ooîfet«ttte qde'^' saint Pauf, envisageant le mystère que nous célébfbnS , riC'tt^tfièiîrt*' pomtde dite aux Corinthiens : Imque, eist cogneinmué Ééçundithi eAr*-'* nemCkfUiMni^&dmLnejamn<mnodima8{± Cor. K)'.€*eâtpèilf qUbiV A^<^' Frèrea, qfabfiofuie aatréFols ndus ftyoAs conntf l^ii^^ChH^t'seldii^i ohair, nsiiDtefiSlnt qu'il est réssuséhé d'entre leèi io^ts , ioèk tîé 'leM connoissofis plasdef Umémesorlë, ni Mdiit cë^'mmetmriyftif^ dîtè84WM|s» grand ÀpôU^ rept^MdlàMIèsslië^feKÈît GVrVsèkt^; ^<K^ I' vous m eoaMilse2^phM«v^é'Mb«éléli aëtké ëBàiV ^lid»l^li d^fe 1^'
iSÈ SUR LA ft^DRRËCTION m JÉSOS-OIIRIST;
qiielleilaopéré votre salut? cette chair forjoaéepar le Saoït-Esprit, coDç^e par une vierge, unie et; aasofîiée.au Verbe divin; celte chair qu'il a ipmolée pour vous au Calvaire, qu'il vous a laissée pour nourriture dans son sacrement, et qui doit étire un des objets de votre béor ti^ude dans le del, vous neh oonnoissez plus? Mon, répond TApôtre sans hésiter; depuis que cet Homm^-Dieu, dégagé des liens de k mort, a pris possession de sa vie glorieuse, je ne le coniKttspfaissdoD la chair : Etsi cognovimu$ sccurujàm camem Christum^ sed mmcjam non novimu8{% Cor. ,-5.)« Ainsile disoit le maîtredesGentils ; et n'en bàh tes-vous pas d'abord l'application? C'est-à-dire qpe si vous êtes vraiment convertis, il faut que l'on ne vous connoisse plus, ou pluiôt que vous ne vous connoissiez plus vous-mêmes selon la chair; que vous ne cherchiez plus à satisfaire les désirs déréglés de la chair; que vous ne soyez plus esclaves de cette chair qui vous a jusques à prient dominés ; que cette chair, purifiée par la pénitence, ne soit plus désormais sujette à la corruption du péché; et que nous, les ministres du Seigneur, qui gémissions autrefois de ne pouvoir vous r^arder que comme des homm^ s^sqels et charnels, maintenant nous ayons la consolation , non seulement de ne vous plus connoiire tels que vous étiez, mais de vous counoitre là-dessus divinement changés et transformés ; en sorte que nov^ puissions dire de vous par proportion : Etsieognovhnm vos $ecundkm eamemi sed nuncjam non novimui.
Car c'est par-là, mes chers auditeurs, que nos corps, selon la doctrine de saint. Paul, participent dès cette vie à la gloire de Jésus- Christ ressuscité ; c'est par-là qu'ils deviennent spirituels , incormptibles, pleins de vertu, de force, d^honneur : mais souvenons-nous qu'ils ne sont rien de tout cela qu'autant que nous y coopérons , et que , par une pleine correspondance , nous travaill<msi selon la régie du Saint-Esprit, à en faire des hosties pures et agré^dbles aux yeux de Dieu. Lescorpsglorieux possèdent toutes ces qualités parfUne espèce de nécessité; mais ces qualités ne conviennent s^sji nôtres que dépendamment de notre liberté : c'est ce qui iait sur la terre notre mérite; mais c'est aussi ce qui doit redoubler notre crainte, et ce qui demande toute notre vigilance. Car» quelque affermis que nous puissions être dans le bien, nous ne sommes pas inébranlables : les grâces qui nous ont fortifiés dans notre conversion ne sont point des grâces à fomenter notre paresse, beaucoup moins à autoriser notre présomption. Quelque confiance que nous devions avoir dans la miséricorde et dans le secours de Dieu, il est toujours vrai queuous pouvons nous déipenttf de.iios .plus fermes r^lutions , et que nos infidélités peuvent nous fajre déchoir de cet état de pureté ou la pënilence nous aréts|blis. Que fai^t-il dope jEaire, et conunent devons-nous vivre désormais, dan^ le nipnde? comjme Jésus-Christ après sa résurrection. Il était dans k; monde, mais sans y être» c'est-à-dire sans prendre part aux affiûres du monde , aux intérêts du monde , aux assemblées
sua lA RÉeURBICTtON m JÉSUS-CDUBT. 185
et »x eonversitions da aKmde; ne Veiitretaïaiit' qo^avee ses disciples , et ne leur parlant que da royaome de Dieu. Vons donc , mes Frè^s , ooncluoîi saint Paul , et je le conclus après lui , si voos^ êtes ressuscites avec Jésus-Christ) Si cùniwrreMsAs eum Cbriito , n'ayez i
plus désormais debout que pour les choses du del, Qius nirsàem sunt l
sapke; ne cherchez plus désormais que les Choses dn ciel, Quœ iwh' mm mm quœrite (CMoss.^ 3). Séparez-vous du monde, vivez hors du monde^ non pas toujours en sortait du monde, puisque votre condition vous y retient, mais n'y soyez ni d'esprit ni de cœur : surtout â TOUS vous montrez dans le monde, que ce soit pow l'édifier par votre changement. Être converti, c'est le prenûeir devoir, et c'a été le sujet de la première partie. Paroitre converti, c'est l'autre devoir, dont j'ai à vous.p^ler dans la seconde partie.
DEVUÈmS PARTIE^
(Test un mystère , Chrétiens , mais ce n'est point un mystère obscur ni difficile à pénétrer , savoir pourquoi Jésus-Christ après sa résurrection voulut encore demeurer parmi les hommes durant l'espace de quarante jours. Dans l'ordre naturel des choses, d^ moment qu'il étoit ressuscité , le ciel devoit être son séjour, et la terre n'étoit plus pour lui qu'une demeure étrangère. Pourquoi donc .diffère-^il cette ascension triomphante qui le devoit mettre en possession d'un royaume dû à ses mérites ; et pourquoi suspend-il en quelque sorte cette félicité consommée , qui lui étoit si l^itimement acquise, et par tant de titres? Pourquoi? une riaison supérieure le fait consentir à ce retardement : la voici ,. mes chérs auditeurs , prise de l'Évangile même. C'est qu'il veut soutenir toujours son caractère de Sauveur, et rapporter à noUre justification aussi bien les mystères de sa gloire que ceux de ses hnnûliations et de ses souffrances, afin qu'il soit vrai de dire en toute, manière : Traditus est propter delicta nostra, et reiurrexit propter juiti" fieationem nostram {Bam. 4). Or, pour cela, dit samt Chysosiome, il ne se contente pas d'être ressuscité, mais il veut paroitre ressuscité; il vent se faire voir au monde dans l'état de cette nouvelle vie oh il est entré; il veut, par ses apparitions, répandre au-dehors les rayons de cette divine lumière dont il vient d'être revêtu. Voilà, disrje, pourquoi il emploie quarante jours à se montrer, tantôt à tousses disciples assemblés , tantôt à quelques-uns en particulier, tantôt dans une pèche miraculeuse, tantôt dans un repas mystérieux , tantôt sous la forme d'un jardinier, tantôt sous cdie d'un voyageur, agissant, parlant, se communiquant , et donnant partout des preuves sensibles du mirade opéré dans sa personne , et de son retour d'entre les morts. ExceUente leçon pour nous. Chrétiens, si nous en savons profiter. Tout etô nous regarde, et nous apprend que, conune ce n'est point assez do paroître convertis si nous ne le sommes en ^t , aussi ne saflitrM point de rétre et de ne le pas paroitre.
. Quh pour dérehappev cette rniportante niofâle, eé ttonf, înfès^élleM ^V^iteiirs » deax obUgfatioDS dtfïéretitag i|«e d*écré converti et de pft<» robre oQoverii; et netne eri«iir est deae les piftsàsëéz diisiid(}iier; G^Biaie oe aéûi deox espèods de désordres que d'élire impie et de pa*^ xakn^ impie (ekr être impie , disoit TeptiiUiea , c'eât m ortifiei et te {Hireitre, c'est un scandale) , atissi devons-nouë être bien perktiàdëé qu'il y a deux préceptes dans la loi divine, do&t Tun nous oblige è jRKMis convertir, et l^autre à donner des marques exiérfeuretf de notre «onv^sion ; en sorte que d'obéir à l'an dé ces deux précq^ies, $àn!s se mettre en devqir d'accomplir f antre, ce n'est 'miUmejôsticelÉripà^' fiiite. En effet,' si Jésus-Ghrisl , après être sorti du tomlieàn, ^'étoit tenu caché dans le monde , et qu'il n'eût point parti ressuscité ^ il n^tiilroit, si je l'ose dire, exécuté qu'à demi le dessein de son adorable mission ; il auroit laissé nofj^e jtqi ^Qs4e trouble, et, par rapport à nous, la religion qu'il vouloit établir n'auroit pçint eu de solide jfondement. De'mémè, si nous négligeons après iibtrê conversion'^, otl &i -nous craignons de paroître cofivertis , nous ne faisons qu'împarfaîielilent l'œuvre de Dieu ; et , bien loin de lui plsiire , nous encourons H nudédiction prononcée par l'apôtre saint Jacq/ies, .quand il dit que quiconque viole tm commandement, quoiqu'il en observe un autre, eet censé coupable, comme s'il aVoit transgressé toute la loi: Qui peeeat in uno faclus est omnium reus ( Jaç.,2). Je dis phis: éire et pa- Jrokrecqnvcrti, sont tellement deux obligations différetires, qu'elles sont Néanmoins inséparables, et qu'à prendre la jnHosëdâns la rikiiewr, il est impossible de is'acqditter de la prehiiète sans safiîsfaîre a la seconde, parceqo'il est tionsf ant , comme l'ange de Fécole, saint l'Memtis, Pa Judicieusement remarflùé, que paroître converti est une partie de la conversion même. Je m'explique. Vous avez pris enfin, dhes-vous , Fa résotntibri de changer dç vie et de renoncer à votre péché; mats vous avez du reste, âjoutez-vo^s , d§§ mesures à garder, et vous ne voulez pas qu'on s'apdrçoWe de voxre changement. Mais inoi je soutiens qu'il y a de la contradiction dans oe que vous vou& jn'opoisez, paroequ'une de$ circonstances les plus essentielles de ce elyangementde vie,^ qui doit faire votre conversion, est qu'on s'en aperçoive et qu^l paroisse. Je dis que tandis qu'if ne paroîirâ paâ et qn'on ne s'en apercevra pas , quelque Idée que vous en ayez , c'est un changement équivoque et suspect, ou même çhlbèirique et imajginalre : pourquoi? parceqn'unê conversion , pour être conîîplèîe, doit embrasser sans exception tous les devoirs de l'homme chréiieà. Or un âes devoirs de Thomme chrétien est de parottre ce qn'îl est ; et s'il a fté pécheur et rebelle à Dieu, un de se^ devbirjs lefs plus indispeDsaUes est de parohre obéissant et sbiilsiis à Dieu. Je dis qtie 6e devlH^ eat'fondé sur Fflfitérêtde Dieu* que vous avez ^rffër{sé; sur Pinitërét én^l^illebàiin que vous «vcz scandalisé ; sur voiré in\^M{ïro6ré^ K?"". tends l'intérêt de votre ameet dé votrier salut, que voaà aveSs ôilvehè-
SBk lA BÉSntKDCTKHf DB JiSUMHllBT. m
ineitt abandomié; trois preoi^ invhidUei de la vérité que je vous préelie , et dent je puis me promettre que vous s^rez touchés»
Oblf^aiioii de parolive. converti , prise de l'intérêt de Dieu qu'où à offeosë; «Btremeart» Chrétiens, quelle réfmrutjon fsrsz-vous à Dieu de tant de crimes» et comment lui reudrez^vous la gloire^ue vous lid avec ravie en ks commettant? Quoi ! pécheur qui m'écoutez , vous avez outrseé unile fois ce Dieu de majesté « ei vous rougirez mainte* nant de paroitre kunritié devant lui? Vous avez méprisé hautement sa loi , et vous croirez éù dt^e quitte peur un secret repentir? Votre iibertimgfe, qui rirriteic^ a été public, et votre pénhence, qui doit rapaiser, sera obscure et oacbée? Bst-ce traiter INen en Dieu ? Non « non, mes Frères, dit saint Chrysostoaie, en user ainsi, ce n'est point proprement se convertir. Quand nous n'aurions jamais péché , et que nous aurions toujours conservé rifeiaKM^noe de notre baptême , iûeu veut que nous noua déclarions ; et ea vain lui pretestons«4ioue dans le cœur qu'il est notre Dieu,sinOttSDesenHReSpréti^i noneen expliquer devant les hommes, et même devant les lyHms, par une confession libre es gàiéreuse : Quiewiufue c^^feuta faeritme earàm kmmàbuê {Lee., 42). TeHe est la condition qu'il nous propose, et sans laquelle il nous réprouve comme indices de lui. Or si le Juste même, quoique juste, reprend saitit Chrysostoiile , est sujet à celle condition , cooiibien plus le pécheur qui se convertit, puisqu'il s'agit pour hii non aeutemem de confesser le Dieu qu'il sert et qu'il adore , mais de fiiire justice an Dieu qu*il' a déshonoré? Et coalinent la lui fera44t cetie justice, si ce n'est par une conversion qui édifie, par une conversion dont on v^ les fruits , par une inversion aussi exemphure qu'ette doit être de bonnes foi et ^ncère? U feut donc, ceadut saint OhrysK>siome, que la vie de ce pécheur, dans l'état de sa péniteace, soit dé»omsaia comme nue amende honoraMe qu'il ïriit à son Dieu. H tM que sou respect dhns le lieu sains , que son attention à l'adorable sa^ erifice, q«e sou assiduité au& autels, que sa Ééélité aux: observanoes de l'Église , que sei^diaceufs modestes et ruKgiettX , que sa oondulle r^gfulières que mit parle pour M , et réponde à Dieu de la contritum de soii attie : pourquorY afin qnif Dieu soit ainsi dédommagé, et que ceux qui , voyanv autrefiDia cet homme dans' les désoi^dfes d*une vie impure et libertine , deiaaBéerent eà étoit son Dieu , et douieieut presque quil y en eût un , non seulement n'en doutent phis, mais le gleriflent d'une oooversiou si visible et si éclatante: Nequaandd SeàM ffefUBê, Sti est êeù$ €ùrum {Piohn. Ii3)f Car voilà ce que j'appeHe riutérêtdeDieu.
Eu efi^, quand saiot Pierre, après la résurrection du Sauveur , pmnniasoit dans leaeynagognes et dans les places pubKquee, prèshant le nom de Jésus^Oiriss aeee tme^mnte Hbe»té, tf où lui ivenoit suetouc CB>«èlo?'delafien8eeietJdn-siM|venie4e'aMi péohé. J^i uniliimon lire, disoia^HykJbal'aiiiemniè de sendXNfr, iMmou inMMl)té<M a
im SUR hk RËSUBBJËCTKMÏ 0Ë JÉSUS-CHRIST;
été plus sensible que k cruauté des bourreaux qui Tout cnidfië : H faut donc qu'aux dépens de tout je fasse voir maintaiant ce qâe je lui suis, et que je me sacrifie moi-même pour effacer de mon ^ng une tacbe si hotateus^ Voilà ce qui Texcitoit» ce qui le déterrotnoit à tout entreprendre et à tout souffrir pour cet Homme-Dieu qu'il avoît renoncé. Or c'est dans ce sentiment» mon cherauditeuTy que vous devez entrer aujourd'hui. Comme le prince des apôtres , vous reconnoissezy et vous êtes obligédereconnoitre, qu'en mille occasions ou le torrent du monde vous entraiooit» Vous avez renoncé votre Dieu ; vous confessez que votre vie , si je puis parler 4le la sorte, a été un sujet perpétuel de confusion pour Jésus-Christ : n'est-il donc pas juste que vous vous mettiez en état de lui faire honneur, et que, par vjine vie chrétienne, vous effaciez aM moins les impressions que votre impiété a pu donner contre sa loi? N'est*il pas juste (autre- pensée bien touchante ) , n!est-il pas juste que vous honoriez la grâce même de votre conversion? Car savez-vous. Chrétiens, quel sentiment la grâce de la pénitence vous doit inspirer? savez*vous ce que vous devez être dans le monde en conséquence de cette grâce , si vous y avez répondu? Je dis que vous devez être dans le monde ce que furent les apôtre^ et les premiers disciples » après la résurrection du Fjls de Dieu. L'Écriture nous ap|>rend que leur principal, ou plulôt leur unique emploi, fut de lui servir de témoins dans la Judée, dans la Samarîe, et jusques aux extrémités de la t^re : Eritis mihi teUes in Jérusalem et in omm Judœâ et Safnarià {Aetf 1). Ainsi, mes Frères, devez-vous éti% p^suadés qu'en qualité de pécheurs convertis et réconciliés avec Dieu par la graoe de son sacrement , Dieu attend de vous un témoignage parliculier^ un témoignage que vous lui pouvez rendre» un témoignage qui lui doit être glorieux. Comme s'il vous disQit aujourd'hui : Oili, c'est vous que je choisis pour être mes témoins irréprochables, non plus dans te Samm^ie ni dans la Judée, mais dans un lieu oh il m'est encore plus important d'avoir des disciples qui soutiennent tim gloire; mais à la cour , où ce témoignage que je vous demande m'est beaucoup plus avantageux : Eritis «lât tesiei* Vous, hommes du monde, qui vous êtes livrés - aux passions charnelles, maison qui j'ai créé un cœur nouveau, vous à qui j'ai fiait , sentir les impressions de ma grâce, vous que j'ai tirés de l'abtme du péché, c'est vous qui me servirez de témoins; et où? au milieu du monde, et du plus grand monde ; car c'est là surtout qu'il me fiiut des témoins fidèles : Eritii mihi testes. II est vrai , vous avez jusques à présent vécu dans le désordre; maisl>ien loin que les désordres de votre vie affoiblissent votre témoignage , .c'est ce qui le fortifiera et ce qui le rendra plus convaincant; car en vous comparant avec vousmêmes , et voyant des désordres si pnblîos, suivis d'une conversion A édifiante , le monde , tout impie qu'il est , n'en pourra condure antre chose sinon que ce diangemeut est {'«uvrage de kglrane^ et im nu-
ndeide la main toifte ptiissante diitVès-Hairt :'£rifb nâU tuies. Et ea effet. Chrétiens » si vous aviez toiigoors vëeu dans l'ordiie , ifaelque
gkHreqoeDieaen tifàtd'aiileurs»il n'entireroKiwkriëittoipiagedem je parle. Vous seriez moiiis coupables devant hii; mais aussi seriezi» veas moins propres i faire connohre reflicaoe de sa graœ. Pour lui servir à la cour de témoins, il fiJlôit des pëeheurs cotniaeToas; et c>sc ainsi qn'iï vous fait trouver dans votre pécbë même de quoi ràonorer« • ObUgation de parcrftre converti, fondée sur rintérét da i^roehain , l|ae TOUS avez scandalisé; car, comme disoît saint JérAsM, je bm <feis à moi-même la pureté de mes mœnrs, mais je dote auiL autres la pureté de ma réputation : MM debeo memn «fesm, êiiit dehêo meam fwman (Hnaon.). Orée sentiment convienc. encore pins à un pécheur qui se convertit : Je* me dois k moi-*méme ma conversion, mas je dois aux autres les apparenœs et les-mar^ues de ma connniùù : et pourquoi les appmnees9 pour réparer par un remède prqx>râomié ies-scandates de ma vie; car ce qti a scandalisé mon frère*, peiit-il ajouter, ce n'est point précisémeni mon péché, mais ce qai a paru de mov péohé. <Je* né ^ àcmc rien si- je n*eppase à ces iqpparMices crimi ACMes de saintes apparences ; et je me Satte si je me contente de détester iMérteuremenrie^péobë ,'et que je n'en retranche pas les dehors. H ftM , momdier 'au^iièiir,. que ce prochain pour qm vous avez àéw saget'deehttte profite de votre retour^ et qu'3 soit absolnmetfe détromf>é ées- Idées. qu'A avoit-de vous ; il fout qa'U s'aperçoive que vous n'êiés plue •cet- homme dont les eiemples lui étoient si peruieiènx; ipk vous n-eètretenez filusf ce commerce, qmi vous ne fi^elltèz fins cette maison», que vous ne vayeifhiB cette persomie , que vous n'asaistea plus à ces speotades prèfanes /qne vous àe tenez pha ces discoâis tanob , 'oi «n fnnir q^^ car d*espérer, tandis qsftt voua vs^ra danii l^s ménaes soeiéiéa, dan* Isa Mmes Cto^iâgements , dians les méme8iiid>itudes , qu'il vous oroiév ter ^lotr^parole, au homme^hangé et cbnverti , ceseroit^à in-aimpK^ cité de le penser , et c^M k vous une présomption dé le préièudrei Né sortons point de notre .loijfBlire : la rÀnrreciio|i <dn-FiiB de Dieu , que aoQsavdna* devant les y^x, seiapour vous ^t î)oar naoi une preuve aendbie de ce que je dis. > ^
Pdhrqiioi Jésus^Ghrist »441 paru ressuscité , ou- plolAt à qui a^ pMiressiiSQitél^^ed ménté votre ^tentianJ 41 a paru ressusdié, iAi saint Augiisiin>, an sais pour «les' consoler dans- leàr titocssë , -aarir autres pour les ramaaëir de- leurs égarements ; à celii-tt pour, vaioor» len^incréduliié; àeceut^Si pour leur reprocher FendurcisssBment de leur coauf . Bbddeine et ies autres femmes <pii l^avment suivi pleurenr auprès-dusépulcreyi pénétrées de la vive douleur que lem^ cause le aottvettir et rimage encore touteréceute desa mort : il leur lapparolt, diirévaugéSste, pour lesremplîr d'unesainse jcîe,et pow £me cesser 1 eare homes. lies disdièBS foiblés et lâches l'ont abaodonaévtft ont pria
pour JfB.MMÎQl^ lom^m^ ^pour If^iAim
fM9 : it leiii! fip|îtP0tt pour iie^r ireproolMr j^pir. i^cy^r^i^ , let^ pour réYeilkf^«^z^£vcof« iiMâ>^ , mKlèledhriii^ilF^Iwi M\^ â^vdns
iaioottsolatioÉ 4160; iuat^^^fiMrJa oonierlNMitjdesip^dNm > iHm m
r, Bp«ni|^ oQimiBtîiNi des Jp^iea. <€itf , dafiç»r^i(âii|»ritSif^ mm
aur vQMft ! ^luette doiifeiir la tksimé «iyà J69 pmmtt 9e I^wr iiii«^i|p^ fMMotir à te viie d« Vosiiléw>rfljmj flmp;qaeljs^^ Ofi-^ 4^^m« «oïdesi b^Mrqvd ét^ncfaeosiéiit de ««^iii^ ii'mioi^^lb^ RMt«$«lidfH
#' lesHOBpiiff !: eii depuis omjbîefiide^n^ iid'piNt'(<H|.p99/l«Ff4ip^tt««B étoieptdai» là ^d^, d^»«uda«t|Qn0eeiirIMeM|^^ vmh ^ «owkfMNt iHrè» :T9ii« (ioDYerao»!,Slieli.rmi6o la» d (Mm^^» ^>; sfdw kkm 'y0e4^^..vdii8%i|oiià «pjri^fiditipept iM^nsoité; JMis.pnxyws 4U <||i^ Kilpnti elle» mt d«oit id'eifièec! ^ini$;dir9tiS[ JlNtr rfiai^Âs^ ^lovaÂft ltUiplteftil*éo ^'éfooifiisiitann* la^t^iWie^OHlie (^ AAg9ft ^MIWfH^^W^tM
fim fauî^ûaBpto. £leiaanuildB(>dpcfeîli|m wsc^^ig^g^ià im&4VyPINil$f dMvpr0|ivjaB4(iB*M(i^«6rt»Bii948 aMiârÀrt#qiii4^ifffffi pftcMi^'fiOillM^fttr^ joîe<ï ^1 1|^ del^aiP6flneit]mtTOoirai\i^ralafU!à(L^v^ liiM )sbémwemmjdBs^fëA0àr a. de 1ifiiiJ«(ef|^4;Mfi« 4€|.9I||ik4« qiiiiae {»fdéiUi»> et i|Hi^ M'Mrftsiitaies da Skui^i fjmk %ëi0Â 4a
<m i^iilMiMftii |ldi bas mittyoRf^^ tes r«nffisii(;<^itoi»e qi^
sein. Pourquoi vous? Je le répète, parcequiipri» i|$fSe^g|fc^i||f|MSï» 1sotiS(airfe.pfUiri|giiéiisMrf3ai.diui par^(loljeriH^ii>*<Mili9iat()b^^
WRt )MeiVftfet^^tttpBè««iD6iii€hfiisi ipoqr AW fitM
kfndtoipfes^iiè^kilen^ion moiS;4iss>pés' : jfhM^AptOfMojOMSpil^ çonfMfm^ fràires 4uàs {Ubt.; 92); £l vxmS), iKieor^ iu| ^dlt. k »ili>ttwl 4iH9iMde, a^eB^oiikd'afiËérBÉrjwdsfeèfl^^ <«n<«arâi> vûttë-mépie. IL life donna, pal» eelte'OOff^issi0a à.^ili6t3faip^ qiti ^'^oÂtteua: inséparafalekneiitsilitekéià -fiO^Mm^pMi im^iM^n»^ VhirUml^ MWf)pfi^9*^ jMi|tt:*àfllâ xsuMbr «afe é iqii9l'J$f(M^M|ai) ^Mf i^ireiip^ft. AMiif(|uobMa3 AdeiaMë à(»i(hrile*d9dyi SmnMfeH»! I
IMB pé<Aeilr&, et pavoequefe f^mgmâ péobêNi^éêrioM ëlMIté jAùH» prépte àfes«ttifter tqusi AlrtÔlH^ëtl^ii», <Mibkiitaé'OètaVer^étis votre^ minfie seiii ne prociiumit4l pa4,'M toits'VéM r«gftrâtez, comme' ttift Pjerre, btai^ësiki Thofioriibte emploi (tè gâ^v'VdSfrÂi^ r Dirâl $t tuakfdaikù\ûaÊvmusVo^fi^àfrûtt^itH}ê. Cè( ëscMhjH^;^ époté de toaie osleMittott, él^utetiil <r>Éii tSie'^Umm, Mifthbié ëi (iradunt^ ipi«t loeràr merveiUéttt n-miMHlpw, et ^fte fi^mrfèi^' ium.eq cDlnpfteiriiioii t^M fes prëdteftteors de TËvangHe? qiiM âHrtfif Mrftnt ne ^erok^g^ pîif piq]r*««!rtâfm j^érif^, dAdtffA^jfës et t^x» ifedénspinr, ldr«^'il« «e4if^iefit'à èdx-^ménieîl f T6M ^rhom^» qiiew)èB aVodS tu 4^s M tnémésdëteiieh^ t]tte itous ; lèf'vdiift coti*- Ytemi etàoiinb 4f)l9i?f ¥ imrcfli-fl' un chftrme piiid puièsant pdi# i^ pVDvértir ewiMme»? et (}Uâll(f 41 Hë g'a^f podi* cèlèf qtië de partilHW ee^ iVon^Htea» iàe c#a%h^otfsf jjW)îiit, eA V mari^uaW/tfeécorrrff h wMdRStoft it»ttt Steii , tîâf sort pfÀpliètij , vbtis^a rheài/iési^Saïi^iiiL
aaîlit^liiiihitt , tte^Wjlf iSdèle , wit toné gfd(îe spédfalb pow rëpàntf^fe' féP éwt#lrft*t el ^ ttW^j^àH été incrédule (è'èst Ik réfiejtloii dtf itte«i^4|flilr«if)àp^^préÂ^ Bt^'r^ld'
BMmâNé él6itl*â^^» éi iomthe ttôrt Seulement croH-écéJqtPtt'ivàft 6pi: ' tiÉw^îmuiiteotii^ltfv tfi&is raifei- t^ttbWe^fhsqaè dëvâiit Jeâ trîbatiàuL' 6(»ein«s <»«itHd^è de mo«ri^pèar eifl•cbIrfi^meif f^Vérlfé.-'Ybilà ce qtif fmaMoil te iftènd»'. BWh ftibi»ëatt1!ïéîobiéseù!é, dît saint^Wrysoitome, iMé4iQf^t )Mi;Nltfi; sa ftmatéisedeii» Mus ani'ôH pas sùïRf^^#
emtimm matàm^^ëè ^h(^^mh^: J'en disHë miitne/Ofr^''
1lM4AÎ^ycfM'llft^|>toii^, ftretoit^il deVtM^Mrirne*^^^ (RM II a pàf fidffièKMétii bt^SolifVCe ^lii m^ N Tkùpi&'i'c'esttl'ëiii' tedêrè Wi îfttpîë'Cômifiè^feii*', -suPtëat «fl^Miffifc^^ d^Méur^ ièHfÂ^ k AoitJfe; 'sànrf kuffé îhtérfet que èfè<iii^d*Màt'vgHtè tfuHI "a ôomlti^^ drre': Je *§àîsf pfepstiad^^ î^'^e-ttuis pftiè Vësftter îî la jrace 'P W pf«4è>îé^ veux vî^l^è en cftWtien, et jéhi'y eîQjpgé. tài* cette' (Kcf ara-' fîon est tin argument sëniiblé qrf tévin&mmciie iScfi^^ëi^'^'êl Mé leijiraeslés ^^HbertiheknèpeuVeifts^'èéftï^ '? r/.c. . ... »•*
I!hifin,<*lîçaiftmaepâii6ttrëcbnVett};f<ittd^^s Car cette prudence cha'fnelle qui nôds felit tro^ivéïr tSirf'tfe pr^^^^^^ pom* ne nous pas d&larer n'est qtfuq artifice grôssièr,'dônf se sert Fennemî ée notre saint pôor nous tenir toujours tfàos'sVs'Tieils biù moffleni même que nous noûsihttoiis d'êtie rentr^^ datjà'ltf 'tfÉféhé Aëd enbbts de Sf'cu. Ëïi effet , tin he veift pas qu'if {)âfrb{»sS â' f Mâ^iëur'
t» SOR II* BÉSmiRECTIQIf «E JÉSUS-GHRiST.
qii'oii.aU«b(Mi0éde eoiMlei; pour<|«oi? pareoqa'éii «eôt lien qne ai ce cbaBgemeiU.veiipit one fois à ëdaSter , ob aeix»t <Migé de le aottie* nir, qttVui|ieti>aiirroil fim s*^ dédtr&; et qoe^PheoiMiir même ir^naot au sepopurs du devoir >et de la religion, on se feroit delà phis difficile venu ,r qui est la pers^érance, non pas un simple eqgagement, mais cQou^e:nne^absol|le nëoessitïé. CH*,, en ^ndqne bonne disposiiion que l'on sf trouve» im veut néanmoins se râelrver le. pouvoir de fidre dans la suite .c^ que Ton 'voudra. Quoiqu'on renonoe aetpellement à son péché» on ne veut pas se lier, ni s-'interdire pourjâmaîs respérmce 4a retour. CefM »éc»W<é de peraévérer 'paroh afFrense^ et iWen craint les.eonqikp^en^es :.6'est*i-dire, on ne veut fM» être ineonstanC» maison veut, s'il étoit besoin, le pouvoir être ^el^^areequ'en donnant das in^rques de conversion, on ne le pourroiifrffis; ^ ûa qu'on ne le pjp«urrojit q^'aiia^ dépens d'une certaine: réputation dontonest JaiooK^ on aioif» mieux dissimuler, et cournrr. ainsi les risques de json ineon* ^tance, qn^ ^^'assui^r de soi-même en s'ôtant que peniîçienaelibcrté. Car voilà, mes chers auditeurs, les îll|isiaps(dkieiwr..d& Phmmne. lla^ je raisonne. tom autrement, et je dis que nonidevens regarder OPime. un. avantage de paroltre conv&ertis , pifisque-t de notre propre aveu, le parottre et lavoir paru e^t iperaison qui nonft engâ^ni'* dispensaûmant à l'f$(re, et à rêtris toiqonrs. Je dis que nous dewns compter ppnr une grâce d'avoir trouvé par-là le moyen de Jlter nos lég^i?^^« W faisant m^nue servir lef( lois du mcmde à l'étaMiaseaMÉ i^lide et iqvariablé.de notre convecsi^n^ Mais si je retombe» par.une mall)e»r^i|^ ^agilité^ dans mes pr^iers.désordrea» ma converaton-, mi Ueik d'édiâer , deviendra la n^atière d'un nouveau scandale^ Ahwg» Ôhréiiens :,p!està qippî 1^ gracç d^ JéausrChrist nqppa.4#apiâd«peifser« sino^ .alitfint qRQ.çett^ pensée nous peut être salmaîrç ponr; nous donnierdes forces et pour nous.animer. iIe.dois.crjdndr&mes faiblesses et prévpir le^jatoger , mois j^ j»e dQis.pas.porter trop loin cette |»rë- ^jance et .ç^tte .ciraipji,f.; e^l^/ine doit rendre iqgilant , mais.dkne ifie<ioit jff^.i^JdpArp pusillanime; elle doit m'éloigner des oacasÎQDS.«par uuQ sainte déâpçe fie çioi-n^éme^ mais elle ne«doi^VlM vk'àtesr la oooh fiance en I^j» jus^'à m'empécl^er. de faire des démarches pour mop salut, sans i^ueUès Ja. résolution que j^<ai prise d'; travaiiler.sera tjbjdjours çhancdante.. $î je me. déclare , on jiigera.de moi, on .€» parle^..: eJi^bie>.Tcesera un secours contre lapente naturelle que j'aoïrois àme démentir..; de considéner que j'aurai à soutenir les jugements et la censure^ dû iQopide/On, m'accusctra de simplicité, de vanité.
celui de rjotérét, par un détachement parfait de. toutes dhoses. Du reste , disôit saipt Augustin , le ipondç parlera selon ses maximes , et moi je vivrai seloales miennes : si le ^onde est juste, s'il est chréden.
SUR LA RÉ6VRREGT10N DE JÊSUS-CRRlST. i6l
ilappitmvmi mon changement, et il en profitera; s'il ne l'est paa, je dois le mépriser lui-même et l'avoir en horreur.
Qaoi qu'il en aoit , être et paroltre converti , être et pafoltre fidèle , être et paroltre ee qu'on doit être , voilà, mes chers auditeurs , la grande morale que nous prêche Jésus-Christ ressuscité. Heureux , si je vous laisse, en finissant ce discours , non seulement insuruiis, mais persuadés et touchés de ces deux importantes obligations! Après cela, qudque indigne que je sois de mon ministère, peutnfttre pourraije dire, aussi bien que saint Paul quand il quitta les chrétiens d'Épbèse et qa'il se sépara d'eux , que je suis pur devant Dieu éi innocent de la pâte des âmes , si parmi ceux qui m'ont écouté il y en avoit encore qui dussent périr : Quapropta^ amiestw voê , quia tnundui ium à songiàne ommum (ilct., 20). Et pourquoi? parceqnevoussavex, d mon Dieu » que je ne leur ai point caché vos vérités ; mais que j'ai pris soin de les leur représenter avec foute la liberté , quoique respeotaense, dont doit user un nûiiistre de votre parole. Quand vous en* wyiez autrefois vos prophètes pour prêcher dans les cours des rois , TOUS vouliez qu'ib y parussent comme des colonaes de fer et comme des murs d'airain , c'est-i-dire comme des ministres désintéressés , généreux, intrépides : Ego qwppe 4M te hodiè in eolumnam ferream^ et in marum œnewn^ regibus Juda ( Jbeem., I ). Mais j'ose dire, Seigneur, que je n'ai pas même eu besoin de ce caractère d'intrépidité pour annoncer ici votre Évangile , paroeque j'ai eu l'avantage de l'an^ nonoer à un roi chrétien , à un roi qui honore sa religion , qui l'honore dans le cœur, et qui feitattHlehors une profession ouverte de l'honorer ; en un mot , à un roi qui aime la vérité. Vous dâendiez à Jérémie de trembler en présence des rois de Juda , Ne formdeê à facie eorum (Ilûd. ) ; et moi , j'aurois plutôt à me consoler de ce que la présence du plus grand des rois , bien loin de m'inspirer de la crainte^ a augmenté ma confiance ; bien loin d'af fûiblir mon ministère , Fa fortifié et autorisé. Car la vérité , que j'ai prêcbée à la cour, n'a jamais trouvé dans le cœur de ce monarque qu'une soumission édifiante et qu*utté puissante protection. '
Voilà , Sire, ce qui m'a soutenu ;. mais voilà ce qui élève Votre Ma4 jesté, et ce qui doit être pour elle un fonds de mérite que rien ne dé<* truira jamais : l'amour et le zàle qu'elle a pour la vérité. L'Écriture nous apprend que ce qui sauve les rois , ce n'est ni la force , ni la puissance , ni le nombre des conquêtes , ni la conduite des afKaires , ni l'art de commander et de régner , ni tant d'autres vertus royales qni font les héros et. que les hommes canonisent: Non salvatur rex per muttam virtutem {Piobn. 54 ). II a donc été de la sagesse de Votre Majesté et de la grandeur.de son ame de n'en pas demeurer là; mais de se proposer quelque chose encore de plus solide. Ge qui sauve les rois , c est la vérité ; et Votre Majesté la cherche , et elle se platt à l'écouter , et elle aime ceux qui la lui font connottre , et elle B. 2. H
m SatLlA RjËÇyRKUCiTIQN Dfi J|K8|7S-CiHBIST.
D'auroit que ijtu m^prifi pour ^<K>iMiiie la lui déguiseroit ; ei ^ bien loin de lui résister ^ ^ se ^ une gloire d'en être vaincue : car rien , dit saint Augustin , n'est plus glorieux que de se laisser vaincre par la vérité. C'est > Sire ^ ce que j'appelle la grandeur de votre ame ^ et tout ensemble votre salut. JHous estimons nos princes heureux, sjoutoit le. même s'aint Augustin, si| pouvant. tout ^ ils ne veulent que ce qu'ils doivent ; si » élevés par leur dignité au-dcsssus de tous 9 ils se tiennent par leur bonté redevables à toua; s'ils ne se considèrent sur la terre qpie comme les ministres du Seigneur ( si, (lans les bpn^eurs qu'pn leur rend » ils n'ouUieilt pcnnt qu'ils sont hommes ; s'ils mettent leur grandeur à ftdre du bien ; a'îb font consister leur pouvoir à corriger \e vice ; s'ils sont mattres de leurs passions aussi bien que de leçurs actions ;.si ^ lorsqil'il leur eH aisé éb ae venger, ils sofit toujours portés à pardonner ; s'ils étaUissent leur religion pour règle de leur politique ; si , se dépouillant de la majecité, ilç offreQt tous les jours à Dieu dans la prière le sacrifice de leur homilité. Portrait adoiHtd>le d'pn r<^ vrsâm^nt chrétien , et que je ne crains pas d'eiq[K)ser aux y^Hx de Votre llajesté , jnlilMiu'il ne hii représente que ses propres sentiments et que ce qui doit être le sujet de sa ponsolation. C'est vous , 6 mon Dieu ^ qui dcHinez à votre peuf^le des hommes de ce capact^ pour le gouverner, vous qui tenez dans vos mains les coeurs des rois ,. voàs qiû présiâe«. k ieur salut , et qui vau$ glorifiez dans l'JÊcriMure d'en Are spéeîaleineAt l'auteur : Qui da$ ê^mèm regibtAg. ( P^oin». 14$). Montrez, Seigneur ,tBioillreB que vous êtes en effet le Pieu du salut des rois-, en e^andanl sur notre invincible monarque l'abondance Me voB bénélictions et de vos grâces, p^ai^ particulièrement la graoe des grâces , qui estvcelle du i^ut éternel. Quand nous vous prions pour la conservation de sa persOÉue sacrée, pour fat prospérité de ses armes » pour le succès et la gloire cfe.ses entreprise^ ^ quoique c^s prières seî^t; justes et d'un devoir îl^dispensable , elles ne laissent pas d'être en qudqueterCé intér^sées ; qar nos fortunes , nos vies .étant attachées à ht petsonne de ce grand roi , notre gloire étant la sienne et ses prospérités. les nôtres , nous ne pouvons sur cela nous intéresser pour lui ssufs fimre autant de retours vers nous. Mais quand nous vous oonjirons de verser siir hii ces graoes p^ticdières qui font le salut des rois^ c'est pour lui que .nous vous pripps , puisqu'il n'y d rien pour tui ni pour tons les rois. du monde de personnel et d'essentiel que le ssAut. Tel esl f Sire , le sentiment qiie Dieu inspire au dernier de vos sujets pour witre auguste personne ; tel est le souhait que je foitme tous les. jours , et le souhait le plus sincère et le plus ardeiâ. Dieu l'écoiMerà v et auprès vous avoir f^it régner avec tant d'éclat sur la terre, il vous fera régner encore {ivec plus de bonheur et fim de gloire dans le del, eu nous oonduise,.etç. :
.If
SI» LA PfSSËVËiMaVfiE QfillÉTIEIOfE. i&
sERttorr POUR le lundi de PAQ^ES.
sua lA p£as£y£RA«GE ghrétusicne.
Et apprûj^nquwêrunt casMIo ^ ibafU; et ipu «e finxU Umgius ère, Bt eotgerum UhM^meemêê i BÊomé mobiicmn,
LorM|i*i]8 furent pioche dn bourg où ils attoient» U feignit de vouloir «lier pins loin. Bt i|f le praièreut de demeiirer avec eux, ein M dteant t Demenrei «rec noiM. Saint tvc,
Yoid 9 Chrétîens , un grand mystère que TÉvangile nous propose, et cpû renferme pour nous une importante vérité* Deux disciples mardient avec le Fils de^ Dieu » dégubé sous la forme d'un voyageur ; et iorsqu^ij semble vouloir se séparer d'eux , ils l'invitent à demeurer, et loi font même une espèce de violence pour le retenir : Et coege^ runt Ukan, fûcentet : Mane nobiâcum. Figure bien naturâle d'une ame (^retienne qui Fa reçu , ce Sauveur des hommes ^ dans la communion pascale, Elie ne se contente pas xju'il soit venu chez elle , ou plutât dans eDe , caché sous le voile et sous les espèces de son sacrement ; eUe l'engage encore à demeurer avec elle, et » par mille voaux redoublés , par de ferventes et d'instantes prières , par une sainte importunité , mais qu'elle sait lui devoir être agréable , elle le presse , elle le conjure , et lui dit intérieurem^t : Àh ! Seigneur, ne vous retirez pas de moi ; car si je viens à vous perdre , je perds tout, [puisqu'en vous perdant je perds mon unique et mon souverain bien : Mane nobisciim. Cependant, mes Frères» s'il notis est si important que Jésus-Christ demeure dans nous et avec nous , il ne nous est ni moins important ni moins nécessaire de demeurer en lui et avec lui ; et voilà ce qui s'accoinplit, selon sa parole même, dans ce sacrement adorable oh il s'est donné à nous, et oii nous avons dû nous donner à lui : Qui manducai meam cornent, et bibitnteum sanguinent, in me manet et ego in eo (JoAN., 6). U font qu'il demeure en nous par la grâce , et il iiaut que nous demeurions en lui par notre persévérance dans la grâce ; il fout qu'il demeure en nous pour nous aider de son secours , et il faut que nous demeurions en lui pour lui marquer notre fidélité ; il le fout, mes chers auditeurs ; et de sa part il n'y a rien à craindre , pareequ'U ne nous abandonne jamais le premier ; au lieu que tout est à craindre de la nôtre, parceque nous sommes l'inconstance même.Heureux si jepouvois aojourd'hui vous fortifier , vous affermir., et par-là vous préserver de ces rechutes si ordinaires dans le christianisme et si funestes !. c'est ce que j'entreprends dans ce discours^ où je vais vous parler de persévérance chrétienne, après que nous aurons sahié Marie, Ave Maria.
C'est par sa passion et par sa mort fpiB Jésus-ChrJist a vaincu le péché : mais J*ose dire qijie jcett^ victoire sf iHÙt imparfaite s'il «e triomphoit encore de notre inoonstancck Or c'est xte qu'il fait par sa
i64 SUR LA PERSÉVÉRANCE CHRÉTIENNE.
résurrection glorieuse, et c'est une des grâces particulières qui y sont attachées. Jésus-Christ est ressuscité comme il Favoit dit , Surrexii sicul dixit (Matth., 28) ; mais la question est de savoir s'il est ressuscité dans nous. Car, comme saint Paol nous apprend que Jésus-Christ doit être formé dans nous par la prédication de l'Évangile , Danec formetnr Chrtstus in vobis (Galat.y 4); comme il nous enseigne- que Jésus- Christ est tout de nouveau crucifié dans nous par le péché , Runum crucîfigentes sibimedpm Filium Dei {Hebr.j 6), aussi est-ce une suite nécessaire de la doctrine de ce grand apôtre , que Jésus-Christ doit ressusciter en nous par la grâce de la pénitence. Or, de toutes les marques à quoi nous devons reconnottre s'il est ainsi ressuscité , la plus évidente et la moins sujette aux illusions est la disposition où nous sommes de persévérer, et d'accomplir fidèlement ce que nous avons promis à Dieu en nous convertissant à lui. Pour vous porter, mes chers auditeurs, à cette sainte persévérance, je fais deux propositions, qui vont partager ce discours. Je dis que le mystère de Jésus-Christ ressuscité nous engage fortement à la persévérance chrétienne, ce sera la première partie : j'ajoute que la persévérance chrétienne est le titre le plus légitime et le plus certain pour participer un jour à la gloire de Jésus-Christ ressuscité, ce sera la seconde. Résurrection duSauveor; principe de la persévérance chrétienne; persévérance chrétienne, gage assuré de notre résurrection bienheureuse : voilà ce qui demande toute votre attention.
PjaSIlIÈRE 1»ARTI£.
Être incapable dépêcher, c'est le propre de la nature de Dieu; n'être plus en pouvoir de pécher, c'est le privilège de la gloire; n'avoir jamais péché , c'est l'avantage de l'état d'innocence/; se convertir après le péché , c'est l'effet ordinaire de la pénitence : mais être converti pour ne plus pécher, c'est ce qui s'appelle la grâce et le don de la persévérance. Or, de ces états ainsi distingués, le premier, qui consiste à être incapable de pécher , est le plus excellent ; mais il ne convient pas à la créature : le second , de n'être plus sujet à la corruption du péché, est le plus souhaitable; mais il est réservé pour l'autre vie : le troisième, de n'avoir jamais péché, étoit un des plus heureux ; mais par le malheur de notre origine nous en sommes déchus : le quatrième, d'avoir pleuré et réparé son péché , est absolument nécessaire; mais, quelque ressource que nous y trouvions , il ne suffit pas pour notre sûreté : le dernier, j'entends celui de la persévérance dans la grâce, est par rapport à nous un bonheur parfait , puisqu'il nous fait participer, quoiqu'en différentes manières, et à Timpeccabilité de Dieu , et à l'innocence du premier homme, et à la sainteté consommée des bienheureux dans le ciel , et à la béatitude connnencée de ces pécheurs dont Dieu se plaît, selon l'Écriture, à foire sur la terre des vases de miséricocde. Aussi est-ce cet état oilt Jésus-Christ a prétendu nous élever»
et dont il nous propose dans sa résurrection la règle la plus infaillible que nom puissions avoir devant les yeux : car je considère quatre choses dans la résurrection du Sauveur du monde » qui toutes nous engagent à la persévérance ; savoir» l'exemple de cette résurrection , la foi de cette résurrection, la gloire de cette résurrection, et le sacrement de cette résurrection. L'exemple de la résurrection du Sauveur est le vrai mod^ede notre persévérance dans la grâce ; la foi de h résurrection du Sauveur est le solide fondement de notre persévénmce dans la grâce; la gloire de la résurrection du Sauveur est un des plus touchants motifis de notre persévérance dans la grâce; el le sacrement de la résurrection du Sauveur, de la manière que je l'expliquerai, est comme le sceau de notre persévérance dans la grâce : quatre considérations très efficaces pour nous affermir dans la sainte résolution que nous avons fonnée de renoncer au péché et de vivre désormais à JDieu. Écoutez-moi, Chrétiens; et , pour bien comprendre oés importantes vérités , attachons-nous à la doctrine de saint Paul , dont voici le grand mystère que je vais vous développer.
Le Sauveur est ressuscité, dit ce grand apôtre; mais ce qu'il y a de remarquable dans le triomphe de sa résurrection , c'est que ce Dieu-Homme est ressuscité pour ne plus mourir, et que désormais la mort n'aura plus sur lui d'empire. II est mort , mais une fois seulement?, pour l'expiation du péché ; et maintenant il possède une vie incorruptible, une vie qu'il ne perdra jamais : Çknstus resurgens ex tnartnis^jamnon moritur; mars illi tdtrà non dominalniur (Rom. y 6). Or qu'est-ce que saint Paul inféroit de là? Ah ! Chrétiens, ce que nous n*aurbns jamais attendu, mais ce que l'esprit de Dieu lui faisoit conclure pour npus : ha et vos exktimate, morttios quidem esse peccato , vivenies auUm Deo. Ainsi vous , mes Frères, ajou(oit-il, si vous êtes ressuscites parla grâce de la pénitence, faites état que vous êtes morts pour jamais au péché, et que vous devez vivre constamment et pour toujours à Dieu ; comme s'il nous eût dit : Prenez bien la chose , et ne vous faites pas une idée abstraite ni une foi spéculative de cet état d'immortaUté que Jésus-Christ a acquis en ressuscitant; car ce seroit l'entendre mal. Quand on vous dit que ce Dieu-Homme ; depuis qu'il est ressuscité , n'est plus sujet à la mort, ce n'est point un simple dogme de religion que Ton vous explique, c'est un fonds d'obligation que Ton vous découvre , et un devoir que l'on vous enseigne; devoir qui se réduit à conserver inviolablement celte vie^de la grâce que vous avez recouvrée par la pénitence : car il est certain , et de la foi même, que votre conversion , quelque fervente qu'elle ait été d'ailleurs, n'aura de vertu qu'autant qu'elle portera le divin caractère de la sainte immortalité du Sauveur.
En effet , Chrétiens , cette vie de la grâce que nous rend la pénitence est, dé sa nature, aussi immortelle et aussi incorruptible que notre ame qui en est le sujet. Si, contre le dessein de Dieu, nous perdons cette
166 SUR LA PERSÉVËMNdË OHftÉTIfiNNS.
^ce , c'est I nous et non point à elle <f iie nous de^ns Pkfifmter ; et en cela, dit Fange de Tëcole, saint Tliomas, consiste notre désordre» c'esl' à-dire en ce que par le pëchë nons nous ôtons volontairement à nousmêmes une vie aussi noble et aussi excellente que celle-là , une vb qui , selon la propriété de son être, ne devroit Jamais finir. Et pourquoi pensez-vous , mes chers auditeurs, que la résurrection de Jésus* Christ soit la seule que Dieu a choisie pour nous servir de modèle dans notre conversion? car ceci n'a pas été sans dessein. La:^re et plusieurs autres dont parle TÉcriture étbient reasuscitési Ces résurrections étoieint véritables , surnaturelles , miraculeuses ; et [cependant rÉcriture ne nous les propose point comme dés exemples à quoi nous devions nous conFormer, ni comme des rè^es pour reconnoître devant Dieu si nous sommes convertis. En voici la raison que donne saînt Augustin :*Parcequeia résurrection de Lazare, quoique miraculeuse^ n'étoit qu'une résurrection passagère , qui ne l'afiRranchissolt pas 2d>solument des lois de la mort , et qui ne Pavoit fait sortir du tonibeau que pour y rentrer à quelque temps de là. Or Dieu ne vouloit pas que notre conversion f At si peu durable , mais il vouloit qu'elle fût sans retour ; et parceqn'il n'y avoit que la résurrection de Jésus-Christ qui eût cette prérogative , c'est uniquement sur l'idée de oeHe-d qu'3 prétend que nous nous formions : Resnrgens jam non niùntur; ita et vos. Bessuscité qu'il est, il ne meurt plus ; ainsi ne mourez plus vousmêmes. C'étoit le raisonnement de saint Paul ; et c'est èe qui oondamne ces légèretés criminelles qui détruisent en nous et qm tihëantîssent l'effet de tous les dons de Dieu ; ces inégalités et ces inconstances qui rendent suspectes nos ferveurs et nos vertus mém]es ; ces découragements qui nous font désespérer de soutenir le bien ifue nous avons commencé ; cette facilité malheureuse à reprendre le Cours du mal que nous avions interrompu ; ces dégoûts de la piété , C€ss retours scandaleux au monde et à toutes les vanités du monde; ces' apostasies de la dévotion, souvent aussi funestes pour le. salut que celles de la religion ; ces déplorables vicissitudes de relâchement et de zèle , de pénitence et de rechute, de vie et de mort. Car qu'y a-t-il de plus opposé à tout cela que ce bienheureux état où est entré le F^Is de Dieu par sa résurrection glorieuse? itf ors illi uttrà non dominabitur» La mort n'aura plus de pouvoir sur lui ; et telle est la règle que je me dois appliquer et par ou je dois juger de ma conversion : ïta et vos existimate^ mor^ tuQS qvidem esse peccato , viventes autem Deo.
Si donc vous qui m'écoùtez , et qui dans cette solennité aVez reçu la grâce de votre Dieu , vous n'êtes pas dans la disposition de la conserver ; si vous n'êtes pas déterminés à sacrifier toutes choses pour faire toujours vivre cette grâce dans vos âmes ; si, par la connoissance que vous avez de vous-mêmes , vous prévoyez que cette grâce s'afFoiblira bientôt, et succombera même aux attaques qu^elle va recevoir dans les occasions dangereuses où vous l'exposerez; si cette passion
SUE Lk innsËnSBAncE caBÉniMME. m
qoi loi mt ^mmiré^ inait i hqfÊtUt vous a? ei roioBcë, après mie trêve de quelques jours, reprend encore Tascendant sur vous, et qu'au lien de Yws confirmer dans une m chrétienne par la soUdbë de la graee» voos donnieit pour |ûnai dire» iiagmee même et àla vie diretienne que veus aveàjenibraisëe, le caraotère de voire instabilité; enfin si le dîfopoe que vous avez fiat avec la chair et UYse le monde esisem« bUée aux rpiplnies de ces âmes panûotanéas qu'on Tint» ^près bien das édatB, bien des dépits, bien des reproches, revenir à de nouYcaux engagements, et a'asindier Tun à l'autre plus étroitement et Comment que jtanais s si 4ala est. Chrétiens, dësabnaez^vous, et n'ajoutez pas an mslbenr défaire état h désordre d!ai aveuglement voknrtnire. Voue péniteneé n'est point ce au'dle doit être, paroeque vous n'êtes pas iressnseittfs eonmié Jësi»Clirist. iLhl Seijgneur , s'écrioit le Prophèlero^l, et devons^nousnous éeriér avec lui, puisque dans la fèr-^ venr de sa pénfteiM il parloit an nom de tous les pécheurs, c'est sûr ee modèle de ta résurreoCion de irotre Fils que vous m'avez jugé, que vous m'nveft éprouvé, que vous évest examiné si ma conversion avott tontes les qualités d'une résurrection fKUfaite : ProbùnA me, et eogno'* iwtiflie ; tu trejnévtsff seuiotiém meam '^renmeeAenem meom {Psabn. 138). Bt^ob, Seigneur, àvez-vouSconnu qu'die seroitlêlleque vous la demmmeE, ou qu'elle né leseroit pas?Le Prophète l'expriBoe 4an& la suite du PsawBie : hieikgiiti êogitaâénei meas de longh (Ibid.). Vous avez découvert de loin toutes mtos pensées ^ vous avez suivi tôlites les traces de ma vtey^ous avez prévu tontes mes voies; et, 'pénétrant dans l'avattr par une lumière anticipée, vous avez observé si ma oondoite répondroit à mes résolutions, si je tiendr(^ flàrmedans le parti d^ vôtre loi, si fé M8isteiy)is aux attraits du vice eC delà pasrion, si lé torrent dd mondé nem'eniporteMt point, si le' respect humain' ne m^ébran- Mbit peint, si k cràtagion du mauvais exemple né me corromprait pohit, si je némelaisserois point touî^ner, cbinme un roseau, de toils e6^s;sî, lassé de quelques démarches que j'aurois faites dans le cbe^ fflhi du esdlit, je ne relounia^is point en arrière : Et omîtes via$ mëaé jnrcetndîàÛf^d,)*. CTest surcda» mon Dieu, qfu'est étabK le Jugement que vous avez porté de moi; et au moment tnéme que je me suis relevé de mon péché et en le détestant, c'est par-là que vous avez re;^ connu ^i ma réisurrèction auroit du rapport avec celle de mou Sauveur: Tucognovisii sesfionemmeamf et resurrectlonem meam, Comnië si le P^phète eût dit : Supposé que vous n'ayez prévu, Seigneur, aprèi ma conversion, que èe honteuses et de lâches rechutes, vous Taveji comme , mais vous l'avez connue pour la réprouver. Au dontraire, si votre prescience a4orable vous y a fait voir de la fermeté et de là con^ stance, vous l'avez connue; mais pour l'approuver, mais pour h récompenser, mais pourra couroniier :Tu cognovUti lessumem meatn, el reswnrecûonçm meam. Vdlà le piodèledëlapei^sévéraiiced^n pécfteûr
»• • / tt • it »' •
SUR LA i^i»$ÉVÉRANC£ CBRÉTIBNHE.:
converti : «n voulez-Tons le fendeneat sdide? c-est ici que voiré at* tention m'est nécessaire.
J'ai dit que le Sauveur du mondes en ressuscitant sdon la chair pour ne plus mourir^ nous engageoît indispensablement à ressusciter en esprit pour né pins pébher. Comment ceb ? le voîd : c^esc qu'à prendre la chose dans sa source , Jésus-Christ ayant toujours donné aux Juifs sa résurrection comme le gage authentique de ses promesses et comme la preuve incontestable de sa doctrine, il s'ensuit , et c'est le sentimc»t de tous les Pères, que toute la fot chrétienne est ess^Uellemenl fondée sur la résurrection de cet Homme-Dieu. S'il n'est pas ressuscité, disoit saint Paul, nous avouons que notre foi est vaine; mais s'il est ressuscité, nous prétendons, et avec justice, qu'il n'est rien de plus solide, ni rien, pour ainsi parler, de plus subsistant, que notre foi : or, prenez garde , Chrétien»; ce qui iait subsister notre foi » c'est ce qui fait subsister notre conversion , parceque notre conversion, selon le concile de Trente^^n'a point d'autre fondement que Ivoire foi. En effet, ce qui m'affermit dans la sainte disposition oii je puis être de fuir désormais le péché, c'est la solidité de ma créance ; et ce quisoutient ma créattcCt c'est la résurrection de Jésus-Christ :par conséquent la résurrection de Jésus-Christ est comme le premier principe de ma persévérance dans le bien. Tandis que je me fonde sur cette résurrection, ma foi ne peut chanceler ; et tandis que ma foi ne peut chanceler, je ne puis chanceler moi«méme dans l'obéissant que je dois à Dieu. Or le Fils de Dieu ressuscité opère ^a moi l'un et l'autre ; car en ressusdtant.il appuie ma foi, et en appuyant ma foi il anime et il fortifie ma volonté.
C'est ^e quoi npus avons un bel exemple dans la personne des ap6trçs. Avant la résurrection du Sauveur, rien de plus fragile et de plus foible que les apôtres. Ils protestèrent à Jésus-Christ qu'ils le soivroiént jusqu'à la mort, et dans un moment ils l'abandonnèrent. Saint Pierre parut hardi et intrépide dans le jardin ; mais dans la ofiaison du pontife une simple femme l'intimida. C'étoient, dit saint Augustin, les colpunesde l'Église, mais les colonnes sans appui, et qui n'avoient rien de stable. Ils vQuIoiçnt, et ils ne vouloientpas; ils avoient du zèle, et ils n.'cA avoient pas; ils étoient à Jésus-Christ, et ils n'y étoient pas. Nais dè.3 que JésusrChrist, par sa résurrection eut dissipé tous les nuages de ieiir.incrédulité, ce furent des hommes plus fermes que des rochers, ce forent des colonnes de bronze et d'airain; ils ne cédèrent ni a la., violence des persécutions, ni à la rigueur des tourments , ni à la mort même; ils s'exppsèrent à tout, ils endurèrent tout pour la cause de leur maître. Qui fit ce miracle? la foi de Jésus-Christ ressuscité. Ego eonfirmavicolumnas ejus (Psabn. 74). Oui,, dit cet Homme-Dieu par son Prophète^ selon la paraphrase de saint Augustin, c'esjt; moi qui lissai afferoMSt et qui, voulant poster sur eux l'édifice de mon Église dont ils dévoient être la base, leur ai donné une vertu à 'épreuve de
UMtes les tenuitioiis. lis ont cm ma rësnrreetiM , et dès*lors ils oui en comme un esprit nooyeau » comme on cœur nouveau ; ib se scmt sentis confirmés dans la grâce : Ego eênfimum columnoi €^. Or je ¥oiis demande» Chrétiens, pourquoi la résurrection du Sauveur ne iait-elle pas la même impression sur nous? AvoDS-nous une autre foi que les apôtres? Est-ce pour les apôtres plutôt que pour nous que Jésus*Christ est ressuscité glorieux et immortel? Ce mystère estait noÎDs efficace pour fixer notre inconstance ; et si nous en sommes 9xm persuadés qu'eux , pourquoi ne serons-nous pas aussi fidèles qu'eux? IKsons quelque chose encore de plus particulier , et faisons ensemble une réflexion bien touchante.
Quand saint Paul exhortoit les Hébreux à la persévérance chrétienne, vmci une des grandes raisons dont il se servoit : Cbrïstiu heri; ei hodièf ipse et in $eeula(Hebr.^ 13) : Jésus-Christ, leur disoit l'Apôtre, n'est plus sujet à aucun changement ; il étoit * hier , il est encore aujourd'hui, et il sera, le même dans tous les siècles. Pourquoi donc , ooncluoit-il, changmez*vous à son égard de sentiments et de conduite? Dourims varm et peregrinU nolite ergo abduà (Ibid,). Ah ! Chrétiens » appliquons-nous à nous-mêmes ce raisonnement. Il est difficile que nous n'aycms été quelquefois touchés dé Dieu, et que dans le cours de notre vie il n'y ait eu d'heureux moments ou, détrompés delà vanité du monde et confus de nos égarements passés , nous n'ayons dit à Dieu de bonne foi : Oui, Seigneur, je veux être à vous , et je ne me départirai jamai%> de la résolution sincère que je fais aujourd'hui de vivre dans vôtre loi et en chrétieà. Rappelons un de ces moments, ou (Jutôt rappelons les sentiments de ferveur et de piété que le Saint- Esprit excitoit alors dans nos cœnrs ; car nous savons ce qui nous touchoity et nous n'en avons pas encore perdu le souvenir. Remettons-nous donc au moins en esprit dans Tiétat où nous nous trouvions^ et sur cela raisonnons ainsi avec nous-mêmes : Eh bien ! la résolution que je fis en tel temps de renonce à mon péché et de m'attacher à Dieu n'est-elie pas encore main tenant aussi bienlondée et d'une nécessité aussi absolue pour moi que je la conçus alors? Les principes de foi sur lesquels je î'établissois ont-ils changé? m'est-il survenu quelque nouvelle lumière, pour en douter? les choses, considérées dé près et en ellesmêmes, sont-eUes différentes de ce qu'elles étoient? Quand je cornparus devant Dieu dans le tribunal de la pénitence, et que je confessai à Dieu mon iniquité, je me condamnai moi-même, je fus moi-même mon accusateur et mon juge, et par conséquent je fus convaincu moimême que ce que j'appelois iniquité l'étoit en effet; et quand je promis à Dieu d'avoir pour jamais en horreur cette iniquité qui faisoit e désordre de ma vie, quand je m'engageai à en fuir Foccasion , je crus fortement que ma conscience, que ma religion me l'ordonnoit. Me trompoîs-je? étoit-ce prévention? étoit-ce erreur? Non, sans doute : car je suis obligé de reconnoltre que c'étoit l'esprit de Dieu
ff» StSkhK »BRSÉT£iUIKêE CHKtTDENiaL
qui n^édairoii,' el qie )e ae pcnssU jainais «îew ni plus vaiokmmiL Tout cela étoit donc vrai ; et a^ilf étoit alora» il ie doit être eBOore a»jDurdliui, et it le sera encore demain et jusqu'à la fia des siècles, puiaqae la vëritë de Diea» aassi bien que saa être, est immuable : Chris^ tus Aerf, et hodiè ipse et in secula. '
Excellente pratique, mes diers aaditeiirs, peur se maifiteRir dai^ une sainte persëvëraHce^; se dire à soi-même : Je fils persuadé un tel jour, et UB tel jotir mon esprit ftit pénétré de cette 'féritë; j'en ens une vue si parfeite que j'en fus saisi, cfie fea fos attendri jusqu'au larmes. Je ne la goûte plus cette vérité, comme je la gottois ; mais c'est toujours néanmoins la même vérité, eJt tout ee que j'y goAlo|Bi s'y trouve encore. Elle ne me paroît plas dans ce beau jour oàeHe se monti*oit qoand j^en étois sensiblement ému ; mate dans le fond die n'a rien perdu de tout ce que j'y découvrois. MaMiiMir à moi de ee qu'elle n'a plus pour moi le même goèt ; mais grâces à mon Diee dé ce que j^en ai conserve la foi ! Parler ainsi, et agir ensuite non plus en vertu du sentiment présent, mais des résolutions passées ; les faire revivre en nous, et quand la tentation nous attaque, nooti solKeite; quand foocasion se présente, nous munir dé cette p^sée : J'avois prévu tout cela, et j'y étois disposé lorsque je formai le dessdn d'être à Dieu ; puisque j'ai encore ce qui opéroit en moi cette disposidôn , pourc(ooi ne ferois-je pas ai^onrd'hui te que f aurois fiiit alors, et pourquoi voudroiS'je ai)andonner Dieu, et me contredire moi-même? I^on, non. Seigneur , il n'en ira pas de la sorte ; il ne feut pas que le caprice de ma volonté l'emporte sur va règ^e de ma foi et de ma raison : vous êtes, ô mon Dieu, un trop grand maître pour être servi par humeur; et je tiens à vous par des liens trop forts pour prétendre jamais m'en détacher : j'ai cru. Seigneur, Credtdi^ et c'est pour cela que je vous ai donné une parole dont j'ai pris lé ciel à témoin ; savoir, de garder inviolablement le traité et le pacte solennel que f ai jfisiit avec vous dans ma pénitence : Credidi propter quod tocuttis sum {Psalm. 115). YbHà, mes chers auditeurs, ce' que j'appdle agir paria foî et vivre de l'esprit de la foi , en quoi consiste proprement I^ caractère dç l'homme juste : Jiistm autem meus exfiievwit {Hebr.f 10.) Résurrection de Jésus-Christ, modèlic de notre persévérance, fondement de notre persévérance, et motif encore de notre persévérance : comment cela? Âpprenez-le.
C'est que la résurrection du Sauveur nous, met devant les yeux la gloire et rimmortalîté bienheureuse où nous aspirons, et qui doit être notre récompense éternelle. Aussi prenez garde que ce fut la vue de cette résurrection qui inspira au patriarche Job tant de constance dans les plus rigoureuses épreuves. Toutes choses le portoient, ce semble, à quitter I)ieu : il se trouvoit accablé de misère et de calamités qui ràs^iégeoieat de toutes parts ; ses amis mêmes s'étoient tournés contre lui ; sa femme insultoit à sa piété, en la traitant de simplicité : Adhuc
SUR LA JPBhÈfËinËRANCE CHRÉTÎQimË. 171
tu pertnanés m simpS^ate fttj;( Job, 2)f Hfàis que lui répondoh ce saint homme? AHez, lui dlsoit-il, tous parlez en inseosëe : Quasi imà de stuliis muUeribus hcutà es (Ibid). Vous me reprochez mon atta* chement an Dieu que f adore ; et moi je vous dis que je Panrai jusqu'an dernier soupir dé ma vie» et que toutes 1^ calamités du monde ne m'obligeront jamais à m'en départir. Et quel motif en apportoit-ilf Ah! Chrétiens, admirable leçon pour nous ! Sdo enm quoi Redemjh ter meus vivk , et in novtssbno dxe de terra swhtebtixnxs svm (Job, 19) : Oui, je serai constant et fidèle, ajoutoit-3, parcequefe sais que je dois avoir un Sauveur qui ressuscitera plein de g[loire, et que Je ressusciterai moi-même un jour comme lui. Or, cette gloire dont je le vois déjà tout édatant ', cette gloire qui par communication doit se répandre sur moi, (fest ce qui m'engagea souArirsans murmurer, c*es( ce qui réprime mes plaintes, c'est ce qui adoucit mes maux, c'est ce quf me soutient dans raccablemait extrême où me réduisent l'humiliatiop et la douleur; cette espérance que je nourris dans mon sein est le grand motif de ma persévérance : BêpoAta est hœe spes i)^ mai meo (Ibid.). Ainsi parlûit cet homme de Dieu. Or, mes Frères', repfeuc} saint Augustin, si la vue d'une résurrection si éloignée finspiroit à Job ces sentiments au i&Qiliéu de la geniili^é , nous , élevés ^u milieu du christianisme, nous qui la voyons de si près cette même résurrection, nous qui, dans cette solennité, en célébrons la mémoire, en seronsnous moins touchés et le devons-nous naoins être t
Enfin, Jésus-<!)hrist ressuscité devient par un excès de soxi amour | et par un effet merveilleux du tocremenf de son corps, te sceau dç notre persévérance dans la grâce, ^puisque , tout ressuscité et tout immortd qu'il est , il veut bien être notre Agneau pascal , selon l'expression de rAp6tre^ et s'immoler tout dé nouveau sur nos autels pour s'unir Intimement à nous , et pour nous faire vivre en lui et par lui e Pascfta noitrum ^riynolatus est Christtis (1 . Cor. , 5). Ce Dieu de gloire , le jour même de ^ résurrection , se fait notre nourriture ; et aprèâ être sorti triomphant du tombeau , il^ vient obscur et invisible s'ense* velir dans nous par la communion. Que prétend-il t On vous en a instruits , X]!hrëtiens , et vous ne le pouvez ignorer : il prétend servir à votre ame d'aliment, mais d'un aliment céleste et spirituel ; et comme le propre de l'aliment est d'entretenir la .vie, il se donne à vous pour conserver cette Vie divine , cette vie de la grâce que la pénitence vous a rendue. Avez- vous fait , mon cher auditeur^ quelque réflexion au^ saintes et vénérables paroles que le prêtre , comme ministre de l'Édise , a prononcées en vous admettant à la participation du corps de ^us-Christ? Peut-être n'y avez-vous pas pensé, et néanmoins c'est à quoi vous deviez être attentif; car voici comment il vous a parlé : Recevez , mon Frère , le corps de votre Seigneur et de votre Weu , afin qu'il garde votre ame, et qu'il la préserve de la mort du péché ; non pas pour quelques jours ni pour quelques mois, mais pour la vie éter-
nelle: Cmtodiat aittmam tuam in vUaai œternam* Et ea effet, s'il n'avoit ëtë question que de yous faire vivre pour qudque temps , en vain Jésus-Christ auroit-il daigné nourrir votre ame de sa propre chair : il ne falloit pas pour cela un pain si exquis ; mais ce pain dont vous avez feit votre pâque est un pain , dit Jésus-Christ même , qui se mange pour ne mourir jamais : Hic êst panis de cœlo descendens , tu si qms ex ipso manducet, non moriatur ( Joan., 6). Et voilà ce que je vous ai proposé d'abord comme le sacrement de votre persévérance dans la grâce; vérité reconnue de tous les Pères , puisque c'est ainsi qu'ils expliquent cette grande promesse du Sauveur : Qui manductU hune panenif v'wet in œtemum (Ibid.) : Celui qui mangera ce pain vivra éternellement; non pas, dit saint Jérôme , d'une vie corporelle et matérielle, mais d'une vie spirituelle et surnaturelle^ qui doit être le fruit de l'adorable Eucharistie. Si donc, engagés comme vous l'êtes à la persévérance chrétienne , et par l'idée de la résurrection de Jésus-Christ, et par la foi de la résurrection de Jésus-Christ, et par la gloire de la résurrection de Jésus^Christ, enfin par le sacrement de la résurrection de Jésus-Christ ; si » dis-je , comme tant de lâches chrétiens, vous retourniez à vos premières habitudes, et si vous vous laissiez encore surprendre aux illusions du monde; et, au lieu de donner à la grâce le temps de s'enraciner da^s vos cœurs, si vous étouffiez ce bon grain , selon la parabole , et qu'au bout de quelques semaines on vous revît dsms les mêmes engagements et les mêmes désordres, n'aurois-je pas droit de vous foire le reproche que faisoit saint Paul aux Galates? Il leur avoit annoncé le royaume de Dieu , il les avoit tous engendrés en Jésus-Christ par l'Évangile, et tandis qu'il avoit été parmi eux, ils étoient demeurés fermes dans la foi; mais à peine les eut-il quittés qu'ils oublièrent ce qu'ils étoient, et qulls reprirent les observances du judaïsme. Saint PauHe sut, et voici en quels termes il leur témoigne là-dessus son ressentiment : plaise au ciel que je n'aie jamais sujet de vous les appliquer ! Miror, quod tam cita tranêferimini ab eo qvi vos vocavit in graûam Christi (Gotot., 1) : En vérité, mes Frères, il est bien étrange que vous ayez si tôt changé de sentiments , et qu'en si peu de jours vous ayez renoncé à celui qui vous avoit appelés et conduits par sa grâce à la connoissance de Jésus- Christ ! 0 insensaû Galatœ , quis vos fascinavit non obedire veritati {Galat., 5)? 0 insensés que vous êtes, qui vous a ensorcelés pour vous faire abandonner lâchement et honteusement lé parti de la vérité? Sic stulti estis^ ut cum spiritu cceperitis^ nunc came consummemini? (Ibid.) Quelle folie d'avoir commencé par la pureté de l'esprit, et de finir maintenant par la corruption de la chair! Ainsi leur parloit TApôtre, et vous parlerois-je , Chrétiens ; car j'aurois bien de quoi m'étonner que des résolutions prises à la face des autels et ep la présence du Seigneur se fussent tout-à-coup évanouies. Eh quoi ! mes Frères , vous dirois-je aussibien que saint Paul, vous faisiez àDieu de si saintes
protestations ; vous noos donniez dans le sacre tribunal dei paroles si expresses; vonsyoos obligiez de si bonne foi , ce semble , à tout ce que nous toqs prescrrrions ; yous deviez être si réguliers à le pratiquer : mais l'avez-TOUs Ait? Stc êtutâ e$tii , ut cum sfnriiu cceperiài , nunc came eoiuummefmnt/ En étes-vous moins colères et moins emportés? En étes-yous moins ambitieux et moins oitétés de votre fortune? en étes-yons moins sensneb et moins adonnés i votre plai»r? n'avei-vous plus revu cette personne , écueil funeste de votre fermeté et de votre constance? n'avez-vous plus recherché ces occasions si dangereuses pour vous? n'avez-vous plus tenu ces discours ou médisants ou impies ? Vous aviez jeté les fondements d'une vie chrétienne et spirituelle : qui vous a «npéchés d'élever ce samt édifice? On espéroittout de vous , et dans un moment tontes les espérances qu'on en avoit conçues sont renversées. FaUoit-il pour cela faire tant d'avances , feUoit-il pmser dans les sources salutaires de la grâce? folloit-il se laver dans les eaux de la pénitence ? falloit-il manger la chair de l'Agneau : Sic aulA e$tuf Poursuivons , mes chers auditeurs. Je vous ai fait voir que la résurrection du Fib de Dieu étoit pour nous un engagement à la persévérance dans la grâce , et j'ajoute que la persévérance dans la grâce est le gage le plus certain que nous puissions avoir d'une résurrection glorieuse à la fin des àèdes , et semblable à cdle de Dieu. C'est le sujet de la seconde partie.