DEUXIÈME PARTIE
U ne £aàt pas s'étonner, Chrétiens, que ce soit la même foi qui nous sauve, et qui nous condamne devant Dieu. Elle ne fait en cela que ce que fiait Jésus-Christ même, lequel étant l'auteur de notre ssilut, devient tous les jours, par l'abus que nous faisons de ses mérites et de sa grâce, l'auteur de notre perte éternelle et de notre réprobatioiw Ainsi la foi, qui ne nous a été donnée que pour nous justifier, ne laisse pas de servir à nous condamner, selon les différentes manières dont nous nous con^portons à son égard, et les divers traitement qu'elle reçoit de nous. Mais encore pourquoi nous condamne-t-elle ; et comiment nous condamne-t-elle? Deux choses qui me restent à éclaircir^ et qui demandent une attention toute nouvelle.
Je dis que la foi nous condamne , lorsque nous ne vivons pas selon ses maximes ; parceque , vivant alors dans le désordre , nous la retenons captive dans l'injustice , suivant l'expression de saint Paul ; que nous lui enlevons le plus beau fruit de sa fécondité , qui sont les bonnes œuvres, comme parlent saint Hilaire et saint Ambroise ; et que , dans le sentiment de l'apôtre saint Jacques , nous la faisons enfin mourir elle-même au milieu de nous. Or ne sont-ce pas là autant d*oatrages que nous lui faisons, et qtt*elle doit venger, pour ainsi dire, en nous condamnant? Prenez garde: nous la retenons captive dans l'injustice , ce sont lès propres paroles du maître des nations : Qui veriiatemDei in injusHtiâ <fettnent(J{om., 1). Us tiennent^ dil-il, Gomme dans les fers la vérité de Dieu. Or la vérité de Dieu n'est en nous que par la foi ; et tandis que nous menons une vie corrompue ,
il est évident que noas faisons tiolence à cette foi , que nous la tenons dans la sujétion et dans l'esclavage ; comment cela? parceque nous ne lui donnons pas la liberté d'agir en nous comme elle voudroit et comme elle devroit. Dans la Naissance du christianisme, remarque saint Bernard » lorsqu'il y avoit des persécutions , la foi étoit libre, pendant que les fidèles étoient captife : maintenant que les persécutions ont cessé, les fidèles jouissent d'une liberté dont ils abusent , et la foi est comme enchaînée. Quel sujet pour nous de confusion et de condamnation ! Jusque dans les prisons et dans les cachots , les martyrs publioient la foi qu'ils avoient dans le cœur , et malgré les tyrans ils confessdient hautement Jésus-Christ. Il est bien étrange, lorsque l'Église est dans une profonde paix, que la foi des chrétiens n'ait plus la même liberté, et que cette liberté lui soit ôtéepar les chrétiens mêmes, qui deviennent ses propres persécuteurs, et qui lui sont plus cruels que les infidèles, puisqu'ils la mettent dans une captivité où les infidèles n*ont pu la réduire : Qui veritatem Dei ininjustitiadetineni. Remarquez cette parole, m injustitiâ : car saint Paul ne dit pas seulement que nous tenons notre foi captive, mais que nous la tenonscaptive dans l'injustice, qui est pour elle la plus honteuse et la plus odieuse servitude. En effet, celte foi est toute sainte, et nous la faisons demeurer dans des âmes toutes criminelles ,* elle est toute pure et toute chaste , et nous la faisons habiter dans des âmes voluptueuses et toutes sensuelles : Qài veritatem Dei in injuititia detinent. Que Mt donc la foi? Ah! mes chers auditeurs, permettez-moi d'user de cette figure : notre foi ainsi traitée par nous-mêmes , ainsi déshonorée et (èTofanée , s'élève contre nous; elle demande à Dieu justice, elle crie à son tribunal ; et ne doutons point que Dieu ne l'écoute, et qu'à notre ruine il ne prenne ses intérêts.
D'autant plus coupables envers elle et plus condamnables , que par les dér^lements de notre vie nous lui faisons perdre ses plus beaux fruits et sa plus heureusp fécondité. Car, comme nous l'avons déjà vu, la foi est la source de toutes les vertus, et une soiircefié« conde, qui produit sans cesse de nouveaux fruits de grâce, ou qui les peut produire. En voulez-vous la preuve sensible? Sans parler de ces saints patriarches de l'ancienne foi, et de leurs oeuvres merveilleuses, que l'Apôtre nous a si bien marquées dans son Épttre aux Hébreux , rappelez en votre esprit tout ce qu'ont fait dans h loi nouvelle tant de martyrs de l'un et de l'autre sexe, tant de solitaires et dé pénitents ; tout ce que font encore tant de religieux dans le clottre, et tant d'ames vertueuses jusques au milieu du monde. Remettez-vous le souvenir de tout ce que vous avez entendu dire de leurs longues oraisons , de leurs sanglantes macérations, de leurs veilles et de leurs travaux, de leurs abstinences et de leuf s jeûnes, de la ferveur de leur zèle, et de la constance infatigable avec laquelle ils ont pratiqué jusques au dernier soupir de leur vie toute la perfection de TÉvangile* VcHlà les
frsits de la foi; Yoilà oe que la foi peut opérer en nous-mêmes et par nou^mâmes. Car si Fardeur des fidèles s*est ralentie , la vertu de la foi ne s'est point altérée, elle a toujours les mêmes Térités à nous proposer , et dans ces mêmes vérités , les mêmes motifs pour nous exdter : mais nous. Chrétiens , vivant selon l'esprit du siècle et selon la ohair, nous étouffons ces fruits dès leur naissance. Nous a?ona la foi ; mais, tout agissante qu'elle est , elle ne nous rend pas plus vigilants , pas plus exacts dans Tobservance de nos devoirs , pas plus adonnés aux œuvres de la piété : c'est une foi oisive et stérile, parceque nous en arrêtons toute l'action.
Nous allons même plus loin : nous la faisons mourir , selon la pensée et l'expression de l'apôtre saint Jacques. Car ce qui vivifie la foi , ce qui en est comme l'esprit , ce sont les bonnes œuvres. De même donc que le corps est mort, dès-là qu'il est séparé de Tame qui lui donnoit la vie; ainsi la foi doit être censée morte, dès-là qu'elle n'est plusaoccmipagnée des œuvres qui l'animoient i Sicuterdm corpus rine ^rifu mortuum eit^ ita etfides Hne operibus mortua est (Jacob., 2). Et , à prendre la chose dans un sens plus réel encore et sans figure , on peut dire que rien ne conduit plus directement ni plus prompte* ment à l'infidélité et au libertinage de créance, que le libertinage des mœurs. Or , après avoir été homicide de votre foi , que devez-vous attendre autre chose qu'un jugement sévère et rigoureux? Oui , mon cher auditeur , pensez bien à ces deux paroles, homicide de votre foi. Voilà 1& grand crime dont on vous demandera compte un jour, et dont il faudra porter la peine. C'est alors que cette foi morte dans votre cœur , ou par l'inutilité ou même par le désordre de votre vie , commencera tout^-coup à revivre, qu'elle ressuscitera , qu'elle se produira devant Dieu pour votre conviction et pour votre condamna** tion.
Je dis pour votre conviction : car voulez-vous savoir, non plus précisément pourquoi, mais comment elle vous condamnera? 11 est aisé de vous le foire comprendre. Ce sera en vous convainquant de trois choi^, savoir: que vous pouviez vivre en chrétien, que vous deviez vivre en chrétien, et que vous n'avez vécu rien moins qu'en chrétien. Trois oonvicti<ms qui vous fermeront la bouche , et qui, malgré vous , vous feront souscrire vous-même à l'arrêt de votre éternelle réprobation. Elle vous convaincra que vous pouviez vivre en chrétien , parceque rien ne vous manquoit pour cela : ni lumières, ni secours. Ni lumières , puisqu'elle vous servoit elle-même de maître , puisqu'elle vous avoit révélé toutes ses vérités pour vous éclairer , puisqu'elle vous les faisoit entendre sans cesse au fond de votre cœur , tantôt pour vous exciter par réspérance, tantôt pour vous retenir par la crainte, tantôt poar vous engager par un saint amour^ tantôt pour v«us attirer par an solide intérêt, toujours pour vous instruire et pour vous toucher. Ni secours, puisque dans le christianisme vous. aviez toutes les sourr
ces de la grâce : tant de sacremaits pour vous purifier, pour voii$ fortifier » pour vous réconcilier , pour tous nourrir et pour vous faire croître ; tant de ministres du Seigneur, dépositaires de la loi de Dieu pour vous renseigner , dispensateurs des trésors de Dieu pour vous les distribuer, remplis de l'esprit de Dieu pour vous le communiquer, revêtus de toute la puissance de Dieu pour vous sanctifier; tant de bons conseils , d'exhortations pathétiques et véhémentes , de salutaires exemples ; enfin tant de moyens dont le détail seroit infini , et dont l'usage vous auroit immanquablement sauvé. Or , d'avoir connu et d'avoir pu , voilà pourquoi le mauvais serviteur sera jugé avec plus de sévérité, sera plus rigoureusement condamné, sera plus grièvement puni.
Encore plus digne des châtiments de Dieu , parce que la foi vous convaincra , non-seulement que vous pouviez vivre en chrétien, mais que vous le deviez. Car votre parole y étoit engagée. Vous l'aviez ainsi promis à la face des autels et sur les sacrés fonts du baptême. Vous aviez solennellement renoncé au démon et à toutes ses œuvres, renoncé au monde et à toutes ses pompes , renoncé à la chair et à tous ses désirs sensuels. On Tavoit dit pour vous, et dès que vous vous trouvâtes en état de le ratifier, vous l'aviez dit vous-même. Or ce n'est point en vain qu'on promet à Dieu ; et de tous les engagements , il n'en est point de plus inviolables que ceux que l'on contracte avec un tel maître. Dès-là donc que vous vous étiez soumis à la foi , vous vous étiez soumis à la loi. C'est-à-dire, dès-là que vous aviez été honoré du caractère de chrétien, et que vous aviez commencé à porter le nom de chrétien , vous étiez oonséquemment et indispensablejoaent obligé à tous les devoirs du chrétien; vous en étiez responsable à votre foi et à Dieu même. Et en effet, pour développer encore nueux la chose , et la considérer plus à fond , de toutes les contradictions , n'est-ce pas une des plus grossières , de ne pas agir comme l'on croit, ou de ne pas croire comme Ton agit ? et de toutes les infidélités, n'estce pas une des plus criminelles et des plus monstrueuses, d'avoir renoncé , en présence de Dieu , à Fenfer et à toutes les œuvres de ténèbres , qui sont tant de péchés proscrits par la loi, et de les commettre impunément, volontairement, habituellement? d'avoir renoncé aux vaines pompes du monde , et d'en être adorateur ; de les désirer uniquement, d'y aspirer incessamment, de les rechercher sans relâche, et de ne travailler que pour cela et qu'en vue de cela? d'avoir renoncé à la chair, et de ne vivre que selon la chair, de n'écouter qiie ses passions, et de suivre aveuglément toutes ses cupidités?
Voilà néanmoins de quoi la foi vous convaincra, et c'est le dernier témoignage qu'elle rendra contre vous : je veux dire que pouvant vivre en chrétien, que devant vivre en chrétien, vous n'avez vécu rien moins qu'en chrétien. Car c'est alors que , développam tous ses prin*
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cipes et ^Mtea 8es maximes, elle les comparera avec votre vie ; oa qoe développant toute votre vie, elle la comparera avec ses maximes et ses principes. Or quelle opposition entre Tun et l'autre ! Une foi qui n'ensagne à l'homme que le mépris des biens terrestres et périssables, et une vie tout emfîoyée à les acquérir, à les conserver , à les aecomuler par tous les moyens, justes ou injustes, qu*inspire une avariœ insatiable. Une foi qui n'apprend à l'homme qu'à s'humilier , qu'à s'abaisser, qu'à fuir les honneurs mondains et les fausses grandeurs dn siècle; et une vie tout pccupée'.de soins, de projets, d'intrigues .souvent très criminelles , pour l'avancement d'une fortune humaine. Une foi qui ne prêche à l'homme que mortification , que pénitence , que détachement de soi-même ; et une vie passée dans les jeux , dans les spectacles , dansées assemblées et les parties de plaisir , dans les plus honteuses voluptés.. Une foi de pratique et d'actions , et une vie dénuée de toutes les œuvres chrétiennes. Est-ce donc ainsi qu'on est chrétien, ou qu'on vit en chrétien? est^^e en ne faisant rien de tout ce que la foi ordonne , et en faisant tout ce qu'elle défend? Tels sont les reproches que vous devez attendre de votre foi ; et à des reproches si bien fondés et sans nulle excuse , que doit*il succéder autre chose qu'un jugement sans miséricorde?
Gonduons , mes chers auditeurs, par cette pensée avec laquelle je vous renvoie , et que vous ne pouvez' trop méditer. Il faut, ou que ma foi me sauve, ou que ma foi me condamne. Entre ces deux extrémités, point de milieu. Si ma foi n'est pas le principe de ma justification, elle sera immanquablement le sujet de ma réprobation. Il ne tient qu à moi qu'elle ne soit pour moi un moyen de salut , parcequ'il ne tient qu'à moi d'enfaire un usage tel que je dois et tel que Dieu le demande. Hais si , par ma faute , ce n'est pas un moyen de salut pour moi , ou que je me rende ce moyen de salut inutile par l'abus que j'en ferai , il ne dépend plus alors de moi que ce ne soit pas contre moi un moyen dedaomation, parceque c'est un talent que Dieu m'a mis dans les mains pour lui en rendre compte , et pour en retirer tout le fruit qu'il en attendoit. Ce seroit donc bien me tromper moi-même , de regarder la foi que j'ai reçue comme une de ces choses indifférentes, qui ne peuvent nuire lorsqu'elles ne servent pas. Si ma foi ne me foit pas le plus grand de tous les biens, elle me fera le plus grand de tous les maux. C'est à moi de prendre mon parti entre l'un et l'autre ; mais je n'ai que l'un ou l'autre à choisir. Quedis-je? et y a-t-il là-dessus à délibérer? y a-t-il à hésiter un moment, dès qu'il est question de se garantir d'une éternité malheureuse; et de se procurer une souveraine féUcité?
Ah! Ghréti^is, pensons souvent aux accusations que formera contre nous et aux reproches que nous fera cette foi, quand nous comparo!trons avec elle devant le tribunal de Dieu. C'est à quoi nous ne faisons guère de réflexion maintenant ; mais quand la figure du monde se sera
au SUR LA FOI.
ëvànoaie» et que nous nou» trouverons seuls à?ec cette foi eft (a présence de Dieu, que lui répondrons-nous? Voilà , mon cher auditeur, à quoi nous devons nous préparer tous les jours de notre vie. Il vous en coûtera quelque sujétion, quelque violence, quelques efforts; mais il vaut bien mieux se contraindre pour quelque temps, que de s'exposer à un malheur qui ne doit jamais finir. Car, je le répète, et je ne puis assez vous le faire entendre : s'il arrive que vous vous perdiez , ce sera dans votre foi même que vous trouverez votre plus cruel tourment. Vous n'aurez plus cette foi surnaturelle et divine qui est un des dons de Dieu les plus précieux : c'est une grâce dont Dieu vous dér pouillera. Mais vous aurez encore le souvenir de cette foi, mais vois aurez encore le caractère de cette foi, mais vous aurez encore toutes les connoissances que vous donnoit cette foi , et c'est cela même qui fera votre supplice. Vous aurez, dis-je, le souvenir de cette foi qui vous enseignoit de si solides vérités que vous avez méprisées, qui vous donnoit de si sainte9 règles de conduite que vous n'avez pas suivies , qui vous promettoit de si grandes récompenses que vous n'avez pas pris soin de mériter ; et ce souvenir sera plus cuisant pour vous que tout le feu de l'enfer. Vous porterez encore tout le caractère de cette foi, c'est-à-dire le caractère du baptême ; et ce caractère sera le signe à quoi les démons, ministres de la justice de Dieu, vous discerneront entre les réprouvés, pour exercer sur vous avec plus de fureur toute leur rage. Vous aurez encore toutes les connoissances que vous donnoit cette foi ; et ces connoissances suppléeront au défeut de cette foi : €n sorte que vous croirez toujours Dieu comme les démons le croient, et que vous tremblerez comme eux, que vous vous désespérerez comme eux , que votre créance sera , pour vous comme pour eux, le sujet de votre confusion éternelle.
• Mais il seroit donc plus à souhaiter de n'avoir jatnais eu la foi t Oui, mes Frères, il seroit plus avantageux de ne l'avoir jamais eue, que de l'avoir profanée par une vie criminelle. Mais cela même ne sera plus en votre pouvoir; car malgré vous il sera éterneUèment vrai que vous aurez été chrétiens, et il feudra éternellement porter la peine de ne l'avoir été que de nom et dans la spéculation, sans l'être de mo^rs et dans Taction. Pour prévenir ce reproche et Taffreux châtiment dont nous sommes menacés, quelle résolution avons-nous à prendre? point d'autre que de conserver la foi, et de vivre selon la loi. Cette foi nous dit des choses qui répugnent à nos sens, mais il s'y feut soumettre. Elle nous dit que le monde est notre plus dangereux ennemi ; fuyons-le . Elle nous dit de nous haïr nous-mêmes et de nous renoncer nousmêmes ; travaillons à acquérir ce saint renoncement, et pratiquôns-le autant qu'il est nécessaire. Elle nous dit de mortifier la chair par l'esprit, et d'en réprimer les désirs; combattons-les généreusement et constamment. Elle nous dit d'être humbles jusque dans la grandeur, d'être pauvres jusque dans Tabondance, d'être pénitents jusqu'au m*
.SUR LES AFFLICTIONS DE8 lOSTBS, m. «B
liea des ahes et des commoditës ; entreprenoBs tout cela, et venons à bout de tout cela. Noas aurons dans les secours de la grâce et dans ' les motifs de notre foi de quoi nous animer, dequoi nous fortifier, de quiH nous rendre tout facile. Demandons-les avec confiance, ces secours, et Dieu ne nous les refusera pas. Ayons-les continuellement devant les yeux ces motifs, et ils nous soutiendront. Alors nous mériterons d'entendre un jour de la bouche de Jésus-Christ, ce qu'il dit an centenier de notre évangile : Sieut credidistiy fiât Hbi : Qu'il vous soit fût comme vous avez cru. Vous avez fait valoir le talent que je vous a?ois confié; vous avez rendu votre foi fertile en bonnes œuvres et agissante ; venez en recevoir la récompense. Vous avez marché par le chemin qu'elle vous traçoit , vous l'avez suivi, et vous y avez perse* véré ; venez prendre possession de mon royaume céleste , qui est le terme où elle vous appeloit, et où vous jouirez d'une f^cité éternelle, etc.