‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 30 sur 119 · SERMON POUR LE TROISIÈME DIMANCHE APRÈS · texte numérisé non relu

SERMON POUR LE TROISIÈME DIMANCHE APRÈS

L'EPIPHANIE

Et dixit Jésus eenturioni : FacUt U Hcut credidisti, fiât tibi. Jéam dit aa centurion i Allez, et qa*il vous soit fait eéloii que vous avec cm. SURT MiitH. , cbap. VIII.

N'est-il pas surprenant que le Sauveur du monde, au lieu d'attrl* buer les miracles de sa toute-puissance à sa toute-pnissancé. même et à la H&nvL souveraine de Dieu , lés ait communémenl; attribués dans l'Évangile à la foi des hommes? Puissant en œuvres et enparoleâ , il déKvrpit les possédés, il guérissoit les lîialades, 9 ressnscitoit les morts; mais quoiqu'il pût bien au moins s'en réserver ta gloire, tandis qu'il en lais^oit aux autres l'avantage, il la donne en<^re tout enr tière à la foi; comme si la foi seule eût opéré par liii ee qâë lui seul il opéroit pour la foi. Allez , dit-il dans notre évan^le, et qu'il vous soit fait selon votre foi : VadCy et sicut credidisti, fiât rfÂt. C'est la réponse qu'il fait à ce centenier qui lui vient demander la ^oérison de son serviteur frappé d'une mortelle paralysie, et c^est hi réponse qu'il a faite en tant d'autres occasions et sur tant> d'autres sujets : partout admirant la foi , lui qui ne devdit rien , ce semb^B , aémirér; partout exaltant la foi, partout publiant laiorce el l'effidaos de h foi , pàntout faisant entendre qu'il ne ponvoit rien refuser à la f<» r V4Uie, et sicut credidisti, fiât tihi. C'est de là même que les hérétiques des derniers siS^les ont prétendu tirer cette fausse conséquence, que tout l'ouvrage et toute l'affaire du salut de l'homme roule uttiquement^ surla<fbi. Erreur que l'Église a frappée d'auatlièmev -êt^ui va dir«Gte-> ment à détruire dans Te christianisme la pratique et laué[;essitédes bonnes œuvres. Mais moi, mes chers auditeurs^ ^an» donner- dans une telle extrémité, je tire de mdm évangile un sujet bedu{^up ptiiisf solide, et qui sert de fondemetit à toute la morile chrétienne; et m'attacbant à ces paroles du Fils de Dieu, Qu'il VoUs^ soît fiait comme V0U6 avez cru, Sicut credidiétiy fiât 2iMV je veui vous p^rlar des vrais effets delà foi'par rapport aïii salut. C'est dans Marié qùcr cette vertu a fait éclater tout sdn pôUvbir, f)n}squé e'e&ft {>ar la foi que Marié conçut le Verbe dhrin. Adf'essohs^nous à ettè , et (fisMi»4ui : Ave.-

De quelque manière que je prétende ici m'expliquera Chrétiens, mon dessein n'est pas de chercher des tempéraments pour concilier l'opinion des hérétiques de notre siècle, avec la doctrine de l'Église, touchant TeflScace et la vertu de la.foi , puisque saint Augustin m'apprend qu'entre Terreur et la vérité, il n'y a point d'autre parti que la confession de l'une et Fabjuration de l'autre. L'opinion, disons mieux. Terreur des hérétiques de notre siècle, est que ki foi seule nous justi-

fie devant Dieu ; que nos bonnes œuvres, quelque parfaites qu'elles soient , ne contribuent en rien au salut ; que la vie étemelle ne nous est point donnée par titre de récompense, mais par forme de simple héritage : héritage que nous ne pouvons mériter, et dont nous pre* nons possession sans y avoir acquis aucun droit. Tel est le langage de f béréûe ; mais voici celui de ta foi même. Car il est de la foi ^ que la foi seule ne suffit pas pour nous sauver. Il est de la foi, que nos bonnes œuvres doivent faire une partie de notre justification. Il est de la foi, qu'en vertu de ces bonnes œuvres, nous acquérons un droit légitime à la gloire que Dieu nous prépare; et que qette gloire, par un ef-^ fet merveilleux de la grâce de Jésus-Christ, est tout à la fois, comme s'exprime saint Augustin, et le don de Dieu, et le mérite de Thomme. Cependant, Chrétiens, sans m'engâger dans une controverse qui ne conyient ni au temps ni à l'assemblée où je parle, j'avaéce deux propositions non seulement orthodoxes, nais incontestables, et qui vont partager ce discours : savoir, que c'est la foi qui nous sauve, première propositicm ; et que souvent aussi c'est la foi <pR nous condamne , seconde proposition. Elles semblent l'une et l'autre contradictoires; mais la contradiction apparente qu'elles renferment me donnera lieu de vous développer les plus beaux principes et les plus grandes maximes de la théologie sur cette importante matière. Le Juste sauvé par la foi , et le pécheur condamné par la foi. Le Juste saavé par là foi , parceque c'est surtout de la foi que vient notre justification : vous le verrez dans la première partie. Le pécheur condamné par la foi, parceque la foi sans lés œuvres devient contre lui un titre de réprobation ; je vous le ferai voir dans la seconde partie. Conunençons.

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