SERMON POUR LE DIMANCHE DE LA SEPTUAGÉSIME
SDR l'oisiveté.
Cirea undedmam wrà diH invenU'alios étantes, et dkdt iltis : Quid Ihie statU totâ dUotioH?
étant sorti vers rotudème heare du jour, il en trouva encore d'autres qui étoient U, et il leur dit : Connnent demeorei-vous id tout le Jour sans rien faire? Sàiirr Mâtth., bbap. xx.
Est-ce un reproche, est-ce une invitation que le Père de famille fait ^ à ces ouvriers de notre évangile? C'est Tun et Tautre. II leur reproche leur oisiveté, et ii les invite au travail. Qutdstatit totâ die otwsi? Pourquoi vous tenez-vous là sans rien feire? voilà le reproche. Ite et vos in vineam meam; allez-vous-en travailler en ma vigne : voilà Tinvitation. Mais dans le sens littéral , à qui est-ce que cette [invitation et ce reprodîe s'adressent? à moi-même qui vous parle » mes chers auditeurs, et à vous qui m'écoutez. Car, selon la remarque des interprètes, les paraboles, telles qu'est celle-ci» n'ont jamais d'autre sens littéral que celui même de l'application qui en est faite; et il est vrai \|ue Jésus-Christ, en prononçant ces paroles de mon texte : Quid hïe statis totâ die otiosi , a voulu nous les rendre propres, puisque autrement il les auroit dites sans aucune fin , ce qui répugne à sa sagesse* Ne cherchons donc point d'autre matière de ce discours. Le Fils de Dieu nous parle en maître : écoutons-le avec respect. U nous reproche le désordre de notre oisiveté : reconnoissons-le, et nous en corrigeons. U nous invite au tlravail : ne refaisons pas les conditions avantageuses qu'il nous offre, et regardons ce sujet comme un des plus importants que j'aie eu Ueu jusqu'ici de traiter. L'oisiveté ne passe pas dans le monde pour un péché bien grief ; mais il l'est devant Dieu» et c'est de quoi j'entreprends de vous convaincre aujourd'hui, après que nous aurons imploré le secours du ciel, et salué^ Marie , en lui disant : Ave.
Outre cette justice rigoureuse que les théologiens appellent commutative , et qu'ils ne reconnoissent point en Dieu à l'égard des hommes, parceque Dieu ne doit rien aux hommes, ni ne peut rien leur. devoir ; îl y a trots autres espèces de justice dont Dieu est capable par rapport à nous , et qui , bien loin de préjudicier à sa grandeur , sont autant de perfections de son être : justice vindicative, justice légale, et justice distributive. Justice vindicative, qui punit le péché ; justice légale, qui n'est point distinguée de sa providence, à qui il appartient de gouverner les états du monde; enfin justice distributive, qui partage les récompenses selon les mérites. Je ne dis rien de cette troisième justice, pour ne pas embrasser trop de matière; et je m'arrête aux deux autres y qui imposent à l'homme une obligation indispensable
detravailio*. Car la jastioe de Dieu vindicative répare le péehë de l'homme par le tiiavail ; et c'est par le travail qne la justice légale , qui est en Diea , entretient tous les états et toutes les conditions du monde. L'oisiveté donc, qui s'oppose directement à cette double justice , est un désordre : voilà tout mon dessein. Je prétends que deux choses nous obligent au travail , et condamnent notre oisiveté comme un des plus grands obstacles du salut; le péché, et notre condition particulière. Mous naissons tous dans le péché , et nous vivons tous dans une certaine oonditira : d'où je condiB que nous sommes tous sujets au travail , et en qualité de pécheurs , c'est le premier pomt ; et en qualité d'hommes attachés par état à une condition de vie ^ c'est le second point. L'un et l'autre vous découvrira des vérités que vous avez peut*étre ignorées jusqu'à prés^t , et dont la oonnoissance vous est absolument nécessaire. Commençons.