‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 23 sur 119 · DOMINICALES · texte numérisé non relu

DOMINICALES

AYERTISSEIIENT.

Je ne prétends point, en finissant tonte l'édition des Sermons du P. Bour* diloue, rendre nn compte exact des soins qu'elle a dû me coûter. J'en laisse lejogement aox personnes intelligentes. Du reste, je n'ai pas cru pouvoir nûeux employer mon temps que de le consacrer ainsi à la gloire de Dieu, en le consacrant à l'utilité publique et à l'édification des âmes.

Gomme la grande réputation du P. Bourdaloue lui attiroit de continuelles oœopations atKdehors^ il n'avoit guère eu le loisir de retoucher lui-même ses Sermons, et d'y mettre la dernière main. C'est à quoi j'ai tâché de suppléer; etpir une assiduité assez constante au travail, je suis enfin parvenu à faire pa • roltre un cours de Sermons pour toute l'année : Avent, Carême , Mystères de Notre Seigneur et de la Vierge , Panégyriques des Saints , Yêtures et Profesnom, Dominicale. Dans cette Dominicale on ne trouvera point les Sermons des dimanches de l'Avent, du Carême, de la Pentecdte et de la Trinité, parcequ'ils sont en leur place dans les volumes qui précèdent.

n ne Molt rien perdre d'un homme qui pensoit si solidement sur les matières de la religion, et qui les traitoit avec tant de force et tant de dignité. C'est un des plus excellents modëes, pour ne pas dire le plus excellent, que poissent se proposer ceux qui aspirent à l'éloquence de la chaire. Mais en voulant se ftNrmer sur un si beau modèle, il y a d'ailleurs des écueils à crain • dre ; et si le P. Bourdaloue a beaucoup perfectionné le goût de la prédication, il n est pas moins vrai qu'il a gftté beaucoup de prédicateurs.

En quelque art que ce soit, ce n'est pas une petite science de découvrir an juste , et de prendre dans ceux qui y ont excellé , ce qui nous convient , sans ^attadier à ce qui ne nous convient pas. Pour n'avoir pas su feire ce discernement , des prédicateurs qui n'avoient ni la vivacité et l'imagination , ni le nom et l'aotorité, ni les qualités extérieures et la voix du P. Bourdaloue, ont mal réossî à vouloir imiter, ou son style diffus et périodique, on ses façons de parler dont plusieurs lui étoient particulières, ou cette rapidité dans la pronon dation , qui l'emportoit de temps en temps, et qui entralnoit avec lui ses auditeurs. Ce que nous admirons dans un orateur, et ce qui est le sujet de nos applaudissements, n'est pas toujours, ou ne doit pas être le sujet de notre imi tation.Ilfknt se connottre auparavant toi-même, et ses dispositions naturelles. Car tout doit être proportionné, et c'ett cette proportion, cette convenance, qui donne aux choses leur mérite et qui en fait le plus bel agrément.

n i^y a point, après tout, de prédicateur à qui la lecture des Sermons du P. Bourdaloue ne puisse être très utile -, pour peu qu'on en sache user avec connoissance et avec précaution. S'il y a diversité de talents, et s'il est bon que chacun se renferme dans le sien propre, il y a aussi des règles communes et des préceptes qui s'étendent à tous les talents et à tous les genres de l'éloquenee durâienne. Par exemple, bien choisir la matière d'un discours, et la tirer naturellement de FEvangile. L'envisager moins par ce qu'elle peut avoir de nouveau, de singulier, de brillant, que parce qu'elle a de vrai, d'instructif.

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