SUR LES ŒUVRES DE LA FOL
quons-nons, et comprenez ma peiisëe. Il est irai, Ton ag[it dans te monde, mais selon le monde, mais en vue du monde et pour h monde. Or voilà ce que j'appelle travailler dans robscuritë et dans la nuit, puisque Dieu, pour ainsi parler , n'y est point présent et qu'il n'y a nulle part. Et comme Dieu, d'ailleurs, ne compte que ce qui se rapporte à lui et qui est pour lui, voilà ce que je prétends n'être de nulle valeur dans son estime, et de quoi nous ne pouvons attendre nulle récompense : Nihil cepimus. Vouions-noos donc. Chrétiens, amasser et nous enrichir devant Dieu? voulons-nous, aussi bien que tes apAtres (pern)èttez-moi cette figure), voulons-noûs, dis-je, remplir nos filets et foire une pèche abondante? appelons fi nous Jésus-Christ, et travaillons sous ses ordres et eii son nom : In verbo autem tuo laàabo rete ; c'est-à-dire travâinons dans le grand jour de la foi » agissons selon la foi et par la foi ; appliquons-nous aux oeuvres de U foi , à ces oeuvres saintes et sanctifiantes, mais si négligées et si rares ; à ces oeuvres dont je veux aujourd'hui vous faire voir l'indispensable nécessité pour ne pas perdre la foi même, et pour s'y Maintenir. C'est l'importante matière que j'ai à ttaiter , après que nous auhons Salué Marie, en Ini disant : Atfc.
C'étoit line espèce de défi, mais bien pressant, qne l'apôtre ^tnt Jacques faisoit autrefois à un lâche chrétieil, lorsque, raisonnant avec lui, il lui partoit en ces termes : Que vous servira-t-il, mon Frère, dcf dire que vous avez la foi, si vous n'en avez pas les œuvres f Votre foi seule vous pourra-t*elle sauver ? Vous von^ glorifiez de (^tte foi ,* et moi, dans l'esprit d'une humble confiance, je m'attache à la pratique des œuvres. Montrez-moi votre prétendue foi, qui est sahs œuvres ; et moi, par mes œuvres, je vous prouverai ma foi : Ostende m^ifidem ttuim sine ùpèribus , et ego ex operibus tfstendam tibi fidetn meam ( JacoB.> 2). Ce défi, Chrétiens, ne souffroit point de réplique, et réfutoit dès-lors la foi chimériquê^et imaginaire , c'est-à-dire la foi justifiante indépendamment des œuvres, que l'hérésie du dernier siècle a bien osé renouveler ; rien n'étant plus conforme hu bon sens et à la raison que de reconnottre entre les œuvres et la foi cette alliance mutuelle qui fait que, comme il ne peut y avoir de bonnes œuvres sans la foi , aussi ne peut-il y avoir unefoi ni suffisante pour le salut, ni même capable de se maintenir au moins dans sa perfoction et dans sa pureté, sans les bonnes œuvres.
Supposé donc cette maxime catholique que la foi et les bonnes œuvres ne peuvent être séparées dans Tordre de la justification, j'entreprends dé vous expliquer deux secrets de la vie chrétienne, qu'il vous est important de savoir. L'un regarde la perte de la foi, et Tautre le recouvrement ou le rétablissement de là foi. Car, eh deux mots, voici mon dessein : je ne ptiis juger de la foi d*un chrétien que par ses œuvres ; donc quiconque abandonne les bonnes œuvres me donne